DES MEMBRANES SYNOVIALES DANS L'ÉTAT NORMAL
calions que les membranes synoviales présentent dans leurconûguration (§353). La plupart des capsules articulaires forment des sacs simples. Cependant il y en a aussi dont les sacs sont doubles, parce qu'il se trouve un cartilage intermédiaire entre les deux os dont les extrémités se correspondent; c'est ce qu'on observe particulièrement aux articulations temporo-maxillaire, stcrno-claviculaire, fémoro-tibiale, etc. Presque toujours , il ne se trouve qu'une seule membrane synoviale entre deux os. Dans quelques parties, par exemple au carpe, elles unissent ensemble des séries entières d'os, confondus, pour ainsi dire, en une seule surface articulaire par les Iigamens tendus des uns aux autres.
568. Les bourses muqueuses de forme plus compliquée (§ 555) peuvent être appelées gaines muqueuses ( bursce mucosœ vaginales) , et celles d'une forme simple, bourses ve'siculaires {bursœ mucosœ vesiculares). Les unes et les autres ont cela de commun qu'elles adhèrent, par une de leurs faces, à un tendon, et parla face opposée, à un os dépouillé de cartilage en cet endroit, ou â un autre tendon, ou enfin a un ligament fibreux. Des deux côtés elles sont unies d'une manière intime aux organes sous-jacens, et le reste de leur circonférence est entouré au contraire d'un tissu cellulaire lâche et très abondant.
Les gaines muqueuses ont une forme cylindrique. Elles enveloppent complètement la portion du tendon qu'elles touchent, et sont, a proprement parler, formées, comme les membranes séreuses, de deux sacs, dont l'interne, p>îus petit, entoure le tendon, tandis que l'externe, plus grand, tapisse les parties voisines , et se confond, en face du tendon , avec la portion d'os non revêtue de cartilage sur laquelle glisse ce dernier. On les trouve principalement sur le trajet des tendons minces et longs, par conséquent sur ceux des extenseurs et des fléchisseurs, surtout aux doigts et aux orteils. Non seulement elles entourent toute la circonférence du tendon , mais encore elles s'étendent plus ou moins loin le long de cet organe , comme les bourses vésiculaircs. Fréquemment, surtout aux articulations de la main et du pied , les tentions de plusieurs muscles sont compris dans une gaîne commune, mais qui souvent
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aussi présente autant tic duplicatures , de cloisons, qu'il y a 3e tendons, ce qui partage plus ou moins complètement la gaîne générale en plusieurs gaines particulières , d'où se détachent ensuite quelques prolongerions qui accompagnent chaque tendon. On trouve aussi, dans les gaines particulières, de petits prolongemens, qui, de la portion de leur circonférence appliquée sur l'os, se portent au tendon, et qu'on appelle ligamens muqueux. Ces prolongemens ne servent qu'à augmenter l'étendue de la surface exhalante. II n'y a point de masses graisseuses, frangées sur leur bord libre, qui flottent dans la cavité des gaines muqueuses , quoiqu'il s'amasse souvent beaucoup de graisse au/milieu du tissu cellulaire qui les entoure.
Les gaines muqueuses sont beaucoup plus minces et plus délicates que les bourses vésiculeuses , mais toujours entourées de ligamens Gbreux, denses et solides, appelés gaines tendineuses, et protégées par des canaux osseux , tandis que les bourses vésiculeuses sont situées à découvert, et fortifiées seulement , dans des cas assez rares , par une substance fibreuse éparse à leur surface.
369. Les bourses vésiculeuses ont une forme arrondie. Elles n'entourent jamais complètement un tendon, mais ne tapissent que sa face tournée vers l'os, et forment, par conséquent, des sacs simples, plus faciles que les gaines muqueuses à détacher sans déchirement de toutes les parties avec lesquelles ils sont en rapport. Ces caractères s'appliquent surtout à celles qui se trouvent placées entre deux tendons. La plupart du temps ces bourses sont situées entre des tendons et des os , dans l'endroit où les premiers s'appliquent immédiatement sur les derniers, par conséquent presque toujours assez près de leur insertion. Mais quelquefois on les observe à la face externe du tendon : c'est ce qui arrive, par exemple, aux tendons du sus-épineux et du sous-épineux.
