‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 14 sur 186 · DU SYSTEME VASCULAIRE ARTERES · texte numérisé non relu

DU SYSTEME VASCULAIRE ARTERES

jours plus considérable à la convexité qu'à la concavité de la courbure des artères. Toujours aussi elle l'est davantage dans les angles de leurs divisions que dans les autres parties. Sous le second point de vue, il faut remarquer:

i" Que l'épaisseur des artères est, proportion gardée, rijoinsVconsidérable dans l'intérieur des viscères que dans celui des muscles, et dans les points où ces vaisseaux sont libres que dans ceux où ils adhèrent à d'autres parties ;

2° Que les artères du cerveau diffèrent beaucoup des autres par le peu d'épaisseur de cette lunique, qui est même si mince qu'autrefois on révoquait son existence en doute, mais à tort (i). C'est ce qui fait que les artères cérébrales s'affaissent sur elles-mêmes quand elles sont vides , qu'elles sont plus sujettes que les autres à se rompre pendant la vie , et qu'on aperçoit mieux le sang à travers leurs parois. Cette couche est bien plus mince et plus extensible dans l'artère pulmonaire que dans le système aortique.

Quelques anatomistes admettent dans les artères des libres longitudinales internes, soit en appliquant à l'homme ce que l'on observe chez les animaux, soit d'après des observations erronées, soit enfin pour complaire à des idées purement théoriques. Ces fibres n'existent point.

88. La tunique cclluleuse est très épaisse, très solide, et parfaitement distincte de la fibreuse. Elle est beaucoup plus extensible que la tunique interne (2).

89. Les artères reçoivent des nerfs considérables (3). En général ces nerfs sont plus nombreux dans les artères du système vasculaire à sang rouge , que dans la pulmonaire. Us sont aussi, proportion gardée, plus abondans et plus volumineux clans les petites artères que dans les grosses. Les troncs de l'aorte et les artères du cou, de la poitrine, du bas-ventre et du crâne, ne reçoivent les leurs que des nerfs de la vie organique. Ceux-ci forment un plexus très compliqué à leur

(1) Boerhaave, Prœtccl , t. II, n. 204.

(2) J.-S. Hcbenstreil , De vagintt vasorum , Leipsick , 1740.

(a) W risberg , De nervis arieruts vcnasqtic comitaritibus ; dans Syllogc comment., Goettinguc, i8uo, p. ri6r>-/|o;\

surface. Les artères des membres reçoivent, au contraire , des filets des nerfs voisins de la vie animale. On prétend que ces derniers sont de deux sortes , que quelques uns des plus gros se répandent seulement dans le tissu cellulaire ; qu'ils ne fournissent point à la membrane fibreuse tant qu'ils ont encore une largeurun peu considérable, qu'ils sont déjàpulpeux , mous et plats à leur origine, et qu'ils se perdent insensiblement dans le tissu cellulaire; on ajoute que les autres, plus petits , pénètrent dans la membrane fibreuse, qu'ils sont cylindriques , plus durs et plus tendus que les précédens, qu'ils parcourent peu d'espace pour se rendre du tronc d'où ils émanent à l'artère, et qu'ils se répandent dans la membrane fibreuse de cette dernière sous la forme d'une membrane mince , dans laquelle on aperçoit distinctement des fibres (1). Cependant j'ai toujours vu que les nerfs internes , ou les plus déliés, n'étaient que des branches des plus volumineux , et ils ne m'ont jamais paru ni plus ronds ni plus fermes.

Au reste, toutes les artères ne sont point accompagnées de nerfs (2). On ne trouve aucun de ces derniers dans les artères ombilicales , et il est très vraisemblable que celles de l'intérieur du crâne en sont également dépourvues. Ils ne tardent pas non plus à disparaître dans la plupart des viscères (3).

go. Les artères dégénèrent: i° en veines, de la manière indiquée précédemment (§ 76); 2° en racines des vaisseaux excréteurs, dans les organes glanduleux; 5° en vaisseaux exhalans.

gi. Les artères n'ont pas une pesanteur spécifique bien supérieure à celle de l'eau. Le rapport est à peu près comme 106 :

(1) Lucae , Quasdam observ. anat. circa nervos arterias adeuntes et comiiantes , Erfort , 1S10.

