C. VEINES
98. Les veines (venœ) (1) diffèrent beaucoup des artères par leur disposition tant extérieure qu'intérieure.
Relativement à leur disposition extérieure, elles offrent les différences suivantes, à l'égard de la capacité , du nombre, de la situation, de la direction, du rapport des branches aux troncs , et des anastomoses.
Les veines sont plus nombreuses et plus amples que les artères. En général, elles accompagnent ces dernières, et leur sont même unies d'une manière intime. Mais indépendamment des veines dites profondes , d'autres encore, qui naissent des capillaires , dans plusieurs points du corps, se portent à l'extérieur, et marchent immédiatement sous la peau, ce qui leur a fait donner le nom de veines cutanées. Celles-ci forment des troncs considérables, quelquefois même plus gros que les veines profondes , et qui ne correspondent à aucune artère. C'est ce qu'on voit surtout aux membres. En outre , les veines profondes, celles qui accompagnent les artères, sont presque toujours doubles, quoique d'ailleurs souvent d'un petit calibre. Il résulte évidemment de là que la capacité du système veineux surpasse de beaucoup celle du système artériel.
La différence n'est pas également sensible partout. En général, elle est bien plus prononcée dans les vaisseaux des organes sécréteurs que dans les autres. Cependant il ne faut pas la croire aussi considérable qu'elle semble l'être après la mort, parce que le sang s'accumule alors dans le système veineux, à cause de l'inaction des poumons, qu'il continue à y être poussé par les artères , long-temps encore après que celles-ci n'en reçoivent plus , et qu'enfin les veines sent très dilatables.
Dans quelques points du corps , on ne trouve qu'un nombre égal de veines et d'artères. C'est ce qui a lieu à l'estomac, au canal intestinal, à la rate, aux reins, aux testicules, aux ovaires.
(1) Marx, Diatribe anatomico-physiologica de structura at<ftte vilà venarum, CailsruLc , 1819.