CHAPITRE XII
45o. Les formations accidentelles (1) , tantôt sont produites par un fluide particulier qui s'épanche exprès pour leur donner naissance, tantôt se forment par précipitation et cristallisation, d'après les lois de l'affinité chimique, dans le sein d'un fluide sécrété, dont la composition chimique a subi quelque altération.
Le second de ces modes de développement est celui des calculs; le premier appartient à toutes les autres formations accidentelles, soit qu'elles aient, soit qu'elles n'aient pas pfi-
(i) Outre les traités d'anatomie pathologique qui ont été cités ailleurs , on peut consulter à ce sujet les suivans. — Ludwig, Primœ lincœ anatomiœ pathologicœ , Léipsick, 1785. — Conradi , Handbuch der pathologischcn Anatomie , Hanovre, 1796. — A. Clarus, Quœsiiones de pariibus pscudo-organicls , Léipsick, iSo5. — Pinel , La médecine clinique rendue plus précise et plus exacte par l'application de l'analyse, Paris, an v. — Prost , La médecine éclairée par l'observation et l'ouverture des corps , Paris, an xh. — I.-L. Knoblauch, Dissertalio quœ continet phœnomcnorum hominis mgroti expositionem, Léipsick, 1810. — Otto, Handbuch der
pathologischcn Anatomie des Menschcn und. der Thicrc , Breslau , i S 1 4-
J. Cruveilhier, Essaisur l' anatomie pathologique en général, et sur tes transformations cl productions organiques en particulier, Paris , i8i6Y — Rayer, Sommaire d'une histoire abrégée del'anatomie pathologique, Paris, 1S10. — Consbruch, Taschenbuch der pathologischcn Anatomie, Léipsick, 1S20. — Voyez aussi la Note sur l' anatomie pathologique , parLaennec, dans Journ. de Corvisart, t. IX, p. 56o , et son article Anatomie pathologique , dans le Dictionnaire des sciences médicales. Voyez aussi les articles Anatomie pathologique, dans ce même recueil et dans le Dictionnaire abrégé des sciences médicales, le premier par Bayle , le second par Boisseau; le travail de Martin sur les maladies organiques en général, dans Mémoires do la soc. méd. d'émulation , t. VII, et les recherches de Griiilhuisen sur l'essence de l'inflammation , tant dans la Gatcllc médico-chirurgicale de Salzbourg { i^Sif), t. II, p. 129) , que dans la préface de' son Organozoonomic, dans sus Bcytrùegc zur Physiognosie und Euulognosic , et dans son Traité sur In pus cl le mucus.
milivement de connexions organiques avec les parties déjà existantes.
Toutes les altérations de texture reconnaissent pour cause prochaine une anomalie de la nutrition (1). Quelque différens que soient les produits de cette faculté, lorsqu'elle vient à être dérangée , cependant ils se ressemblent beaucoup sous le point de vue de leur origine (2) ; et, a l'égard de plusieurs, les différences qu'ils présentent au bout d'un certain laps de temps dépendent, soit de la nature des parties dans l'intérieur ou au voisiuage desquelles ils se développent , soit de circonstances extérieures et accidentelles.
Toutes les altérations de texture proviennent d'une substance albumineuse qui, très probablement, est toujours fluide au moment où elle s'épanche (3).
(1) Il y a sans doute changement de l'action nutritive dans la production de toute altération de texture ; niais cette notion n'est d'aucune importance , puisqu'on ne sait rien de l'action nutritive elle-même, si ce n'est l'aspect , la forme et la structore des parties où elle s'exerce. Dire que les altérations de texture reconnaissent pour cause prochaine une anomalie de la nutrition , c'est donc dire, en langage de convention , que les tissus altérés changent dans leur structure , leur forme, leur aspect, et non pas résoudre une difficulté insoluble , ni môme la masquer. L'auteur marche ici sur lea traces de son maître Reil, qui eut d'ailleurs le grand mérite de placer dans l'organisation elle-même , dans la matière organique , la source de tous les phénomènes physiologiques et pathologiques de l'économie vivante. Voyez son beau mémoire ayant pour titre : Verànderte Mlschang ttnd Form dcr thierischen Materie, als Krankheit odcr nàchste Ursaclie dcr Kranhheitszufdtlc belrachiet; dans Archiv fur die Physiologie, t. III, '799, p- 424- ( Noie des traducteurs. )
(2) Cette proposition est vraie , en tant que l'inflammation est la cause occasionelle , sinon même ie fabricateur immédiat (qu'on nous pardonne cette expression métaphorique) , de toute production accidentelle.
( Note des traducteurs. )
(3) Les anciens ne se sont guère occupé des formations accidentelles que pour en rechercher la cause prochaine et pour en signaler les symptômes; parmi les modernes, les uns s'occupent surtout à les décrire, les autres à rechercher le trouble morbide qui les détermine. On les attribuait autrefois aux altérations de la lymphe , du sang, ou de la lymphe et du sang en même temps ; on les regarde aujourd'hui comme le résultat d'un changement dans la texture organique. Les uns s'occupent à rechercher leurs rapports de ressemblance et de continuité, et leurs différences avec les
Vhydropisie , c'est-à-dire l'accumulation -anormale des fluides albumineux , peut être considérée comme le premier pas que l'organisme fait pour arriver à la production de. substances nouvelles.
Quelquefois ces fluides sont clair9 et limpides. Souvent ils contiennent des flocons coagulés.
Ils varient beaucoup sous le rapport de leur pesanteur spécifique, de leur degré de coagubilité et des proportions respectives de leurs principes constituais , liquides et solides, notamment de la quantité d'albumine qu'ils renferment.. La proportion des sels est , au contraire ,, à peu près la même dans tous (1).
Les acides et la chaleur coagulent facilement la sérosité de l'ascite, de l'hydropéricarde , de l'hydrothorax , de l'hydrocèle, etc., qui contient beaucoup d'albumine. Celle de l'hydrorachis et de l'hydrocéphale éprouve peu d'action de leur part, à cause delà faible quantité d'albumine qu'elle contient.