(2) Lauth fils a cependant poursuivi des filets du grand sympathique , entourant les vaisseaux du foie , et se perdant dans leurs tuniques , jusqu'à quatre pouces dans l'intérieur de ce viscère. — Voy. Lobstein , De nervi sympath. hum. fabricà, usa et tnorbis , Paris, i8?.3, § 33. — Comparez Journ. de la soc. des sciences , arts et agriculture du département du Bas-Rhin, 1824, p. 52.

(3) Wrisberg, toc. cit., § 5o; — Scarpa, Tabut. ncurol. ad illustr. nerv. eard. hisl. anat. . 1794 > P- *5 ; — Lucac , loc. cit. , p. 28-29.

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100. Elles sont proportionnellement plus légères, et moins denses que les veines , environ comme 25 : 26. Cependant cette proportion diminue avec l'âge , car souvent elle n'est que de 140 : i3g dans la vieillesse. Cette moindre densité est com- I pensée par l'épaisseur plus considérable des parois artérielles. Cependant les veines sont plus résistantes et plus difliciles à déchirer que les artères.

Les artères n'ont pas toutes la même force. Celles des organes sécrétoires paraissent être beaucoup plus résistantes que les autres. Tel est au moins le cas des spléniques et des rénales , où la proportion est à peu près comme i3 : 10.

92. Il n'est pas facile de déterminer précisément, d'après les phénomènes que présentent les artères, quelles sont les différentes forces d'où ils dépendent. Cependant la plupart de ces forces ont leur siège dans la tunique fibreuse et dans la celluleuse.

Les artères sont élastiques à un très haut degré. C'est incontestablement leur élasticité qui fait qu'elles restent béantes après avoir été ouvertes , et qu'elles reviennent sur elles-mêmes, dès qu'on cesse de les comprimer. Cette élasticité réside surtout dans la membrane celluleuse ( 1). Les deux membranes internes sont plus fragiles, ce qui les rend plus faciles à déchirer. Voilà pourquoi la déchirure des deux tuniques internes des artères est la conséquence de toutes les ligatures appliquées sur ces vaisseaux.

Au contraire , les artères ne sont pas susceptibles d'un haut degré d'extension ni de contraction. Elles s'étendent encore pins dans le sens de la longueur que dans celui de la largeur, et se contractent aussi davantage dans celte même direction. Il faut bien distinguer de ces phénomènes la faculté de se gonfler et [de se rapetisser, que possèdent aussi les artères. Lorsque la circulation vient à être supprimée dans un vaisseau principal, celui-ci s'efface peu à peu, et se réduit par

UJ II est cependant à observer que les preuves que l'auteur donne, de élasticité des artères, se rapportent à la tunique fibreuse, et non à la tunique celluleuse ; la plus grande fragilité de la tunique libreuse n'empêche pas son élasticité. ( ]yotc tles lraducle„h. )

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degrés au volume d'un filament; les vaisseaux collatéraux se dilatent dans la même proportion (1) ; ils deviennent plus flexueux, et acquièrent plus de longueur. Mais en même temps leurs parois s'épaississent aussi , du moins souvent, caria chose n'a pas toujours lieu. Le changement survenu dans ces derniers vaisseaux ne se borne donc pas à une simple dilatation. Le tronc principal ne se contente pas non plus de revenir sur luimême ; i! diminue aussi de volume , il reçoit moins de nourriture, et l'absorption le détruit. Quelque temps après l'oblitération d'un vaisseau principal , le nombre des vaisseaux collatéraux dilatés est bien plus considérable que celui qu'on trouve plus lard ; car, avec le temps , il diminué, de manière que la circulation se rapproche davantage de ce qu'elle est dans l'état normal. D'ailleurs, il faut toujours plusieurs semaines pour que les artères collatérales se dilatent, et leur amplification est accélérée surtout par les mouvemens du membre.

Cependant quelquefois il y a plutôt dilatation qu'augmentation de masse. C'est ce qui a lieu, entre autres, pour les artères utérines, pendant la grossesse. De même, après la mort, une injection poussée avec force distend beaucoup les artères; elle les rend flexueuses, tandis qu'elles paraissaient marcher en ligne droite auparavant. Les artères des personnes âgées, particulièrement celles d'un gros calibre, telles que l'aorte et les iliaques primitives, sont aussi presque toujours un peu flexueuses, parce que, comme elles prennent une part moins active à la circulation, le cœur y pousse le sang avec plus de force, ce qui fait qu'elles s'alongent un peu.

