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I. ESTOMAC

2 1 44- L’ estomac ( ventriculus, stomachus ) (1), la partie la plus large du canal alimentaire, est compris entre l’œsophage et le duodénum. C’est par lui que commence la portion de ce canal contenue dans la cavité du bas-ventre. C’est dans son in~

(1) Indépendamment des ouvrages de Fabrice d’Aquapendeute., Glisson et Fantoni, dont j’ai cité les titres précédemment, consulter encore J.-D. Metzger, Ventriculus humanus anatcmicc et physiologice considérants, Kœtiigsbcrg, 1788.

térieur que les substances alimentaires tombent immédiatement ; elles y subissent un commencement d’assimilation, et y sont converties en un liquide de nature particulière , qu’on appelle chyme ( chyrnus ).

a. Situation.

2145. L’estomac est situé à la partie supérieure de la cavité abdominale, sous les fausses côtes gauches. Mais quelquefois, lorsqu’il a beaucoup d’ampleur, il descend jusque dans la région ombilicale. Il se dirige obliquement de haut en bas et de gauche à droite. Son extrémité supérieure touche au diaphragme. L’inférieure s’étend jusqu’au voisinage du bord inférieur du lobe carré du foie.

2146. On trouve, auprès de son extrémité gauche, la rate; derrière sa face postérieure, le pancréas; au-dessous de lui , le colon transverse; au-dessus de lui, le lobe gauche du foie , ou le lobe carré , et le lobe de Spigel. Il embrasse ce dernier par sa courbure supérieure.

b. Forme.

2147. L’estomac a la forme d’un cône alongé , un peu recourbé sur lui-même , et il représente en quelque sorte une cornemuse. Son extrémité droite est sa portion la plus étroite, et l'extrémité gauche est la plus large.

On y distingue deux orifices , deux courbures , et deux culsde-sac.

L 'orifice supérieur ou gauche , œsophagien , Ch. , appelé aussi cardia [ostium ventriculi sinistrum , s. superius , s. cardia), occupe la partie la plus supérieure de l’estomac, à peu de distance de son cul-de-sac gauche. Il sert de limite entre ce viscère et l’œsophage, qui se continuent cependant l’un avec l’autre sans qu’aucune saillie les sépare, de manière que l’extrémité inférieure de l’œsophage s’élargit peu à peu.

Y,’ orifice inférieur ou droit, intestinal , Ch., nommé aussi pylore [ostium ventriculi dextrum , s. inferius , s .pylorus, s.

janitor ) (1), établit la limite entre l’estomac et le duodénum. Ici la transition n’a pas lieu d’une manière graduelle et insensible , comme au côté gauche, mais elle se fait au moyen d’une saillie qu’on appelle valvule du pylore ( valvula pylori ).

Les faces et les courbures de l’estomac sont comprises entre ces deux orifices.

La face postérieure et la face antérieure , lorsque l’estomac se trouve plus ou moins distendu, décrivent une convexité uniforme; mais, dans l’état de vacuité du viscère , elles sont droites , plates, et en contact l’une avec l’autre.

La courbure supérieure , petite courbure, bord diaphragmatique , Ch. , située entre le côté droit de l’orifice supérieur et le côté gauche de l’orifice inférieur, est concave et beaucoup plus petite que Y inférieure. On appelle aussi cette dernière grande courbure , bord colique, Ch.

Lorsque l’estomac est vide , les deux courbures représentent des bords plus ou moins tranchans, qui établissent une ligne de démarcation bien nette entre les deux faces. Mais, dans l’état de réplétion du viscère, elles sont très émoussées, et se continuent insensiblement avec les deux faces.

Le bas-fond, tubercule , ou grand cul-de-sac de l'estomac , extrémité splénique , Ch. ( fundus , s. s accus ccecus ) , est un prolongement en cul-de-sac, qui s’étend de droite à gauche, à partir du côté gauche de l’orifice supérieur, et qui dépasse l’insertion de l’oesophage d’environ trois pouces.

Cette portion de l’estomac n’est pas beaucoup plus étroite que la portion moyenne. A partir de là et de l’orifice cardiaque, le viscère s’élargit légèrement jusqu’un peu au-delà du milieu de son étendue, de gauche à droite. Depuis ce dernier point jusqu’au pylore, il se rétrécit beaucoup, mais d’une manière graduelle.

