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ALTÉRATIONS DE TEXTURE

2141. Les altérations de texture les plus ordinaires de l’œsophage sont une dureté anormale, accompagnée presque toujours d’épaississement, et par suite d’un rétrécissement plus ou moins considérable, ou même d’une occlusion totale (4); état qu’on qualifie ordinairement de squirrhe , et

' (>) Boerhaave, Htst. morbi atrocis , Leyde, 1724.

(2) Monro, Morbid anatomy, p. 5n.

(5) Baillie en rapporte plusieurs exemples; j’ai vu aussi ce cas quelquefois, et de même que Baillie, dans des[cadavres de femmes. — Mauchart , De struma œsopliagi ejusque coalitu, Tubingue, 1 74.2.

(4) Gyser, De callosa œsopliagi angustia , Strasbourg, 1770. — J. Bteuland, De difjicili aut impedilu alimentorum deputsione, Leyde, 1780.

dans lequel les diverses tuniques du conduit sont plus ou moins confondues en une masse tantôt homogène et cartilagineuse, tantôt divisée en plusieurs compartimens par des cloisons tendineuses. Communément alors il y a en même temps altération de la face interne. Celte altération ne se présente pas sur tous les points indistinctement; on l’observe plus particulièrement à l’extrémité supérieure et à l’extrémité inférieure de l’œsophage , là en raison de la contraction soudaine du pharynx, ici parce que la portion inférieure de l’œsophage a de la tendance à se contracter, attendu que les deux orifices de l’estomac se ferment parfaitement pendant la digestion , de manière qu’il est très facile qu’elle soit lésée par les substances qui la traversent.

Il peut, à la suite d’ulcérations cancéreuses ou ordinaires, s’établir des communications anormales entre l’œsophage et les parties voisines, notamment la trachée-artère (1) , les poumons (2) et l’aorte (3). Cet état peut aussi être occasions par des ulcères qui ont leur siège primitif dans l’aorte (4).

On parvient quelquefois , d’après l’état des parties, à déterminer laquelle des deux maladies a précédé l’autre, mais la chose n’est pas toujours possible.

Indépendamment des altérations de texture des membranes dont je viens de parler, il se développe quelquefois, mais rarement, tant dans le pharynx que dans l’œsophage, des excroissances , des fongus , des polypes, de différentes espèces, qui naissent à la face interne de ce canal (5). Ces végétations ont presque toujours leurs racines dans les membranes muqueuse et vasculeuse. Leur longueur est quelquefois si considérable, que, nées à une faible distance de l’extrémité supérieure de l’œsophage, elles descendent jusqu’à l’estomac. Elles sont quelquefois formées de fibres perpendiculaires au sol sur le-

(1) Van Doeveren, Obs. anat. paihol. , Leyde, 1789, obs. 2,

(2) Bleuland, toc. cit., obs. 1, p. 48, fig. m.

(3) Van Doeveren, toc. cit. , obs. 1.

(4) J’en ai un cas très remarquable sous les yeux.

(5) Monro, toc. cit. , p. 184-189. — Baillie.

quel elles s’implantent (1), Iobuleuses (2), et en suppuration (3).

Les véritables lossifîcations sont un phénomène bien plus rare encore (4).

ARTICLE IL

DE LA PORTION MOYENNE ET DE LA PORTION INFÉRIEURE DU CANAL ALIMENTAIRE.

2142. La région moyenne de l’appareil digestif comprend non seulement Y estomac et Y intestin grêle, mais encore les organes glanduleux les plus importans de cet appareil, le foie, la rate et le pancréas. Cette portion est la plus volumineuse et la plus remarquable , parce que c’est en elle que s’opère la digestion proprement dite, à laquelle la précédente ne contribue que comme agent préparatoire , tandis que la portion terminale ne sert guère qu’à l’expulsion des résidus.

L’estomac , le foie , la rate et le pancréas , avec le commencement de l’intestin grêle, le duodénum, dans lequel s’ouvrent le pancréas, le foie et l’estomac, occupent la partie supérieure de la cavité abdominale. Ils sont séparés de l’inférieure, qui est plus considérable , par un vaste repli transversal du péritoine, le méso-colon transverse. Cependant il n’est pas nécessaire de placer la description de la portion inférieure de l’intestin grêle après celle des appendices, ni d’isoler le gros intestin du grêle , puisqu’ils se trouvent tous renfermés dans la même cavité , qu’ils ont au fond la même texture , et qu’ils se continuent les uns avec les autres sans la moindre interruption.

On est dans l’usage de décrire le péritoine avant de faire connaître les parties de l’appareil digestif qu’il enveloppe ; mais ces parties n’étant pas les seules qu’il revêt , les proion-

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(1) Baillie, toc. cit.

(2) Monro, toc. cit., p. 188.

(3) Baillie, toc. cit.

(4) Meckel, Handbucli der patliologisclten Anatomie, t. II, p. n, p. 227.

getnens qui s’étendent de son sac externe aux organes tapissés par lui ne pouvant être décrits d’une manière lumineuse que quand on connaît bien la situation et la forme de ces organes eux-mêmes , enfin des anomalies' importantes de cette membrane , notamment celles qui ont lieu dans les hernies, étant sous la dépendance de celles auxquelles plusieurs des parties qu’il enveloppe sont sujettes , on ne saurait disconvenir qu’il ne soit préférable de renvoyer la description du sac péritonéal après celle des divers appareils auxquels il sert de soutien. Cette méthode est celle que Roux a suivie , dans V Anatomie descriptive de Bichat.

Je ne décrirai non plus qu’à cette occasion la cavité abdominale, dont j’ai d’ailleurs déjà fait connaître précédemment les caractères les plus généraux.

A. ÉTAT PARFAIT

2143. Les diverses régions de la portion moyenne du canal alimentaire diffèrent sans doute beaucoup les unes des autres sous le rapport de leur capacité; mais il y a une grande analogie entre elles sous celui de la texture, à l’égard de laquelle elles diffèrent , au contraire , de la portion supérieure et de la portion terminale. Les fibres longitudinales de la tunique musculeuse enveloppent complètement cette portion du canal, les vaisseaux qui s’y rendent sont bien plus nombreux et plus fréquemment anastomosés ensemble , enfin la surface de la membrane interne est plus ou moins garnie d'inégalités , de saillies , qui n’existent pas dans les deux autres portions.

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