Il arrive assez fréquemment que, par l'effet de la coagulation des fluides épanchés , des adhérences s'établissent entre des organes qui sont isolés dans l'état normal, tels que ceux qu'enveloppe une membrane séreuse.
Lorsque la coagulabilité est portée à un certain degré , ou
tissus primitifs ; les autres s'attachent à leur assigner un siège dans tel ou tel ordre de vaisseaux. Ainsi , Broussais les fait dépendre d'un changement d'organisation, soit des vaisseaux blancs , soit des vaisseaux rouges , soit à la fois de ces deux ordres de vaisseaux. Meckel va jusqu'à leur assigner, ainsi qu'on vient de le voir, une origine dans l'exhalation et la coagulation d'un liquide albumineux anormal. Les dissections, les préparations des tissus accidentels n'ont été , jusqu'à présent , ni assez nombreuses , ni assez délicates pour qu'on puisse adhérer à aucune de ces opinions. Le temps n'est pas encore venu où l'on pourra établir sur des bases solides la filiation des productions accidentelles et leurs rapports naturels. En rechercher la composition, la contcxlure, les variétés, les rapprocher provisoirement, conslater l'état morbide qui est la condilion première de leur formation , à cela se réduit tout ce qu'on peut Paire actuellement. C'est dire assez que l'anatomio pathologique est encore au. berceau. ( Note des traducteurs. )
(1) Marcel, dans Mcd. cliir. tiuns. , vol. II, p. 38o-38l.r— BOSfpck., ibid. , vol. V.
que la congestion du liquide s'est dissipée , les parties sont seulement adhérentes.
Mais , lorsque la quantité de liquide épanché a été considérable , on trouve les organes non plus seulement adhérens , mais comme ensevelis dans une couche épaisse de substance coagulée , au point qu'on ne peutplus les distinguer les uns des autres , et qu'on serait tenté de croire que certains d'entre eux, même très volumineux , ont disparu.
L'altération de nutrition qui produit celle union si intime est plus grave que celle qui occasione seulement l'accumulation des fluides. Elle constitue l'état désigné sous le nom
inflammation (§ 126) (1).
La quantité et la consistance de la substance unissante varient beaucoup; il n'est pas rare qu'elle s'ossifie. Telle est l'origine de la plupart des ossifications (2) , notamment de celles qui se développent entre les surfaces correspondantes des
(1) On a vu ci-dessus (page 20a), que Meckel regarde F 'inflammation , ou un acte analogue , comme la voie principale par laquelle se produisent loiilcs les formations , soit régulières , soit irrégulières , c'est-à-dire tous les tissus accidentels avec ou sans analogues dans l'organisme , et qu'il place le siège de l'inflammation dans les capillaires sanguins. DaDS son Histoire des phlegmasies chroniques (Paris, 180S), Broussais regarde comme effets de l'inflammation , la douleur, la tumeur, la rougeur , la chaleur, la gangrène, l'induration rouge , la suppuration, l'ulcération, le développement des faisceaux lymphatiques, la suppuration blanche, tuberculeuse, les endurcissements lardacés, l'ulcération rongeante , le cancer, le marasme, l'hydropisie , etc. Dans la seconde édition de son Examen ( Paris, 1S21), il dit formellement que les granulations cartilagineuses, osseuses , calcaires, les mélanoses, les squirrhes, les encéphaloïdés, les cancers, ainsi que les tubercules, sont engendrés par l'inflammation. Mais, suivant lui, pour que, sinon toutes, au moins plusieurs de ces altérations aient lieu , il faut qu'à Finflammation proprement dite, c'est-à-dire à l'inflammation des vaisseaux rouges de la partie, l'inflammation des vaisseaux blancs vienne se joindre : c'est cette dernière inflammation qu'il appelle sub-inflammation; c'est elle qui, selon lui, se joint à toute phlegmasie chronique, et décide la production des altérations chroniques de texture. Cette coïncidence entre les opinions du pathologiste français et de l'analomiste allemand, milite en faveur de leur théorie.
( Noie des traducteurs. ) (2) Voyez la noie des traducteurs à la page 5/j<).
membranes séreuses, soit qu'elles se présentent d'ailleurs sous forme de plaques , ou sous celle , beaucoup plus rare , de filamens. Les organes englobés au milieu de cette coagulation sont ordinairement sains, ou du moins, s'ils présentent quelques légers changemens, on ne peut les attribuer qu'à la compression.
Les coagulations très solides, blanchâtres, et dans lesquelles on distingue à peine des traces d'une texture quelconque, portent en général le nom de stêatome , ou celui de sarcome. Il est infiniment probable que toutes les tumeurs revêtent cette forme dans l'origine : l'analyse démontre qu'elles sont composées en entier d'albumine (i).
En général, les productions anormales adhèrent, d'une manière plus ou moins intime, aux parties dans le voisinage desquelles elles se développent. Cependant il n'en est pas ainsi pour toutes, car on en trouve quelques unes qui sont parfaitement libres : telles sont particulièrement les concrétions Jîbrineuses qui uaissent dans le système vasculaire, et aussi plusieurs substances cartilagineuses ou osseuses qu'on rencontre dans la cavité des membranes séreuses , les calculs et les vers intestinaux. Plusieurs de ces, productions ont d'abord des connexions avec les parties voisines, et en sont des excroissances. Les calculs et les vers intestinaux ne sont point dans le même cas, car on ne peut douter qu'ils ne se forment au milieu et aux dépens d'un fluide.
