‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 8 sur 186 · DU SYSTÈME VASCULAIRE · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME VASCULAIRE

60. Le système vasculaire (i)se compose d'une multitude de canaux flexibles , ramiûés, et formés de plusieurs membranes, dans lesquels le fluide nutritif arrive à son dernier terme de perfection , et qui le portent à. tous les organes , de même qu'ils le ramènent de tous les points du corps. Comme le sang y revient sans cesse à l'endroit d'où il est parti , c'est-à-dire

(1) La diversité des parties qui constituent le système vasculaire , et la multitude des points de vue sous lesquels on l'étudié, soit en général , soit en particulier, puisqu'on l'examine dans sa forme tant extérieure qu'intérieure, ses propriétés, ses fonctions et ses changemens, réguliers ou irréguliers, ces deux motifs font qu'il y a peu d'ouvrages généraux qui en embrassent tout l'ensemble. Cependant on peut citer, comme étant les écrits principaux qui traitent de la structure normale et des fonctions de tout lesystème vasculaire : Scemmerring, Lelirevom Datte des menschlichen Kœrpers , t. IV. — Bichat, Anatomie générale , t. I , p. 2. Au sujet des propriétés de ce système, voyez surtout : Hallcr, Mémoire sur la nature sensible et irritable des parties, Lausanne, 1756, sect. XI, et dans Opp. min. , t. I ,' n° xm, xiv, xv ; — Versohulr, De arlcriarum et venarum vi irritabili et inde oriunda sanguinis dircelione abnormi, Groningue, 1766. — On peut consulter, sur le mouvement du sang, Harvey, Exercilatio de molu cordis et sanguinis in animalibus , Oxford , 1628 ; — Hallcr , Expérimenta démolit enrdis a stimule- nalo ; Démolit sanguinis sermo, quo expérimenta conlincnlur ; De molu sanguinis sermo, quo corollaria experi-

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qu'il circule , on donne aussi à ce système l'épithète de circulatoire. Il doit le premier nom qu'il porte à sa forme, et le second à sa fonction. On le partage en trois parties principales , dontdeux, hsartères etlesveines, charrient dusangtoutformé, que les premières conduisent aux organes, et que les dernières en ramènent. Ces deux sortes de vaisseaux aboutissent à un centre commun, le cœur, organe creux, et dont les parois sont garnies de muscles épais , d'où les artères tirent toutes leur origine, et où aboutissent toutes les veines. La troisième partie principale se nomme le système lymphatique ou absorbant. Les vaisseaux qui la constituent ne charrient pas du sang, mais sont remplis du produit de la digestion , le chyle , ou du résidu de la nutrition , la lymphe. Sous plus d'un rapport, ce système n'est qu'un annexe du système veineux.

61. Les artères, les veines et le cœur lui-même se partagent cependant encore en deux systèmes particuliers. Les veines de l'un, qu'on appelle pour cette raison veines du corps, ramènent tout le sang des organes ; et comme les lymphatiques aboutissent à ce système , dont ils ne sont qu'un appendice , il rapporte aussi le chyle et la lymphe à la moitié droite ou antérieure du cœur. Les différentes veines qui le composent se réunissent en trois troncs, la veine cave supérieure, la

mentor um tradantur; dans Opp. min., 1. 1, p.Go-aii. — Spallanzani, de'ifenomeni delta circolazioneosservata net giro universale de ' vasi, Modène* 1777. — Voyez , sur les altérations morbides des diverses parties du système rasculaire, quoique ces objets y soient traités d'une manière fort incomplète, Baillie , Anatomie pathologique , §. 1, 2, 3. — Voigtel , Uandbucli der patkologischen Anatomie, t. I. — Baillie , Of uncommon appearenecs of diseases in blood-vessels; dans Transac. ofa soc. for tho improvement of med. and surgical hnowledge , Londres, 1790, vol. I, n°ix, p. ng-i58. — Sandifort, De rarissimo cordis vitio; dans Obs. anat. patlwl., l. 1 , n° 1. De cordis et valvularum aortwnonnullis vitiis ; Jbid. n° 11. Dcnotabilioribus vasorum aberrationibus ; ibid. l. iv, n. vnr. — Corvisart , Essai sur les maladies organiques du cœur et des gros vaisseaux , Paris , 1806. — Burns, Observations on some of llte most fréquent diseases of the heart , Edimbourg, 1809. — Cependant ces derniers ouvrages ne traitent presque absolument que du système sanguin. L' Anatomie mcdicatcdc Portai, t. 111, donne un tableau assez complet du système vasculaire tout, entier, soit dans l'état de santé , soit dans l'état de maladie.