Ces phénomènes sont les résultats d'une influence mécanique: ils ne dépendent ni d'une force d'expansibilité, ni d'un effort combattant un état d'expansion; ils ne sont point liés à la vie de l'artère. Mais on peut demander si les artères ne possèdent pas en outre la faculté de se resserrer ou de se di-

(i) Cet objet a été parfaitement traité par Jones, On the process cmplosed by nature in suppressing the hmmorrhage from dùidcdand punctured arlcrics, Londres, iSo5; — Cooper, Diss. of a limb , etc. ; dans Mal. chir. trans. ofLondon, vol. II, p. aSi ; An account of the anastomosts of the arterics of the groin , mCme recueil, vol. I V , p. 4M-

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later vitalemcnt (i). Elles n'ont point cette faculté en tant qu'elles seraient soumises à l'empire de la volonté; mais il est inexact d'attribuer à la seule élasticité tous les phénomènes d'extension ou de contraction qu'elles présentent. Cette dernière opinion était celle de Haller, Bichat, Nysten, et elle est encore professée par Magendie (2). Bichat, surtout, l'a étayée d'un grand nombre d'argumens, dont voici les principaux :

i° Quelle que soit la manière dont on irrite l'artère, à l'aide de moyens mécaniques, ou avec des agens chimiques, à sa surface externe ou à sa surface interne , ou même en enlevant les fibres, couche par couche, elle, ne donne aucun signe de contraction organique. Coupée longiludinalement, elle ne se renverse point sur ses bords, comme les canaux irritables, par exemple, les intestins, font en pareille circonstance.

20 L'artère ne se contracte pas lorsqu'elle est séparée du cœur, ou qu'une portion de son étendue se trouve comprise entre deux ligatures.

5° On n'observe pas non plus de contractions lorsqu'on irrite, soit le système nerveux en général, soit les nerfs particuliers des artères. L'action même du galvanisme ne produit pas ce phénomène.

4° L'opium, qui anéantit les mouvemens dans les parties irritables, n'exerce aucune influence sur ceux des artères.

Mais la plupart des physiologistes, notamment Van Doeveren (5), Zimmermann (4), Verschuir (5), Sœmmerring (6) et Hunter (7) professent l'opinion contraire. On peut objecter d'une manière générale, contre les argumens de Bichat, qu'en effet l'artère ne se contracte point toujours sous l'influence

(1) Kramp, De vi vitati artcriarum , Strasbourg, 1785. — Parry , An cxp. inq. into puise and olhcr properiies ofarteries, Bath, 1816 : Additional exper. Londres, 1819.

(2) Mémoire sur l'action des artères dans la circulation ; dans Journal de physiologie expérimentale , avril , 1820, p. 102.

(3) Verschuir, loc. cit., p. 22.

(4) De irritabilitatc , Goettinguc, 175 1.

(5) De vi arteriarum et venarum irritabili , Groninguc , 176G.

(6) Gefcesslehre , p. 67.

(7) Sur le sang, t. I.

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d'un irritant, mais qu'il n'est pas rare de voir des parties très irritables présenter le même phénomène. D'ailleurs les artères se contractent souvent aussi lorsqu'on les expose à l'action des stimulans. Zimmermann, Lorry (i) et Verschuir (2) ont vu des contractions bien sensibles produites par les acides minéraux concentrés. Bichat convient de ces faits, mais il dit que ce n'est point là un résultat de la contractilité ; il prétend que c'est un racornissement , qu'on l'observe aussi bien après la mort que pendant la vie, et que le tissu artériel ne revient jamais a son état naturel après une semblable contraction. Mais la circonstance seule que ce phénomène n'a pas toujours lieu , prouve qu'il tient à l'irritabilité. D'ailleurs, ce n'est pas une véritable contraction qu'on observe dans le cadavre, mais une corrosion (5), état tout- à -fait différent. Les artères se contractent aussi sous d'autres influences que sous celle des agens chimiques. Ainsi elles entrent en contraction quand on les irrite avec la pointe du scalpel (4). Après avoir été divisées, elles se resserrent quelquefois au point que l'hémorrhagie s'arrête spontanément, malgré l'impulsion du cœur. Il suffit même quelquefois de l'impression de l'air extérieur sur l'artère découverte, pour la déterminer à se resserrer tellement que sa cavité s'efface tout-à-fait (5), ou du moins diminue beaucoup, et ce rétrécissement, qui n'a pas lieu partout d'une manière uniforme, est toujours plus considérable que celui qu'on observe après la mort, même lorsque le vaisseau ne contient aucune parcelle de sang (6). Quelquefois aussi les artères, mises à nu, se meuvent avec beaucoup de vivacité, et d'une manière fort différente de celle qui a lieu dans la plupart des cas (7). La contraction due à ces causes, et qui est souvent portée à un degré fort considérable, cesse à la mort (8), ou,