A un ou deux pouces de distance du pylore, la grande courbure s’incline toul-à-coup en dedans , mais elle se redresse immédiatement après , quoiqu’elle ne décrive plus ensuite

(1) Levcling, Pylorus anntomice atque pliysiologice consideratus, Strasbourg, 1764.

une courbure aussi considérable que dans le reste de son étendue. De là résulte une échancrure vis-à-vis de laquelle la portion de la petite courbure située le plus à droite , au lieu de conserver la forme concave qu’elle offrait depuis l’orifice cardiaque , devient convexe et bombée en dehors, sans qu’ordinairement on observe en cet endroit un rétrécissement , entre lequel et le pylore se trouve ensuite une dilatation.

La portion de l’estomac qui se porte le plus loin du côté droit , a reçu le nom d 'antre du pylore, ou de petit cul-de~sac ( antrum pylori ).

c. Dimensions.

2148. La grandeur de l’estomac varie beaucoup , cher le même sujet, dans l’état de santé , suivant les époques , ce viscère étant susceptible de se dilater à un degré considérable quand il est rempli d’alimens , et de se resserrer beaucoup lorsqu’il est vide. La diminution de sa capacité a lieu surtout dans le sens de son diamètre transversal, et elle est souvent portée à un tel point, que l’estomac offre une ampleur moindre que celle du gros intestin dans l’état ordinaire et moyen de distension.

En général, lorsque l’estomac n’est pas plein outre mesure, il a un pied de long, depuis son bas-fond jusqu’au pylore , trois ou quatre pouces de haut dans l’endroit où il est le plus élevé , et autant à peu près de largeur d’avant en arrière. L’étendue de sa surface s’élève environ à un pied carré.

d. Attaches.

2149. L’estomac est retenu, de chaque côté, à son orifice supérieur, par un court repli du péritoine , appelé ligament phrénico- gastrique ( ligarnentum phrenico-gastricurn ) , qui s’étend à gauche jusqu’au commencement du bas-fond, et descend à droite le long de la plus grande partie de la petite courbure. Ce ligament s’attache , en devant et en haut, à la portion lombaire supérieure du diaphragme.

A ce ligament en tient un autre beaucoup plus long ,

nommé gastro-splénique ( ligamentum gastro-splenicum ) , qui s’étend du bas-fond de l’estomac à la scissure de la rate, où il s’attache, et qui se continue inférieurement avec le grand épiploon.

L’estomac est uni au colon transverse par le grand épiploon , et au foie par le petit épiploon, prolongemens internes du péritoine , dont je donnerai la description après avoir tracé l’histoire de cette membrane.

c. Membranes.

2i5o. L’estomac est enveloppé de tous côtés par le péritoine, à l’exception d’une étroite ceinture qui règne le long de sa grande et de sa petite courbure, et le long de laquelle marchent les vaisseaux sanguins.

Au-dessous de cette tunique péritonéale, et collée immédiatement à sa face interne, on aperçoit la membrane musculeuse (i), qui est extrêmement forte, moins robuste que dans l’intestin grêle et le gros intestin, mais plus forte qu’au pharynx et au rectum. Son épaisseur s’élève à près d’une demiligne, et elle a une texture plus complexe que dans le reste du canal alimentaire, puisqu’on peut, du moins de distance en distance, y reconnaître très distinctement trois couches.

La couche extérieure est composée de fibres longitudinales, qui se confondent, pour la plupart , avec celles de l’œsophage et du duodénum, et qui se continuent sans interruption avec elles. Ces fibres sont surtout développées à la partie supérieure de l’estomac, autour de sa petite courbure ; cependant elles revêtent toute la surface du viscère.

La couche moyenne est formée par des fibres annulaires, représentant des anneaux dont le centre correspond à l’axe longitudinal de l’estomac. Elles commencent au bas-fond du viscère, s’entrelacent les unes avec les autres, suivent une marche un peu oblique , et couvrent l’estomac tout entier jusqu’au pylore, où elles sont plus fortes que partout ailleurs.

(1) D.-G. Galeati, De cornca ventriculi et intestinorum tunica; dans Comm.Bonon., i j/p. — Bertin , Description des plans musculeux dont la tunique charnue de l’estomac humain est composée, t. II, p. 235,

On leur donne le nom de fibres transversales ou obliques; elles constituent la couche la plus épaisse.

Au-dessous de cette couche s’en trouve une troisième ( i) , qui est surtoutsensible au côté gauche et sur la petite courbure, , et qui entoure aussi l'estomac circulairement , mais en sens inverse de la précédente, c’est-à-dire longitudinalement. Elle est la continuation des fibres circulaires de l’oesophage, et s’entrelace fréquemment avec les fibres obliques.

