II. STRUCTURE DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
1714. J'ai déjà décrit (2) la texture iutime de la moelle épi—
(1) Ghaussier, loc. cil., p. i35 , tab. v, Gg, 2 et 5.
DE LA MOELLE Él'INlÈBE. 5f)f)
nière ; il ne nie reste donc plus qu'à faire connaître le mode d'union des substances grise et blanche, et la disposition des grandes masses de ces substances.
a. SUDSTAiNCKS DE LA MOELLE ÉPIMIERE.
\ipi5. La moelle épinière est composée de substance grise cl de substance blanche, dont la première se trouve renfermée partout dans l'intérieur de la seconde, et forme un noyau que celle-ci enveloppe de toutes parts, ou du moins dans la plus grande partie de sa circonférence.
Ces deux substances diffèrent beaucoup l'une de l'autre par leur forme. La grise est composée d'une partie moyenne transversale et de deux parties latérales, qui fournissent un prolongement en avant et en arrière. Chacun de ces prolongeraens est arqué, concave en dehors, convexe en dedans , beaucoup plus épais et plus émoussé en devant qu'en arrière, où il se termine en pointe, à l'exception du renûement lombaire, dans lequel il a presque autant d'épaisseur à la partie postérieure qu'à l'antérieure en arrière, ce qui est surtout très sensible chez certains^ sujets. Il se termine librement à la circonférence delà moelle épinière, sans être couvert par la substance blanche, tandis que celle-ci enveloppe son extrémité antérieure.
Ces prolongemens ont très probablement des rapports intimes avec l'origine des nerfs spinaux , car le postérieur s'enfonce précisément dans le sillon d'où naît la série postérieure de leurs racines , et l'antérieur se dirige aussi vers le sillon antérieur.
La substance blanche, disposée en sens inverse de la grise , est convexe en dehors et en dedans, et le noyau gris s'y trouve logé comme dans une cavité. Elle a beaucoup plus d'épaisseur sur les côtés que dans les autres points de son étendue. Sa moitié droite et sa moitié gauche ne sont unies en devant que par une lame mince, mais qui règne dans toute la longueur de la moelle épinière, et qui sépare le sillon antérieur du noyau gris. En arrière, elles ne sont point unies, suivant Vicq-
600 ANAT0M1E SPÉCJÀIE.
d'Azyr (1), qui prétend que le sillon postérieur pénètre jusqu'au noyau gris ; niais elles me paraissent tenir réellement l'une à l'autre par une couche médullaire assez épaisse, dont l'inspection anatomique et l'analogie du cerveau se réunissent pour attester l'existence.
La quantité proportionnelle de la substance grise n'est pas la même dans tous les points de la moelle épinière. Cette substance est toujours bien plus abondante à la partie inférieure qu'à la partie supérieure du cordon. Il arrive même très souvent qu'on trouve encore chez le fœtus à terme la partie inférieure de la moelle épinière formée entièrement de substance grise, tandis que, dans tout le reste de son étendue, une ligne de démarcation bien tranchée s'est déjà établie entre cette substance et la médullaire. Il n'est pas rare non plus, chez l'adulte , que la substance grise soit plus claire et la blanche plus brune qu'à l'ordinaire , et qu'ainsi la texture du prolongement rachidien soit plus uniforme que celle du reste de la masse centrale.
b. DISPOSITION DES GRANDES DIVISIONS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE.
1716. La moelle épinière se compose, dans toute sa longueur, de deux moitiés latérales, ou de deux cordons, qui sont appliqués immédiatement l'un contre l'autre , séparés par les deux scissures médianes , dans la plus grande partie de leur épaisseur, mais unis ensemble, dans le milieu, par la portion transversale du noyau (§ 171 5), en arrière et en devant , par les lamelles transversales de la substance blanche
Chacun de ces deux cordons latéraux est formé lui-même de deux moitiés ; l'une antérieure , beaucoup plus considérable, dont la figure ressemble à peu près à celle d'un huit de chiffre couché (00); l'autre postérieure, bien plus petite et prismatique. Cette dernière dépasse un peu l'antérieure en arrière; sa base regarde en. dehors, et son sommet en dedans.
(1) Loc. cit., p. 600.