‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 16 sur 186 · DU SYSTÈME VASCULAIRE. VEINES · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME VASCULAIRE. VEINES

Dans d'autres régions, une seule veine correspond à deux artères, comme à la verge, au clitoris , à la vésicule du fiel, au cordon ombilical. Cependant, même alors, les veines simples sont toujours plus amples que les artères multiples dont elles ramènent le sang.

99. En général, les veines accompagnent les artères. Elles sortent des organes par le môme point que celui où ces vaisseaux y entrent. On en voit des exemples dans les reins, les poumons, les muscles, le canal intestinal, la rate, etc. Mais, outre que , comme je viens de le dire , il existe, dans plusieurs parties, des veines superficielles, indépendamment des profondes , les artères et les veines de certains organes marchent tout-à-fail distinctes les unes des autres, et entrent ou sortent par des points différens. Le foie et le système nerveux, notamment le cerveau, fournissent des exemples de celte disposition. Aucune artère ne correspond non plus aux veines azygos , à moins qu'on ne veuille les considérer comme un complément des veines caves, ce qui est d'autant plus permis, qu'elles suivent l'aorte. D'ailleurs cette manière de voir paraît fondée , car il est certain que le type général s'exprime d'une manière très rigoureuse dans les plus gros troncs des deux systèmes, l'aorte et les veines caves. Les deux veines azygos, qui sont situées de chaque côté, près de l'aorte, correspondent aux troncs veineux profonds, quelquefois aussi très petits, qui accompagnent immédiatement les artères, tandis que les veines caves représentent les troncs superficiels , dont l'ampleur est plus considérable.

100. Les veines sont, en général, plus extérieures et moins abritées que les artères. Je citerai, à l'appui de cette proposition, les grosses veines sous-cutanées, qui rapportent la plus grande partie du sang des membres, la situation même des profondes, qui sont placées, comme les rénales, à côté et audessus des artères qu'elles accompagnent, et la disposition des veines du cerveau qui , au lieu de s'élever de la base du crâne , à l'instar des artères, sont pour la plupart collées à sa voûte, de manière qu'elles courent bien davantage le risque d'être atteintes par les agens extérieurs , et qu'elles ne sont même pas, en beaucoup d'endroits , protégées par des os, chez l'en-

faut. Le nombre est très petit des parties où les artères se trouvent plus près de la surface que les veines : au bassin, cependant , les veines iliaques sont situées plus en dedans et plus en arrière que les artères qui leur correspondent. Lorsque cette disposition se rencontre, elle n'influe pas sur la sécurité qu'on doit avoir, car la situation et le volume du vaisseau font que toute lésion qui s'étendrait jusqu'à la région qu'il occupe , compromettrait par elle-même les jours du sujet.

101. Les veines marchent bien plus en ligne droite que les artères, ce qui facilite beaucoup le cours du sang dans leur intérieur. Elles se ramifient comme les artères: seulement il n'y a pas un rapport aussi constant entre les branches et le tronc, c'est-à-dire qu'il n'est pas aussi général que les branches soient plus étroites; mais cela dépend principalement de la dilatabilité plus grande des veines, qui permet à la moindre cause de distendre assez les petites branches, dans un point ou dans un autre , pour que leur diamètre égale et surpasse même celui du tronc d'où elles naissent. Les branches sont surtout plus larges que les troncs lorsque le sang a été obligé de remonter long-temps contre son propre poids, comme dans la station prolongée, ou quand on tient les bras pendans.

102. Cependant une loi constante dans la disposition des veines, c'est que les rameaux et les branches sont plus amples, en proportion des troncs, qu'ils ne le sont dans le système artériel, parce que les veines d'une partie, et même celles du corps entier, ne se réunissent jamais en un nombre de troncs communs aussi petit que celui des vaisseaux principaux qui donnent naissance aux artères. L'aorte et l'artère pulmonaire proviennent seules de leur ventricule respectif. Au contraire, les veines du corps arrivent à leur oreillette en trois troncs, la veine cave supérieure , l'inférieure et la grande veine cardiaque. La première reçoit même encore , immédiatement avant d'atteindre le cœur, une grosse veine, qui est l'azygos. Les veines pulmonaires se rendent à l'oreillette gauche, au nombre de quatre, quelquefois de cinq, ou même de six. A côté de l'artère brachiale , on trouve quatre gros troncs veineux. Le caractère des veines est donc de se ramifier, et celui des artères de se concentrer.

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