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L'âge influe certainement beaucoup sur leur volume. En est-il de même du sexe? on ne peut guère le penser, puisque d'excellens observateurs se contredisent à cet égard. Ainsi, Hewson dit qu'elles sont, proportion gardée, plus grosses chez les femmes, tandis que Bichat veut, au contraire, qu'elles aient un volume proportionnel plus considérable chez l'homme. Elles sont assurément plus volumineuses dans les premiers temps que sur la fin de la vie ; car , dans la vieillesse, elles diminuent beaucoup , et disparaissent même souvent tout-à-fait dans quelques parties. Mais grossissentelles beaucoup après la puberté , comme Hewson le prétend? Mes observations me portent à en douter.
3° Leur forme est en rapport avec leur volume. Les grosses sont plus plates et plus alongées, les petites plus arrondies, les minimes tout-à-fait rondes. Il est très remarquable que chaque système d'organes soit assujetti aux mêmes lois que la série entière des corps organisés , puisque, en général aussi, les êtres vivans se ressemblent d'autant plus à eux-mêmes dans tous les sens, c'est-à-dire deviennent d'autant plus ronds que leur volume diminue davantage.
4° Leur couleur varie aussi beaucoup. Les plus claires sont celles qui se trouvent dans l'intérieur des cavités pectorale et abdominale; les glandes sous-cutanées ont une teinte plus foncée; celles qui sont placées à la base des poumons et de la trachée-artère sont les plus foncées de toutes, et presque noires; souvent aussi celles qui avoisinent la rate sont colorées. Ces différences de couleurs paraissent dépendre , en partie de l'influence de la lumière, et, en partie aussi, de la nature des liquides que les glandes contiennent. De là la couleur noire des spléniques et des bronchiques, la couleur jaune de celles qui sont situées près du foie, et la couleur blanche de celles du mésentère, qui sont remplies de chyle.
120. ,Les conditions générales de la structure des glandes lymphatiques sont les suivantes. Au premier aperçu, elles ressemblent à une masse homogène et presque lisse; mais lorsqu'on remplit les vaisseaux lymphatiques qui pénètrent dans leur intérieur , leur surface devient raboteuse. Elles re-
çoivent une quantité considérable de sang : ce fluide leur arrive ordinairement par plusieurs rameaux, qui se divisent en ramuscules fort déliés dans l'intérieur de leur substance. Elles reçoivent des nerfs, mais d'une ténuité excessive. Elles ne sont pas enveloppées d'une membrane propre et distincte de leur substance; leur surface est bien couverte d'un tissu cellulaire condensé, mais on ne peut pas détacher ce tissu de leur substance sans le détruire. La capsule celluleuse des glandes ne se continue pas d'une manière insensible avec le tissu muqueux ambiant, mais elle en est séparée par des limites bien tranchées, de sorte que ces corps sont très mobiles dans l'état de santé; ils ne deviennent fixes et adhérens, dans les maladies , que quand le tissu cellulaire qui les entoure s'enflamme.
Quant aux connexions des vaisseaux lymphatiques avec leurs glandes, voici quelssont les phénomènes généraux qu'on observe sous ce rapport. A quelques lignes de distance de la périphérie de la glande, vers l'extrémité directement opposée au canal thoracique , un seul ou plusieurs lymphatiques , suivant son volume, se partagent en quelques branches qui pénètrent dans son intérieur avec les vaisseaux sanguins, ét qui s'y divisent en une multitude de ramifications très déliées. Mais, vers l'autre extrémité de la glande, ces ramifications se réunissent en un petit nombre détrônes plus simples, qui l'abandonnent et poursuivent leur route. Ces derniers vaisseaux peuvent être considérés comme les conduits excréteurs des glandes lymphatiques.
121. Ya-t-il encore, dans les glandes lymphatiques, d'autres parties intégrantes que celles qui viennent d'être indiquées ? Plusieurs anatomistes, entre autres Malpighi , Mylius, Crui?kshank, Werner et Feller, admettent encore des follicules particuliers, des espèces de cellules creuses, arrondies, blanches et molles, qui constituent en grande partie les glandes, sur les parois desquelles se répandent les vaisseaux sanguins, et d'où naissent de nouveaux lymphatiques. La disposition de ces cellules est uniforme, d'après les uns, tandis que, suivant les autres, elle n'est pas la même partout. Ainsi Werner et Feller prétendent qu'il n?y a , dans les glandes les plus
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rapprochées du canal intestinal, qu'une vésicule centrale, simple et volumineuse , d'où naissent les vaisseaux lymphatiques afférens, tandis que les glandes situées à une plus grande distance de l'intestin, et celles de toutes les autres régions du corps, renferment plusieurs de ces bourses. On s'est appuyé également des faits de l'anatomie comparée pour admettre ainsi des cellules dans les glandes lymphatiques de l'homme, car on en trouve, par exemple, de très grandes dans le cheval et dans l'âne.
