D. VAISSEAUX LYMPHATIQUES
112. Les vaisseaux lymphatiques {yasa lymplialica) (1) forment un système qui diffère de celui des veines parla nature du liquide qu'il charrie, mais qu'on doit'cependant en considérer comme une annexe, à cause de la liaison qui existe entre eux. On est même d'autant plus fondé à faire ce rapprochement, que le liquide auquel les vaisseaux lymphatiques servent de conducteurs se convertit presque en sang dans le trajet qu'il parcourt pour gagner le système sanguin.
11 3. Le système lymphatique semble être une annexe du système veineux, en raison de ses connexions, puisqu'il s'a-
(i) Quoiqu'on trouve de très bonne heure , et même dans les ouvrages d'Aristote (Hist. anlm. , lib. III, c. vi) , des traces de la connaissance du système lymphatique , et que les diverses portions de ce système aient été connues les unes après les autres, cependant c'est le Suédois Olaus Rudrjeck qui a découvert, en i65o, la connexion de ces vaisseaux avec le canal thoracique et le mouvement du fluide qu'ils contiennent ( Nova expérimenta anat. exhib. ductus hepalis aquosos cl vasa gtanditlarum serosa, Westeras, i653). La structure et la distribution des lymphatiques ont été étudiées surtout, en Angleterre, par G. Hunter {Med. comment, Londres, 1762, vol. I ),IIewson {Expérimental inquirics , vol. II, Londres , 17S4, vol. III , 1777 ) , et Cruikshank ( The analomy of the lymphatics vessels of thehuman body, Londres, 1774); en Allemagne, par mon grand-père, Meckel ( Dtss. epist. ad. IIallcr.de vasis lymph. glandutisque congtob. , Berlin, 1757, in-8°. — Nov. exper. de finibus venarum et vas. lymph. in ductusTHfccraquc exerctoria eorp. hum., Berlin, 1772, in-4°) ; en Italie, par îlaacagni ( Vasor. lymphat. corp. hum. historia et ichnograpliia, Sienne , 1787, in-fol.). Ludwig a rassemblé les principaux ouvrages sur cette matière dans G. Cruikshank' s tind P. Mascagni's Geschichte und Bcschrcibttng der Saeugadern des mcnschtichcn Kœrpcrs , Lcipsick, 1789, 3 vol. ro-8°. — Wcrner et Feller , Vasorum lactcorum , atquc tymphaticorum anutomica physiotogica descriplio , Lcipsick, 1786. — Haasc, De vasis cutis et tntcslinorum absorbentibus , Lcipsick, 1786.— Schregcr, Fragmenta anal, cl phys. fasc. I, Leipsick, 1791. — Altenther, Lymphalologic , oder Abhandlung ttbcr dus lymphatischc System und dessen Lciden, Vienne, 1808.
l8o ANATOMIE GENERALE.
bouche avec lui sur plusieurs points. Il y a toujours au moins deux de ces points chez l'homme, savoir, les jonctions des veines sous-clavière et jugulaire de chaque côté, de sorte que c'est le système de la veine cave supérieure qui reçoit celte annexe. Les lymphatiques se réunissent en deux troncs, l'un à gauche , qu'on appelle le canal thoracique : l'autre à droite , qui est beaucoup plus petit. Le premier reçoit les lymphatiques de la moitié droite de la tête, du cou, des poumons , du foie, du diaphragme, et du membre supérieur droit. Au second aboutissent tous les autres. Il n'est pas certain que, chez l'homme comme chez divers animaux, des lymphatiques d'un plus petit calibre s'ouvrent encore dans le système veineux (1) sur d'autres points que les deux précédemment indiqués. Quelques anatomistes le pensent néanmoins, et l'anatomic comparée semble autoriser à le croire, quoiqu'il soit bien constant que le nombre des grands points de communication , des insertions de troncs formés par la réunion d'un grand nombre de lymphatiques, se réduise à deux, chez l'homme, et qu'il diminue à chaque classe, en montant dans l'échelle animale.
114. Le système lymphatique ressemble davantage au veineux que l'artériel; mais il en diffère aussi beaucoup , quoique seulement par le degré. Voici quelles sont ses analogies avec le système veineux, et ses différences d'avec le système artériel, d'abord sous le rapport de la forme.
i° Ces deux systèmes forment deux couches, l'une superficielle, et l'autre profonde.
(1) Depuis la publication de cet ouvrage , les communications des lymphatiques avec les veines, autres que par le canal thoracique, ont été mises hors de doute par Fohmann ( Anatomischc Unlcrsuchungcn iiber die Vcrbindung der Sacugadern mit den Vcncn., Heidelberg,iS2i) , et par Lauthfils [Essai sur les vaisseaux lymphat., Strasbourg, 1824)- Ce dernier admet trois modes de terminaison des lympbatiques ; ceus qui , à l'état encore capillaire, se versent dans les veines, dans le tissu même des organes ; ceux qui se terminent dans les veines , dans l'intérieur des glande lymphatiques, subissant le mCme mode de terminaison; ceux enfin qi» s'abouchent avec le canal thoracique et la grande veine lymphatiqu droite. (Note des traducteurs.)