Cependant les bourses vésiculeuses ne sont pas seulement fixées à des os et à des tendons : on en trouve aussi entre deux os mobiles l'un sur l'autre , entre une capsule synoviale et une apophyse osseuse, entre deux portions de muscles, et même dans la subst/mee des "tendons : ce dernier cas n'est peut-être qu'une anomalie. Le troisième s'offre quelquefois entre les
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deux couches du muscle masseter. La bourse vésiculeuse qui se trouve entre l'apophyse coracoïde et la clavicule donne un exemple du premier. Ces bourses ne sont, à proprement parler , que des capsules articulaires; elles fournissent un argument péremptoire en faveur de leur identité avec les capsules articulaires, puisqu'elles démontrent que la forme La plus simple des membranes synoviales se retrouve aussi dans les capsules articulaires.
La plupart des bourses vésiculeuses sont simples. Cependant on en trouve quelquefois une petite dans La cavité d'une grande : c'est ce qui a lieu entre le tendon du demi-membraneux et le jumeau interne de la jambe. De même aussi le tendon d'un muscle n'offre ordinairement qu'une seule bourse vésiculeuse; mais, dans certains cas , comme au masseter, au sous-scapulaire , etc. , on en observe plusieurs.
Les bourses vésiculeuses existent de préférence autour des grosses articulations entourées de tendons courts et larges , particulièrement à l'épaule, à la hanche, au genou et au coude.
Non seulement plusieurs renferment dans leur intérieur , commeles gaines muqueuses, des prolongemens ligamenteux, qui forment souvent un tissu vésiculaire à leur face interne ; mais encore on y trouve souvent , de même que dans les capsules articulaires , des amas de graisse, qui flottent librement, et qui sont plus ou moins frangés sur leur bord.
570. Les membranes synoviales sont, proportion gardée, plus étendues dans les premiers temps de la vie que chez les vieillards. Avec l'âge , elles deviennent plus fermes , plus dures et plus sèches ; elles sécrètent moins de synovie. Comme partout aussi, le tissu cellulaire qui les entoure est plus lâche dans l'enfance et dans la jeunesse, de sorte qu'à cette époque on éprouve moins de difficulté à les détacher des parties voisines. Quanta leur nombre aux diverses époques de la vie, les capsules articulaires et les bourses muqueuses ne se ressemblent pointsous ce rapport, car le nombre des premières demeure toujours le même , si l'on excepte la disparition accidentelle de quelques petites capsules, tandis que celui des bourses muqueuses est toujours plus considérable chez les
jeunes sujets que chez les personnes avancées en ûge. La communication qui existe entre plusieurs membranes synoviales offre aussi des différences qui se rattachent aux périodes de la vie , car les bourses muqueuses semblent communiquer plus souvent, soit les unes avec les autres, soit avec les capsules' synoviales, a un certain âge que chez les jeunes sujets, parce que le frottement répété finit par les délruire, d'une manière immédiate ou médiate , dans une portion de leur étendue.
B. ÉTAT ANORMAL
571. Les vices de conformation des membranes synoviales sont d'abord leur absence, qui est rare , et dont il n'y a que les bourses muqueuses qui fournissent des exemples. Ces dernières manquent quelquefois sur des points où l'on a coutume d'en trouver dans l'état normal, et sont alors remplacées par du tissu muqueux.
Quant aux vices de conformation consécutifs et' accidentels, 1 ce sont les déchirures , qui ont lieu dans les luxations.
Quelquefois aussi on trouve ces organes flasques et distendus, soit primitivement , soit par l'effet d'une trop grande accumulation de synovie. Ce dernier état constitue Vhydrarthre, qui n'est jamais compliquée de l'hydropisie des membranes séreuses, ou qui du moins ne s'y joint que par accident.
Les membranes synoviales des articulations s'enflamment souvent (1). Cependant l'inflammation y est beaucoup plus rare que dans les membranes séreuses , et , en général , elle y marche avec bien plus de lenteur. Elley a également pour effet d'augmenter et de changer la sécrétion, et d'épaissir la mem- I brane au point de lui faire acquérir quelquefois une dureté cartilagineuse qui se communique au tissu muqueux environnant, et qui entraîne à sa suite l'adhérence des parois et l'oblitération de la cavité, quoique ce dernier accident soit presque toujours le résultat de la suppuration seulement. Lorsqu'il se forme un ulcère, la membrane synoviale fait lot ou tard hernie en dehors.
(1) Koch , De morbis bursarum iendinum mucosarutu , Leipsick, 1790.
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On peut, avec Brodie, considérer comme une maladie particulière aux membranes synoviales des articulations, et qui n'attaque ni les gaines tendineuses, ni les membranes séreuses, leur conversion en une substance pullacée, d'un brun clair, parsemée de stries blancbes , souvent épaisse d'un demi-pouce, qui s'étend peu à peu à toutes les parties de l'articulation, et qui dégénère en une suppuration dévastatrice.
