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C. DUS MUSCLES DU LA VIE OBCANIQUE

346. Les muscles de la vie organique différent de ceux de la vie animale :

Sous le rapport de leur masse. Leur masse est peu con-

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sidérable , car ils ne forment qu'une très faible fraction des organes , lors même qu'on y rapporterait toutes les parties qui ont une structure légèrement musculeuse.

2° Sous le rapport de leur forme extérieure, qui est beaucoup plus simple. Ils forment toujours des cavités, que revêl la membrane interne des organes dans la composition desquels ils entrent. On les rencontre dans le système vasculaire , l'appareil digestif, la matrice et la vessie, dont ils constituent la tunique musculeuse. Le cœur excepté, on ne trouve en eux aucune trace de tendons , parce que leur action n'a pas pour but de déplacer des parties solides , mais de chasser des fluides contenus dans les cavités qu'ils circonscrivent. Lorsqu'on observe des tendons, comme au cœur, ils s'attachent à des parties dont la position change par la contraction des portions de l'organe auxquelles sont fixées les extrémités opposées. Les muscles circulaires de la vie animale présentent aussi quelque chose d'analogue, car on peut toujours se les figurer comme le commencement d'un canal , ou , plus exactement , comme un canal dilaté, dont les fibres auraient passé non pas derrière, mais au-dessus les unes des autres. Mais ces derniers font réellement , soit par leur situation , soit par leurs fonctions , le passage des muscles de la vie animale à ceux de la vie organique; caries sphincters de la bouche et de l'anus se trouvent sur les limites des vies organique et animale, et l'orbiculaire des paupières est moins soumis que les autres muscles de la vie animale aux ordres de la volonté.

3° Sous le rapport de leur texture, et cela de plusieurs manières :

a. En général, parla disposition de leurs faisceaux , fibres et filamens , qui ne sont pas séparés et parallèles les uns aux autres , comme dans les muscles de la vie animale, mais qui s'entrelacent de mille manières , et qui sont par cela même beaucoup plus courts que les muscles soumis au pouvoir de la volonté.

b. Par la disposition de leurs fibres en plusieurs couches superposées, non-seulement dans les endroits où elles suivent toutes à peu près la même direction, mais encore dans ceux où elles marchent dans des directions opposées.

DU SYSTÈME MUSCULAIRE DANS L'ÉTAT NORMAL. /j29

Le plus généralement ces couches sont transversales ou obliques , et forment des anneaux autour des cavités qu'elles circonscrivent. Ces anneaux sont toujours plu9 forts que les fibres qui marchent dans d'autres sens ; ils se rapprochent surtout de l'orifice des cavités, et forment les couches internes; ils entourent constamment la cavité interne, tandis que les pitres couches ne sont souvent qu'accumulées sur quelques points de sa circonférence , comme, par exemple, dans le gros intestin, et manquent dans une étendue considérable , comme dans la plus grande partie du système veineux. Cependant on trouve aussi quelquefois des fibres longitudinales, sans fibres musculaires; les grosses veines en fournissent la preuve. Ces deux directions sont les plus ordinaires, et en même temps celles qu'on rencontre le plus souvent ensemble.

c. Par la quantité bien moins considérable de tissu muqueux qui existe dans leur intérieur.

d. Par les différences bien plus grandes qu'offre leur structure dans diverses régions. Il ya plus de différence entre les fibres du cœur, des artères, des veines, du canal intestinal et même de ses diverses parties, de la matrice et de la vessie , sous le rapport de la couleur, de la cohésion et de la situation , qu'on n'en trouve, à l'égard de la grandeur et de la forme extérieure, entre ceux des muscles de la vie animale qui diffèrent le plus les uns des autres.