DU SYSTÈME VASCU LA.IRE. iîS

veine cave inférieure et la grande veine coronaire du cœur, qui s'ouvrent séparément dans Voreilletle droite. De celle cavité le sang passe dans le ventricule droit, puis dans Varlère pulmonaire , qui le conduit dans le poumon, où il est soumis à l'influence de l'air atmosphérique. Les ramifications de cette artère le livrent aux veines pulmonaires , qui le charrient dans V oreillette gauche; de là il passe dans le ventricule gauche , qui le conduit à tous les organes. Harvey le premier a donné , dès 1619 (1), la démonstration complète de la circulation du sang, dont Servet, Colombo, Levasseur et Cesalpino avaient déjà découvert quelques fractions. Comme ce fluide a des qualités particulières dans les veines du corps, la moitié droite du cœur et l'artère pulmonaire, qu'il en a également de particulières dans les veines pulmonaires, la moitié gauche du cœur et les artères du corps, mais que ses qualités sont les mêmes dans toutes les portions de ces deux systèmes opposés , enfin que la structure se ressemble et diffère d'une manière analogue dans les portions de chacun qui se correspondent sous le rapport de la fonction qu'ils remplissent, on peut, avec Bichat, les considérer tous deux comme des systèmes particuliers, dont le premier est celui du sang noir, et le second celui du sang rouge, de même qu'on admet depuis longtemps deux circulations, la grande, exécutée par ce dernier, et la petite, dont le premier est l'agent. Chacun de ces deux systèmes se compose d'une partie centrale, la moitié correspondante du cœur, d'une seconde dans laquelle le sang passe pour arriver à celle-ci, et d'une troisième qu'il parcourt en sortant du cœur. Ces deux portions du cœur appartiennent, tant par leur situation et leurs connexions, que par leur structure, savoir, l'oreillette au système afférent, et le ventricule au système efférent.

Les trois parties principales du système vasculaire , les ar-

(1) Harvey , Exercitatio de motu corclis cl sanguinis in animalibtts, Francfort, 1628.— G. Kerr, tout récemment , a contesté la réalité de la circulation ( Observations on the llarvcinn doctrine of llic circulation of lltc blood, Londres, 1819) ; mais il n'y a pas une seule de «es objections qui ne suit très facile a réfuter.

tères, les veines et les lymphatiques , offrent bien, dans leur structure , des particularités qui les distinguent les unes des autres, mais elles présentent aussi certains caractères communs, qui font reconnaître qu'elles appartiennent à un seul et même système.

ARTICLE PREMIER

DU SYSTEME VASCULAIRE DANS l'ÈTAT NORMAL.' A. SYSTÈME VASCULAIRE EN GENERAL.

62. I. La forme extérieure du système vasculaire est celle d'un arbre. A partir du cœur , il se partage peu à peu en troncs, branches, rameaux et ramifications, dont le calibre va toujours en diminuant. Si l'on se figure toutes ces divisions réunies en un seul grand canal, on n'obtiendra pas un cylindre, mais un cône, dont le sommet aboutit au cœur, tandis que sa base repose à la surface du corps, où elle est formée par la réunion des orifices des plus petits vaisseaux. On ne peut pas dire précisément quel est le rapport qui existe entre la base et le sommet de ce cône ; cependant on conçoit que la multiplicité des divisions rend la différence très considérable (1). Ainsi, quoique le calibre des vaisseaux diminue à mesure qu'ils s'éloignent du cœur, la diminution n'a lieu que dans les branches , et non dans la totalité du système ; et même, dans chaque cas particulier, les orifices réunis des branches sont toujours plus larges que celui du tronc d'où ces branches émanent. Mais les branches ne diminuent pas beaucoup de calibre dans leur trajet, et elles conservent la même largeur tant qu'elles ne fournissent pas de rameaux. C'est ce dont on peut surtout se convaincre en observant les vaisseaux qui parcourent un long espace sans se ramifier d'une manière notable , tels que les spermatiques. Ainsi , quoique le

(1) Voyez plusieurs évaluations qui diffèrent beaucoup les unes des autres, dans Haller, De fabr. et usu, t. I. p. i5i-i63.

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