La membrane vasculeuse de l’estomac est plus épaisse, plus riche en vaisseaux, et plus isolée de l’interne que dans l’œsophage. Elle se continue sans interruption avec la tunique vasculeuse de ce canal, mais non avec la membrane interne ou villeuse.

La membrane villeuse de l’estomac est mince, molle, d’un tissu lâche, spongieuse , plus molle et plus lâche que la membrane correspondante de l’œsophage, mais un peu plus épaisse qu’elle. Presque toujours elle prend, peu de temps après la mort, une teinte jaune, brunâtreou roogeâtre(2). Il n’est pas rare, surtout lorsqu’on l’examine peu de temps après la mort, de trouver qu’elle offre, dans une étendue plus ou moins considérable, surtout au bas-fond et à la petite courbure, une couleur très

(1) Galeati [loc. cit., p. a4o) avait déjà décrit cette membrane longtemps avant Bertin.

(2) L’attention des médecins français s’étant dirigée, depuis plusieurs années , vers l’étude des altérations de la membrane muqueuse des voies digestives , on a été tout naturellement conduit à rechereher aussi les conditions normales de cette membrane. Rousseau ( Des différons aspects que présente, dans l’état sain , la membrane muqueuse gastro-intestinale ; dans Archiv. gènér. de méd. , t. VI , p. 3ai ) a reconnu que, dans l’état sain, elle a une couleur blanche , ou d’un blanc légèrement rosé. Cette couleur primitive offre des nuances dans les différens points du conduit digestif. Ainsi, la membrane muqueuse du pharynx est légèrement rosée. Celle de l’œsophage est blanche , surtout à sa partie inférieure. Celle de l’estomac a une teinte légèrement rosée , comme celle du pharynx. Cette couleur rosée diminue d’intensité dans la portion pylorique du viscère , devient blanche dans le duodénum , conserve cet aspect dans tout le reste de l’intestin grêle , devient ensuite d’un blanc pâle dans le cæcum , le colon , le commencement du rectum , et reprend une couleur légèrement rosee vers la fin de ce dernier intestin. ( Note des traducteurs, )

oh.)

rouge, produite par un lacis de petits vaisseaux qui sont presque toujours exclusivement veineux. On est généralement tenté de considérer cet état comme la suite d’une inflammation à laquelle l’organe aurait été en proie pendant la vie , et de conclure, d’après son existence , qu’il y a eu empoisonnement. Mais un examen attentif démontre qu’il survient seulement durant l’agonie et après la mort, sans qu’on puissq lui soupçonner une pareille cause, et qu’il est particulièrement occasioné par la suspension soudaine de la circulation à travers l’organe pulmonaire (1).

Quand l’estomac n’est pas distendu, sa membrane villeuse et par conséquent sa face interne sont parsemées d’une multitude de rides, grandes et petites, disposées d’une manière fort irrégulière. Mais ces rides s’effacent lorsque le viscère vient à être distendu, même avec beaucoup de modération , de sorte que, quand on considère alors la membrane à l’œil nu , sa face interne semble absolument lisse , quoique , lorsqu’on l’examine au microscope, cette même face paraisse divisée par une foule de petites parois intermédiaires qui grandissent vers le pylore , et ressemblent par là davantage aux villosités intestinales, en compartimens nombreux, serrés les uns contre les autres, et comparables aux alvéoles d’un gâteau d'abeilles (2). Dans la moitié gauche de l’estomac, les cellules sont plus grandes, moins nombreuses, et séparées par des cloisons simples. Du côté du pylore, ces cloisons présentent des incisures nombreuses , qui leur donnent plus de ressemblance avec les villosités des intestins, quoique d’ailleurs elles soient bien plus petites que ces dernières (5).

Indépendamment d’une multitude de très légers enfoncemens, qui sont les orifices de petites glandes simples, la membrane interne de l’estomac en offre, surtout au voisinage des deux

(1) J. Yelloly, On the vascular appearencc of the liuman stomacli, which is frequcntly mistalien for inflammation of that organ; dans Med. chir. trans., vol. IV, i8i5 , p. 071-424.

(2) Hewson, Experim. inq., vol. II, p. 173.