45 1 . En examinant avec soin les rapports de situation qui existent entre les altérations de texture et les organes, on acquiert la preuve qu'elles sont le résultat de la conversion de la substance normale de ces derniers en une autre substance plus ou moins différente, ou qu'il se forme dans l'organe, soit de dedans en dehors, soit de dehors en dedans, un corps étranger qui , tantôt détruit plus ou moins l'organe
(1) Vauquelin, dans Journal de médecine, an ix, germinal, à la suite de l'histoire d'un stéatome qui occupait une grande partie de la poitrine. - Visscction of an albuminous concrétion whicliwas fottnd in lliccavilal of the tlwrax , par Wardrop , dans Edinb. med. and sur g. Journal , vol. IX, p. 1 1.
primitif, par une influence purement mécanique, tantôt aussi détermine en lui un accroissement plus ou moins notable de volume. Cependant cette différence est peut-être plus apparente que réelle; au moins ne tient-elle qu'à l'extérieur seulement, c'est-à-dire à la forme (1). En effet, dans le second cas, la substance accidentelle est uniformément mêlée avec la substance normale , ou bien cette dernière s'est plus ou moins convertie en elle; dans le premier, elle forme des dépôts isolés et distincts; mais l'essence de cet état consiste toujours dans la production d'une substance différente du tissu anormal, par suite d'une altération, d'un dérangement, d'une anomalie de la nutrition, sous quelque forme d'ailleurs que cette nouvelle substance se présente, même lorsqu'elle est renfermée dans un kyste qui la sépare de la substance normale, soit que ce kyste ait paru avant elle et l'ait sécrétée , soit que sa formation soit consécutive à la sienne, et purement accidentelle.
452. On doit donc considérer toutes les altérations de texture comme des formations nouvelles, qui tantôt sont des répétitions de celles qui existent déjà dans l'état normal, et ne portent le caractère de l'anomalie qu'en raison du lieu où elles se trouvent, tantôt sont des substances totalement étrangères à l'organisme. Ces dernières elles-mêmes ont quelque analogie avec les tissus normaux ; voilà pourquoi on lésa désignées pendant long-temps sous des dénominations semblables à celles que portent ces derniers, et que certains modernes conservent encore; mais l'analogie étant fort légère, on n'est point fondé à considérer toutes les formations nouvelles et morbides comme des répétitions de formations normales (2).
(1) On a constaté l'utilité, le fondement de cette distinction entre la conversion d'un tissu primitif en un tissu accidentel , et la production de celui-ci dans un tissu primitif. Ces deux modes de développement des tissus nouveaux paraissent avoir lieu dans plusieurs cas. La distinction dont il s'agit n'a cependant pas toute l'importance qu'on serait tenté, au premier abord , de lui accorder, puisqu'il est si difficile de la préciser.
( Note des traducteurs. )
(2) C'est ce qu'a fait tout récemment Fleischmann {Lcichcnàfl'nungcn ,
DES FORMATIONS ACCIDENTELLES. 53j
J'ai cru qu'il était plus convenable de rattacher l'histoire des formations de la première espèce , indiquée déjà précédemment (p. 533), à celle des tissus réguliers qu'elles répètent, parce qu'il n'existe que des nuances insensibles entre les phénomènes de leur production et ceux de la régénération des organes, particulièrement de quelques uns d'entre eux, tels que les os. Quant aux autres, quoique j'en aie déjà parlé sommairement à l'occasion de chacun des tissus réguliers dans lesquels elles peuvent se développer, c'est ici que je dois placer les détails qui les concernent. Au reste ces deux sortes de tissus accidentels existent très souvent à la fois, de même qu'en général la simultanéité des productions anormales diverses est un phénomène fort ordinaire à rencontrer. Une certaine régularité semble même régner sous ce point de vue, car il est certaines productions accidentelles qu'on trouve plus particulièrement associées; dans ce cas, tantôt les diverses substances sont parfaitement distinctes, et placées l'une à côté de l'autre, en masses plus ou moins volumineuses, tantôt elles sont partagées en masses si peu considérables, et tellement entremêlées, qu'elles semblent former un nouveau tissu tout-à-fait spécial.
453. La classification des tissus entièrement nouveaux présente de grandes difficultés, tant à cause de l'incertitude des signes qui les font reconnaître, et des nuances qui conduisent d'une espèce à une autre, qu'à raison des modifications qu'ils présentent suivant les divers organes au milieu desquels ils se développent, et de la fréquence des cas dans lesquels plu-
i8i5 , p. 111, na), qui va certainement trop loin, lorsqu'il oppose le sarcome au muscle, le stéatosarcôme à la graisse et au muscle , le sarcome pancréatoïde d'Abcrnethy au pancréas, et le sarcome médullaire de môme à la substance médullaire du cerveau. Dumas ( Mém. sur les transformations des organes, dans Journal de Sédillot , t. XXIII et XXV) avait déjà considéré d'une manière analogue, mais plus ingénieuse, toutes les altérations morbides des organes comme des transformations de ces mêmes organes les uns dans les autres. Cette hypothèse est déjà exprimée depuis long-temps par les dénominations imposées h la plupart des tumeurs, et par la théorie qu'on a imaginée pour les expliquer ( Plenk , De tumoribus , Vienne, 1767).
538 ANATOMIE CÉNÉRAL1Î.
sieurs formations nouvelles tout-à-fait différentes les unes des autres se rencontrent cependant ensemble.
Il est quelques uns de ces tissus à l'égard desquels on ne saurait décider en toute assurance si ce sont de simples k
excroissances , ou des ampliations partielles de la substance des organes, ou enfin de véritables formations nouvelles. Tels sont particulièrement les polypes des membranes muqueuses.
' Cependant on peut admettre trois genres de formations anormales, qui ont avec les organes des connexions semblables à celles qui existent entre ces derniers eux-mêmes : i° le tissu tuberculeux^ ae le tissu squirrheux 3° et peut-être le tissu fongueux.
Outre ces trois genres, Abernethy (i) admet i° un sarcome pancre'atoide , qui paraît n'être qu'une modification du tissu fibro-carlilagineux accidentel, déterminée par la nature des parties dans lesquelles il se développe, 2° un sarcome mammaire et un sarcome médullaire, qui se rapprochent beaucoup des encéphaloides de Laennec. Les mélanoses de ce dernier ne diffèrent guère de ses encéphaloïdes. Celles-ci peuvent être réunies aux tubercules , et les mélanoses aux fongus , qui peut-être même ne sont qu'une modification du squirrhe (2).
454. Le tissu tuberculeux , la dégénération tuberculeuse ou scrofuleuse, et le tissu squirrheux , cancéreux ou carcimonateux , se ressemblent sous certains points de vue (3) , et diffèrent sous d'autres (4). C'est en raison de leurs rapports les uns avec les autres et avec d'autres formations anormales ,
(1) S urgical observations on tumours , Londres , 1814.
