A. HUMEUR TITRÉE
2000. La partie postérieure de l’œil est occupée par l 'humeur vitrée, ou corps vitré (humor vitreux, s. corpus vitrcum), qui, d’après sa situation, correspond à la choroïde et à la rétine (1).
Cette humeur est d’une transparence parfaite, ténue, et presque entièrement composée d’eau, qui contient une petite quantité d’hydrochlorates et de lactates, avec une proportion bien moins considérable encore d’albumine et de soude (2).
(1) F. Martegiani ( Novce ois. deocuto humano , Naples, i8i4,p . 19) admet , entre le corps vitré et la rétine , un espace vide dont l’artère centrale occupe le milieu, et qu’il nomme area Martegiani , en l’honneur de son père. J. Cloquet semble admettre l’existence de ce vice , car il dit (De la squeleltopèe, Paris , 1819 , p. 72 ) que la membrane hyaloïde se réfléchit sur elle-même au niveau de l’entrée du nerf optique dans l’œil , pour former un canal qui traverse le corps vitré directement d’arrière en avant. Il propose d’appeler canal hyaloïdicn ce conduit , qu’il assure exister constamment dans l’homme. ( Noie des traducteurs.)
(2) Suivant Berzelius (Animal fluids; dans Med. chir. trans. III, p. 253), 100 parties d’humeur vitrée contiennent 98,40 d’eau, 0,16 d’albumine, 1,42 d’hydrochlorates et de lactates, 0,02 de soude et d’une matière animale soluble seulement dans l’eau.
242 ANAioftllE SPÉCIALE.
Elle est renfermée dans une membrane particulière , très mince, très délicate, transparente, qui l’enveloppe de toutes parts, et qu’on désigne sous le nom de membrane hyaloïde ( tunica hyaloidea). Cette membrane envoie à l’intérieur une multitude de prolongemcns dans les intervalles desquels le liquide se trouve contenu comme dans autant de cellules.
C’est la réunion de la membrane et du liquide qui constitue, à proprement parler, le corps vitre’.
Ce corps présente, à sa Face antérieure, une légère excavation qui est en rapport avec la capsule cristalline, dont la partie postérieure s’y loge, et y adhère d’une manière si intime, dans l’état normal, qu’on ne peut parvenir à la détacher, du moins quand l’œil est parfaitement frais, sans déchirer la membrane hyaloïde.
2001. Entre la grande circonférence de la capsule cristalline et la partie antérieure de la membrane hyaloïde, à peu de distance derrière le bord postérieur de cette dernière, se trouve une mince lamelle, appelée lame ciliaire [lamina ciliaris, zonula Zinnii ) , qui est tendue, en manière de pont, sur la partie lapins antérieure du corps vitré, de concert avec lequel elle circonscrit un espace triangulaire , dont la base est formée par la partie postérieure de la circonférence de la capsule cristalline, tandis que les deux branches le sont, l’une par la lamelle , et l’autre par la partie la plus antérieure du corps vitré. Cet espace vide entoure le cristallin et le corps vitré. On lui donne le nom de canal godronné , ou canal de Petit ( canalis s. canalis Petiti). Il est facile de le mettre en évidence en y soufflant de l’air.
La lame ciliaire offre un grand nombre de sillons dirigés d’avant en arrière et de dedans en dehors, parce qu’elle correspond exactement à la face interne du corps ciliaire, qui est uni d’une manière intime avec elle, et dont, les plis se logent dans ses enfoncemens. Sa face externe paraît noirâtre après qu’on a enlevé le corps ciliaire , parce que le pigment y demeure adhérent. Lorsqu’on pousse de l’air dans le canal godronné, elle se trouve soulevée , ses sillons perdent beaucoup de leur profondeur , et sa face externe paraît formée d’érni-
DE L’ORGANE DE LA VUE
nences arrondies ou triangulaires, peu saillantes et rapprochées les unes des autres.
Cette lame est plus épaisse que la membrane hyaloïde. Cependant, comme elle fait corps avec cette dernière, et qu’elle se continue avec elle par son bord postérieur, on est fondé à dire que la membrane hyaloïde se divise, à sa partie antérieure, en deux feuillets, dont l’externe donne naissance à la lame ciliaire, tandis que l’interne s’applique contre la face postérieure de la capsule cristalline.
Suivant Ribes (1), il existe , entre la lame ciliaire et le corps ciliaire, des canaux qui conduisent l’humeur aqueuse dans les chambres de l’œil, et qui la ramènent de ces deux cavités. Il invoque , à l’appui de son opinion , la dilatation de ces prétendus canaux dans un œil atteint d’hydroplithalmie, et l’écoulement de l’humeur vitrée qui se fait, à leur faveur , lorsqu’on suspend l’œil par le nerf optique , après avoir enlevé la cornée transparente. Mais ces faits ne fournissent pas une démonstration suffisante. Le premier phénomène dépendait d’autant plus probablement de l’accumulation générale de sérosité dans l’œil, qu’il y avait aussi une collection séreuse assez considérable entre le cristallin et le corps vitré. Quant au second, toutporte à croire qu’il tenait à la pression exercée par le corps vitré sur une partie qui devait céder plus facilement après l’excision de la cornée transparente.