Corps calleux
1769. Le corps calleux, mésolobe, Ch. (corpus callosum , trabs cerebri, commissura cerebri magna) (5), est situé entre les deux hémisphères, qu'il unit l'un avec l'autre. Il ne se trouve pas à égale distance de leur extrémité antérieure et de leur extrémité postérieure, étant plus rapproché de la première que de la seconde, et occupant à peu près le second et le troisième cinquièmes antérieurs de la longueur du cerveau , en considérant cette longueur comme partagée, d'avant en arrière, en cinq parties égales. Cependant il est un peu plus long que ces deux cinquièmes.
Sa longueur est d'à peu près trois pouces , et sa largeur d'environ huit lignes. Il s'élargit peu à peu d'avant en arrière, mais se rétrécit de nouveau un peu vers son extrémité postérieure. Dans la plus grande partie de sa longueur, le milieu excepté, il est couvert par la partie inférieure de la paroi interne des hémisphères, qui s'avance sur lui, d'où résulte, de chaque côté, un enfoncement profond, en cul-de-sac , qui a quelque analogie avec les ventricules latéraux du larynx. Son épaisseur s'élève à trois lignes, terme moyen.
Il se continue sans interruption, à droite et à gauche, avec la substance des hémisphères, et l'on n'a besoin de recourir à aucun moyen artificiel pour reconnaître qu'il est formé de
(1) Advers. med-, t. II,p.Saa.
(a) Wcnzel , loc.cit.,^. i65.
(3) Rtil , Sur le système et l'organisation du corps calleux ; dans Archiv fùrdio Physiologie, t. X, p. 171-175.
flbres médullaires transversales , entremêlées de substance grisâtre*
L'extrémité antérieure de sa lace supérieure est convexe, et la postérieure concave, disposition qui lient incontestablement à ce que les deux hémisphères s'écartent l'un de l'autre d'avant en arrière.
Le bord postérieur est plus large que l'antérieur.
Sur sa face supérieure, on aperçoit un enfoncement superficiel qui en parcourt toute la longueur, et qui correspond exactement à la ligne médiane. Le long de cet enfoncement, règne , de chaque côté, une légère élévation , appelée raphé ou suture externe du corps calleux graphe , s. sutura extenta corporis callosi). Le raphé ne doit pas naissance uniquement à l'artère calleuse : c'est une sorte de cicatrice produite par l'adhérence mutuelle des deux hémisphères.
Indépendamment de Cette dépression , on remarque encore sur la face supérieure du corps calleux, deux stries longitudinales, en général plus larges , qui marchent de chaque côté, parallèlement l'une à l'autre, sans être tout-à-fait symétriques, et qu'on nomme stries longitudinales latérales {striœ longitudinales latérales), Reil les appelait bandelettes couvertes, parce qu'elles sont situées au-dessous de la partie des hémisphères qui fait saillie en dedans, et qui recouvre presque entièrement la partie latérale du corps calleux.
De chaque côté régnent aussi, sur cette face supérieure , des fibres transversales, qui partent de la ligne médiane, et qui se continuent avec celles des hémisphères.
On aperçoit également des élévations transversales à la face inférieure; mais celles-ci ressemblent davantage à des faisceaux séparés les uns des autres par des enfoncemens superficiels. Elles dépendent de ce que la face inférieure du corps calleux est concave et moins étendue que la supérieure. En effet les fibres transversales s'étendent dans toute l'épaisseur du corps calleux.
Ces fibres ne sont point transversales à l'extrémité anté rieure et à l'extrémité postérieure du corps calleux ; elles s'y dirigent d'avant en arrière et de dehors en dedans dans la première , d'arrière en avant et de dehors en dedans dans la
seconde, de manière qu'elles sont convergentes dans l'une et dans l'autre.
Le corps calleux offre une courbure à chacune de ses deux extrémités. Il s'infléchit d'avant en arrière et de haut en bas à son extrémité antérieure, d'arrière en avant et aussi de haut en bas a l'extrémité postérieure. Reil appelait la courbure antérieure genou, et donnait le nom de bec à son extrémité, II nommait la postérieure bourrelet. Ces deux courbures font le passage de la lace supérieure du corps calleux à sa face inférieure.
Cette dernière est beaucoup plus compliquée que l'autre. A partir du genou, elle descend d'avant en arrière, s'étend jusqu'à la commissure antérieure , remonte ensuite d'arrière en avant, s'infléchit une seconde fois d'avant en arrière, parallèlement à la face supérieure, se dirige ensuite de nouveau en avant, puis une troisième fois en arrière, et se continue enfin avec la face supérieure, après avoir donné naissance au bourrelet.
Cette face inférieure n'est libre qu'à sa partie antérieure et à sa partie postérieure , en avant depuis le genou jusqu'à la commissure antérieure, en arrière jusqu'à sa réunion avec la voûte; partoutailleurs elle se continue sans interruption avec la cloison transparente.
Le commencement de la face inférieure, depuis le genou jusqu'à la commissure antérieure, devient peu à peu de plus en plus étroit. Depuis le genou jusqu'au milieu de sa longueur, le raphé et les stries latérales longitudinales sont très prononcés. Mais, en cet endroit, le raphé s'efface, les stries se rapprochent davantage l'une de l'autre, d'avant en arrière, sans cependant arriver au contact mutuel, et, en même temps, la face inférieure se creuse depuis l'extrémité du raphé supérieur jusqu'à la commissure, où elle se termine par un petit enfoncement en cul-de-sac; par conséquent les deux moitiés latérales du corps calleux sont, en cet endroit, moins étendues en largeur, et moins aplaties sous la forme d'une lame droite, mais leurs faces internes s'inclinent l'une vers l'autre, d'où provient le sillon longitudinal dont je viens de parler.
Il résulte aussi de là que la partie du corps calleux qui est
couverte par les hémisphères diminue de largeur d'avant en arrière, à partir du genou , de sorte que la partie la plus postérieure se trouve tout-à-fait dégagée, et qu'elle se continue immédiatement avec la face interne ascendante des lobes antérieurs du cerveau. De là vient également que les stries longitudinales latérales sont aussi tout-à-fait découvertes en cet endroit. Elles se dirigent en arrière, en bas et en dehors, et, postérieurement, au-dessous et en devant de la commissure antérieure, entre elle et le chiasma des nerfs optiques. A l'extrémité postérieure de la face inférieure du lobe postérieur elles s'unissent à la lame criblée ou substance perforée antérieure de la face inférieure du cerveau, de manière qu'en cet endroit le corps calleux se continue, "par leur moyen, avec la face inférieure du lobe antérieur et du lobe moyen, sans cependant qu'on puisse donner aux stries longitudinales latérales le nom de pédoncules du corps calleux, comme l'a fait Vicq-d'Azyr.
En arrière, le corps calleux se réfléchit également sur luimême de haut en bas et d'arrière en avant. Comme la face postérieure de cette partie réfléchie s'applique contre la face inférieure de la portion droite, il en résulte ce que Reil appelait le bourrelet.
La cloison transparente s'attache à tout le reste de la face inférieure du corps calleux, qu'on peut appeler sa portion interne, par opposition à la supérieure et à la portion libre de l'inférieure, en considérant cette dernière comme externe.
A son extrémité postérieure, le corps calleux se continue, dans la corne postérieure et descendante des ventricules latéraux, en partie avecle toit de ces cavités , en partie avec la couverture médullaire des éminences qu'elles renferment, l'ergot et la corned'Ammon , dont je donnerai la description plus loin.