(2) Laennec divise les tissus sans analogues dans l'état normal de l'organisme en tubercules , encéphaloïdes, squirrhe, mélajwse, cirrhose, setérose et tissu squameux. Ce qu'il a écrit surces diverses altérations organiques se trouve consigné dansleZ?u.'/c<tn de la faculté de médecine, le Journal de médecine de.Corvisart, son article Encèphaloïdc du Dictionnaire des sciences médicales, et son traité De l'auscultation médiate, Paris, 1819.
( Note des traducteurs. )
(3) Bayle , Sur les indurations blanches des organes; dans Journ. deméd. , vol. IX, an xm, p. 285.
(4) Stark , dans Med. communicat. , Londres, 1784, vol. I, n° 24. — Baylc , dans Journ. de mèd. , au îx , germinal.
que les dénominations de tubercule ou de squirrhe sont employées d'une manière si générale, et souvent l'une pour l'autre, lorsqu'on veut désigner des productions anormales qui, lorsqu'elles renferment un liquide, ne se présentent pas sous la forme de kystes. C'est ainsi que beaucoup de prétendus cancers de la matrice ne sont autre chose que des tumeurs fibreuses.
Les caractères communs de ces deux dégénérescences sont d'être plus ou moins dures, et d'avoir une couleur grisâtre, Leur dureté s'accroît par l'action des acides et de la chaleur. Avec le temps, elles se ramollissent et deviennent fluides.
Voici maintenant quels sont les caractères auxquels on peut les distinguer l'une de l'autre :
Les tubercules (i) , sont homogènes , d'un blanc mat, quelquefois jaunâtres, opaques. Ils se convertissent en une masse friable et blanche , puis en un fluide onctueux, dans lequel nagent de petits flocons irréguliers , grisâtres, caséiformes. Ils se présentent sous la forme de corps arrondis et quelquefois renfermés daus un kyste , ou sous celle de masses irrégulières qui envahissent une grande partie de l'organe dans lequel elles se développent.
Les squirrhes sont composés de deux substances, l'une blanche , fibreuse , opaque , qui forme un réseau; l'autre, demi transparente, un peu brillante, bleuâtre ou verdàtre , rarement blanche ou rouge, qui est renfermée dans les mailles du réseau. lisse convertissent en une suppuration ichoreuse , qui corrode la peau , et donne lieu à des fongosités, à des ulcères dont les bords sont renversés.
Les tubercules, ont leur siège principalement dans les pou-
Ci) G. Stark, Observations clinical and palhologicat , Londres, 1784. — Reid , Essay on the nature and cure of the phlhisis puhnonalis , Londres, 1787.. — Bayle, liemarques sur les tubercules ; dans Journal de Corvisarl , t. VI , i8o3, p. 7>. — Id. liemarques sur la dégénérescence tuberculeuse non enkystée du tissu des organes; uiômo recueil , t. IX , i8o5 , p. 4 37 , t. X, p. 7>2. — Id. , Recherches sur la phthisic pulmonaire , Taris, 1810. — 3. Baron, On inquiry illuslrating the nature of tubcrculatcd accrelions of serons membranes and the origine of tuberclcs and tumours in différent textures of the body, Londres , 1819.
mons et les glandes lymphatiques, en particulier celle du mésentère ; dans la membrane muqueuse du canal intestinal , où ils se développent surtout durant la dernière période de la phthisie pulmonaire tuberculeuse ; plus rarement dans le foie, la rate , les testicules , les reins et les muscles.
Le squirrhe se développe de préférence dans les organes glandulaires, spécialement dans la glande mammaire, la matrice , la prostate, le canal intestinal, la peau , d'où il s'étend aussi aux glandes lymphatiques et à toutes les parties voisines
Le Jbngus he'matodes de Hey , Y inflammation spongieuse de Burns , les mélanoses de Laennec (1) ne constituent réellement qu'une seule et même formation , qui diffère des précédentes par sa dureté moins considérable et sa couleur noirâtre. Cependant elle se rapproche tellement du squirrhe, par sa structure et sa marche , qu'on lui a don-né le nom de cancer mou (2).
455. Les formations anormales dont nous venons de parler , peuvent Ctre considérées comme des parties intégrantes de l'organisme, à cause des liens qui les unissent aux autres organes. Il en existe qui n'ont point de connexions avec lui, mais qui y . sont libres, et se contentent d'en tirer leur nourriture. Ce sont les vers intestinaux ou entozoaires, qui vivent, les uns dans les kystes particuliers, les autres en contact immédiat avec la substance des organes.
Les formations les plus inférieures de ce genre représentent des vésicules libres , à parois minces , demi-transparentes ,
(1) Hey, On fongus hœmatodes ; dans Pracl. obs. in surgery , Londres , 1814, ch. vi. — Wardrop, On fongus hœmatodes , Edimbourg, 1809. — Burns, Spongoid inflammation; dans Lectures on inflammation, Glascow, 1800, vol. I, p. 5oa. — Laennec, Sur les mélanoses; dans Bullet. de l'éc. de méd., 1806. — Breschet, Considérations sur une altération organique, appelée dégénérescence noire, Paris, 1821. - Id. Supplément au.v considérations sur la mélanose ; dans Eevuc médicale , t. vu , p. 79.. — Hensinger, dans ses Recherches sur la production accidentelle de pigment et de carbone dans le corps humain (Eisenach, i8a3) , considère les mélanoses, d'après l'analyse qui en a élé faite par Barruel etLassaigne, comme de véritables dépôts de la matière colorante et de la fibrine du sang.
(2) Maunoir , Mémoire sur les fongus médullaire et hématode. Paris, 1S20.
arrondies, parfaitement homogènes , remplies d'un fluide séreux . dont le nombre et la grosseur varient beaucoup , et qui se développent tant dans la substance des organes que dans les cavités normales ou anormales. Ces vésicules doivent probablement être regardées moins comme des animaux que comme les analogues des membranes de l'œuf. On les désigne sous le nom il' hydatides , et Laennec leur a imposé celui d'ace'phalocysles (i). Les principaux lieux où on les rencontre sont le foie , d'où elles passent peut-être dans la cavité abdomidale, les ovaires, les reins, le cerveau, les poumons et les testicules. Cependant il n'y apas d'organe dans lequel on n'en ait trouvé, quoique rarement.