(3) E. Home en a donné la figure ( Observations on the gastric glands of the human stomach and the contraction which lahcs place inlliat viscus; dans Phil. trans. , 1817, p. 1, p. 047, pl. î-xvm-xix.

orifices, d’autres plus considérables, qui conduisent à de grosses glandes plus ou moins apparentes. Ces dernières glandes forment, à la jonction de l’œsophage et de l’estomac, une saillie très notable et large de trois à quatre lignes, qui établit jusqu’à un certain point une ligne de démarcation entre les deux cavités.

La membrane villeuse de l’estomac se continue sans interruption avec celle de l’œsophage et du canal intestinal. Mais elle ne me paraît point avoir de connexions avec l’épiderme œsophagien, puisqu’on peut, sans employer la moindre violence, séparer cet épiderme d’elle et de la tunique villeuse de l’œsophage autour de l’orifice cardiaque.

Les membranes de l’estomac n’ont la même épaisseur, ni chez tous les individus, ni chez le même sujet, dans tous les points du viscère, et à des époques différentes (1).

En général, sous le premier point de vue, elles ne sont jamais plus épaisses que chez les sujets du sexe masculin qui jouissent d’une bonne santé, et, sous le second, leur épaisseur, comme on le conçoit aisément , est d’autant plus grande que l’estomac se trouve moins distendu. Quant au troisième, on peut admettre que la tunique péritonéale a la même épaisseur partout, tandis que les autres sont bien plus minces dans le culde-sac de l’estomac que dans tous les autres points de l’étendue du viscère , et que leur épaisseur n’est nulle part plus considérable qu’aux environs du pylore, où on les voit assez souvent surpasser de six fois celle du bas-fond.

f. Valvule pylorique.

21 5i. La valvule pylorique ( valvula pylori ) ' § 2147 ) est formée par les fibres circulaires de la tunique musculeuse, ainsi que par les tuniques vasculeuse et muqueuse de l’estomac et du duodénum. Les deux premières membranes ont acquis beaucoup d’épaisseur en cet endroit, et toutes trois y sont réfléchies sur elles-mêmes de dehors en dedans.

Les fibres longitudinales et la tunique péritonéale ne font que passer sur ce point, à l’extérieur.

(1) Yelloly, loc, cit. , p. 400,402.

Il est très facile, en coupant ou enlevant les fibres longitudinales , d’effacer complètement la valvule; mais i! reste toujours un rétrécissement à la jonction de i’estoinac avec le duodénum.

On a parlé d’une substance glanduleuse particulière , située entre les tuniques musculeuse et, péritonéale , comme constituant le pylore, et déterminant sa forme (1); mais, quelque soin que j’aie apporté dans mes dissections , je n’ai jamais pu découvrir la moindre trace de celte substance , quoiqu’on trouve toujours une couche glanduleuse très épaisse, au-de^ vant du pylore, au-dessous de la membrane musculeuse du duodénum.

La valvule elle-même n’a pas toujours la même forme.

La plupart du temps elle circonscrit tout le contour de l’orifice du viscère , et elle est tantôt circulaire, tantôt plusou moins ovale; dans ce dernier cas , son diamètre longitudinal s’étend ordinairement de haut en bas.

Il est plus rare de la trouver demi-circulaire, et n’entourant qu’une partie de l’orifice.

Entre cette conformation et la précédente, il existe un degré intermédiaire, qui consiste en ce que la valvule présente des différences considérables dans sa largeur, suivant les points où on l’examine.

Dans tous ces cas elle est tantôt plus grande et tantôt plus petite.

Il n’est pas certain qu’on doive toujours admettre qu’elle avait, pendant la vie, la forme qu’on lui trouve après la mort.

On ne peut pas non plus déterminer avec précision quelle influence telle ou telle forme donnée de la valvule, même en admettant son existence et sa persistance durant la vie, exerce sur le mode d’action de la valvule et sur l’occlusion plus ou moins parfaite du pylore par elle, puisqu’il est manifeste que le degré de contractibilité des fibres circulaires qui contribuent principalement à former ce repli influe d’une manière plus puissante encore.

(i) Sœmmerring, Eingeweidelehre, p. 236. — Portai, An. mcd., t. V,

g. Modifications passagères dans la forme et la situation de l’estomac.

21 52. L’estomac subit régulièrement des modifications passagères dans sa situation, suivant qu’il renferme ou non des alitnens. Ces modifications correspondent donc aux différons états de la digestion.

