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Les lois générales de l'ostéogénie sont

place et remplit les fonctions de l'os, dont il a la forme, et dont il acquiert successivement le volume , se creuse d'abord de cavités irrégulières , puis de canaux tapissés de membranes vasculaires , remplis d'un. liquide mucilagincux ou visqueux ; il devient opaque , ses canaux deviennent rouges, l'ossification commence vers son, centre. .. Le premier point d'ossification paraît toujours dans l'épaisseur du cartilage, et jamais à sa surface. Il est entouré de cartilage rouge à l'endroit qui est en contact avec lui, opaque et creusé de canaux un peu plus loin, et plus loin encore homogène et sans vaisseaux, mais percé seulement de quelques canaux vasculaires qui tendent vers le centre osseux. Le point osseux augmente continuellement par accroissement à sa surface, et aussi par addition intersticielle dans son épaisseur. Le cartilage , successivement creusé de avités et de canaux, tapissés par des gaines vasculaires, diminue à meure que l'os augmente , et finit par disparaître. Les canaux du cartilage eux-mêmes, très larges au commencement de l'ossification, deviennent de plus en plus petits, et disparaissent enfin quand elle est opérée. A la pltfce d'un cartilage plus ou moins épais, mais d'abord plein et solide , sans avités et sans vaisseaux distincts, plus tard creusé de canaux tapissés de tiembrancs vasculaires et sécrétantes, on trouve un os très vasculairc, rcusé de cavités aréolaires on spongieuses, revêtues de membranes et emplies de moelle giaisseusc. L'os devient ensuite moins vasculairc avec e temps. » ( Nota îles traducteurs. )

3o8 ANAT0M1E GENERALE.

i° L'ossification débute dans la substance du cartilage, en sorte que le germe osseux est entouré de tous côtés par du cartilage,

2° L'ossification part du centre de l'os entier et de chaque germe osseux. De même aussi les os croissent toujours de dedans au dehors, de manière que les couches extérieures paraissent après les intérieures. Cette disposition est démontrée par les expériences sur les animaux qu'on a nourris avec de la garance. Lorsqu'on les tue à l'époque où l'on mêle encore cette substance colorante à leurs alimens, on trouve toujours la surface interne de leurs os blanche, et l'externe rouge. On peut de cette manière produire une infinité de couches alternativement blanches et rouges, en suspendant et reprenant l'usage de la garance (i). Cependant un renouvellement continuel de substance a lieu aussi dans les couches internes; car si l'on met à mort un animal nourri d'abord sans garance , mais aux alimens duquel on a ensuite ajouté de cette matière colo rante, qu'on a supprimée plus tard, la partie interne des os est la seule qu'on trouve rouge, et l'externe est blanche (2).

Les os croissent dans le sens de la longueur et dans celui de la largeur , de telle sorte que la substance nouvelle ne s'a joute pas seulement à leurs extrémités et à leurs bords, mais pénètre aussi la masse déjà existante. A la vérité Hunter ayant observé que deux trous percés dans un os long d'un, jeune animal ne s'étaient pas écartés l'un de l'autre par Ips progrès de l'accroissement, a tiré de là une conclusion con traire (3) ; mais les expériences que Duhamel avait faites auparavant avec le plus grand soin, démontrent que l'anatomiste anglais s'est trompé , et font voir en même temps que l'ac croissement marche avec beaucoup plus de lenteur, et s'ar rête bien plus rapidement au milieu des os qu'à leurs extré mités (4)-

(1) Duhamel, Sur te dévcl. et la crue des os ; dans Mèm. de Paris , 174» p- 497» 498.

(2) Home, Exp. and obs. on the growth of bones; dans Trans. for Un impr. ofmed., vol. II, XXIII.

(3) Trans. for the impr. ofmed., t. II , p. 279.

(4) Cinquième Mémoire sur les os; dans A/cm. de Paris, 1743,, P 187, 188.

5° Parmi les diverses pièces d'un os, qui paraissent les unes après les autres (§ 226), les plus volumineuses sont colles qui se forment les premières. On devrait conclure de là que les plus gros os sont aussi ceux qui se montrent d'abord. Mais, quoiqu'à l'exception des dents et des osselets de l'ouïe, les petits os paraissent plus tard que ceux d'un certain volume, on remarque cependant qu'en général les os d'une grosseur moyenne se forment avant les plus volumineux. Ainsi l'omoplate , les os du bassin et les os longs des membres , ne paraissent que long-temps après la clavicule et la m5choire inférieure, et il y a une époque où la clavicule, dont la masse égale à peine le quart de celle de l'humérus , chez l'homme qui a pris tout son développement , le surpasse au moins six fois en volume.