Le cœur est très rouge , plus rouge que les muscles de la vie animale, tout aussi solide , mais plus compacte qu'eux, et fort épais en proportion de sa cavité; sa face interne est très inégale et réticulée ; il est composé de plusieurs couches superposées. Les fibres des artères sont fragiles, cassantes, dures , jaunâtres, aplaties; elles suivent toutes absolument la même direction. Celles des veines sont plus rougefttres, plus molles, et dirigées en sens contraire: on ne peut les apercevoir que dans les gros troncs. Celles du canal intestinal sont d'un rouge pfdc et très molles : on n'en trouve que deux couches a l'œsophage et dans la plus grande partie du tube digestif, tandis que l'estomac en a trois : leur épaisseur n'est nullement proportionnée a l'ampleur de leur cavité. Celles de la vessie sont également pilles , et Tonnent un l'issu bien plus compliqué que dans les autres

organes. Celles de la matrice sont extrêmement peu prononcées, hors l'état de grossesse, pendant la durée même duquel on trouve qu'elles sont pâïes et pou apparentes. De toutes losfibres dont il s'agit, ces dernières sont, avec les fibres artérielles , celles qui ressemblent le moins à celles des muscles de la vie animale , comme les fibres du cœur sont celles qui s'en rapprochent le plus.

e. Les fibres des muscles de la vie organique sont-elles plus résistantes que celles des inusclesde la vie animale , comme le prétend Bichat, en se fondant sur ce qu'il ne se lait presque jamais de ruptures clans les muscles creux, quelle que soit leur distension , tandis qu'on connaît beaucoup d'exemples de déchirures des muscles soumis à l'empire de la volonté? Est-il vrai d'abord que les muscles de la vie organique se déchirent rarement, et qu'au contraire cet accident soit commun dans ceux de la vie animale ? Je ne crois pas cette proposition exacte , et il me semble même que lé contraire précisément a lieu. Bichat fait observer qu'on trouve dans les auteurs beaucoup d'exemples de rupture du diaphragme, tandis qu'on n'en connaît pas de déchirure àl'estomac, auxinteslins et au cœur. Mais si l'on veut arrivera un résultat exact , il ne faut pas opposer un muscle que sa situation, sa figure et ses fonctions rendent incapables de supporter une violente commotion , à d'autres muscles sur lesquels cette cause ne saurait agir d'une manière particulière : on doit considérer les deux systèmes dans les mêmes circonstances. Or un muscle soumis à la volonté se déchire-t-ilplus promptementetplus tôt qu'un muscle de la vie organique, quand on lui faitsupporler une distension lente et graduelle? Je ne le pense pas. Les muscles de la vie animale sont fréquemment réduits en de minces membranes par des tumeurs énormes , sans pour cela qu'ils éprouvent aucune déchirure; ils résistent aux efforts les plus violens de leurs antagonistes , tandis qu'il est fort ordinaire qu'un obstacle mécanique détermine la rupture des muscles de la vie organique.

4° Sous le rapport de la disposition de leurs nerfs et de leurs vaisseaux: ils reçoivent moins de nerfs, mais plus de vaisseaux, que les muscles de la vie animale; la plupart du temps ces

nerfs proviennent tous , ou presque tous, du grand sympathique ; il n'y a d'exception que pour l'œsophage, l'estomac et lu vessie.

5° Les muscles de la vie organique n'ont point d'antagonistes. Leur fonction se borne à rétrécir et raccourcir les canaux et cavités qu'ils entourent. C'est pour cette raison qu'on regarde ordinairement les substances contenues dans ces cavités comme les analogues des antagonistes. Les diverses couches dont ils sont composés ne sont pas en antagonisme d'action , puisque, au contraire, c'est par leur contraction simultanée qu'elles remplissent le mieux leur office, celui de diminuer la capacité des cavités. L'action des unes ne trouble et ne fait pas cesser celle des autres. Cependant on observe plus ou moins manifestement une sorte d'antagonisme entre les diverses régions de la couche musculaire d'un même orjane de la vie organique. Ainsi les fibres des ventricules du cœur se contractent toujours alternativement avec celles des oreillettes, de même que celles des artères alternent aussi avec celles des ventricules : le plus haut degré d'activité des fibres des oreillettes produit le plus haut degré d'inaction dans celles des ventricules , précisément comme on le voit entre les muscles antagonistes de la vie animale. Au canal intestinal , elles ne forment que des régions douées d'un antagonisme temporaire, entre lesquelles il n'y a point de limites tranchées, et qui ne sont pas caractérisées par des différences de structure, car ce sont les portions voisines qui se dilatent et se resserrent alternativement pour chasser les substances contenues dans le tube.

