‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 47 sur 186 · ONGLES ET POILS · texte numérisé non relu

ONGLES ET POILS

099. On a pour usage de ne considérer les ongles et les poils que comme des appendices de l'épidémie. Mais, si je ne me trompe, ce rapprochement n'est pas juste, car les ongles et les poils sont réellement des modifications du système cutané tout entier, quoique le système épidermoïde et celui du réseau muqueux prédominent dans la plus grande partie de leur longueur. En effet, sous les ongles, le derme subit une modification particulière , qui correspond à celles qu'on observe dans les autres couches de la peau. Il faut donc considérer comme appartenant à l'ongle, non pas seulement l'épidémie qui a subi une modification particulière, mais encore le tissu cutané tout entier qui en offre une pareille. Les cheveux sont dans le même cas, car leurs bulbes sont manifestement l'analogue du derme.

4oo. Les portions tspiaermîqùes des ongles, ou les ongles proprement dits ( ungiics) (1) , sont de larges plaques dures ,

(1) Frankennu, De unguibus , Iéna, 1696. — Ludwig , De orttt et structura unguium , Lcipsick, 1748. — B.-S. Albinus, De iinguc liumano ejust/uc retint lo , ilcmr/ue de cutis loco, qui ungue tact us ac de loci islius papitti's ; dans Annot.acad., vol. II-XIV. — De naturà unguis , ibid. , c.XV. — Bosc, 1. 5l

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un peu bombées et oblongues, qu'on trouve à l'extrémité du dos de tous les doigts et orteils , qui couvrent la partie antérieure de la troisième phalange , et qui font saillie en devant et des deux côtés.

On dislingue trois parties dans les ongles, la postérieure ou racine [radix ungiiis), la moyenne ou corps, et l'antérieure, ou extrémité libre.

La partie postérieure, ou la racine, est cachée sous la peau, plus molle et plus mince que les deux autres. Elle se termine, en s'amincissant peu à peu , par un bord arrondi. Elle forme le cinquième ou le sixième de la longueur totale de l'ongle. Le corps , bien plus grand que les deux autres parties , adhère intimement à la peau par sa face interne , tandis que l'externe est libre. Sa partie postérieure, dont l'étendue proportionnelle varie suivant les sujets , et va presque toujours en diminuant depuis le pouce jusqu'au cinquième doigt, est blanche, convexe en avant, concave en arrière, et connue sous le nom de lunule (lunula). L'antérieure, bien plus grande, paraît rougeâtre. L'extrémité libre dépasse le niveau de la peau, de sorte que ses deux faces sont entièrement libres. C'est la partie la plus épaisse de l'ongle, dont par conséquent l'épaisseur va en diminuant peu à peu d'arrière en avant. La longueur de cette extrémité n'a rien de fixe , et dépend du plus ou moins d'attention qu'on apporte à la couper. Abandonnée à elle-même , elle devient fort longue, épaisse et pointue.

4oi. Les ongles n'ont de connexions qu'avec l'épiderme. Ils adhèrent d'une manière si intime à ce dernier, dans toute leur circonférence, qu'ils se trouvent solidement maintenus en place. L'ongle est un peu recouvert en arrière et sur les côtés par l'épiderme , qui, par-devant , se réfléchit sur lui de bas en haut. En arrière, cette membrane fait saillie sur le bord concave et aminci de la peau qui couvre la partie postérieure de l'ongle, forme un petit bourrelet , souvent séparé de la peau par une espèce de gouttière, et représente une sorte de talon

De unguibus humants, Léipsick, ijy5. — Ilaase, De nulriïtonc ungulum, Léipsick, ijyi- — Nurnbergcr, Metclemala titpef digllorum unguibus, WiUcnberg, 17S6.

intimement uni en devant avec le Lord antérieurde la lunule. De là Pépiderme se porte en arrière , s'insinue sous la portion de p"eau qui dépasse un peu l'ongle, se réfléchit sur la face inférieure de ce dernier, et se continue avec lui en devant. Sur les côtés, Pépiderme forme une saillie semblable en arrière; mais il n'en produit point en avant, et se continue également avec le bord de l'ongle. En devant, Pépiderme, après avoir revêtu l'extrémité du doigt, s'éloigne de la peau, et s'attache au bord antérieur convexe de sa portion moyenne et adhérente , avec la substance de laquelle il se confond.