4° Les os et leurs diverses pièces se perfectionnent dans le même ordre qu'ils se forment. Ainsi les deux lames des vertèbres précèdent le corps de long-temps ; aussi leurs extrémités postérieures se soudent-elles ensemble bien avant que les antérieures s'unissent au corps.

5e Les os cylindriques, à peu d'exceptions près, se forment et se perfectionnent plus tôt que les plats , et ceux-ci avant les courts. Ainsi, la clavicule, les côtes, la mâchoire inférieure et les grands os des membres ont acquis déjà un haut degré de perfection, tandis qu'à peine on aperçoit encore quelques traces de la portion postérieure de l'occipital et du frontal , parmi les os plats, et qu'il n'y a que le maxillaire supérieur qui soit visible, parmi les os courts. Cette loi s'applique aussi aux parties constituantes des divers os. Plusieurs os courts, notamment ceux du carpe ou du tarse et la rotule, ne contiennent encore aucun noyau d'ossification chez le foetus à terme, et c'est seulement au sixième mois de la grossesse que les premiers germes osseux se développent dans le carlilage sternal. Le corps des os cylindriques et les arcs des vertèbres ! se formentet se développent bien plus tôt que les apophyses des premières et les corps des secondes ; mais les parties qui naissent ici les dernières correspondent aux os courts sous tons les rapports. Cette loi est fort remarquable , parce qu'cJlo se çaltache d'une manière intime à la faculté régénératrice des.

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divers os. Jïn effet, les os qui se forment et se développent les premiers sont aussi ceux qui se régénèrent le plus facilement et le plus complètement lorsqu'ils ont été détruits par quelque accident; les os plats se régénèrent plus difficilement que les longs, et les courts plus que tous lesautres. Cesdeuxconditions paraissent se rattacher à la loi d'après laquelle la formation organique repose sur une force qui ne diffère point de celle d'où dépendent les phénomènes électriques , et qui agit principalement dans le sens de la longueur.

6° L'ordre suivant lequel les os se développent dans l'embryon humain paraît dépendre de celui suivant lequel on les voit paraître dans la série animale. C'est du moins ce qu'on ne peut révoquer en doute pour les mâchoires et la clavicule, dont le développement l'emporte tant sur celui des autres os chez les poissons , non plus que pour le sternum, les os du bassinet les autres os des extrémités, qui sont développés d'une manière si imparfaite chez les poissons et les cétacés.

7° La destination des os paraît également influer un peu sur le plus ou moins de rapidité avec laquelle ils se forment et se développent. Nous en avons une preuve dans le développement précoce des mâchoires, dont le besoin se fait sentir de très bonne heure, et dans le développement tardif du sternum et des os coxaux, qui arrivent les derniers à la perfection , parce qu'il est nécessaire que les cavités qu'ils circonscrivent se ferment tard.

8° Un même rapport n'a pas lieu , dans tous les os , entre leur développement complet , quant à la forme et quant au volume. Dans certains os, les longs en particulier , les diverses pièces qui les composent ne se soudent ensemble que quand l'accroissement en longueur commence à s'opérer, ou même lorsqu'il est achevé. Dans d'autres, tels surtout que les os courts, plusieurs os plats et quelques os irréguliers, toutes les pièces sont déjà soudées long-temps avant que l'accroissement soit arrivé à son dernier terme. A l'âge de vingt ans encore, la macération détache les épiphyses du corps des os longs, tandis que les pièces du sphénoïde, du frontal, de l'occipital et des vertèbres sont confondues dès les premières années de la vie.

