‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 63 sur 186 · I. Première vertèbre cervicale · texte numérisé non relu

I. Première vertèbre cervicale

Quoiqu'une différence moins considérable entre le corps et l'arc ait été assignée comme caractère distinctif de toutes les vertèbres cervicales, ce caractère est bien plus prononcé dans la première que dans les autres. Cette vertèbre porte le nom d'atlas. Sa partie moyenne et antérieure a plus d'étendue en travers que dans aucun autre sens , comme dans toutes les vertèbres , mais elle est plus mince d'avant en arrière que l'arc lui-même, dont la hauteur ne le cède pas beaucoup à la sienne. Aussi ne donne-t-on pas à celte partie le nom de corps , mais celui d'arc antérieur (arcus anterior). Ce qui distingue la première vertèbre de toutes les autres, c'est que les bords supérieur^ et inférieur de son arc antérieur sont très minces, tandis que , dans les autres vertèbres, la seconde exceptée , l'épaisseur d'avant en arrière surpasse la hauteur. Ces deux bords ne sont pas revêtus de cartilages. Sur le milieu de la face antérieure on aperçoit un petit tubercule (tuber ulum an~ terius), auquel correspond, sur la face postérieure, une facelte articulaire ( sinus allantis , s. médius ) , légèrement concave et encroûtée de cartilage.

L'arc postérieur est plus oblique que dans toutes les autres vertèbres. De sa partie moyenne s'élève un tubercule (luberculum posterius) , souvent à peine sensible, mais quelquefois aussi bifurqué, qui se dirige horizontalement eu arrière.

Les pallies antérieures de l'arc postérieur, qui portent les apophyses Iransverses et les apophyses articulaires, sont, proportionnellement aux autres parties de l'atlas, beaucoup plus fortes que dans les autres vertèbres : aussi les désigne-t-on sous le nom de masses latérales ( massœ latérales). J'ai déjà parlé de ia disposition et de la forme des apophyses articulaires. Derrière chacune de ces apophyses, et non comme dans les autres vertèbres, au-devant, ou entre elles et le corps , on aperçoit un enfoncement superficiel constituant Véchancrure intervertébrale supérieure ( inckura inlen>erle~

bralis superior, s. sinus lateralis, s. poslerior), et qui livre passage non seulement au premier nerf spinal , mais encore à l'artère et ;\ la veine vertébrales. Cette échancrure se trouve quelquefois convertie en trou par une languette osseuse étendue de l'extrémité postérieure de l'apophyse articulaire supérieure à son bord postérieur. Quelquefois aussi une autre languette osseuse se détache de la racine postérieure de l'apophyse transverse , et va gagner le bord postérieur de l'arc postérieur , produisant ainsi un petit trou. Ici donc la surface articulaire supérieure se continue d'une manière immédiate avec le corps , tandis que, dans les autres vertèbres, elle en est séparée par une échancrure. Au milieu de la face interne de la masse latérale on observe un enfoncement considérable et des aspérités qui ne se rencontrent non plus que dans l'atlas.

La première vertèbre cervicale est la plus large de toutes , si l'on excepte la troisième lombaire. Cette particularité ne tient pas, comme dans les autres vertèbres, à la largeur de son corps ou à la longueur de ses apophyses, mais au grand développement de ses parties articulaires, qui dépend luimême de ce que cette vertèbre s'articule avec l'os occipital.

A l'égard de son mode d'articulation , la première vertèbre cervicale diffère des autres par une plus grande laxité dans les liens qui la retiennent. En effet, ses bords supérieur et inférieur ne s'unissent point au trou occipital et au corps de la seconde vertèbre par une masse fibro-cartilagineuse , mais seulement par des fibres beaucoup plus faibles.

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