Après les hydatides viennent les vers vésiculaires qui sont contenus dans des kystes particuliers. Tantôt il se développe dans leur vésicule plusieurs organes qu'il serait peut-être plus exact de considérer comme des animaux distincts que comme des parties d'un tout ( echinococcus) , et auxquels se rapportent sans doute un grand nombre de cas d'acéphalocystes ; tantôt la vésicule disparaît presque entièrement, ou ne se montre plusqu'àrextrémitépostérieure du corps, sous la forme d'une poche caudale (cysticerque), de même que, chez les animaux supérieurs , les enveloppes de l'œuf sont en connexion avec la région inférieure du corps. Parmi ces vers vésiculaires, on rencontre les premiers dans les mêmes lieux que les hydatides , et les seconds principalement dans le tissu cellulaire, les muscles et le cerceau.
Les autres vers intestinaux jouissent d'une existence encore plus indépendante. Ils ne sont pas renfermés dans des kystes
(1) Ludersen , De hydalidibus , Gùttingue, 1808. — Laennoc , dans Bulletin de la fac. demedecine, 1812, p. 49. — Voyez aussi liodet, Observations sur tes hydatides; dans Journal compl. du Dict. des se. médic. , t. XVII, p. 123. — G. Jacger, Beobachlungcn iiber Hulsénwurmer im McAschcn tind cinigen Sàuglhicrcn ; dans ftleckel , Dcutckcs Archiv fur die Physiologie , t. V I , p. 49-''- — J • F. M. de Olfers , Commcnlarius de vegeiatit is et animatis corporibus in çorporibus animatis rcjicriundis , Berlin , 1816. — H. Cloquet , Faune des médecins, t. 1. Paris , 1822Î — HcndloiH', De hydalidibus in enrporc humano , prœscrtim in ccrebro, repertis , Berlin,
54'i ANATOMIE GÉNÉRAtE.
difTérens de leur propre substance , et l'on n'observe plus aucune trace des organes qui ont servi à leur formation. Chez la plupart d'entre eux , notamment dans les filaires , les hamulaires, les trichocéphales , les ascarides, les slrongles et les ténias, la dimension en longueur l'emporte de beaucoup sur les autres. Dans le même temps ils sont cylindriques , à l'exception des ténias, qui sont très minces et aplatis. Quelques uns, les distomes et polystomes , sont courts, larges et plats. Ils habitent principalement dans le canal intestinal; c'est du moins le séjour des ascarides , des trichocéphales , des ténias et des distomes. Les autres se rencontrent dans le tissu cellulaire , sous la peau et dans les muscles [ filaires) , dans les glandes bronchiales ( hamulaires ) , les ovaires et les trompes de Fallope {polystomes) , les reins et la vessie ( strongles ) (i).
(1) Parmi les.entozoaires propres à l'homme le tricoccplialus dis par , l'oxyurus vermicularis , l'ascaris tumbricalis , le totryoccphalus latus , et le tenia sotium, sont les seules espèces bien déterminées, jusqu'à ce jour, qui vivent dans le canal intestinal. Blainville a donné le nom de netiorhynque à un autre ver intestinal, observé depuis long-temps , mais que les zoologistes avaient négligé. Cloquet en a décrit, sous le nom d'opliiostoma Ponthicri, un autre qui pourrait bien n'être qu'un gordius aqualicus. A l'égard des entozoaires qui n'habitent pas le canal intestinal , on trouve le fdaria medinensis sous la peau ; mais peut-être provient-il du dehors. L'hamularia subcompressa a été trouvé dans une glande bronchique ; c'est un genre douteux , quoique Cloquet annonce en avoir observé une nouvelle espèce, qui avait déterminé des accidens nerveux très graves. Le strongylus gigas séjourne dans les reins, et peut-être aussi dans les muscles qui les environnent. Le distoma hepaticum habite dans Je vésicule du fiel, et peut-être aussi dans le l'oie. Le polysloma pinguicola n'a été rencontié qu'une seule fois dans la graiss • qui entourait l'ovaire d'une jeune paysanne : c'est un animal douteux. Le cyslicercus celtulosœ vit dans le tissu cellulaire des muscles et du cerveau ; Rudolphi fait remarquer qu'il est très commun chez l'homme , quoique Bremser prétende le contraire. On a aussi rencontré chez l'homme les cysiiccrcus ccllitlostis , fischcrianus, dicyslus et albo-punctatits. L'echinococcus liominis se trouve dans les kystes hydatidiques, ainsi que les accpltalocysta ovoïdea, surcutigera , granit losa et raccmusa. Tous les autres vers intestinaux , cités parles auteurs, sont ou des larves d'insectes hexapodes, ou des vers d'eau douce, ou des parties de plantes; Bremser les a désignés collectivement sous le nom de pscitdohelmlnthes, qui n'est pas très convenable , puisque plusieurs de ces êtres,
Parmi ces vers, Vechinococcus hominis , le ténia solium , le ténia lata , et quelques autres espèces encore peu connues, que Gomez a indiquées (1) , le polystoma pinguicola , Yasca-
particulièrement le ditrachyceros rudis de Sulzer , et peut-être quelques autres, tous douteux à la vérité, se rapprochent au moins des entozoaires.