Non seulement l’estomac est plus petit dans l’état de vacuité que quand il contient des alimeiis, mais encore il n’a point une forme cylindrique. Ses faces antérieure et postérieure se touchent, et ses deux bords sont nettement séparés l’un de l’autre, tandis que, dans l’état de réplélion , les faces et les bords se confondent ensemble par une transition insensible.

Une modification plus remarquable encore, et qui s’établit pendant le cours de la digestion , consiste en ce que l’estomac se partage alors en deux moitiés, l’une droite, l’autre à gauche, dont la limite, plus ou moins prononcée, correspond à peu près au milieu de la longueur du viscère. La moitié droite contient les substances solides, et la gauche les substances liquides, qui en sortent sans passer nécessairement, ou du moins en totalité, dans l’intestin grêle, à travers la moitié droite et le pylore (i). Les orifices de l’estomac se ferment d’une manière plus ou moins exacte durant la digestion. Cependant , après que ce travail a duré quelque temps , le pylore s’ouvre, et la masse contenue dans le viscère le traverse, pour descendre dans le duodénum, en suivant le même ordre que celui qui a été observé pour lui imprimer des modifications assimilatrices.

La situation de l’estomac change ainsi durant l’acte de la digestion; il éprouve une torsion sur son axe, de manière que sa face antérieure se tourne davantage en haut, et la postérieure en bas, quoique ce changement apparent de situation dépende en grande partie de celui que l’organe éprouve dans sa forme, et que je viens de faire connaître.

(i) E. Home, Lectures on the comparative anatomy , t. T, p. i38.

h. Fonction de l’estomac.

21 53. La membrane interne de l’estomac sécrète le suc gastrique (succus gastricus) , liquide dont il est très difficile de déterminer exactement la nature, parce qu’on le trouve toujours plus ou moins mêlé avec les substances introduites dans le viscère. En général , il contient un acide libre(i). Cependant il semble être tantôt acide et tantôt neutre chez le même sujet. Sa base paraît être une substance albumineuse fort analogue ù celle qui existe dans la salive (2). Peut-être sa composition n’est-elle pas toujours la même, et varie-t-elle en raison de la nature des substances qui agissent sur la tunique interne de l’estomac. L’action de ce liquide, réunie peut-être aussi à celle de la bile , convertit les alimens en une bouillie mucilagineuse, grise, un peu épaisse, d’une odeur et d’une saveur désagréables, qu’on appelle chyme ( chymus ). Cette bouillie, dont la nature varie en raison de celle des substances alimentaires, renferme plus de parties solides et moins de sels qu’aucun des autres liquides animaux. Elle contient beaucoup de carbone et d’albumine, mais on n’y trouve pas de gélatine, du moins si l’on en juge d’après quelques expériences. Elle se forme peu à peu, principalement dans la portion pylorique (3).

La formation du chyme, ou la digestion stomacale, est sin gulièrement favorisée par l’occlusion des deux orifices de l’estomac. Il faut aussi ranger au nombre des causes qui la

(x) Cette opinion est du moins répandue assez généralement depuis Spallanzani , quoique les expériences de Montègre tendent à prouver qu’elle n’est pas toujours exacte. Prout vient de s’assurer que l’acide libre, ou du moins non saturé , qu’on trouve souvent dans l’estomac, des animaux est l’bydrochlorique , et que les sels qui existent ordinairement dans ce viscère sont des hydrochlorates alcalins ( Phit. trans., 1824, P. 1). Children est arrivé au même résultat en analysant les fluides rejetés de l’estomac d’un homme durant une violente attaque de dyspepsie ( Annales of pliilosopliy , 1824, juillet ). ( Noie des traducteurs.)

(2) Bostock, dans Med. chir. trans., vol. IV, p. 177.

(3) Marcel, dans Med. chir. trans., vol. VI, p. 627. — Prout, Mémoire sur l’hématose et le sang en général; dans Journ. compl. des sc. méd., t. XI, p. 1Û2-215.

déterminent les mouvemens de l’organe , qui sont d’abord vagues et irréguliers, mais qui, peu à peu, vers la fin de la chymification, se font dans la direction du cardia au pylore.

Différences relatives au sexe.

2154. L’estomac est la seule portion du canal alimentaire qui offre des différences relatives au sexe. Il est plus grand, plus large et plus court chez l’homme; plus petit, plus étroit et plus alongé chez la femme. Sa tunique musculeuse, comme celle de tout le canal alimentaire , est en général aussi plus mince chez la femme.

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