(1) Vandcrmonde, Rec.périod., t. VI , p. 7.

(2) Loc. cit., exp. 1,2,7,8.

(3) Verschuir , exp. 16.

(4) Ibid. , exp. 8, i45 18.

(5) Hunter , loc. cit.

(6) Verschuir, exp. 8.

(7) Ibid. , exp. 8, 22.

(8) Ibid. , exp. 8, 17.

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pendant la vie, lorsqu'on éloigne la cause irritante (1). Elle s'étend au-delà du point sur lequel agit la stimulation. Si l'on distend, après la mort, l'artère qui s'était contractée ainsi, elle se resserre encore sur elle-même, mais beaucoup moins qu'elle ne le fait durant la vie. L'étincelle électrique détermine fréquemment aussi de fortes contractions dans les artères (2). On peut encore objecter, contre l'assertion de Bichat et de Nysten, que l'irritation des nerfs, soit par le galvanisme (3), soit par d'autres moyens, tels que les alcalis caustiques (4)? détermine les artères à se contracter. Il n'y a pas jusqu'aux artères détacbées du corps qui ne se meuvent réellement, suivant des témoignages irrécusables (5). Après l'excision du cœur, chez les animaux à sang froid, on voit persister encore pendant quelques heures, et même pendant plusieurs jours, non seulement le mouvement du sang, mais encore les alternatives de contraction et d'expansion dans les artères. Enfin le défaut d'influence de l'opium sur les mouvemens artériels prouverait que l'irritabilité de ces vaisseaux est indépendante du système nerveux , mais non qu'elle n'existe point. A tout cela, il faut encore ajouter :

i° Les artères ne produisent pas toujours et partout des phénomènes uniformes de contraction et d'expansion. Dans certaines paralysies d'un membre, le pouls manque du côté malade, quoiqu'il soit régulier du côté opposé (6). Pour

(1) Veschuir, exp. 18.

(3) Bikker, et Van den Bos, dans Verschuir, loc. cit., p. 29»

(3) Giulio et Rossi, Diss. de cxcitabilitaiccontraclionum in partibus musculosis involuntariis ope animalis clcclricilatis ; dans Mcm. de l*ac. des se. de Turin, t. IV, p. So-Sz.

(4) Home a vu les artères carotides battre pondant quelque temps avec violence sur un lapin dont il avait touché les nerfs sympathiques avec des alcalis caustiques.

(5) Housse t , dans Mém. sur les parties irril. cl sens. , t. II , p. 4o4-

(6) lion mann , Uebcr Empfind. und licizbarh. der Theile. Mayence , 1792j P- i4'- — Storer, Vickcr et Wells ont observé plusieurs cas de ce genre. Storer, Instances of tlie entire wanl of pulsation in llw arterics of paralytic Umbs; dans Trans. of a soc. for improv. ofmcd. and surg. hnoivl. 1812, n» xxxii. — Marshall a été témoin du même phénomène : Case of suppression of urine from slricturc succoded by gangrené of tlie arm ; dans Edinb. med. and surg. Journal, vol. IX, n° 36, p. 44y.

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expliquer ce phénomène , il faut admettre , ou que l'artère , dépouillée de contractilité , demeure constamment dans son état de plus grande dilatation, ou que la dilatation n'est pas un étal moins actif que la contraction; car, dans l'une ou dans l'autre hypothèse , il ne se ferait également point de pulsations.

