‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 20 sur 186 · DU SYSTEME VASCULAIBE. LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

DU SYSTEME VASCULAIBE. LYMPHATIQUES

a0 Le nombre des rameaux et des branches, comparé à celui des troncs, est bien plus grand que dans le système artériel.

5° Un rameau éloigné du cœur n'est pas toujours plus étroit que la branche à laquelle il aboutit.

4" Leur capacité est très variable.

5° Ils sont plus amples et plus nombreux que les artères. 6" Leur direction est très droite.

<p' Leurs anastomoses sont fort nombreuses, et obéissent aux mêmes lois que dans les veines.

Mais ces rapports n'établissent pas une identité parfaite entre le système nerveux et le système lymphatique, car:

i° La distinction en superficiels et profonds est bien plus générale dans les lymphatiques que dans les veines. Ce ne sont pas seulement le tronc, la tête et les membres, ce sont encore tous les viscères qui ont des lymphatiques superficiels et des lymphatiques profonds. La différence est encore plus grande entre ces deux ordres de lymphatiques qu'entre les deux ordres correspondans de veines , sous le rapport du volume et du nombre ; car ce ne sont pas les lymphatiques superficiels , mais bien les profonds , qui sont les plus gros et les moins nombreux.

2° La proportion entre les divisions subalternes et les troncs est encore plus à l'avantage des premières que dans les veines: la concentration est encore moindre. Dans leur cours, qui est souvent fort long, comme, par exemple, aux membres, les lymphatiques d'aucune partie du corps ne se réunissent en quelques gros troncs ; mais on les voit, conservant tout-à-fait ou à peu près le même diamètre , depuis l'instant où ils deviennent visibles, s'avancer isolément et en quantité prodigieuse, jusqu'au voisinage du tronc principal , où leur nombre diminue, quoique d'une manière peu considérable, et où leur volume augmente dans la même proportion.

3" Lesbranches éloignées du cœur sont même souvent beaucoup plus nombreuses et plus grosses que les rameaux voisins de Porfanc central , et cette disposition se rencontre bien plus fréquemment dans les lymphatiques que dans le système veineux.

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4° Leur capacité est aussi beaucoup plus variable que celle des veines. C'est là-dessus que se fonde la différence précédente. C'est aussi pour cela que, dans les vivisections , et quelquefois même après la mort, on trouve le système lymphatique dilaté, de distance en distance , de manière à former des vésicules considérables, qui, chez les animaux vivans, disparaissent souvent sans laisser aucune trace. C'est enfin pour cette raison qu'on ne peut pas fixer de rapport précis entre les troncs et leurs branches , et que les évaluations qu'on a faites du calibre du canal thoracique sont si peu d'accord les unes avec les autres.

5° Le système lymphatique a presque la même largeur que le système veineux ; mais comme les branches ne se réunissent point en troncs , leur nombre surpasse beaucoup celui des veines correspondantes, et chaque gros tronc veineux ou artériel est , en général , accompagné d'au moins dix lymphatiques.

6° La direction des lymphatiques est en général droite. Cependant ils présentent souvent des flexuosités considérables, et quelquefois même bien plus grandes que celles des artères.

7° Les anastomoses sont encore plus fréquentes dans le système lymphatique que dans le système veineux , ce qui s'accorde parfaitement avec leur moindre concentration. Leur tronc même est entouré d'un nombre considérable de très gros vaisseaux anastomosés , qui établissent aussi de vastes communications avec lui, et qui sont quelquefois si volumineux, qu'on a de la peine à n'y voir qu'un tronc principal simple , et qu'on est forcé d'admettre un immense réseau de lymphatiques.

1 1 5. Les lymphatiques ne sont pas, comme les veines, la continuation des artères. Ils naissent indépendamment de ces dernières ( i). On a bien généralement pensé, depuis la découverte

(i) Quoiqu'il soit certain que les artères ne se continuent pas avec les lymphatiques, comme avec les veines, nous admettons cependant, avec Lauth. fils (Essai sur les, vaiss. lymph. , sect. 2, p. 12), qu'il y a îles lymphatiques qui prennent leur origine de la surface interne des artères, comme de toutes les autres surfaces, ce qui est bien prouvé par les inflammations. ( Note des traducteurs. )

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de ce système, que quelques artères, appelées lymphatiques , se continuaient avec les lymphatiques proprement dits, delà même manière que les dernières ramifications artérielles qui charrient encore du sang rouge , se joignent aux racines des veines; mais il est impossible de démontrer cette disposition.