L'inflammation chronique avec suppuration, et la métamorphose dont je viens de parler sont, sans contredit, les plus communs parmi les états appelés tumeurs blanches. Dans les suppurations et dégénérescences des membranes synoviales qu'on trouve décrites sous ce dernier nom , il n'est pas rare qu'il se développe aussi des kystes contenant des fluides de nature diverse , phénomène remarquable en ce qu'il offre la répétition du tissu qui est le siège de la maladie.
J'ai déjà parlé des concrétions cartilagineuses et osseuses qui se développent accidentellement dans les membranes synoviales ( § 255 , 27g ).
L'articulation du genou est celle dans laquelle on rencontre le plus fréquemment toutes les altérations dont il a été question jusqu'ici.
Le système synovial est le siège presque exclusif des concrétions athritiques. Ce sont des substances dures, inégales, blanchâtres, ayant d'abord la forme d'un fluide qui s'épanche , soit pendant, soit entre les accès de goutte. Elles durcissent peu à peu, et acquièrent souvent un volume considérable. Leur situation n'est point toujours la même , car, on les rencontre fréquemment dans l'intérieur des capsules articulaires et des bourses muqueuses; il n'est pas rare non plus de les trouver dans le tissu muqueux qui les entoure, ou même entre le derme et l'épiderme. Elles sont en général composées d'urate de soude (i). Il serait bon d'examiner si la couche
(1) Wollaston , dans Horkel , Arohiv fiir die thicrischc Clicmic , cali. (, p. 1/(7. — Fourcroy, Connaiss. cliim. , vol. X, p. 267. — Mooi c , Uf Hoitly concrétions or chaUisloncs; dans Mecl. chir. trans. , vol. I, p. 112. Laubcrt vient d'y trouver aussi de l'uratc de chaux.
464 AN AT0MIE GÉnÉUAIE.
blanche et terreuse qui se forme quelquefois à la place du cartilage détruit par la goutte, est aussi de l'urate de soude (i).
57>2. Il se. développe quelquefois des membranes synoviales accidentelles. Quant aux capsules articulaires, ce phénomène s'observe principalement:
i°A la suite des luxations qui n'ont point été réduites. Dans ce cas, comme il se forme une nouvelle cavité articulaire, lors même que l'ancienn^ capsule ne se déchire pas, ce qui arrive presque toujours, il s'en développe une nouvelle, lisse à l'intérieur, exhalant de la synovie, qui s'étend d'un os a l'autre, et qui est seulement un peu plus épaisse, moins pellucide et moins brillante qu'à l'ordinaire.
2° A la suite des fractures. Ici la formation d'une nouvelle capsule n'est pas non plus un phénomène rare. Elle a lieu surtout quand le repos n'a pas été bien observé. Voilà pourquoi on l'observe si souvent après les fractures des côtes. Les fragmens osseux ne se réunissent pas ; ils s'arrondissent, et deviennent lisses, comme des surfaces articulaires; autour d'eux se développe une capsule parfaitement close, qui exhale un fluide au moins très analogue à la synovie. Il se forme môme quelquefois des glandes de Haversdans ces capsules accidentelles. Cependant le développement d'une nouvelle capsule n'est pas un phénomène constant, et alors la synovie provient des débris de l'ancienne membrane qui a été déchirée (2).
Quelquefois aussi il se forme des gaines tendineuses accidentelles ; elles sont même plus communes que les capsules articulaires anormales. Ce sont de véritables kystes, qui ne diffèrent des autres que parce qu'ils contiennent un fluide analogue à la synovie , et souvent même plus épais qu'elle. On les appelle des ganglions (5). Ordinairement on les considère
(1) Brodie, dans Mcd. cldr. irans., vol. IV, p. 276.
(2) Thomson, Lectures on inflammation , Edimbourg, 181 5.
(5) J. Cloquet ( Note sur ■ tes ganglions ; dans Archiv. gônér. de mcd. , t. IV, p. 2^2 ) dit que les parois de ces tumeurs sont ordinairement fort minces , demi-transparentes et parsemées de t>aisseaux sanguins capillaires ; que le liquide qu'elles renferment est le plus souvent diaphane, tantôt très limpide , tantôt semblable à une gelée rougeâtre et épaisse, qui ne coule qu'avec difficulté ; enlin , qu'il n'est pas rare de
DU SYSTÈME CUTANÉ EN CÉNEItAL DANS L'ÉTAT NORMAL. 4^5
comme des congestions anormales de synovie altérée dans des bourses muqueuses qui existaient primitivement; mais on les rencontre trop souvent sur des points où il n'y a jamais de bourses muqueuses dans l'état normal, pour qu'on ne soit pas fondé a les regarder, dans beaucoup de cas au moins, comme de véritables formations accidentelles.