9° Le mode de développement de chaque os , sous le rapport soit du moment de son apparition et de son entier achèvement , soit de la forme et du volume de ses pièces, est soumis, en général, à des lois; mais il y a aussi des exceptions à ces lois, et l'on en trouve bien plus dans certains os que dans d'autres. De tous les os, le sternum est celui qui présente les variations les plus nombreuses et les plus considérables , sous le rapport du nombre, de la grandeur, de la forme et de la situation des noyaux osseux qui le produisent peu à peu, et même sous celui du moment de son apparition. Ce phénomène est d'autant plus digne de remarque, que le sternum est précisément l'os qui paraît le dernier de tous, de sorte que le peu de fixité de son type de formation paraît dépendre de ce que l'énergie del'action plastique commence à s'éteindre. Les os qui constituent la voûte du crâne ont aussi un type moins fixe dans leur développement, puisqu'il n'est pas rare que quelques unes des pièces dont ils sont composés se développent à part, et ne se réunissent point aux autres, ce qui explique la formation des os vvormiens.

io° La composition chimique des os n'est pas la même a toutes les époques de la vie ; en général , on peut poser en principe qu'il y a d'autant moins de parties terreuses, eu égard aux parties animales, que l'os est plus jeune. Chez un enfant même de quinze ans, la proportion entre ces deux principes constituans fut trouvée moins considérable que chez l'adulte » de près d'un cinquième (1).

11° La structure des os est aussi plus lâche, plus spongieuse et plus molle dans l'enfance , ce qui coïncide parfaitement avec leur composition chimique. Ils ne ressemblent d'abord qu'à un simple tissu de fibres et de lamelles diversement entrelacées , dans lequel on ne trouve point encore de substance dure.

12" Sous le rapportdela forme extérieure, les os sont plus

(i)Davy (dans Monro , Analomy oflhe human body , Edimbourg, îRij , t. I , p. 56) trouva par exemple le fémur composé, dans l'en Tant de quinze ans , fl'e ~ substance animale, et -4„V substance terreuse; cher l'adulte, de / matière animale, et matière terreuse.

arrondis et moins durs dans l'enfance qu'à une époque avancée de la vie. Les éminences et les enfoncemens y sont beaucoup moins prononcés. En général, par conséquent , leur surface est plus lisse et plus uniforme.

i3° Les os sont plus flexibles et plus élastiques dans la jeunesse que dans l'âge avancé. Voilà pourquoi les violences extérieures ne produisent à cette époque que des changemens passagers , des incurvations, des impressions , tandis que, plus tard, elles donnent lieu à des solutions de continuité. C'est ce qui fait aussi que les fractures sont plus communes chez les personnes âgées.

227. La grande différence qui existe, sous tous les rapports, entre le cartilage et l'os, a déterminé les anatomistes et les physiologistes à rechercher qu'elle peut être lacause de la conversion du premier en tissu osseux. Pour donner une explication satisfaisante de ce phénomène, il faut résoudre deux problèmes : i° pourquoi survient-il une époque à laquelle le cartilage se transforme en os? 2° comment s'opère cette transformation? Il est plus que douteux qu'on parvienne jamais à résoudre la première question de manière à ne point laisser prise au doute. Le phénomène qu'elle concerne se rattache à une loi générale de toute formation organique, celle que les fluides prédominent d'autant plus que l'embryon se rapproche davantage du moment de son origine. Quant à la seconde, on peut y attacher deux sens différens, et demander soit un simple exposé des phénomènes que présente la transformation du cartilage en os, ce qui a été examiné précédemment, soit l'indication des moyens par lesquels s'opère la transmutation. Mais on ne connaît pas plus le comment de ce phénomène que celui des changemens successifs qui surviennent dans tous les autres organes. D'ailleurs, il est inconcevable qu'on ne se soit épuisé en conjectures qu'au sujet de la formation des os, et qu'on ait presque entièrement négligé les autres organes , qui ne présentent pas des différences moins considérables aux diverses époques de la vie. La seule chose qu'il soit permis d'assurer, c'est que toutes les théories de l'ossification qu'on a imaginées sont ou vagues ou fausses, et que, dans ce dernier cas, elles s'éloignent d'autant plus de la vérité qu'elles sont plus mécaniques. Telles sont celles que.

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les artères se remplissent de suc osseux, qui les obstrue et les déchire, que les artères des cartilages s'ossifient peu à peu, que l'os prend la place du cartilage , que le périoste se convertit peu à peu en os, que le cartilage est seulement pénétré par la substance osseuse. L'essence de l'ossification consiste dans la formation d'un organe nouveau, différent du cartilage C'est donc un acte de nutrition d'une tout autre nature, qui s'effectue sur ce point de l'organisme. La soustraction de la matière existante a lieu plus rapidement dans quelques endroits que dans d'autres ; de là , la formation d'un canal médullaire et du tissu celluleux, spongieux, à la place de la substance cartilagineuse solide et homogène. Mais, dans le même temps, l'acte nutritif lui-même change, puisqu'il se forme un organe médullaire et des fibres composées de gélatine et de phosphate calcaire. Ce changement tient à celui qui s'opère dans l'activité des instrumens de la nutrition, les vaisseaux chargés d'apporter et de ramener le. fluide nourricier.