6° Les muscles de la vie organique entrent plus tôt en action que ceux de la vie animale. C'est du moins ce qui arrive à plusieurs d'entre eux, notamment au cœur, puis au canal intestinal. Comme certaines parties , au moins du cœur, conservent plus long-temps leur irritabilité que tous les autres muscles, après la mort intellectuelle (§5aG), on peut dire, en général, que les muscles de la vie organique sont ceux dans lesquels cette propriété se dissipe avec le moins de promptitude, quoique, parmi ceux de la vie animale, il y en ait quelques uns qui restent plus long-temps irritables, que ne font certains muscles non soumis à la volonté (§026).

7° Les muscles de la vie organique diffèrent de ceux de la vie animale par le rapport existant entre eux et les stimulus qui les font entrer en action. Ce rapport est de deux espèces :

a. Les muscles dont il s'agit sont plus ou moins influencés par les modifications du principe spirituel. La volonté a fort rarement de l'empire sur plusieurs d'entre eux , par exemple sur le cœur (i) , et n'en a peut-être même jamais, si l'on excepte quelques cas susceptibles d'une autre explication. Son influence sur quelques autres, tels que la vessie et le rectum, est très faible , et les actes auxquels elle les détermine 9'opèrent avec beaucoup de lenteur. Au contraire , les changemens qui surviennent involontairement dans ces muscles ne sauraient être arrêtés par la volonté. Voilà pourquoi leurs mouvemens ne subissent aucune , ou presque aucune altération , dans des états caractérisés surtout par l'inaction totale du principe spirituel , et pendant la durée desquels les muscles de la vie animale gardent le repos.

b. Les stimulus qui agissent sur eux sont toujours séparés delà substance musculaire par un corps intermédiaire , au canal intestinal et à la vessie par la membrane muqueuse, dans le système vasculaire par la membrane interne des vaisseaux , etc. Cependant cette différence n'est pas non plus tout-à-fait absolue, car on trouve une disposition au moins fort analogue dans les muscles de la vie animale , en tant que les nerfs qui s'y rendent, et qui sont les conducteurs de9 ebangemeus survenus dans les parties centrales du système nerveux en vertu desquels les muscles se contractent , sont également séparés de la substance musculaire proprement dite , par le tissu muqneux qui les enveloppe.

(1) Tel est le cas d'un anglais , cité par Cheyne , et celui de Baylc , rapporté par Ribes, qui pouvaient à volonté , dit-on , ralentir ou suspendre 1rs mouvemëns du cœur (?) . ( i\~nle des traducteurs. )

ARTICLE IL

DU SYSTÈME MUSCULAIRE DANS l'ÈTAï ANORMAL.