Mais , suivant d'autres anatomistes , en particulier d'après Ruysch , Albinus, Gmclin , Hugo, Haase, Meckel , Hewson et Mascagni, les glandes ne sont que des agglomérations de vaisseaux sanguins , de vaisseaux lymphatiques et de tissu muqueux.
Il est réellement fort peu probable que la structure de ces organes soit celluleuse, du moins chez l'homme. Hewson admet bien, indépendamment des plexus vasculaires, de petites cellules, visibles seulement à l'aide du microscope, d'où il prétend que naissent de nouveaux vaisseaux lymphatiques, et l'on aperçoit, même à l'œil nu, une multitude de petits points d'où il découle un fluide quand on les comprime. Mais il reste à savoir si ce sont de véritables cellules, ou si ce ne sont pas plutôt des vaisseaux lymphatiques divisés. La seconde supposition paraît d'autant plus vraisemblable , que les vésicules d'une certaine étendue sont elles-mêmes de simples dilatations locales des lymphatiques, qui se continuent, sans aucune interruption, avec les vaisseaux, tant afférens qu'efférens, comme Mascagni l'a parfaitement démontré , et qu'on observe une disposition tout-à-fait semblable dans le système veineux, par exemple dans les corps caverneux de la verge et du clitoris.
Les phénomènes eux-mêmes qu'on croit être favorables a l'hypothèse de la structure celluleuse des glandes lymphatiques , sont plutôt propres à la combattre, ou du moins peuvent s'expliquer d'une autre manière. On prétend que les cellules deviennent surtout apparentes lorsqu'on suspend l'injection d'un ganglion , après l'avoir rempli à moitié environ ; qu'on ne découvre qu'une série de cellules quand il n'existe
qu'un seul vaisseau afférent et efférent, tandis que, dans le cas contraire, on en aperçoit plusieurs, qui ne communiquent point ensemble , puisqu'on ne peut les remplir qu'en poussant l'injection dans leurs propres vaisseaux afférens; que par conséquent on démontre irrévocablement l'existence des cellules , surtout dans les glandes de l'aine, en poussant le mercure par un seul vaisseau, jusqu'à ce qu'il sorte du côté opposé, attendu qu'alors le réseau vasculaire, dont tout autre procédé couvre entièrement l'organe , ne gêne point l'observateur. Mais ces phénomènes prouvent seulement que, comme il est naturel de le penser , la structure intime des glandes devient plus facile à reconnaître quand les vaisseaux extérieurs ne sont point remplis de mercure. Ils ne démontrent pas que les espaces intérieurs soient plutôt des cellules que des vaisseaux dilatés, qui sont tout naturellement plus faciles à remplir de mercure que les vaisseaux d'un moindre calibre répandus sur la surface de l'organe. Il est tout simple aussi qu'on aperçoive d'autant mieux les flexuosités qu'elles existent en moins grand nombre. D'ailleurs le défaut de communication entre les divers espaces ou renflemens semble indiquer qu'on doit les considérer comme des dilalationsxpartielles des vaisseaux, et non comme des cellules.
L'apparence extérieure des glandes lymphatiques injectées, sur laquelle Cruikshank appuie également son opinion, ne prouve pas davantage en sa faveur, puisque les bosselures qui donnent a ces organes la forme d'une grappe de raisin peuvent aussi bien être des flexuosités vasculaires que des cellules.
L'analogie tirée de la structure des animaux n'atteste non plus qu'une seule chose , c'est que , chez certains animaux , les vaisseaux lymphatiques se partagent en ramifications moins déliées que chez d'autres.
On est donc fondé à ne point admettre l'existence des cellules. On doit même rejeter l'opinion de ceux qui cherchent à concilier les deux hypothèses, en disant : 1° que les glandes sont de simples liens vasculaires dans quelques points du système lymphatique , particulièrement dans le médiastin postérieur et le bassin; 2° que, dans d'autres parties, notani-
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ment à l'aine , elles sont composées à la fois de plexus vasculaires et de petites cellules; 3° enfin , que, dans d'autres régions encore, elles sont formées entièrement , ou presque entièrement , de petites cellules, où les vaisseaux lymphatiques se rendent, sans former auparavant aucun plexus. En effet, il estfortpeu vraisemblable que ces organes, qui se ressemblent tant à l'égard de leurs autres qualités essentielles, et qui remplissent la même fonction, offrent des différences locales aussi considérables dans un point de leur structure. D'ailleurs il est évident que là même où la troisième modification semble exister, cette apparence peut très bien dépendre de ce que la division des vaisseaux lymphatiques contournés un grand nombre de fois sur eux-mêmes, ne commence que dans l'intérieur des glandes (i).
Quelques anatomistes, tels que Malpighi et Mylius, ont admis, au-dessous de la capsule celluleuse, une membrane musculeûse, enveloppant la substance de la glande, et de la face interne de laquelle partent une multitude de filamens qui forment un tissu réticulé, dans les mailles duquel se trouvent placées les vésicules. Ils ajoutent que cette disposition a pour but de favoriser la progression de la lymphe, mais cette membrane musculeusc n'existe point.