‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 102 sur 289 · G. RÉTINE · texte numérisé non relu

G. RÉTINE

1997. La troisième des membranes propres de l’oeil est la rétine ( retina ) (2). C’est l’expansion du nerf optique. L’extrémité antérieure de ce dernier se resserre beaucoup en traversant la sclérotique, mais cependant d’une manière plus graduelle et plus insensible à sa partie interne qu’à sa partie externe, de manière que le nerf décrit une arcade bien plus considérable en dehors qu’en dedans.

Au-devant de l’extrémité antérieure du nerf optique, la sclérotique offre une surface percée d’un grand nombre de petites ouvertures par lesquelles pénètrent les faisceaux nerveux. Au-delà de cette lame criblée, l’extrémité du nerf produit une petite saillie mamelonnée, d’où part l’expansion de la rétine qui se termine en avant, à l’extrémité postérieure du corps ciliaire, par un bord droit plus ou moins sensiblement renflé, entre lequel et la capsule du cristallin il n’existe aucune connexion (3).

(1) Coli, toc. cit. p. 26.

(2) J. -H. Moeller, Dciunicâ nerveâ et nervo opiico , Halle, 1749* — B. -S. Albinus, De tunicâ quam vocant retinam; dans Annot. acad., lib. III, cap xvi., Ann. 1756.

(5) Non seulement plusieurs anciens anatomistes, en particulier Winslow, Cassebohm, Ferrein, Lieutaud et Haller , dont Zinn a réuni les argumens (/oc. cit., p. ti4),mais encore Monro, parmi les modernes {toc. cit. j p. 96), ont prétendu que la rétine passe au-dessous du corps ciliaire, et qu’elle s’étend jusqu’à la grande circonférence de la capsule cristal-

1998. La rétine est blanche, molle, mince, homogène, 1 non fibreuse, et d’une égale épaisseur partout, si l’on excepte

un seul point de son étendue en arrière. Elle se compose, en quelque sorte , de deux feuillets , l’un externe médullaire, l’autre interne , formé par du tissu cellulaire et des vaisseaux. Ce dernier sépare la couche médullaire du corps vitré. Cependant on ne peut point isoler les deux feuillets- l’un de l’autre de manière à obtenir l’externe seul , sous la forme d’une membrane liée et cohérente, quoique l’interne se présente sous cet aspect quand la putréfaction a détruit la couche médullaire. D’après cela, on ne peut pas considérer la rétine comme produite par 1,’assemblage de deux membranes particulières et distinctes l’une de l’autre; mais on trouve réellement, s«r sa face externe, une membrane très mince (1) , fort analogue aux séreuses , qui me paraît être le siège des ossifications qu’on rencontre quelquefois entre la choroïde et la rétine.

1 999. La rétine est étendue sur le corps vitré , et n’y forme

line, où elle s’attache. Mais des dissections faites avec soin me déterminent à embrasser l’opinion contraire , qu’ont soutenue Morgagni, Zinn, et quelques autres de leurs prédécesseurs. Monro dit qu’on peut se convaincre de deux manières que la rétine se prolonge jusqu’au cristallin : i° en posantl’œil sur la cornée transparente , et y pratiquant une section transversale qui comprenne toutes les membranes avec le corps vitré; 20 en soulevant le corps ciliaire et enlevant le pigment avec précaution à l’aide d’une pince. Mais en suivant ces deux procédés, je suis toujours arrivé à reconnaître que la rétine se termine nettement à l’extrémité postérieure du corps ciliaire, et j’ai mêmetrouvé que le feuillet, encore couvert en partie de pigment , qui s’étend de la membrane hyaloïde à la capsule cristalline était plus transparent que la rétine. Les yeux du fœtus conviennent mieux que ceux de l’adulte pour démontrer la fausseté de l’opinion de Monro, parce que la rétine y est plus opaque, et la paroi externe du canal de Petit plus mince.