547- La substance musculaire ne se régénère pas quand elle a été détruite, et les plaies des muscles sans perte de substance se guérissent de la même manière que celles qui sont accompagnées d'une déperditinn de substance. Elles se rapprochent d'ailleurs beaucoup de ces dernières à cause de I'écartement que la contraction des deux portions du muscle établit entre les lèvres de la plaie. Dans l'un et dans l'autre cas, le vide se présente toujours sous la forme d'un point enfoncé, au pourtour duquel les lèvres de la plaie musculaire sont quelquefois un peu tuméfiées. Il se remplit d'une masse d'abord vasculaire, rougeâtre, molle et gélatineuse, qui devient plus tard privée de vaisseaux, d'un blanc jaunStre , plus dure, coriace, et qui est dans tous les temps insensible à l'action des excitans, quels qu'ils soient. On rencontre rarement dans cette. masse, plusieurs mois après la blessure, des traces de fibres irrégulières , qui n'ont aucune analogie avec la substance musculaire, et lorsque le muscle a été coupé dans toute son épaisseur, les deux moitiés sont si complètement séparées, que les irritations portées sur l'une ne déterminent point l'autre à se contracter (1). Mais, malgré. cet isolement, elles ne s'en nourrissent pas moins bien toutes les deux , et elles ne maigrissent pas, ainsi qu'il arrive, par exemple, à un nerf qui a été coupé; ce qui dépend sans contredit de ce que les muscles ne forment pas, comme les nerfs, un s}rstèmc organique lié dans toutes ses parties. Un muscle dont la plaie transversale s'est cicatrisée , se trouve réellement converti en un muscle

(1) Klcvmnnn , D!si. sistens quœdafn circn prorluclinncm pnrtium corporis humant, Halle, 1786, cxp. II. — Miirrny , Commcnlalio de. rc/linlcgralione pnrtium corporis luimani ncx.u suo anlittarum vet amissarurn , Gœttingne, 1787, cxp. i-x. — Hnlin, De regencraiionc petrtitim . Gcettinglic, 1787. — Sclinrll , Dr nnliiro reimionis miliCttlcflim vulnrraloriim , Tul>inguc , 180^.

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digastrique ; il ressemble à ceux dont la continuité des fibres est interrompue par des intersections tendineuses.

348. Les muscles s'écartent à plusieurs égards de l'état normal, tant dans leur l'orme que dans leur composition chimique et leur action. Je n'examinerai ici que les deux premiers points.

349. Parmi les vices de conformation , la plupart primitifs (1) , se rangent :

i° Le nombre anormal. Ce défaut est presque toujours congénial. Quelquefois tous les muscles manquent, quoique la plupart des autres parties se soient formées ; mais cet état ne peut avoir lieu que dans le cas d'un développement fortincomplet du corps entier, en particulier quand sa moitié supérieure ne s'est pas formée , et qu'il n'existe à sa place qu'une masse gélatineuse. Cependant il se peut que, dans la plupart des cas de celte nature, on ait méconnu les muscles, parce qu'alors ils ont ordinairement une couleur blanchâtre., et qu'il se trouve souvent une énorme quantité de liquide accumulé sous la peau.

Il est moins rare de voir quelques muscles seulement manquer en tout ou en partie, de sorte par exemple qu'ils ne s'attachent pas aux parties solides dans une étendue égale à celle qu'ils recouvrent ordinairement. Les muscles les plus sujets à manquer sont ceux d'un petit volume, ceux qui remplissent des fonctions peu importantes, et qui peuvent être plus ou moins suppléés par d'autres, tels que le palmaire grêle, le plantaire grêle, les pyramidaux, le petit zygomatique, quelques faisceajux ou têtes des fléchisseurs des doigts ou des orteils, etc.

On trouve rarement des muscles surnuméraires (2). L'êlar-

(1) Heymann, Varielales prœc. corp. hum. museuL, Utrecht, 17S4. — Brugnone, Observations myologir/ucs ; dans Mim. de Turin, t. VII, p. 157- 191. — Rosenmuller, De nonnullis musc. corp. hum. varictat. , Léipsick , i8o4- — Gautzer, Diss. <i7iat. muscul. varict. sistens, Berlin, iSij.