228. Lorsque les os ont acquis leur situation normale, et que les diverses pièces qui se réunissent peu à peu pour les former, sont confondues et soudées en un seul corps , ils augmentent encore plus ou moins en épaisseur.

22g. Mais leur épaisseur diminue beaucoup dans la vieillesse (1), de sorte qu'ils perdent de leur poids, et qu'ils se cassent plus facilement, tant pour cette raison, que parce qu'ils deviennent plus fragiles. Leur plus grande fragilité dépend en grande partie de l'augmentation de la substance terreuse , car les os morts deviennent d'autant plus faciles à briser, qu'ils perdent davantage de leur substance animale. Davy a trouvé 64,0 de matière terreuse dans l'occipital d'un adulte, et 6g, o dans celui d'un vieillard (2). Cependant cette règle ne paraît pas s'appliquer à tous les os: du moins Davy a-t-il trouvé que la mâchoire inférieure d'un vieux sujet, dont les alvéoles

(1) F. Clioussard, Recherches sur l'organisation des vieillards, Paris, 1822.— Ribes, Surleschangemens que le tissu osscu.v subit par les progrès de l'âge et l'influence de diverses maladies ; dans Bull, de la fac de mcd. t t. VI, p. 299.

(2) Davy, foc. cit., p. 36.

5l4 ANATOMIE GÉNÉRALE.

étaient entièrement effacés, contenait de substance animale, et 56,6 de matière terreuse, tandis que le rapport entre ces deux matières était : : : 57,2 chez un enfant, et : : 4°>5 : 5g, 5 chez un adulte (1); cependant la mâchoire inférieure du vieillard était plus fragile.

25o. Les différences sexuelles des os sont en général l'épaisseur considérable , l'âpreté , la forte saillie des élévations , chez l'homme ; la minceur et la forme arrondie chez la femme. Mais les os diffèrent encore, dans les deux sexes, d'une manière très frappante pour plusieurs d'entre eux, dont le changement de forme coïncide avec une différence dans les fonctions. Tels sont particulièrement ceux qui constituent le bassin. Mais ces différences ne peuvent être examinées que dans l'anatomie spéciale. II en est de même, et à plus forte raison, des différences de races, en tant qu'elles s'expriment principalement par la forme des diverses pièces osseuses.

B. PARTICULARITÉS RELATIVES AUX DIVERSES CLASSES d'oS.

23i. Les différentes classes d'os (§210), indépendamment des propriétés générales de ces organes, offrent encore certaines particularités qui méritent d'être étudiées.

252. Les os longs sont ceux dans lesquels la dimension en longueur l'emporte de beaucoup sur toutes les autres. Ils sont plus renflés à leurs deux extrémités qu'à leur partie moyenne, appelée corps ou diaphyse (diaphysis) , ce qui augmente leur légèreté, procure plus d'étendue aux urfaces articulaires, et rend les luxations plus difficiles. Le corps, en général, est cylindrique. Cependant on y distingue presque toujours assez facilement trois faces , séparées les unes des autres par autant de bords plus ou moins aigus. Certains forment, en quelque sorte, le passage de cette classe a celle des os plats; car, bien que longs et étroits, ils ne sont pas épais, ce qui les fait paraître non pas arrondis, mais plats : telles sont, par exemple, les côtes. Le corps de ces os n'est jamais parfaitement droit, ou du moins ne l'est que dans des cas rares, et

(1) Davy, loc. cil. , p. 36.

