‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 52 sur 186 · II. GLANDES IMPARFAITES · texte numérisé non relu

II. GLANDES IMPARFAITES

442. Les glandes imparfaites (§ 4^5) ont avec le système lymphatique des rapports semblables à ceux qui existent entre les glandes parfaites et le système cutané, puisqu'elles y tiennent par le moyen de vaisseaux lymphatiques très nombreux et fort considérables. Il est vraisemblable aussi que leurs fonctions sont relatives à l'élaboration du fluide nourricier. Cette opinion se trouve hors de doute pour les glandes lymphatiques, et la position des autres, indépendamment du grand nombre de vaisseaux lymphatiques qu'elles reçoivent, lui donne aussi un haut degré de probabilité à leur égard. Toutes, d'ailleurs, sont situées dans le voisinage du canal thoracique , les capsules surrénales à sa partie inférieure , le thyroïde et le thymus à sa partie supérieure , de sorte que le fluide qu'elles préparent n'a qu'un court trajet à parcourir pour aller se réunir à celui qu'il contient déjà. On peut donc comparer les glandes lymphatiques aux glandes simples répandues dans toute l'étendue du système cutané interne, ainsi qu'aux salivaires, et les autres aux glandes propres et parfaites des divers appareils, au foie, aux testicules, aux ovaires, aux glandes mammaires et aux reins.

443- Les différences périodiques les plus remarquables des glandes sont relatives :

i° Au volume. Le système glandulaire est, en général, plus développé dans les premières périodes de la vie. A cette époque, toutes les glandes reçoivent plus de sang, et sont proportionnellement plus volumineuses. Mais elles ne se ressemblent pas toutes sous ce rapport. Quelques unes , particulièrement le foie, le thymus et les capsules surrénales , sont beaucoup plus grosses , en proportion des autres , dans les premiers temps de la vie, qu'à toute autre époque.

2° A la durée de l'existence. Toutes les glandes ne se ressemblent pas sous ce rapport. La plupart d'entre elles subsis-

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tent pendant toute la vie. Il n'en est point ainsi du thymu9 , dont on ne trouve presque aucune trace vers la douzième année, dans l'état normal. Quelques glandes lymphatiques disparaissent aussi, tandis que d'autres se développent. Il est plus rare d'observer des phénomènes analogues dans les capsules surrénales, les testicules et les ovaires.

3* À la structure. Elle n'est pas la même à toutes les époques de la vie. Les glandes destinées à ne former un jour qu'une seule masse , comme le foie et les reins , sont d'abord composées d'un nombre plus ou moins considérable de lobes, qui ne se confondent ensemble que peu à peu.

4° A leur situation. Elle varie aussi , ce qui tient en partie à la différence du volume. Ainsi le lobe gauche du foie, qui est d'abord le plus gros, occupe alors tout l'hypocondre droit, qu'il n'atteint même pas plus tard. Cependant on observe aussi, à cet égard, des différences qui ne dépendent nullement du volume; par exemple les testicules se trouvent d'abord placés dans la cavité abdominale, qu'ils quittent ensuite pour se rapprocher de la surface du corps ; les ovaires 9ont aussi, dans le principe , situés beaucoup plus haut que chez la femme adulte.

ARTICLE II

DU SYSTEME glandulaire dans l'état anormal.

444- La substance glandulaire ne se reproduit pas quand elle a été détruite.

445. Les glandes sont sujettes à un grand nombre d'anomalies.

Elles offrent très souvent des vices de conformation primitifs, parce qu'elles appartiennent à la classe des organes de la vie végétative. La nature de ces vices dépend de leur configuration normale. On peut les rapporter aux suivans:

i° Vabsence, qui est totale ou partielle. Le défaut partiel s'observe principalement dans les glandes paires , par exemple dansle9 reins et les testicules, de sorte qu'alors un des orga-

nés homonymes n'existe pas. Dans quelques cas, ce vice dépend de certaines conditions. Ainsi les capsules surrénales n'existent quelquefois pas lorsqu'il y a anencéphalie. Les glandes des organes sexuels sont celles dont il est le plus commun d'observer le défaut absolu.

2° La petitesse. Elle est plus rare, mais toutes les glandes en fournissent des exemples. Quelques unes y sont plus spécialement sujettes que d'autres. Dans les mêmes circonstances où les capsules atrabilaires manquent quelquefois tout-àfait , il est plus commun de leur trouver seulement un volume inférieur à celui qu'elles ont ordinairement. Les glandes des organes génitaux sont celles auxquelles il arrive le plus souvent de ne pas acquérir tout le développement dont elles sont susceptibles , quoique d'ailleurs elles soient conformées d'une manière très régulière.

3" La structure lobuleuse , qu'on observe dans plusieurs glandes , se rapproche de ces deux états, dont l'essence consiste en un développement imparfait , puisqu'elle est un de leurs attributs normaux durant les premières périodes de la vie.