(2) Tiedemann ayant rencontré les grand et petit pectoraux, les deux fessiers, et les deux trapèzes doubles chez un même sujet, conclut de là que la structure athlétique chez l'homme n'est pas toujours un résultat

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gissementct la multiplicalion des dentelures conduisent par degrés à ce vice de conformation, qui affecte aussi certains muscles plus particulièrement que d'autres; ainsi, par exemple, on l'observe assez souvent dans les muscles droits du bas-ventre, les petits muscles de la tête, le biceps crural, et moins fréquemment dans le biceps crural. Il n'est pas rare non plus dans le grand dorsal , les pectoraux, l'extenseur propre du doigt indicateur et celui du petit doigt. Parmi les muscles sur numéraires, qui se développent ainsi, on distingue le sterual, l'extenseur propre du troisième orteil , etc. Il est à remarquer que, sous ce rapport, un membre en imite un autre, que la moitié antérieure du corps se règle sur la postérieure , et que ces aberrations sont presque toujours des analogies avec la structure de quelque animal (1).

2° La petitesse et la grandeur anormales des muscles sont rarement congéniales; la plupart du temps elles se développent d'une manière accidentelle. En général la petitesse anormale est le résultat du défaut d'exercice. La compression finit mê-

; me par détruire entièrement certains muscles. La force insolite deces organes est le plus souvent, mais non pas cependant toujours, le résultat du grand exercice qu'on leur a donné. Elle ne devient maladie que quand le muscle, par exemple le

«cœur, prend part à une fonction dont sa vigueur excessive

| précipite l'exercice au point de nuire à la santé générale.

3° Les muscles présentent quelquefois des vices de conformation primitifs dans leurs attaches. N'atteignant point alors

Ile point auquel ils ont coutume de se rendre, ils demeurent impuissans, ou ne produisent que des mouvemens contraires au but que la nature voulait atteindre.

i acquis par l'exercice , mais qu'elle peut quelquefois dépendre de la multiplication congéniale de plusieurs grands muscles (Deutsclics Archtv fur die Physiologie ). Un autre exemple , à peu près du même genre , a conduit au même résultat l'auteur de ce traité , qui conclut d'un assez grand nombre de faits , que , contre l'opinion de Tiedemann , cette anomalie du système musculaire se rencontre ordinairement des deux côtés à la lois , ainsi que l'avait déjà dit Bichat ( même recueil , t. V , p. 1 15 ).

( Noie des traducteurs. ) (i) J.-F. Meckel, Do dupticilalc monslrosâ , Halle, i8i5, §4 2.

4° Les anomalies de connexion sont ordinairement accidentelles. Elles se bornent au muscle, ou s'étendent à ses rapports avec les parties voisines. J'ai déjà décrit (§ 547) 'es phénomènes qui accompagnent les plaies des muscles. Il n'est pas rare, sans que les parties extérieures soient lésées en aucune manière, de trouver, sur le cadavre, des muscles entiers , ou, plus souvent, quelques faisceaux musculaires, déchirés , avec un épanchement de sang dans l'endroit de la déchirure. Ces ruptures (î) tiennent probablement aux contractions spasmodiques survenues dans les derniers instans de la vie. Cependant la perte de substance est quelquefois consécutive à l'épanchement sanguin. Une pression continuelle peut aussi détruire quelque partie d'un muscle , et rompre de cette manière les connexions qui existent entre lui et les autres (2).

Quant aux déplacernens des muscles par rapport aux parties voisines, ils résultent, le plus ordinairement, des adhérences que les organes contractent à la suite des inflammations violentes. Cette inflammation peut aussi déterminer l'adhérence des faisceaux musculaires les uns aux autres , ce qui entraîne un degré plus ou moins considérable de rigidité. C'est également ici que se rapportent les luxations des muscles (5).

55o. Parmi les altérations de texture des muscles , on doit ranger d'abord les anomalies qu'ils offrent dans leur degré de cohésion. Ils sont quelquefois extrêmement flasques et faciles à déchirer; d'autres fois, au contraire, plus élastiques et plus durs qu'à l'ordinaire. Le premier état s'observe surtout chez les hommes faibles et dans les maladies asthéniques; léserrond existe indépendamment de tout autre état morbide, et se rencontre d'une manière spéciale dans les muscles creux,

(1) J. Sédillot, Mémoire sur la rupture musculaire; dans Mcm. cl Prix de la soc. mcd. de Paris , 1817.