D'un autre côté, on voit quelquefois certaines artères battre avec une force extraordinaire. C'est ce qui arrive bien certainement dans les grosses artères d'une partie enflammée, et ce qui même s'opère alors très souvent, sinon toujours , dans celles d'un petit calibre. Ce phénomène s'observe aussi dans le bas-ventre, par l'effet de causes différentes, notamment lorsque l'activité nerveuse vient à être exaltée.

Le nombre des pulsations varie aussi quelquefois dans une même portion du système artériel. Ainsi, par exemple, chez un sujet atteint d'anévrisme de l'aorte pectorale, le pouls marquait de cent à cent dix batlemens par minute au bras droit, et seulement de quatre-vingt-dix a cent au bras gauche (1).

2° Les phénomènes de l'irritabilité s'éteignent à la mort , dans les artères , mais non d'une manière immédiate. C'est ce que prouvent les expériences au sujet de la contraction de ces vaisseaux, suivant qu'ils avaient été divisés plus tôt ou plus tard. Dans plusieurs expériences de ce genre , qui ont été faites sur les artères ombilicales, on a remarqué, en observant les changemens de leur ouverture , qu'elles se contractaient encore trois jours après le détachement du placenta, mais qu'elles ne jouissaient pas plus long-temps de celte faculté.

3° L'application locale de certains irritans détermine les artères à se contracter , d'autres les excitent à se dilater. L'ammoniaque les rétrécit constamment à tel point qu'elles disparaissent presque entièrement. L'hydrochlorate de soude, au contraire, les porte à peu près aussi constamment à augmenter de calibre. La rapidité avec laquelle ce phénomène a lieu, sa durée, et la possibilité de le répéter , varient beaucoup, suivant que le sujet est plus ou moins robuste (2).

(1) Armîger , Case ofdysphagia produccd by ancvrysm oflhe aorta ; dans Med. chir. trans. ofLondon, vol. II, p. 247.

(2) Thomson , Lectures on inflammation. Edimbourg , i8i5 , p. 75-89.

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Les artères jouissent non-seulement de l'élasticité, mais encore de l'irritabilité. La première prédomine dans celles d'un gros calibre, et la seconde dans les petites. C'est l'élasticité qui fait que l'artère demeure béante, qu'elle ne se resserre pas sur elle-même , et qu'elle reste dans un état moyen d'extension , qu'accroît le choc du sang lancé par le cœur. C'est l'irritabilité qui lui permet de se contracter , de se resserrer plus qu'elle ne l'est dans son état moyen d'extension, surtout après qu'elle a été dilatée par l'afflux du sang.

Les artères ne donnent aucun signe de sensibilité dans l'état normal , quoiqu'elles en témoignent quelquefois un peu quand on les irrite avec circonspection au moyen de substances sti-? mulantes (1).

90. Les artères charrient le sang du cœur aux organes. Cette fonction est démontrée.

i° Par le gonflement et quelquefois même la rupture des artères entre le cœur et le lieu sur lequel on applique soit une ligature , soit un point de compression ;

2° Par l'absence du sang dans la portion du vaisseau située entre son extrémité périphérique et la ligature ;

3° Par la disposition des valvules à l'origine des troncs qui sortent du cœur.

g4- A part quelques exceptions rares (2), l'artère se meut d'une manière régulière et sans interruption pendant la vie; elle bat, elle éprouve des pulsations. Ici deux questions se présentent : quel changement l'artère subit-elle en battant ? comment ce changement s'opère-t-il?

Le premier problème a été résolu de plusieurs manières différentes. Quelques physiologistes admettent que la dilatation des artères est rendue nécessaire par l'afflux du sang qu'envoie le cœur, et qui s'ajoute à celui qu'elles contiennent déjà ; car, suivant eux, le système artériel est toujours rempli de sang. D'autres, au contraire, invoquant surtout la petite quantité de sang lancée par le cœur, qui ne suffirait pas pour

(1) Vcrschuir, exp. 12.

(?) Voyez un cas de cette espèce dans les Mcm. de l'ac. des se. de Paris , «748; Uist. p. 87.

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dilater les artères d'une manière sensible , prétendent que le pouls ne consiste qu'en un déplacement des vaisseaux. Ces deux opinions paraissent devoir être réunies, car il est très vraisemblable que la môme quantité de sang qui soulève le système artériel doit produire aussi une dilatation notable en lui. Cependant plusieurs observations que j'ai faites sur les artères du cordon ombilical me portent a croire que le déplacement contribue plus que la dilatation à produire le pouls; en effet, je l'ai toujours trouvé fort considérable, tandis que la dilatation était à peine sensible.

