I. VICES DE CONFORMATION
2140. i° Vices primitifs. II arrive quelquefois , mais rarement , que le pharynx et l’œsophage se terminent en cul-desac , l’un à sa partie inférieure, l’autre à sa partie supérieure, par l’effet d’un vice primitif de conformation. Dans le premier cas, presque toujours aussi la cavité orale au moins est développée d’une manière imparfaite , et la mâchoire inférieure manque en totalité ou en grande partie. La même chose a lieu quand le pharynx s’ouvre au cou par un orifice très étroit.
Un autre vice de conformation primitif, plus rare, consiste dans la scission d’une partie de l’œsophage en deux conduits placés l’un à côté de l’autre (1).
On ne peut pas toujours déterminer si les rétrécissemens de l’œsophage qui dépendent d’un plissement anormal de la membrane interne, sans altération pathologique , sont des vices primitifs de conformation, ou s’ils se produisent d’une manière consécutive par un simple accroissement de cette membrane. On ne saurait cependant douter que ce dernier cas n’ait lieu quelquefois, puisqu’on a vu les accidens ne se manifester que quelque temps avant la mort.
2° V ices de conformation, acquis. Les dilatations de l’œsophage sont presque toujours accidentelles. Le plus ordinairement elles s’établissent à la suite de rétrécissemens situés audessous d’elles, et en pareille circonstance elles sont générales.
Il est plus rare de ne trouver qu’une portion de la circonférence du canal dilatée sous la forme d’une poche en cul-desac (2). Dans ce cas, la poche devait certainement naissance à une hernie des dernières membranes internes à travers la tunique musculeuse (3), tandis que, dans un autre (4), cette dernière y contribuait également.
(1) Blaes, Obs. medica; rariores, tab, vi, fig. 2.
(2) Meckel, Handbucli der patlwlogischen Anatomie , t. II. — Bell, Sitrgical observations, p. I, Londres, 1817, p. 167, tab. 11.
(3) Bells, toc. cit.
(4) Ludlow, Med. obs. and inq., vol. III.
On ne trouve de pareilles poches qu’à l’extrémité inférieure du pharynx, ou au commencement de l’œsophage , sans doute à cause du rétrécissement soudain que le canal alimentaire éprouve en cet endroit, et parce que l’œsophage y est moins musculeux qu’ailleurs.
Les déchirures de l’œsophage, qui ont lieu tantôt en travers ( i) et tantôt en long (2), ne sont réellement qu’un plus haut degré de la hernie de la membrane interne. Une fragilité anormale en est certainement la cause, du moins quelquefois.
Les retréciascmens , lorsqu’ils sont permanens, surviennent presque toujours à la suite d’altérations de texture, d’épaississemens et indurations des tuniques de l’estomac, en sorte qu’ils sont rarement des vices de conformation bien purs. Cependant ils ne dépendent quelquefois, dans l’origine, que d’une simple contraction anormale des fibres musculaires, qui persiste même après la mort; et la dureté plus considérable qu’on observe sur ce point n’est pas le résultat d’une altération de texture, mais seulement d’une contraction plus farte dç la tunique musculeuse, quoique la pression continuelle que celle-ci exerce sur la membrane interne puisse aussi déterminer des altérations de texture dans cette dernière, et y exciter une inflammation, suivie d’exsudation et de suppuration , qui donne un caractère de permanence à l’induration (3).