C. 9AC LACRYMAL
1970. Le sac lacrymal ( saccus lacrymalis ) diffère beaucoup des conduits du même nom par sa largeur, sa direction et sa structure.
Il est infiniment plus large qu’eux, mais se rétrécit un peu de haut en bas.
Couvert en devant par la partie interne du muscle orbiculaire des paupières, il est logé, supérieurement, dans la gouttière lacrymale, le long de laquelle il s’élève au-dessus des conduits lacrymaux par un petit prolongement en cul-de-sac, et, inférieurement, dans l c canal nasal. Il descend d’abord de dedans en dehors et d’arrière en avant, puis , lorsqu’il a atteint le canal nasal, il se dirige d’avant en arrière. Dans ce trajet, il diminue peu à peu de diamètre. Il s’ouvre dans la partie antérieure du méat inférieur des fosses nasales , par une ouverture oblique de haut en bas et de dedans en dehors, et garnie d’une petite valvule.
Tl est formé de trois membranes superposées.
DE D’ORGANE DE DA VUE
L’externe, blanchâtre, est manifestement fibreuse, et sert en même temps de périoste aux os qui reçoivent le sac lacrymal; mais elle est aussi très apparente au côté antérieur de la partie silpérieure du sac, celle que loge la gouttière lacrymale.
La moyenne est mince et celluleuse ; elle correspond à la tunique celluleuse des membranes muqueuses.
L’interne est épaisse, chargée d’aspérités, spongieuse, verruqueuse, et d’un rouge foncé. Elle sécrète toujours un mucus abondant , qui suinte parles orifices arrondis et oblongs de petites glandes très serrées les unes contre les autres.
Cette membrane interne est manifestement le prolongement de celle des fosses nasales , tandis que celle qui forme les conduits lacrymaux se continue avec la conjonctive, de manière qu’elle établit une ligne de démarcation entre l’oeil et le nez ( 1).
(i) Horner a découvert un nouveau muscle dans l’organe de la vue ( London medec. repository , vol. XVIII, p. 32). Ce muscle est situé à la partie interne de la cavité orbitraire , entre le bord postérieur de l’unguis et les points lacrymaux. Il naît d’une ligne aponévrotique qui adhère à l’unguis dans une direction verticale, commence à l’angle supérieur de cet os, et se termine inférieurement à quatre lignes de distance. Ses fibres se portent parallèlement en avant, en passant sur la portion correspondante du sac lacrymal. Arrivé au point où les deux conduits lacrymaux se réunissent, il se divise en deux portions égales, qui couvrent exactement ces conduits, de manière qu’il présente un corps et deux extrémités. Le corps a une direction droite d’arrière en avant, et les extrémités sont légèrement courbées pour s’adapter à la situation des conduits lacrymaux. Un tissu cellulaire très-délié l’enveloppe et contient toutes ses fibres. On peut y considérer deux faces, l’une qui adhère d’une part à l’unguis et à une portion du sac lacrymal, de l’autre aux conduits lacrymaux, la seconde, qui est recouverte, au corps, par beaucoup de graisse, et, aux extrémités, parla conjonctive. A l’angle formé par la division des deux extrémités , se trouvent le rudiment de la troisième paupière et la caroncule lacrymale. Trasmondi a reconnu que ce muscle reçoit deux nerfs, provenants du rameau nasal externe de la branche ophthalmique. Ilorner lui attribue pour usage de tirer les points lacrymaux en dedans et de maintenir les bords des paupières dans la situation qu’ils doivent conserver par rapport auglobe de l’œil. Trasmondi pense , au contraire, qu’il exerce, son action sur le sac et les conduits lacrymaux , qu’il comprime la caroncule lacrymale de
ARTICLE II
DU GLOBE DE l’œIL.
1971. Le globe de l'œil ( bulbus oculi ) (1), que souvent aussi on nomme tout simplement l'œil, a la forme d’un globe presque régulier. Chez l’adulte, son diamètre s’élève à un pouce environ. Cependant il a plus de longueur que de lar- [ geur et de hauteur. Il occupe la partie antérieure de la cavité | orbitaire, qu’il dépasse un peu en devant. Une grande quantité de graisse l’enveloppe de toutes parts. Il est entouré aussi par les muscles destinés à le mouvoir, et qui contribuent, avec le nerf optique et de nombreux vaisseaux sanguins , à le retenir en place.
Il est composé de plusieurs membranes superposées, et d’humeurs contenues par ces dérnières. On peut très bien, tant sous le rapport de la configuration et de la texture des membranes, que sous celui delà nature des humeurs, le diviser en deux parties, l’une postérieure, l’autre antérieure, dont la première a beaucoup plus d’étendue que l’autre.
La membrane la plus extérieure est la cornée , dont la partie postérieure porte le nom de cornée opaque ou sclérotique ,
manière à favoriser l’excrétion de l’humeur fournie par ses cryptes, et qu’il relâche ou tend aussi la membrane, de manière à augmenter ou diminuer le fond du sac lacrymal , et à pousser les larmes dans le canal nasal ( Notice sur ta découverte de deux nerfs de l’œil humain; dans Mélanges de chirurgie étrangère, Genève, 1824 , P- 4*5 )• Gery {Ibid. p. 453.) ne partage pas l’opinion de son compatriote, et croit, comme Horner , que le muscle lacrymal ne sert qu’à adapter les paupières au globe de ; l’œil, et à diriger l’entrée des larmes dans le sac.
( Noie des traducteurs. )
(t) C.-A Rudolphi, Diss. de oculi qui’uusdam partibus , Gripswald , 1801. — id. Ueber einige Tlicile des Auges; dans ses Anatomisch-physiolo- ; gische Untersucliungcn, t. I , p. 1 -3o. — Doellinger, Illustratio ichnographica oculi liumani , Wurzbourg , 1817. — Edwards, Sur la structure de l’œil ; dans Bulletin de la soc. philom. , 1814, p. 21. — E. Home et F. Bauer, Observations microscopiques sur lastructure de l’œil; dans Pliil. irons.. 1822, , p. 76, et dans Archiv. gènèr. de mêd. , t. II, p. 1 5 1 .
DE L’ORGANE DE LA VDE
et l'antérieure celui de cornée transparente. Vient ensuite une membrane moyenne, la choroïde, dont la partie antérieure est appelée iris , et au-dessous de laquelle on en trouve une troisième, la rétine, qui est un prolongement ou une expansion du nerf optique.
La rétine entoure immédiatement Y humeur vitrée. Au-devant de celle-ci se trouve le cristallin, entre lequel et la cornée transparente Yhumeur aqueuse est contenue dans un espace désigné sous le nom de chambres de l’œil.