‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 48 sur 186 · Les vices primitifs de conformation sont · texte numérisé non relu

Les vices primitifs de conformation sont

i° \1 absence. La peau tout entière , ou quelques unes de ses couches seulement, peuvent manquer sur un point ou sur un autre. Le premier cas a lieu lorsque les cavités splanchniques ne sont pas entièrement closes. Mais on observe aussi quelquefois le défaut primitif d'épiderrae , sans aucune scission ou division du corps. Il en est de même pour les ongles et les poils.

2° L'excès, qui s'annonce, quand la peau entière y participe, par l'existence d'un nombre plus ou moins considérable d'excroissances arrondies et oblongues sur diverses parties du corps , accompagnée presque toujours d'un défaut de développement de la membrane sur d'autres points.

Quant aux diverses parties du système cutané, l'exemple le plus frappant qu'on puisse citer de leur excès est la longueur extraordinaire des poils dans des endroits où ils ont coutume d'être fort courts. Ce vice de conformation coïncide presque toujours avec une teinte plus foncée de la peau, et avec un développement plus considérable de graisse dans le même endroit.

Les mêmes vicq$ de conformation peuvent également être secondaires , ou acquis.

L'épiderme , les poils, les ongles , meurent à la suite des maladies de la peau, ou d'autres étals morbides dont l'essence •

consiste dans une débilitation extrême des forces vitales : ils se détachent alors du corps. L'épiderme se reproduit constamment; mais il n'en est pas de même des poils et des ongles. L'albinisme des poils est aussi le résultat d'une nutrition imparfaite, car il lient réellement à la mort lente ou rapide de leur substance interne (1).

La peau et ses diverses parties ne sont pas moins susceptibles d'acquérir un surcroît de développement. Le derme s'épaissit, les papilles tactiles s'alongent. Les verrues tiennent à l'accroissement insolite de quelques points du derme, les corps et durillons à l'épaississement de l'épiderme. Un développement considérable de l'épiderme, qui se convertit en véritable corne , constitue aussi l'essence des ichlhyoses. Il y a beaucoup d'affinité entre ces divers états et la végétation excessive des cheveux dans la plique polonaise , qui fait le passage des vices de conformation aux altérations de texture.

419. Les altérations de texture sont très fréquentes dans le tissu cutané. Au premier rang se place le défaut de coloration du réseau muqueux, la leucéthiopie , ou leucose (leuccelhiopia, leucosis), qui est ordinairement congéniale, mais qui se développe aussi quelquefois dans le cours même de la vie (2).

Outre les inflammations, auxquelles on donne des noms différens, suivant qu'elles attaquent les diverses couches de la peau, ou le tissu cellulaire sous-jacent, l'organe cutané est sujet à un grand nombre d'affections qui lui sont propres, qu'on désigne sous le nom à' exanthèmes , et dont l'histoire appartient à la pathologie. En général, dans les maladies exanihémaliques, la peau devient semblable aux membranes muqueuses, car ses vaisseaux reçoivent plus de sang ; elle s'amollit, elle fournit des sécrétions liquides, et l'épiderme s'en détache presque toujours. Quant aux exanthèmes eux-mêmes, la plupart du temps ils ont une forme arrondie; ils donnent

(1) Wedcmeyer , Ilisloria patliol. pilorum , Goettingue , 1812.

(?.) O.-T.-L. Sachs, Ilisloria naturalis duorum leuciethiopum . aucloris ipgluë ctsororis cjus, Salzbach, 1812. — Mansfcldt , lie /levions sur la feucopallùc , considérée comme le résultat d'un retardement de développement ; dans Jot{rn. compl. des se. tnùd. , t. XV, p. 25o.

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naissance a l'exaltation locale de la vie propre du tissu qui , d'un point central, s'étend à une distance plus ou moins grande, et prend les caractères d'une inflammation , ayant presque toujours pour résultat la formation d'un liquide particulier. On peut les considérer comme des organismes fort imparfaits, ou même comme des tentatives, plus ou moins couronnées de succès, pour produire des œufs, auxquels ils ressemblent en raison de leur forme arrondie, et par celte circonstance, qu'ils ne s'élèvent jamais au-delà de la formation d'une substance fluide. D'ailleurs, les phénomènes qu'ils présentent dans leur cours sont au fond les mêmes que ceux qu'on observe dans les organismes entiers, depuis leur origine jusqu'à leur mort. Les exanthèmes chroniques ont spécialement leur siège dans l'épaisseur du derme , tandis que ceux qui suivent une marche aiguë ont le leur à la face externe de cette membrane et dans le tissu vasculaire.

420. Des formations anormales d'une autre espèce se développent, primilivement au inoins, dans le tissu cellulaire sous-cutané : tels sont les loupes, le squirrhe, le cancer et le fungus hémalode, qui cependant s'étendent tôt ou tard à la peau elle-même.

421. II n'est pas rare de rencontrer des productions cutanées accidentelles , mais ce cas est moins commun pour le derme que pour les parties épidermiques , notamment les poils (1).

Voici quelles sont les particularités les plus notables qu'offre cette formation accidentelle de poils.

i° Ils se développent dans les mêmes circonstances que les poils réguliers, c'est-à-dire en même temps que la graisse, et dans des parties qui ressemblent à la peau, soit de nouvelle formation, comme les kystes, soit déjà existantes, comme les membranes muqueuses.

2° Us ressemblent parfaitement aux poils réguliers sous le

(1) Meckel, Mémoire sur les poils et les dents qui se développent accidentellement dans le corps ; dans Journ. compl. du Dicl. des se. méd. , t. IV, p. 132 et 217. — Bricheteau , Observation de kystes dermoïdes et pileux , suivie de quelques remarques* sur ces productions organiques ; dans Journ. compl. des se. méd. , t. XV . p. 298.

point de vue de leur structure , de leur situation respective et de leurs changement. Comme eux, ils ont des racines, et presque toujours sont implantés d'abord d'une manière très solide; comme eux encore, ils tombent ordinairement après un certain laps de temps, et on les trouve alors mêlés avec la graisse. Cependant il est possible que quelquefois aussi leurs racines se trouvent implantées dans la graisse seulement.

5° Les endroits dans lesquels on les rencontre le plus souvent sont ceux où l'activité plastique est portée au plus haut degré d'exaltation, tels que les ovaires. On en voit rarement dans les testicules , quoiqu'il ne soit pas non plus sans exemple qu'on en ait trouvé dans ces organes.

Les ongles et les productions cornées (i) se développent plus rarement dans les points différens de ceux qui leur ont été assignés pour siège ordinaire. Les conditions les plus générales de leur formation sont les suivantes:

i° Ils ne se forment que dans la peau seulement, autant que je sache.

2° Ils se développent dans des kystes remplis d'un fluide, qu'ils percent de dedans en dehors.

3° Après avoir été détruits, ils se régénèrent, de même que les parties dont ils sont la répétition.

4° On en trouve ordinairement plusieurs à la fois dans le même sujet.

5° Ils sont plus communs que partout ailleurs dans la portion libre de la peau , et spécialement dans les tégumens de la tête, quoiqu'on les rencontre aussi quelquefois dans les endroits où cette membrane se réfléchit sur elle-même , par exemple, au gland.

(i) Caldani, dans Mem. délia sociela ilaliana , t. XVI , p. 126. — Meckcl , Sur les cornes accidentelles , et en particulier sur celles qui viennent au gland , chez l'homme ; dans Journ. compt. des se. mcd. , t. IV, p. 91. — Bertrand , A'a/e sur une production cornée ; dans Archives gén. de medec. , t. V , p. 534.

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