4° L1 'augmentation du nombre. La plupart du temps elle n'est qu'apparente , et tient uniquement à ce que des parties simples dans l'état normal se sont subdivisées en plusieurs.

5° "L'excès de volume. Il est rarement congénial. Cependant on trouve quelquefois le foie et le thyroïde beaucoup plus gros qu'à l'ordinaire, dès la naissance. On peut ranger ici la persistance anormale de certaines glandes à ce haut degré de développement qui les caractérise dans les premiers temps de la vie. Le foie et le thymus en fournissent surtout des exemples, dans certaines circonstances.

6° La scission d'une glande simple en plusieurs. On l'observe surtout à la rate, plus rarement au thymus, à la thyroïde, aux reins et au foie.

7° La réunion anormale , dont les reins surtout fournissent des exemples.

8" La situation anormale. Il est des glandes qui , par différentes causes , offrent, sous ce rapport, des différences bien plus nombreuses et bien plus considérables que les autres. Les

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reins, les testicules et le foie varient beaucoup plus que toutes les autres glandes, sous le rapport de leur situation.

L'espèce d'anomalie de situation n'est pas non plus la même pour toutes les glandes. Les reins sont placés extrêmement bas, les testicules plus ou moins haut, le foie hors de la cavité du bas-ventre, etc.

Les glandes non symétriques sont sujettes à l'inversion. C'est ainsi qu'on trouve quelquefois la rate à droite et le foie à gauche.

446- Les vices de conformation accidentels, et qui peuvent survenir à toutes les époques de la vie , roulent sur les mêmes points que les congéniaux.

i° Il n'est pas rare de voir les glandes se rapetisser, s'atrophier. C'est ce qui arrive surtout au foie , à la rate, au testicule et aux capsules surrénales. Mais ordinairement cette atrophie s'accompagne d'un changement plus ou moins notable dans la texture.

2° Les glandes augmentent bien plus souvent de volume, soit primitivement, soit parce que d'autres organes tombent dans l'inaction.

Dans ce cas aussi , la texture éprouve souvent, mais non toujours, des modifications plus ou moins considérables, dont le plus léger degré consiste dans l'altération de la couleur, l'augmentation et plus rarement là diminution de la consistance. A un plus haut degré , l'accroissement dépend de l'épanchement du sérum du sang et de la fibrine. A un plus haut encore, il se développe des formations anormales nouvelles de différentes espèces.

Cependant l'accroissement de volume est quelquefois pur et simple. C'est ce qui a lieu surtout lorsqu'un organe homonyme, par exemple le rein, se charge de la fonction de son congénère, après la destruction de ce dernier. La rate grossit souvent aussi à la suite des fièvres intermittentes , sans éprouver d'autre altération. Il est rare d'observer ce phénomène dans les autres glandes.

5° Les dt'placcmens accidentels sont rares, à cause de la oolidité des liens, peu serrés néanmoins, qui retiennent les glandes. Cependant on les observe quelquefois dans les hernies.

44?- L'accroissement et la diminution de la cohésion font le passage des vices de conformation aux altérations de texture. Les glandes sont fort souvent trop dures, trop molles, d'un tissu trop lâche et facile à déchiier. Dans beaucoup de cas elles ne présentent pas d'autres changetnens. Lorsque leur tissu se trouve plus mou, elles sont fort sujettes aux déchirures, dont la rate et le foie fournissent d'assez nombreux exemples.

448. Les altérations de texture des glandes sont encore bien plus nombreuses, ce qui tient incontestablement à ce qu'elles ont pour fonction de produire une substance différente de la leur. Ces altérations consistent, la plupart du temps , dans la formation, au milieu des glandes , d'une substance solide particulière , qui s'accumule dans leur tissu , tandis que le fluide sécrété se trouve expulsé au dehors , dans l'état normal.

On peut établir à peu près la série suivante, sous le rapport du degré de fréquence des altérations de. texture et de leur rapprochement de l'état normal : glandes mammaires, capsules surrénales, rate, testicules, glandes mucipares , glandes lymphatiques, foie, thyroïde , ovaires. Ces derniers sont sans contredit les glandes qui dégénèrent le plus souvent, et qui produisent les substances les plus normales, telles que membranes séreuses, membranes muqueuses, fibro - cartilages , cartilages, os, graisse, poils et dents.

Les inflammations des glandes se terminent rarement par la mortification , plus souvent par l'exsudation, qui est la principale cause de l'endurcissement du tissu glandulaire, et par la suppuration qui, dans certains cas , détruit complètement ce tissu. Ces diverses particularités semblent aussi se rattacher aux fonctions que les glandes sont appelées à remplir.

/jZjg. Il ne paraît pas que le tissu glandulaire se développe jamais accidentellement, ce qui dépend de la grande complication et des caractères tout particuliers qu'il offre dans sa structure.

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