Ainsi l'ongle , dans le sens qu'on attache communément à ce mot, n'est qu'une portion épaissie de Pépiderme , qui se détache , de la môme manière que ce dernier , des couches sous-jacentes de la peau.

402. Mais ces couches sous-jacentes offrent elles-mêmes des modifications. Le derme est plus épais , plus mou et sans mailles, et ne tient à l'ongle par aucun prolongement. Sous le corps même de l'ongle , il est très rouge et plus riche en vaisseaux que dans les autres parties. Sous la racine et la lunule, au contraire , si l'on excepte les ongles des orteils, ordinairement dépourvus de lunule, il est blanc; de sorte que la blancheur de cette tache semi-lunaire ne dépend pas de

I l'ongle , mais de la peau. Sa face supérieure est garnie de I fibres longitudinales très apparentes, surtout dans la portion 1 rongeâtre antérieure, qui est la plus étendue. On peut com- ] parer ces fibres aux papilles tactiles, et mettre en parallèle avec le réseau muqueux intimement uni à ces dernières, la face interne et inférieure de l'ongle, qui est molle et garnie également de fibres longitudinales fort distinctes. Dans les petits ongles des orteils, qui se sont imparfaitement développés à cause de la compression qu'ils ont éprouvée, on ne découvre ni la structure fibreuse de la peau , ni le réseau muqueux , mais les saillies et les excavations qui leur correspondent sont irrégulières et ressemblent davantage à des papilles.

403. La portion épidermique de l'ongle est composée de feuillets superposés , dont le plus externe occupe toute sa lon-

igOeur, et dont les internes diminuent peu a peu d'arrière en avant, de manière que les plus antérieurs sont les plus courts

de tous. Dans le même temps, les plus antérieurs sont aussi les plus mous , et ils deviennent plus fibreux , ou du moius l'apparence fibreuse se prononce davantage en eux. Comme l'épiderme, les ongles ont une structure parfaitement homo-* gène. Ils ne reçoivent ni vaisseaux, ni nerfs.

4o/j. Les ongles ne sont ni sensibles ni contractiles. Les phénomènes vitaux qui se passent en eux sont fort lents , à l'exception des actes de nutrition, qui marchent au contraire avecbeaucoup de vivacité, ainsi que l'atteste déjà leur accroissement continuel.

405. Les ongles ne commencent à paraître que vers le cinquième mois de la vie fœtale ; ils sont encore très imparfaits au neuvième.

406. Les poils [pili, crines) (1) sont des filamens plus oui moins longs, toujours très minces en proportion de leur longueur, dont le diamètre s'élève environ à ^ de pouce, qui sont plus ou moins cylindriques, et la plupart du temps lisses. . Il est rare qu'on y aperçoive, de dislance en distance, des renflemens , qui sont, suivant toutes les apparences, le produit: de quelque maladie. Leur extrémité adhérente , appelée bulbe (bulbus) , est un peu plus épaisse et toujours molle ; l'autre ,

(1) P. Chirac, Lettre écrite à M. Régis sur la structure des cheveux, Montpellier, 1668. — Malpighi, De pilis observationcs ; dans Opp. posth. , Londres, 1697, p. 93-96. — M.-J.-J. Bajerus, De capillis diss. , Iéna, 1700. — O. Zaunslif'er , Diss. exhibons hisloriam pilorum in hominc, Leyde, 170S. — Meibom., De pilis eorumque morbis , Helmstaedt , i/4o. — G. -A. Langguth, De pilo parte corp. hum. non ignubili , Wirtcnberg, 1749- — F. Grutzmacher, De humore cutem inungcnle, Léipsick, ij48. — J.-P.-L. Withof, Analomc pili humani, Duisbourg, i75o,in-4°. — J.-H. Kniphof, De pilorum usa, Erford, 1754. — J.-P. Pi'aff, Devariclatibus pilorum naluralibus et preeter naluralibus , Halle, 1799. — Rudolphi, De pilorum structura, Gripswald , 1806. Grellier , Dissertation sur tes cheveux, Paris, )So6. — Rudolphi, Aufsatz iiber Hornbildung ■ dans Abhandlungcn der Wisscnschaftcn von Berlin, 1S1S , p. 180. — Rovvland, An hisiorical, philosophical and praclicat essay on the liuman hair , Londres, 181S. — Buck, Diss. de pilis eorumque morbis , Halle, 1S19. — Acgidi, Disscrtatio de pilorum anatomia, Berlin, 1819. — Ueusinger, licmarr/ucs sur la formation des poils; dans Journal complémentaire du Dict. dcs.se. méd., t. XIV, p. 229. — Id., Sur la régénération des poils; même recueil ,