(2) Licutaud, Hist.anat. mcd., Paris, 1767, t. II , p. 029.

(5) J. Hausbrand, Diss. luxationis sic dicta'- muscularis refutationem sislèns . Berlin , iSi4> — Ce déplacement, admis par Ponteau , Portai et autres, ne peut guère avoir lieu que quand les aponévroses d'enveloppe sont divisées ; mais Hausbrand a été trop loin en le déclarant absolument impossible. ( Note des traducteurs. )

tels que la vessie, et surtout le cœur. La couleur des muselés s'écarte aussi quelquefois de sa teinte naturelle , sans que la texture soit sensiblement altérée d'ailleurs. Ainsi, dans certaines circonstances , les muscles sont d'une pâleur extraordinaire. Cet état coïncide particulièrement avec la paralysie, la flaccidité des muscles et leur facilité à se laisser déchirer. La même anomalie de couleur s'observe aussi dans l'hydropisie , cas dans lequel aussi les interstices des faisceaux sont remplis par de la sérosité , au lieu de l'être par de la graisse. Dans ces circonstances; la substance du muscle s'atrophie \ un degré considérable.

De même, dans le rhumatisme, qui attaque principalement les gaines musculaires, on trouve presque toujours un fluide gélatineux épanché entre ces gaines et la superficie du muscle.

La pfdeur et la mollesse des muscles font le passage à une altération de texture de ces organes qu'on rencontre assez rarement, et qui, tantôt constitue un vice primitif de conformation dans les membres surnuméraires , tantôt survient à la suite de l'inaction des muscles. Je veux parler de la conversion de ces derniers en graisse, soit qu'ils conservent leur texture, soit qu'ils la perdent tout-à-fait, et qu'on ne trouve plus a leur place que du tissu cellulaire rempli de graisse (i). Ordinairement alors toutes les parties des muscles deviennent plus petites qu'elles ne le sont dans l'état normal (a).

Il est plus rare que des tumeurs graisseuses se développent entre les faisceaux musculaires.

La formation d'un tissu osseux accidentel et (5) les dégé-

(1) La dégénérescence graisseuse des muscles n'est point admise par Béclard , qui pense qu'on a été induit en erreur par de simples apparences , et qu'il y a seulement décoloration des fibres musculaires. Cette opinion a contre elle des'faits bien constatés. (Note des traducteurs. )

(2) Gay-Lussac , dans Annales de chimie et de physique , t. IV , p. 71.

(3) Ticdcmann rapporteun casdcconcrétionsosscusesaccidcntelles qui furent trouvées fort abondantes dans plusieurs muscles d'un homme sujet à la goutte (Ueulsches Archiv fiir die Physiologie, t. V, p. 3.r>5 ). Ces con crétions coïncidaient avec des ossifications de plusieurs artères. Elles étaient composées de phosphate de chaux, d'une petite quantité de carbonate calcaire, et d'un cinquième de matière animale, sans aucune trace d'organisation proprement dite. ( Note des traducteurs. )

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nércscences tuberculeuse , squirrhëuse ou fongueuse sont moins communes encore dans les muscles.

L'apparition d'hydatides dans le tissu muqueux qui sépare les faisceaux musculaires est un phénomène un peu moins rare. J'en ai trouvé, tant dans les muscles de la vie animale que dans ceux de la vie organique, et, parmi ces derniers, dans le cœur principalement.

35 1. Il est rare, ou même il n'arrive jamais que la substance musculaire se développe accidentellement. A la vérité , on a mis le sarcome en parallèle avec le muscle (i) , on a prétendu que les membranes séreuses (2) ou les os eux-mêmes (5) pouvaient se convertir en substance musculaire, enfin on dit avoir rencontré cette substance dans l'ovaire (4)- Mais nous ne pouvons douter qu'en signalant ces altérations de texture, on ail négligé leurs caractères distinctifs pour ne faire attention qu'à leurs analogies.

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