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seulement même durant les premières périodes de la vie. La plupart du temps il est un peu arqué ou courbé, et n'a pas une épaisseur égale dans toute l'étendue de sa longueur. La l'orme des extrémités varie d'après les usages de chaque os long: elle est en rapport direct avec la mobilité plus ou moins grande du membre dont il fait la base. Quant à leur composition intérieure, ces os ont cela de particulier, que leur corps est creusé d'une cavité plus ou moins libre, dans laquelle se trouve l'organe médullaire. Cette cavité n'existe plus vers les extrémités de l'os, où l'on trouve à sa place un tissu lâche, fibro-cellulaire , qui paraît se développer aux dépens de la substance compacte, puisque celle-ci diminue et se réduit insensiblement à une lame mince, à proportion que la spongieuse s'accumule davantage, tandis que, dans la partie moyenne, où cette dernière n'existe point, elle a beaucoup de solidité, et une épaisseur qui s'élève à une ligne ou deux dans les plus gros os longs. Les côtes et la mâchoire inférieure qui, par leur forme extérieure, marquent déjà le passage des os longs, proprement dits, aux os plats, diffèrent aussi des véritables os longs par l'absence d'une cavité médullaire ; ils sont entièrement remplis de tissu spongieux.

Les os longs se rencontrent principalement aux membres, dont ils forment la base. A mesure qu'ils s'éloignent du tronc, ils vont en diminuant de volume et en augmentant de nombre. Le nombre, la forme et les autres rapports de ces os sont au fond les mêmes dans les parties correspondantes des membres. Les supérieurs sont les plus mobiles ; cependant ceux qui forment le premier article des doigts et des orteils le sont plus que les moyens et les antérieurs.

En général , les os cylindriques sont formés de trois pièces; on en trouve néanmoins davantage dans plusieurs. De ces pièces, l'une correspond au corps, et les deux autres correspondent aux extrémités. La pièce moyenne se développe bien avant les deux autres, et au centre précis de l'os, sous la forme d'un os mince et droit. Les extrémités ne s'ossifient qu'après la naissance , et ne se soudent souvent d'une manière complète avec le corps que quand l'accroissement est terminé. Cependant ce n'est pas seulement dans leur intérieur

3i6 anatomie générale.

qu'on trouve de la substance spongieuse : on en rencontre aussi aux extrémités du corps proprement dit ; mais elle y est plus fixe, et disposée davantage dans le sens de la longueur, par conséquent plus fibreuse.

a53. Les os plats sont à peu près aussi larges que longs, et ils ont une épaisseur peu considérable. La plupart sont plus ou moins convexes d'un côté et concaves de l'autre. En général, leurs deux faces sont parallèles. Celle forme tient aux fonctions qu'ils remplissent, car ils servent surtout à former des cavités, qu'un certain nombre d'os plats, solidement articulés les uns avec les autres, se réunissent pour produire. Plusieurs de ces derniers, notamment ceux du crâne, sont entourés de dentelures qui, en se pénétrant réciproquement, constituent le plus solide de tous les genres d'articulation. Ceuxlà sont a peine plus épais sur les bords que dans le reste de leur étendue. A l'égard des autres os plats, ils ressemblent aux os longs en ce que leurs bords sont fort épais, principalement dans les points où ils s'articulent avec d'autres , mais aussi dans ceux où ils donnent attache à des muscles.

La substance compacte et la substance spongieuse sont uniformément répandues dans toute l'étendue des os plats. La première forme deux plaques ou tables (tabulœ), l'une interne, l'autre externe, entre lesquelles se trouve la seconde. Il n'y a qu'un petit nombre d'os plats , notamment les moins volumineux, comme l'unguis et la portion inférieure de la cloison de l'ethmoïde, dans lesquels la substance spongieuse manque, du moins en grande partie, de manière que les deux tables sont soudées et confondues en une seule. La proportion entre les deux substances n'est pas partout la même. Ainsi, par exemple, dans les os des îles, l'externe est proportionnellement beaucoup plus mince et plus faible, et l'interne bien plus lâche que dans les os du crâne.

Cependant il existe des cavités plus ou moins considérables dans quelques os plats; mais leurs usages ne sont pas les mêmes que ceux des cavités qu'on rencontre dans les os longs. Elles ne sont pas remplies de moelle et closes, mais elles, contiennent de l'air , communiquent à l'extérieur , et ne sont que des appendices ou des prolongemens de la cavité nasale.

DES OS DANS L'iîTAT NORMAL. 5l?