t. xiv, p. 539.

légèrement terminée en pointe. Dans l'état normal, on ne les observe que sur le système cutané externe, ou la peau proprement dite, qu'ils garnissent de toutes parts, à l'exception de la plante des pieds el du creux de la main, endroits où il est d'ailleurs Tort remarquable que l'épidémie présente , au contraire, une épaisseur considérable. On doit remarquer en général :

i° Qu'aux alentours principalement des points où la peau externe se continue avec la peau interne, on trouve des poils nombreux, ou affectant une disposition particulière, comme sur les bords des paupières, dans les narines, à Penirée du conduit auditif , autour de la bouche, de l'anus , de la vulve , des mamelons.

2° Que la loi de polarité règne entre les parties sur lesquelles ils croissent surtout en abondance , comme à la tête et au pubis, au menton et à l'anus , au dos et au ventre.

407. Les poils sont composés de deux substances , l'une externe et l'autre interne.

L'externe , qui entoure l'autre en manière de gaine, a toutes îes propriétés de l'épiderme ; elle est toujours transparente, blanchâtre et très difficile à détruire ; elle se reproduit constamment ; dans le bulbe ou follicule, elle est plus ou moins manifestement composée de plusieurs feuillets. ■ Sous cette gaine, on trouve une substance colorée , formée de plusieurs filamens , vraisemblablement vasculaires , dont le nombre s'élève à dix environ. Cette substance répète la forme du poil entier, mais elle est beaucoup plus mince que l'enveloppe extérieure. Elle plonge au milieu d'un fluide , en partie logé dans le tuyau formé par les filamens , en partie aussi disséminé entre eux et l'enveloppe extérieure , qui les unit ensemble, et qui constitue, de concert avec eux , la moelle des poils.

Cette substance intérieure correspond sans contredit au réseau muqueux de la peau. C'est en elle que réside la couleur des poils , qui blanchissent lorsqu'elle vient à disparaître.

408. Les poils ne paraissent pas recevoir de vaisseaux sanguins : tout au plus en aperçoit-on quelques uns , encore même rarement, dans la portion inférieure et renflée des bu!-

bes, qui est garnie d'une ou de plusieurs ouvertures ; c'est par ces dernières que s'introduisent les vaisseaux sanguins , et probablement aussi des filets nerveux très déliés. A la vérité, on ne voit pas non plus les nerfs d'une manière bien manifeste, mais l'analogie des gros crins chez les animaux, et la douleur qu'occasione révulsion des poils, autorisent à soupçonner leur existence. Cependant il est certain au moins que les nerfs ne s'étendeiit pas au-delà du bulbe (1).

409. Le siège des poils est le tissu muqueux situé sous la peau, et presque constamment rempli de graisse. C'est là qu'on les trouve toujours, du moins les plus gros, quoique cette disposition ne soit pas bien sensible pour ceux d'un petit volume, dans de petits culs-de-sac particuliers, minces, très vasculaires et ordinairement blanchâtres, qui les enveloppent d'une manière assez lâche , traversent les ouvertures du derme (§589), atteignent ainsi l'épidémie , se continuent avec lui , et demeurent fixés à sa face interne , sous la forme d'une multitude de prolongemens creux, lorsqu'on la détache du derme» Il n'y a d'adhérences entre le poil et le cul-de-sac qu'à l'extrémité du bulbe, de sorte qu'en cetendroit les poils paraissent plus ou moins villeux à leur surface. Entre eux et le sac qui les entoure, se trouve un liquide ténu, du véritable sang dans les crins épais des animaux.