L'histoire des animaux qui se développent dans le corps d'autres animaux vivans est encore peu avancée , et n'a surtout point été envisagée sous un point de vue véritablement philosophique. Ainsi , par exemple, sans parler de la discussion, qui continue depuis Redi , sur la cause de leur production , c'est-à-dire sur leur mode de formation, quoiqu'on ne puisse plus douter maintenant qu'ils sont créés, sinon par une véritable inflammation, du moins par un état qui s'en rapproche beaucoup, on a isolé des considérations relatives à ces animaux celles qui se rattachent à l'histoire des extozoaires , c'est-à-dire des parasites animés qui se développent et qui vivent à la surface des animanx vivans. A peine môme a-t-on daigné s'occuper de l'histoire de ces derniers , quoiqu'elle se rattache d'une manière si évidente à celle des entozoaires. Nous voulons parler spécialement des poux, dont l'abondance excessive a fourni aux médecins symptomatistes l'occasion de créer une maladie , sous le nom de phlhiriasis. La multiplication quelquefois effrayante de ces êtres parasites, dans les croûtes laiteuses, la teigne et la plique , autorise à pens«r, avec Bremser, qu'ils doivent , dans certains cas, leur origine à une formation primitive. Ce genre de production est même le seul qu'on puisse admettre dans certaines circonstances, comme lorsque les poux constituent à eux seuls le contenu de certaines tumeurs, ainsi que Rust en a observé un exemple remarquable, cité parBremser (Sur tes vers intestinaux de l'homme, p. 97 ) > et auquel on peut rattacher une note intéressante de Bory de Saint- Vincent , sur une espèce d'ascaride qui vit sur le corps humain ( Journ. compl. dit Dict. des se. mèd. , t. XIX, p. 182 ). Une autre circonstance favorable à cette théorie , c'est la différence spécifique qui paraît exister entre le pou du blanc et le pou du nègre (Fabricius, Systema anllialorum , p. 34o ) , et qui rappelle qu'on remarque entre les espèces de ténias propres aux habitans du nord de l'Europe et celles qu'on a observées chez les peuples méridionaux.
Enfin, il faut rapprocher de tous ces faits les parasites végétaux de la classe des champignons , qui ont été rencontrés dans les animaux, et qui tirent, sans contredit, leur origine de la même source. Ce dernier phénomène n'a jamais fixé l'attention des physiologistes. Cependant nous en possédons deux exemples bien constatés, qui ont été observés, l'un par A.-C. Maycr (Dcutselics Archiv fur die Physiologie, t. I, p. 3,i.o), l'antre par G. -F. Jacgcr (même recueil, t. II , p. 7>54-) ( Note des traducteurs. )
(1) Gomez, Memoria sobre la virliidc tutnifuga du romeira com observaçoet zoologicas e zoonotvicas rctalivas a tœnia, Lisbonne, 1822. — Mérat .
ris verinicidaris , Vhamularia subcornpressa et le jilaria medinensis , sont propres exclusivement à l'homme; les autres se rencontrent aussi chez la plupart des mammifères , mais chez les animaux seulement.
456. Les calculs (1) se forment chimiquement , par précipitation et cristallisation , clans les fluides sécrétés (2).
Tantôt, ce qui est le cas le plus rare, ils se développent accidentellement autour d'un corps étranger, qui s'est introduit dans l'organe, et qui leur sert de noyau. Tantôt, et ce cas
Sur des ténia diffèrens de l'espèce ordinaire , qui ont été observés en Portugal et au Brésil; dans Journ. compl. du Dict. des se. méd. , t. XVI, p. 190.
(1) Walter, Anatomischcs Muséum, Berlin, 1796. — Wendelstaedr , Ueber Sleinc im mcnchlichen und thierisclien Kôrper; dans ses Mcdicinischchirurgischc Walirnehmungen, Osnabruck, 1800, t. I, p. 156-264. — Fourcroy, Sur le nombre , la nature et les caractères distinctifs des diffèrens matériaux qui forment les calculs , les bezoards et les diverses concrétions des animaux; dans Annales du Muséum, 1. 1 , p. 93. — Marcet, Essai sur l'Iiisi. chim. des calculs, tvad. par Riflàult , Paris , 1825. — ■ Consultez en outre : i° Sur les calculs urinaires ; Tenon , Sur la nature des calculs ; dans Mcm. de Paris, 1764. — Link, De analysi urinœ et originâ calculorum, Gôttingue , 1788. — Wollaston , On gouty and urinary concrétions ; dans Pliil. trans. , 1797, p. II, p. 386. — Pearsou, Expcriments and observations , tending to thow the composition and propertics of urinary concrétions ; même recueil, 1798, p. I, p. i5. — Brande, Sur les différences entre les calculs , qui dépendent de leur formation dans diverses parties du système urinaire ; même recueil, 1808, p. 223-^48. — Prout, Traité de la gravellc et du calcul vèsical , trad. de l'anglais par Mourgué , Paris, 1825. — 20 Sur les calculs biliaires ; Morand , Sur des pierres de fiel singulières; dans Mém. de Paris , 1741 , p. 355. — Sœmmerring, De concrcmcnlis biliariis, Erfurt, J795. — Mosovius, De sede calculorum animalium , eor unique imprimis biliarium, origine et naturâ, Berlin 1812. — 3° Sur les calculs intestinaux ; J.-F. Meckel , Ueber die Concrelionem im menschlichen Darmhanal; dans Archiv fur die Physiologie, 1. 1 . p. 454 -4^7- — 4° S ur les calculs lacrymaux ; Walter, Sur tes dacryolithes ou calculs lacrymaux ; dans Journ. compl. des se. méd. , t. VII , p. 5i. — 5° Sur les calculs des veines ; Tiedemann , Suites calculs qui se rencontrent dans l'intérieur des veines; même recueil, t. III, p. 3S.
(2) Voyez, sur les vers intestinaux de l'homme , l'ouvrage classique de Rudolphi, Entozoorum liist. nat. , Amsterdam, iSoS-iSio. — Bremser , Traité zoologique et physiologique sur les vers intestinaux de l'homme , trad. par Grundler, avec des notes, par Blain ville, Paris , 1S2/1,
DES FOBM ATIOHS ACCIDENTELLES. 5^5
est beaucoup plus commun, ils se forment à la suite d'une altération survenue dans la composition chimique du liquide au milieu duquel ils naissent, probablement aussi dans celle du fluide nourricier commun, et, en général, par l'effet d'un dérangement de toutes les fonctions.
Ils offrent tant de différences, sous le rapport de leur forme, de leur nombre , de leur couleur et de leur composition chimique , qu'il est presque impossible de rapporter leur histoire à aucun principe général. Tout ce qu'on peut dire à ce sujet se réduit aux considérations suivantes :
i° Ils sont primitivement libres ; il est rare de les trouver adhérens aux parties dans lesquelles on les rencontre.