La solution du premier problème contient presque celle du second aussi, puisqu'il en résulte que la capacité des artères change fort peu dans leurs pulsations. La principale cause du pouls, et, par suite, de la circulation du sang, est la contraction des ventricules du cœur, qui a pour résultat de pousser avec force une quantité assez considérable de sang dans le système artériel. L'artère demeure passive ; elle n'agit que dans le second temps, pendant la durée duquel on. ne voit aucun mouvement, ou du moins on n'en aperçoit qu'un très faible; c'est alors qu'elle se resserre un peu sur elle-même. Cette théorie repose sur les faits suivans.

i° La contraction des ventricules est isochrone avec la dilatation et le déplacement des artères.

a0 Les artères battent régulièrement, même lorsqu'elles sont frappées d'une altération pathologique , par exemple ossifiées ; et quand on observe des irrégularités , elles tiennent à ce que la dégénérescence morbide rend la dilatation ou le déplacement du vaisseau plus difficile.

3° Les artères battent même après la mort, lorsqu'on les met en communication avec le cœur d'un animal vivant, et tout tuyau flexible quelconque présenterait le même phénomène.

4° C'est durant les contractions du cœur que le sang sort avec le plus de force par une plaie artérielle.

g5. Cependant les artères concourent aussi, quoique faiblement, par leurs contraction? vitales, à chasser le sang. C'est ce que prouvent :

L'écoulement continuel du sang par une plaie artérielle,

DU SYSTÈME VASCUIAIftE. ARTERES. 167

quoiqu'il soit moins abondant entre que pendant les contractions du cœur.

a" La circulation de ce fluide chez les monstres acéphales qui sont privés de cœur.

3° Son mouvement et les alternatives de dilatation et de contraction qu'on observe chez les animaux qui n'ont point de cœur (1).

96. On peut considérer comme des différences sexuelles l'épaisseur plus considérable des tuniques, chez l'homme, à peu près dans la proportion de 10 : 1 1 ; une densité et une pesanteur spécifique plus grandes, dans celle de 1 54 : i5o; enfin , leur force plus considérable aussi, danscellede i5 : 10. C'est probablement encore à la même catégorie qu'il faut rapporter î'étroitesse de ces vaisseaux, plus grande, relativement à celle des veines , chez l'homme que chez la femme.

97. Les artères sont d'autant plus amplevs , plus nombreuses et plus molles , que l'organisme est plus jeune, à l'exception cependant des points, tels que la crosse de l'aorte, et en général le tronc de ce vaisseau, où le choc du sang donne lieu, par les progrès de l'âge, à une disposition inverse, c'est-à-dire à l'élargissement et à l'amincissement. Après le milieu de la vie, elles deviennent plus ou moins fragiles, et perdent de leur élasticité. Leur membrane interne est celle qui offre le plus de différences aux diverses époques de la vie, car elle s'ossifie fréquemment (§8). Le nombre de leurs vaisseaux nutritifs et de leurs nerfs, principalement des filets qui se rendent à la membrane fibreuse, diminue par les progrès de l'âge.

(1) Voyez, dans la part que le cœur et les artères prennent au mouvement du sang, outre les ouvrages de Harvey, Haller , Spallanzani, Sœmmerring et Bichat : Prochaska , Controvcrsiœ physiologicœ , quœ vires cordis et motum sanguinis per vasa animalia concernant ; dans Opp. min. anat. arg., Vienne , p. i-58. L'auteur pense que les artères inllucnt sur la circulation. — Araldi , Délia forza e detl' influsso dcl cuorc sut circoto del .langue ; dans Mcni. dcllc sociela italiana, Modène, i8o4, vol. XI , p. 54a-5S.ï ; vol. XV, p. 2, 1810, p. 166-196. Ce sont des recherches sur la capacité de la force du cœur, tendant a déterminer jusqu'où s'étend son influence sur le système vasculairc. — T. Young, On the function oflhe hearl and artertes ; dans Phil. Irans. ofLondon, 1809. L'auteur n'attribue la circulation qu'à l'action seule du cœur.

ANATOMIE CÉNÉnALE.

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