410. Ne recevant pas de nerfs, les poils sont insensibles. Ils ne jouissent pas davantage de la contractilité ; mais la force plastique est très développée en eux. Ils croissent sans cesse , et s'alongent même après la mort générale, ou quand on les a 1 détachés du corps (2). Us se reproduisent aussi après être tombés par l'effet d'un accident, et non par suite de l'épuisé-! ■ ment absolu delà vie. Us jouissent d'une grande force, et sont très difficiles à détruire, propriété qu'ils doivent sans contredit à leur enveloppe extérieure.

(1) Rudolphi a poursuivi des nerfs dans les bulbes des moustaches du phoque. Le même fait a été constaté depuis par Andral fils. Voyez sa note Sur les nerfs qui se rendent aux moustaches du phoque; dans Journal de physiologie expérimentale , t. I, 1821, p. 7J. (Note des traducteurs.)

(2) Krafft, dans Nov.com. Peirop. , vol. II, p. s4»

411. Suivant Vauquclin (1), les poils sont composés d'une substance animale, qui en fait la base, ressemble beaucoup à du mucus desséché, et provient certainement de l'enveloppe extérieure ; de deux huiles , l'une blanche et concrète l'autre noirâtre , d'où leur couleur paraît dépendre , du moins en. partie , et qui appartiennent sans contredit à leur substance intérieure , puisqu'elles varient suivant la couleur des cheveux., et qu'elles ne sont pas colorées dans ceux qui sont blancs ; de fer, d'un peu d'oxide de manganèse, de phosphate et de carbonate de chaux , de silice et d'une grande quantité de soufre.

4 13. Les poils diffèrent beaucoup les uns des antres dans les diverses régions du corps.

Les cheveux (coma, s. capilli, s» cœsaries ) sont les plus longs de tous, les plus forts , les plus nombreux et lesplus rapprochés.

Vient ensuite la barbe, dont les poils se distinguent surtout des cheveux par la distance plus considérable qui les sépare les. uns des autres.

Immédiatement après se rangent les poils du pubis,, de l'aisselle, de la face antérieure du thorax et du bas-ventre , les sourcils, les cils, les poils qui garnissent les orifices du nez., l'anus et les membres , où ils deviennent de plus en plus courts et distans,, à mesure qu'on se rapproche de l'extrémité inférieure du membre , enfin ceux des joues et du front.

Les plus durs et les plus raides sont ceux qui garnissent les narines , et les plus doux ceux de la face , à l'exception de la barbe. Les poils du pubis sont les plus épais ; viennent ensuite ceux de l'aisselle, puis les cheveux, enfin les sourcils et les cils.

La couleur des poils est ordinairement la même dans toutes les régions du corps ; cependant cette règle souffre d'assez, nombreuses exceptions. Il arrive même quelquefois , mais rarement, qu'une partie des cheveux offre une couleur qui ne ressemble point a celle de l'autre; plus souvent, ordinairement même, il n'y a que quelques poils qui se décolorent, tandis que les autres conservent leur couleur primitive.

(i) Annales de chimie, 1806 , t. LVllt.

Tous les poils du même sujet ne se ressemblent pas non plus sous le point de vue de l'époque à laquelle remonte leur origine : les cheveux existent déjà au moment de la naissance; les autres , particulièrement ceux de la barbe, du pubis et des aisselles , ne paraissent qu'a la puberté.

4» 3- Les poils sont sujets à des changemens périodiques très considérables.

Jusque vers le milieu de la vie utérine, la peau est tout-àfaït glabre. A cette époque, elle se couvre d'une multitude de poils très courts et très fins, d'une sorte de duvet (laïutgo). Ces poils sont d'abord sans couleur, mais ils se colorent aux approches du terme de la maturité. Dans certaines parties du corps, par exemple à la face, ils sont bien plus longs que les poils permanens qu'on observe plus tard sur ces diverses régions. Ils ont d'abord une longueur à peu près égale partout ; cependant, à la naissance, les cheveux sont déjà beaucoup plus longs et plus forts que les autres.

