DES MEMBRANES SYNOVIALES DANS L'ÉTAT NORMAL
Ces corpuscules sont appelés glandes de Havers , parce que Havers a le premier appelé sur eux l'attention des anatomistes (1), quoique Cowper en eût déjà connu quelques uns. Il croyait leur structure glanduleuse, et leur assignait pour fonction de sécréter la synovie.
Outre ces corps, qui font saillie dans la cavité des capsules articulaires, on en trouve encore d'autres sur la face externe de celles-ci , dans le tissu muqueux qui les entoure.
Il est peu probable que les glandes de Havers soient autre ebose que des amas de graisse, et qu'elles sécrètent la synovie , quoique Portai partage encore cette opinion (2). Le grand nombre de vaisseaux qu'elles reçoivent, leur situation, et le fluide muqueux qu'on en exprime quand on les comprime, n'autorisent pointa l'admettre, car plusieurs argumens péremptoires s'élèvent contre elle. En effet ,
a. La sécrétion a lieu aussi dans les membranes séreuses , quoiqu'on n'y trouve pas d'appareil semblable a celui des glandes de Havers.
b. Ces corps n'existent que dans un petit nombre de. membranes synoviales. Il est surtout fort rare de les rencontrer dans les bourses muqueuses des tendons. Cependant il se sécrète partout de la synovie.
c. Leur structure ne diffère point de celle du tissu muqueux ordinaire, rempli de graisse. Ils ne sont point glanduleux, et quoiqu'ils aient quelquefois un volume considérable, on n'y aperçoit aucune trace de conduit excréteur.
d. On trouve sur quelques points , dans les membranes séreuses, des prolongemens analogues, qui ne sont que des amas de tissu muqueux rempli de graisse ou de sérosité : tels sont les appendices épiploïques du colon, et ceux de l'extrémité supérieure du testicule.
5° On ne peut révoquer en doute l'analogie qui existe entre les capsules articulaires et les bourses muqueuses, puisque ces organes s'ouvrent quelquefois les uns dans les autres. C'est ce qu'il n'est pas rare de rencontrer à la hanche , à l'aine ,
(1) Ostcotogia nova, Londres, 1691.
{i)Anal. mcd., t. I , p. 62.
au genou, et ce qui a même presque toujours lieu dans ces deux dernières articulations. On voit fréquemment aussi des bourses muqueuses voisines s'ouvrir les unes dans les autres, et les masses de graisse des capsules articulaires s'introduire dans les bourses muqueuses voisines. On prétend avoir rencontré surtout celte disposition chez les sujets avancés en âge, de sorte qu'on attribue la communication à la destruction des parties qui servaient autrefois de barrière aux deux cavités; mais cette théorie n'est pas exacte. Dans tous les cas, la communication dont il s'agit atteste qu'il y a identité entre les organes, sans quoi elle enlraîneraitdesinconvéniens. Certaines caps,ules articulaires jouent en même temps le rôle de bourses muqueuses, puisqu'elles sont adhérentes à des tendons dans une portion de leur circonférence : telles sont, par exemple celles du genou et de l'épaule, par rapport aux tendons du triceps crural et du biceps brachial.
4° La nature du fluide que ces membranes contiennent est toujours identique , même lorsqu'elles communiquent ensemble. Ce fluide est légèrement visqueux, et ses propriétés physiques le rapprochent beaucoup du blanc d'œuf. II n'a pas été analysé chez l'homme. Les analyses de Margueron (i) et Davy(2), faitessur la synovie dubœuf, ne s'accordent point quant à la quantité proportionnelle des principes constituans de cette humeur, mais elles nous la représentent toutes deux comme formée de beaucoup d'eau, d'une grande quantité d'albumine, de gélatine, d'hydrochlorates , de phosphates et de soude.
5" Leurs états morbides, l'hydropisie, l'épaississemeut et la solidification de la substance qu'elles cor tiennent sont dans le même cas. Il y en a un surtout, la formation de corps cartilagineux et osseux dans leur intérieur, qui rapproche davantage ces organes les uns des autres que des membranes séreuses; car, sous le rapport de la fréquence de cette anomalie, les bourses muqueuses sont plus voisines des capsules articulaires que des membranes muqueuses.