(1) Jacob, Ncwly discoveredmembrane in tlie e.yc; dans Thomson, Annals of pliilosopliy, juillet 1818, p. 74; Phil. trans., 1819, p. 3oo; Journ. compl. des sc. méd. t. XI, p. 187. — Jacobson , Mémoire sur une humeur peu connue de l'œil, et sur les maladies auxquelles donnent quelquefois lieu les changemens survenus dans sa sécrétion; dans Aci. soc. reg. mcd. Hafn. t. VI; et Bull, de la soc. mcd. d’Emut. , septembre, 1822. — G. Mirault, Sur une hydropisic particulière au globe de l’œil; dans Archiv. gén, de méd., t. II, p. 48.

aucun pli, si ce n’est dans un petit point de sa partie postérieure, à quelque distance de l’entrée du nerf optique, et au côté externe de cette entrée. Là, en effet, la membrane présente un pli dirigé en dedans , une tache jaune , et une place ronde, où elle est extrêmement mince (1).

Le pli se dirige transversalement de dedans en dehors. Il commence à quelque distance , ou immédiatement à côté de l’entrée du nerf optique, par une petite pointe, et se termine par une extrémité obtuse. Il a en général une ligne et demie à deux lignes de long. Ordinairement il est simple, mais quelquefois aussi il est bifide. On ne le rencontre point chez certains sujets (2). Home prétend même qu’il est toujours un produit de l’art, et que sa formation tient à l’union , plus intime que partout ailleurs, qui existe, en cet endroit Rentre la rétine et la membrane hyaloïde. Mais ce qui prouve que l’anatomiste anglais est tombé dans l’erreur , c’est qu’on aperçoit le pli lors même que les connexions entre les deux membranes n’ont pas été altérées le moins du monde, et qu’il est beaucoup plus sensible dans la jeunesse que dans les périodes subséquentes de la vie.

La rétine offre au même endroit une tache jaune, de figure circulaire et de même grandeur. Cette tache est plus foncée au centre qu’à la circonférence. Elle a en général une ligne de haut,

(1) Buzzi, dans Opusc. suite scicnzee suite arti, Milan, vol. V, 1784 , et vol. VII — Sœmmeiring, De foramine centrait limbo luteo cincto retince humante; dans Comm. soc. Golt., t. XIII, 1 795 - 1798. — P. Michaelis, U cher einen gelben Fleck und cin Loch in der Nervenliaut des menschtichen Auges ; dans Journal der Erfindungen , cah. XV, p. 1-17 , 1796 et cah. XVII, p.i33. — J. -G. Reil, Die Faite, der gelbe Fleck und die durchsichtge Stetle in der Netzhaut des Auges; dans ArchivFùr die Physiologie , t. II, p. 468 -797. — E. Home, An account of tlte orifice in the retina of ihe human eye ; dans Phil. Irons., 1798, p. II. — Exposé des résultats de plusieurs recherches sur la tache jaune, le pli et le trou central de la rétine , d’après deux mémoires communiques par Marc et Léveillé ; dans Mémoires de la soc. mèd. d’Em. , vol. I, 1802, p. 364-397- — J.-M. Wantzel, Ueberdie Home’ schen Entdcckungen , das Loch , die Faite und den gelben Fleck im Mittelpunkt der Netzhaut betreffende; dans Rosenmuller et Isenflamm , Beylrâgen fur die Zerglicderungskunst , Léipsick, 1800, t. I, cah. 11, p. 2o4-

(2) Reil, toc. cit., p. 470.

DE L’ORGANE DE LA Vl'E.

sur une ligne et demie à deux lignes de large. Mais son étendue et son degré de coloration ne sont pas les mêmes partout , sans que ces deux particularités soient nécessairement en rapport avec la l'acuité visuelle.

La rétine est beaucoup plus mince en cet endroit que dans le reste de son étendue. Elle l’est surtout dans le milieu de la tache jaune, où les uns admettent l’existence d’un trou, tandis que d’autres , dont mes recherches m’ont convaincu que l’opinion est plus exacte, pensent qu’il y existe seulement une place presque entièrement dépourvue de substance médullaire, qui a de même une forme ovale, et qui est entourée de bords lisses , nettement tranchés.

Cette place amincie ne devient bien apparente que quand on comprime le corps vitré pour repousser le pli en dehors et l’effacer.

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