Les poils soyeux du fœtus tombent, quelques uns avant et la plupart après la naissance : on les retrouve dans l'eau de l'amnios et dans le méconium. Ceux qui les remplacent sur le corps ne commencent à paraître qu'au temps de la puberté, époque à laquelle se développent surtout la barbe el les poils du pubis, des aisselles et du tronc. Les cheveux, au contraire, restent les mêmes, et ils croissent bien plus rapidement après la naissance qu'ils ne le faisaient auparavant.

Ordinairement la couleur des poils devient plus foncée avec l'âge; cependant cette règle souffre quelques exceptions, en petit nombre à la vérité.

Tôt ou tard, ordinairement vers l'âge de trente ans, les poils commencent à blanchir, parla disparition de la substance interne. Un peu plus tard, après que l'enveloppe extérieure a continué encore pendant quelque temps de végéter d'une manière régulière, les liens qui existent entre elle et le follicule dans lequel elle est contenue se détruisent, et les poils commencent à tomber.

Les poils blancs contiennent une huile incolore et du phosphate de magnésie, qui ne se trouve pas dans les poils colorés.

Ces deux changemens surviennent, d'abord dans les poils les

Dt! SYSTÈME CUTANÉ EXTERNE DANS L'ÉTAT NO RM A. t. /|8r)

plus longs elles plus serrés, c'est-à-dire dans les cheveux, et parmi eux dans ceux qui garnissent le sommet de la tête; les poils des extrémités sont les derniers de tous qui les subissent.

Il est rare que les poils qui ontblanchi, ou qui sont tombés, reprennent de la couleur, ou se régénèrent chez les vieillards; on a vu cependant quelques exemples de ce phénomène.

La première partie qui se forme est le sac dont le bulbe est entouré, véritable œuf qui, soit dans les poils primitifs, soit dans ceux qui se développent plus tard , est déjà formé de toutes parts avant le bulbe, et percé par le poil qui s'alonge au dehors, comme la capsule dentaire l'est par la dent, ou comme les enveloppes de l'œuf le sont par le fœtus. C'est très probablement sa mort qui occasione celle du poil; car, chez les vieillards dont les poils sont tombes , on ne trouve aucune trace de ces sacs sous la peau, tandis qu'on les y aperçoit, comme dans l'état normal, à la suite des maladies qui ont déterminé la chute dés poils , mais quelque temps après lesquelles il s'opère une nouvelle crue de ces prolongemens cornés.

4 »4- Relativement aux différences sexuelles , chez la femme, les poils sont plus fins , les cheveux plus longs et les poils plus courts sur tous les autres points du corps. Ils ne manquent entièrement sur aucune des parties qui en sont garnies chez l'homme, et même dans les endroits où ils prennent un grand développement chez ce dernier, ils sont aussi un peu plus nombreux et plus longs que partout ailleurs chez la femme, surtout lorsque la fonction et les différences sexuelles ue se sont pas développées d'une manière parfaite.

4i5. Indépendammenl de ces différences, qui tiennent à l'âge et au sexe, les poils en offrent d'autres encore. En effet, ils diffèrent suivant les individus, et sous ce rapport ils présentent, dans les différentes races du genre humain, des particularités dont les unes sont purement accidentelles, tandis que les autres sont très constantes.

i" La couleur des poils varie a un degré surprenant chez les divers individus d'une même race, d'une même famille. Elle varie depuis le blond le plus clair jusqu'au noir le plus loncé, deux extrêmes entre lesquels on trouve toutes les nuances imaginables de jaune, de rouge et de brun. Les autres

couleurs, par exemple le vert, pe peuvent point être considérées comme originelles ; elles dépendent d'influences extérieures, par exemple de l'action du cuivre.

2° On doit en dire autant de l'épaisseur, du nombre et de la longueur des poils. En général, on peut admettre que les plus noirs sont les plus épais, et que les blonds sont les plus minces. Withof a trouvé que, sur une portion de peau de l'étendue d'un quart de pouce carré, il y avait cent quarantesept cheveux noirs, cent soixante-deux châtains, et cent quatre-vingt-deux blonds. Cependant celte règle est sujette a des exceptions, d'autant plus que les poils ne se trouvent pas à une égale distance chez tous les individus.