La plupart des os plats naissent par plusieurs points d'ossification qui se forment les uns auprès des autres. 11 yen a au moins deux latéraux, qui se soudent plus ou moins tard sur la ligne médiane, comme on le voit dans le frontal, et même, jusqu'à un certain point, dans les pariétaux. Mais, dans quelques uns aussi, ces moitiés latérales se développent peu à peu par plusieurs points : tels sont l'occipital, le sphénoïde, le coxal et l'omoplate. Ici encore, comme dans les os longs, les éminences, qui correspondent davantage aux os courts^constituent d'abord autant de pièces osseuses distinctes. Cependant la partie plate elle-même, qu'on peut, en général, désigner sous le nom de portion écailleuse ou squamineuse (squammee , partes sqnammosœ) , doit également quelquefois naissance à plusieurs pièces séparées. Les diverses pièces de ces os se joignent presque toujours dans les articulations; c'est laque l'ossification se fait en dernier lieu, tandis que, quand les pièces arrivent au contact mutuel sur d'autres points, elles s'y soudent bien plus tôt. Le développement de l'os occipital et des coxaux fournit un exemple de cette disposition, qui paraît favoriser l'ampliation des cavités articulaires, et qui tient peut-être en partie à l'action mécanique des os articulés sur ce point. Les os plats ne se forment pas seulement par la réunion successive de plusieurs pièces cUune certaine étendue, qui demeurent plus ou moins long-temps séparées; il se développe encore à la circonférence du plus grand noyau osseux, le long de son bord, et à diverses époques, une multitude d'autres germes tout-à-fait distincts, et très différens les uns des autres, sous le rapport du nombre, de la grandeur et de la situation, qui se soudent peu à peu les uns avec les autres et avec la pièce principale, primitivement existante. Il n'estpas rare que ces petits noyaux, et même les pièces plus considérables, celles qui sont disposées d'après un type plus constant, demeurent isolés, contre la règle; c'est ainsi qu'on voit paraître diverses espèces d'os wormiens , qui ne sont, pour la plupart, que le résultat d'une suspension de développement, et qui naissent surtout dans les points où plusieurs os se rencontrent de manière à laisser entre eux de grands vides , i\\>\>n\éi fontanelles.

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a34- Dans les os courts ou épais , aucune dimension ne l'emporte d:une manière notable sur les autres. Ils ont une forme plus ou moins arrondie, et se distinguent en outre des autres os par moins de régularité, sous le rapport de leur tissu. Ils se rapprochent des os plats et des extrémités des os longs, en ce qu'ils ne renferment pas de cavité, la substance compacte y étant remplie partout de substance spongieuse. Ces os sont toujours réunis en grand nombre, soit dans le sens de la longueur, comme à la colonne vertébrale, soit dans celui de la largeur, comme au tarse et au carpe, et disposés de telle sorte, que leur ensemble seul est susceptible de mouvcmens étendus, tandis qu'eux-mêmes sont peu mobiles les uns sur les autres. C'est en partie à celte circonstance que tient la grande irrégularité de leur forme, car leur surface est garnie d'une multitude d'élévations et d'enfoncemens qui servent à l'attache des ligamens. Quelques uns de ces os ont une forme plus compliquée que les autres, parce que leur fonction est aussi plus complexe. Ainsi chaque vertèbre est percée d'une ouverture considérable, et représente un anneau, parce qu'elle ne sert pas seulement de levier pour les muscles qui y prennent leur insertion, mais encore de réservoir pour un organe, la moelle épirwère.

Il est une classe particulière d'os courts, les sésamoïdes , dont je parlerai en traitant du système fibreux.

255. Outre ces trois classes d'os , il y en a encore une quatrième qu'on peut appeler os mixtes, car ils semblent produits par la soudure d'os de plusieurs classes différentes, principalement de la seconde et de la troisième , étant composés de portions plates et de portions courtes. Le sphénoïde, le temporal, l'ethmoïde en sont des exemples. L'occipital lui-même se range dans cette catégorie. Les vertèbres marquent le passage entre elle et celle des os courts. Ces os se développent toujours par plusieurs pièces , dont une a les caractères des os courts , et dont les autres ont ceux des os plats. Ces dernières sont ordinairement en plus, grand nombre que les autres. Presque tous ces os contiennent dans leur intérieur des cavités qui communiquent «avec les fosses nasales.

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Au reste, il faut faire remarquer ici, d'après les données fournies par l'anatomie comparée, que le même os change tellement de forme dans les divers animaux, qu'il appartient à une tout autre classe. Ces différences ne sont donc pas très essentielles , et dépendent de la forme totale.

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