‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 162 sur 186 · DU FÉMUR · texte numérisé non relu

DU FÉMUR

75 1. Le fémur (os femoris) est non seulement le plus volumineux de tous les os cylindriques, mais encore le plus gros de tous les os du corps humain. Il est plus courbé qu'aucun autre os cylindrique, surtout à sa partie supérieure. Sa convexité regarde en avant, et sa concavité en arrière. La direction de son extrémité supérieure s'écarte beaucoup de celle du corps, car la tête presque sphérique qui la termine se joint à ce deruier, sous un angle presque droit, au moyen d'un col court, mais bien sensible. A peu près dans le milieu de la surface encroûtée de cartilage de cette tête, mais cependant un peu plus près du bas que du haut, se trouve un enfoncement considérable , trace de l'insertion du ligament rond. Le col est un peu comprimé d'avant en arrière. A l'endroit où il se continue avec le corps, on aperçoit deux apophyses considérables, appelées Lrochanters (trochanteres ). L'une, le grand trochanter, s'élève de l'extrémité supérieure et externe du corps , se courbe fortement en arrière et en bas, et présente à sa face interne un enfoncement considérable, qu'on nomme fosse du grand trochanter. L'autre, beaucoup plus petite, le petit troclianter ou trochantin, est située bien plus bas que la précédente; elle naît de l'extrémité supérieure de la face interne du corps, et s'incline en dedans, sous la forme d'une pyramide tronquée. D'un trochanter à l'autre règne, sur les faces antérieure el postérieure de l'os, une éminence qui donne attache à des. muscles : on l'appelle ligne inlertrochantérienne antérieure et postérieure ( linea intertrochanterica anterior et posierior) ; la seconde est bien plus saillante que la première.

Au corps, les faces antérieure et externe se continuent l'une avec l'autre d'une manière lellemeut insensible, qu'on ne sau-

rait tracer de Limite entre elles, et que l'os paraît rond de ce côté. Les faces antérieure et interne sont bien distinctes l'une de l'autre, moins toutefois que l'externe et l'interne, entre lesquelles règne une crête très saillante, appelée ligne âpre (linea aspera ossis femoris). Cette crête naît, par deux racines, du grand et du petit trochanters, se partage en deux lèvres (labia), dans presque toute la longueur du fémur, et se termine par deux embranchemens , à la hauteur du sixième inférieur de l'os. Le bas du corps se trouve ainsi partagé en quatre faces, une antérieure , une postérieure , et deux latérales, qui sont les plus étroites.

L'extrémité inférieure, qui est la partie la plus large et la plus forte de l'os, a la forme d'un cœur, quand on la considère d'une manière générale. Elle présente les deux condyles ( condyli ossis femoris) , Yexterne et Y interne , dont les faces inférieure, antérieure et postérieure, qui se continuent insensiblement l'une avec l'autre, et forment ainsi une large surface convexe d'avant en arrière et de dedans en dehors, sont couvertes de cartilage. Ces deux éminences sont séparées, dans toute leur longueur , par une échancrure très profonde, surtout à sa partie postérieure, où elle n'offre pas d'incrustation cartilagineuse. Cette partie postérieure est la fosse inlercondyloidienne postérieure (Jbvea intercondyloidea posterior). L'antérieure, beaucoup plus plane , revêtue de cartilage, et qui fait partie de la surface articulaire, porte le nom de fosse intercondyldidienne antérieure (fovea intercondyloidea anterior ). Les deux faces latérales des condyles présentent des élévations et des inégalités qui servent à l'attache des ligamens capsulaires.

Les trous nourriciers se trouvent sur et à côté dé la ligne âpre, mais a une hauteur qui varie beaucoup. Ordinairement on en compte deux, dont l'un , plus grand que l'autre, est presque toujours situé plus haut. Quelquefois aussi il n'y en a qu'un seul, qui se trouve alors à peu près au milieu de la longueur du fémur.

75a. Le fémur commence à paraître vers la fin du second mois de la grossesse, époque à laquelle il n'est guère plus long que large et épais. Cependant , dès le troisième mois , il"

DU FÉMUR. jfrg

est non seulement alongé, mais encore sensiblement plus gros à ses deux extrémités qu'à la partie moyenne; mais il reste droit jusqu'à la naissance. Sa' courbure ne commence à devenir apparente que vers la fin de la première année, et elle augmente ensuite peu à peu. En général , elle est plus considérable chez l'homme que chez la femme. L'ossification ne débute, dans l'extrémité inférieure, que pendant le cours du dernier mois de la grossesse; on y voit alors paraître un no^au osseux, simple et arrondi, qui occupe la partie moyenne , d'où il s'étend peu à peu aux deux condyles. Quelque temps après la naissance, commence aussi l'ossification de l'extrémité supérieure, particulièrement dans la tête ; mais ce n'est qu'après la troisième ou la quatrième année qu'il se développe un point d'ossification , d'abord dans le grand trochanter , puis dans le petit. Le col, simple prolongement du corps, n'est indiqué que d'une manière fort imparfaite dans le foetus à terme , et seulement en dedans, par la plus grande largeur de la partie supérieure de l'os, ainsi que par une saillie de son extrémité supérieure. Ces cinq germes osseux, pour la tête, le corps, les deux trochanters etles condyles, demeurent séparés long-temps encore après l'âge de la puberté, et ne sont même tous soudés qu'à l'époque où le sujet a pris son entier développement. Le premier qui s'efface est celui du petit trochanter, puis celui de la tête et du grand trochanter ; l'extrémité inférieure est la dernière à se souder (1). Il y a donc cette différence remarquable entre l'ossification de l'humérus et celle du fémur, qu'ici c'est l'extrémité inférieure qui se soude en dernier lieu, tandis que là c'est la supérieure.

?55. Le fémur s'articule, par son extrémité supérieure, avec l'os des îles, et par l'inférieure avec la tête du tibia.

?54- La plus commune de toutes les anomalies qu'il présente est l'augmentation considérable de sa courbure en avant :

(i) Albinus se trompe en disant que les deux trochanter» se soudent en même temps, et n'indique pas non plus l'ordre dans lequel les divers noyaux osseux se développent.

on l'observe principalement chez les rachitiques. Il est plus rare de voir manquer à la tête la fossette pour l'insertion du ligament rond (g 75' )• Lorsque les membres inférieurs sont développés d'une manière fort imparfaite, cet os manque quelquefois en totalité, ou du moins en grande partie.

ARTICLE III

Page 1