5° La direction des poils n'est pas la même. La plupart du temps ils sont plats et droits; mais, souvent aussi, ils sont plus ou moins contournés et frisés.

■ Les différences qu'on rencontre chez le même peuple peuvent être aussi considérées comme des différences de races.. J'ai déjà fait connaître les plus importantes (§ 33) , je me contenterai ici de dire qu'on en trouve dans toutes les races , qu'ainsi, par exemple, il y a dés nègres qui ont les cheveux plats et longs.

B. ÉTAT ANORMAL

4 1 6. Le système cutané externe jouit de la faculté régénératrice à un haut degré (i). Toutes les couches se reproduisent après avoir été détruites par une cause quelconque. Mais elles ne reparaissent pas avec des caractères parfaitement semblables à ceux qu'elles ont dans l'état normal.

Le derme est moins élastique, et adhère plus intimement au tissu muqueux sous-jacent que le derme normal; il ne fait même réellement qu'un avec ce tissu, et l'on ne peut pas l'en séparer. Comme toutes les parties régénérées, il a moins

(i) Moore, On the process of nature in the filling up of cavilics , healing of mounds , and restoring paris, wliicli have been destroyed in the human body , Londres, 1782, secl. 11, p. 46-

de durée et moins d'activité spontanée que le derme normal; c'est ce qui explique la facilité avec laquelle les cicatrices, même anciennes, se déchirent, et celle avec laquelle les tégumens reproduits à la surface des ulcères cutanés se détruisent quelquefois entièrement.

D'abord, le nouveau derme est extrêmement mince, délicat et mou, plus riche en vaisseaux, et par conséquent bien plus rouge que le derme normal; mais peu à peu il devient moins vasculaire, plus blanc, plus solide et plus dur que ce dernier : il acquiert presque les qualités d'un ligament. Dans le même temps, il a un aspect lisse et brillant, qui dépend sans contredit de l'absence des papilles tactiles et des poils, ainsi que de la tension du nouveau tégument, et de son adhérence plus intime au tissu muqueux sous-jacent.

Sa sensibilité est inférieure à celle du derme primitif, ce qui tient encore a l'absence des papilles nerveuses. Peut-être aussi reçoit-il moins de nerfs que ce dernier.

Ces divers phénomènes n'ont lieu cependant que dans les cas où le derme a été détruit en entier ; car lorsqu'il n'a éprouvé qu'une lésion superficielle, on voit disparaître, plus ou moins promptement, toutes les traces de différence.

Le derme régénéré se recouvre d'un réseau muqueux et d'un épiderme ; mais la reproduction de ces deux dernières parties ne s'opère que peu à peu et par degrés : les premières couches qui se forment tombent toujours.

Ce qui se développe le plus tard, c'est la couleur du corps réticulaire, qui souvent même n'en acquiert point. Bichat prétend que sa couleur ne se reproduit point quand elle a été enlevée, et que les cicatrices sont également blanches chez tous les peuples ; mais cette assertion n'est pas parfaitement exacte, car les cicatrices de la petite-vérole sont noires chez le nègre (i), et celles qui se développent chez lui à la suite de toutes les solutions de continuité des tégumens communs, sont aussi noires, quelquefois même d'un noir plus foncé que le reste de la peau (2).

(1) Mcckcl, dans Mcm. de Berlin, 1753, p. 81.

(2) Moorc, loc. cit., p. 52.

4g2 ÀNATOMIE GENERALE.

Les ongles et les poils jouissent aussi de la faculté de se reproduire à un degré très considérable.

Non seulement les ongles se reproduisent dans l'endroit où ils croissent naturellement, mais encore on on a vu se développer à l'extrémité de la seconde phalange, après la perte de la troisième.

Les poils ne se régénèrent pas lorsque le derme a été entièrement détruit; mais ils repoussent d'une manière plus ou moins parfaite quand ils sont tombés à la suite des maladies.

417. Les maladies de la peau s'étendent à toutes les couches, ou demeurent bornées à quelques unes seulement, ce qui s'applique également aux vices de conformation et aux altérations de texture.

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