2" Chaque liquide a plus ou moins ses calculs particuliers , sous le rapport de la composition chimique, mais qui se ressemblent cependant à l'égard de quelques uns de leurs principes constituais.
3° Leurs principes constituans n'existent quelquefois pas dans le liquide au milieu duquel on les rencontre.
4° Dans la plupart des fluides au moins , il ne se forme pas seulement une espèce, mais plusieurs sortes de calculs.
5° Ils sont tantôt simples, tantôt composés, et leurs divers principes constituans , tantôt sont mêlés intimement ensemble dans tous les points du calcul , tantôt forment différentes couches.
6° Ils se développent , la plupart du temps, autour d'un noyau.
7° Leur nombre est presque toujours en raison inverse de leur volume.
8° Ils sont en général pleins, et rarement creux.
9° Ils ont une structure rayonnée ou lamelleuse.
io° Leur surface est tantôt lisse, et tantôt chargée d'aspérités.
ii° En général, ils sont un produit de l'âge mûr , ce qui n'a cependant pas lieu toujours , car on les rencontre quclquequefois dès avant la naissance.
12° Certains liquides, tels que l'urine et la bile, ont plus de tendance que d'autres à en produire, M.ajs leur formation est favorisée par les circonstances extérieures , de telle sorte
5^6 ANiïOMIE GÉNÉRALE.
que certains calculs sont plus communs dans quelques parties du corps que dans d'autres (1).
(1) Ici doivent être rapportées toutes celles d'entre les productions anormales designées, par les pathologistes , sous le nom d'ossifications accidentelles, qui, ne tenant au corps par aucun lien organique, et n'offrant aucun des caractères qui distinguent les os , ne peuvent être rapprochées de ces derniers qu'en se laissant aller aux suggestions insidieuses d'une analogie purement extérieure. (Note des traducteurs. )
457. ISanatomie spéciale (î), ou la topographie du corps humain, est la description exacte des parties qui le constituent. Elle considère :
i° Le corps humain en général , et ses diverses régions ,
(î) Les principaux ouvrages à consulter, sont : i° Histoibe du l'anatomie. P. J. Hartmann , Distjuisiiiones hisloricœ de rc anatomicâ velerum , Kœnigsberg , 1693. — Portai, Hist. de l'anat. et de ta chirurgie, Paris, 1770-1773. — Lauth , Hist. de l'anat., Strasbourg, i8i5.
— 2° Bibliographies et Dictionnaires. J. Douglas , Bibliographiœ anatomicœ spécimen, Londres, 1718. — Haller, Bibliotheca analomica , Zurich, 1770-1777. — Heister, Analomisch-chirurgisches Lcxihon, Berlin , 1753. — Tarin, Dict. anaiomiqttc , Paris, 1751. — 3° Opuscules divers. Corvinus , De dignilate, jucundilale et usa analomiœ , Léipsick, 1611. — Fabrice de Hilden, Analomiœ. prœstantia et ulititas, Berne, 1624.
— B.-S. Albinus , De necessilate sttidii secandi, Francfort , i683. — Stabl, De série et tisu inventionum anatom. , Halle, 1705. — J.-J. Rau, Demcllt. anatomen docendi et discendi , Leyde, 1713. — B.-S. Albinus, De verâ via i/uœ ad corp. hum. cognit. ducat, Leyde, 1721. — A. Walter, De usa cl prœslantiâ anatomes scientiœ, Léipsick, 1725. — ■ Coschwicz, De studii analomiœ. prœst. et utilit. , Halle, 1727. — Heister, De anatomes necess. Helmstaedt, 1727. — Hebenstreit, De medici cadaverâ secantis religionc, Léipsick, 1741- — Munniks, De summis quas anatome habet deticiis , Groningue, 1771. — Bonn , De simplicilalc naturœ anatornicorum admira tionc , chirurgorum imilalionc dignâ , Amsterdam, 1771. — S'Graeuwen, Oratio de anatomiœ- palhotogicœ utililalc et ncccssilalc, Groningue, 1771.
— Sandifort, Oratio de circonspccto cadaverum examine, optimo praclicœ medicœ adminiculo , Leyde, 1772. — M. Girardi , De rc anatomicâ oratio , Parme, 1781. — C. Siebold , Rede von den Vorlhcilen, wetche der Slaat durch anatomische Lchranslallenn gcwinnl , .Nuremberg , 1788. — Bougemont , llcdc ueber die Zcrgliedcrimgsluinsl , Bonn, 1789. — D.-C. Silber"mann, De promovendts analomiœ pathologicœ admini.strationibus , Halle , 1790. — Rooschlaub, Einigcs iiber Analomic ; dans Magaz. zur Vervollhommnung der Medicin , t. V , p. 4oi , Francforl , 1801. — ¥/. Schelling ,
sans avoir égard à la différence des systèmes qui concourent .à le former, de manière qu'elle indique ses dimensions générales et celles de ses parties , ainsi que leurs rapports entre elles.
Oeberdas Studium der Mcdicin undder organischenNatiirlelire ûberhaupt ; dans ses Vorlesungen ueber die Méthode des ahademischen Studiums , Tubingue,i8o3. — Index rerum anatomicarum musei Ticinensis ; acccdit Scarpw oralio, Padoue, i8o4» — Froriep, Einige Worle iiber den Vortrag der Anatomie auf Universitacten , Weimar, 1812. — Id., Ueber die Anatomie in Beziehung auf Chirurgie ; Weimar , i8i3. — 4° Mandbls. I. Etat normal , ou état normal et état anormal. — Galien , De anal, administ. , lib. IX ; et De usu part. , lib. XVII ; dans Opp. omn. , t. II , Vienne , i5ç)j.
— Mondini, Anatomia emendata , Marbourg, i54o. — Berenger de Carpi, Commentarii cum amptissimis adnotationibus supra anatomiam Mundini , Bologne , i5ai. — Ejusd. Isagoge in anat. corp. hum., Bologne, i5î2.