La principale raison qu'on allègue est tirée de ce qu'il a été observé par plusieurs anatomistes , sur divers points du corps , que des fluides de toute espèce , introduits dans les artères, pénétraient dans les lymphatiques. Mais alors on trouve toujours des déchirures , des extravasalions ; les artères qui auraient dû être remplies jusque dans leurs dernières 'ramifications, ne le sont que dans leurs troncs ou leurs grosses branches ; enfin, le phénomène lui-même est rare, quand il ne se fait pasd'extravasatLons, même lorsqu'on réussit le mieux à remplir les artères, et par elles les veines.

Lorsqu'il ne s'opère point de déchirure , que les artères sont parfaitement injectées, et qu'on a rempli en même temps les veines, il arrive quelquefois que la matière de l'injection passe dans les vaisseaux lymphatiques ; mais il n'y a que sa portion incolore qui y pénètre, et de telle sorte même qu'on ne peut pas conclure de là qu'il existe une communication non interrompue entre les lymphatiques injectés et les artères , puisque le fluide incolore se rencontre aussi hors des vaisseaux, et inonde la partie injectée. On explique donc mieux ce phénomène en disant que la portion non colorée de l'injection transsude des artères, et qu'elle est absorbée par les lymphatiques.

Les argumens suivans sont les principaux parmi ceux qui prouvent que l'origine des lymphatiques est indépendante des artères (1).

i° Les circonstances mêmes au milieu desquelles les fluides poussés dans les artères ou dans les veines pénètrent dans les lymphatiques.

(i) Iluntcr, Médical commcnlarics , Londres, 1763, p. 5. — A Monro, De venis lymphaticls vatvulosis, Berlin, 1757. — Hcvvson , E.vperimenl. mquirics, p. s J Londres, i774, chap. n — Morgagni , Loc cil. , scef. 3, De vasorum lymph. origine.

2° Les phénomènes que le système lymphatique présente à l'égard des substances soumises à son action. Le fluide contenu dans ces vaisseaux ressemble parfaitement à celui qu'on trouve à l'endroit de leur origine. Les lymphatiques provenant du foie contiennent un fluide analogue à la bile ; ceux qui viennent des mamelles , un fluide lactescent ; ceux qui naissent des parties dans lesquelles du sang s'est épanché, un liquide sanguinolent. Les glandes bronchiques , et souvent même les lymphatiques qui s'y rendent, sont d'un bleu noirâtre, comme le poumon. La couleur de la raie est également celle des glandes lymphatiques situées dans son voisinage. Si une substance nuisible , telle que le pus d'un ulcère vénérien , d'une pustule variolique , ou, en général, d'un ulcère quelconque, est soumise à l'action des lymphatiques, ceux qui naissent de la partie malade s'enflamment , et les glandes auxquelles ils aboutissent se tuméfient. Ces effets n'ont lieu que du côlé où la substance nuisible agit.

Comme tous ces phénomènes survienuent uniformément lorsque les causes en existent dans l'intérieur des organes, dans les cavités splanchniques , ou à la surface du corps, il n'est pas douteux que les lymphatiques naissent et de la substance des organes, et de leur surface, particulièrement du système cutané, tant de la peau proprement dite (î) , que des membranes muqueuses et des membranes séreuses.

1 16. Ce que j'ai dit de la forme extérieure et de la marche des lymphatiques s'applique aussi à leur texture. Leur membrane interne est encore plus fine , plus mince et plus extensible que dans les veines. Elle n'est pas pius sujette à s'ossifier. Elle forme également des valvules paraboliques (2), si-

(1) Lauth fils (Essai sur les vaiss. lymph. , sect. 2 , p. \h) est même parvenu à démontrer anatomiquement la naissance des lymphatiques de la surface de la peau, les ayant injectés jusqu'à la face externe de cette dernière.

(2) On trouve souvent (E.-A. Lauth, Essai sur les vaisscaur- lymph., sect. i , p. 4 ) > dans les troncs lymphatiques , des valvules annulaires, formées par la réunion de deux valvules, qui , ayant bien moins de hauteur que les valvules ordinaires , ue ferment pas totalement la lumière du canal. On retrouve la même disposition dans les lymphatiques de difl'érens viscères, dans ceux du foie surtout. ( Noie des traducteurs. )

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