— Rivière , De dissect. part. corp. hum. , lib. III , Paris , 1 545. — Vassaeus, In anatomen corporis humani tabula* IV, Paris , i553. — J. Sylvius , Isagoge in libros Hippocratis et Galeni anatomicos , Paris , 1 558. — Vésale, De corp. <lium. fabricâ, lib. VII, Bâle, i545. — Gemini, Theanatomy of the inward parts , Londres, i55c). — Colombo, De re anaiomicâ, 1. XV, Venise, 1 55g. — Valverde, Anat. del corpo umano, Rome, i56o. — Coiter, Extern, et' intern. princip. hum. corp.partium tabulai, Nuremberg, 1573. — F. Plater, De corp. hum. structura et usu, lib. III, Bâle, 1 585.
— Piccolomini, Analomicm prœlecliones , Rome, i586. — Guidi, Opp. omn., Erfort, 1668. — Varole , Anatomia , s. de corp. hum. resolutione, 1. IV, Erfort, i5gi. — G. Baubin, De corp. hum. fabricâ, Leyde, i5go : Institut, analom. , Erfort, i5g2 ; Theatrum anatomicum , Francfort, i6o5. — Riolan, Anthropographie , Paris, 1618 : Enchiridion anatomicum et pathologicum , Paris, iG48. — Spigel, De corp. hum. fabricâ, 1. X , Venise, 1627. — T. Bartbolin , Anatomia reformata, Leyde, 1641. — Vesling, Syntagnia anatomicum , Padoue , i64i. — Highmore, Corp. hum. disquisitio anatomica , La Haye , i65i. — Marchettis, Compendium anatomicum, Padoue, i652. — Lyser, Culier anatomicus , Copenhague, i653.
— Habicot, la Semaine, ou Pratique anatomiq tic , Paris, 1660. — Zeidlern, Somalotomia anthropologica , Prague, 1686. — Collins, System ofanatomy , Londres, i685. — Diemerbroek, Opp. omn., Utrecbt, i6S5. — Tauvry, Nouv. anat. ruisonnee, Paris, 1690. — Verheyen , Anat. corp. hum., Louvain, 169-3. — Keil, Anatomy of the human body, Londres, 1698. — Saint- Hilaire , Anat. du corp. hum. Paris, 1698. — Fantoni, B revis mantiductio ad hist. anat., Turin, lO'gg. — G. Bartbolin, Spécimen hisl. anat. part. corp. hum., Copenhague, 1701. — Cbcselden , Anatomy of the human body , Londres, 1713. — Oionis, Analom. de l'homme, Paris, 1716. — Heister, Compendium anatomicum, Altdorf, 1717. —
a0 Les différens systèmes qui entrent dans sa composition , sous le point de vue de la situation, du nombre, de la grandeur et de la configuration des parties.
Hellwig, Nosee te ipsum , Erfort, 1720. — Ktilmus , Tabulœ anatomicœ , Amsterdam, 173a. — Winslow , Expos, anat. de la struct. du corps hum. , Amsterdam, 1732. — Pallyn , Anat. clururg. , Paris, 1734. — Cassebohm, Methodus secandi , Halle, 1740. — Lieutaud, Essais anatomiques, Paris , 1742. — A. Schaarschmidt, Analomische Tabetlen , Berlin, 1746-1750.
— Verdier, Abrégé de l'anat. du corps hum. , Bruxelles, 1752. — Krapff, Naturspiegel, Bâle, 1761. — Sabatier , Traité complet d'anat. , Paris, 1772.
— Plenk, Primas lineaz analomicœ , Vienne, 1777. — Leber , Prceleclioncs anatomicœ, Vienne, 1778. — Mayer, Beschreibung des ganzen mensc/i lichen Kôrpcrs , Berlin, 1783-1794. — Loder, Analomisches Handbuch , 1. 1 , 1788. — Hildebraudt , Leherbuch der Anatomie des Menschen , Brunswick , 17S9-1792. — Sœmmerring, Vom Batte des menschlichen Korpers.
— Caldani , Instittttiones analomicœ, Venise, 1791- — Wiedemann , Handbuch der Anatomie , Brunswick, 1796. — J.^Bell, The anatomy of thehuman body , Edimbourg, 1797. — Boyer, Traité complet d: 'anatomie, Paris-, 1797. — Bichat , Traité d'anat. descript., Paris, i8oi-i8o3. — Hampel , Au fangsgriinde der Anatomie, Gcettinguc, 1802. — Hesselbach , Anleitung zur Zerglicderttngshunde des Menschen, Rudolstadt, i8o5. — Fattori, Guida alto studio dell' anotomia umana , Pavie, 1807. — Langenbeck, Analomisches Handb uch, Gœttingue , 1806. — Mayer , Analomisches Handbuch , 'Vienne, 1812. — Monro, Otttlines of the anatomy of the human body, Edimbourg, 1812. — Gordon, A System ofhuman anatomy, Edimbourg, i8i5. — H. Gloquet, Anatomie descriptive, Paris, 1812.
— Marjolin, Manuel d'anatomie, Paris, 1814. — Bock, Handbuch der praklischen Anatomie des menschlichen Korpers , Meissen , 1820. — J. Gloquet, Anatomie de l'homme , Paris , 1822. — Bayle , Petit Manuel d'anatomie descriptive , Paris , 1823. — II. Etat anormal. — Bonet, Sepulchrctttm , Genève, 1700. — Morgagni, De cattsis et sedibus morborum , Venise, 1761. — Lieutaud, Historia anatomica medica, Paris, 1767. — Ludwig, Primœ lineœ anatomiœ patlwlogicœ, Léipsick, 1785. — Baillie ,. The morbid anatomy ofthe most important parts of the human body , Lnndres , 1793. — Gonradi, Handbuch der pathologischen Anatomie, Hanovre , 1799. — Vetter, Aphorismen aus der pathologischen Anatomie, Vienne , i8o3. — Voigtel, Handbuch der pathologischen Anatomie, Halle, i8o4-i8o5.
— Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie , Halle, 1812-1816. — Otto , Handbuch der pathologischen Anatomie, Breslau , i8i5.