INTESTIN GKÊLE
2 1 5 5. L 'intestin gre'le ( inlestiniirn tenue ) (1), portion la plus étroite et la plus mince du canal intestinal, est compris entre l’estomac et le gros intestin. Il se continue sans interruption avec l'un et l’autre , quoiqu’il en soit séparé par deux replis valvulaires, le pylore et la valvule iléo-cœcale, dont l’occiusion peut isoler complètement et isole en effet quelquefois sa cavité de la leur.
Sa circonférence extérieure est uniforme. Son diamètre est aussi le même dans la plus grande partie de sa longueur, ce qui fait qu’il a une forme cylindrique.
Sa longueur totale, mesurée depuis le pylore jusqu’au commencement du colon, est très inconstante. J’ai trouvé qu’elle variait entre treize et vingt-sept pieds, sans que la longueur du corps offrît des différences proportionnellement aussi considérables.
Son diamètre s’élève à un pouce environ , lorsqu’il se trouve distendu modérément.
On peutisoler la description du duodénum de celle du reste de l’intestin grêle, parce qu’il diffère de ce dernier à plusieurs égards.
(1) Helvétius, Observations sur la membrane interne des intestins grêles, appelée veloutée , sur leur membrane nerveuse, et sur leur membrane musculeuse ou cltarnue; dans Mèm. de Paris, 1721, p. 592-4o3. — G. B. Albinus, Bescriptio inlestinorum tenuium hominis, Leyde, 1722 , 1724.
a. Duodénum
■Jl56. Le commencement de l’intestin grêle, la portion qui suit immédiatement l’estomac, porte le nom de duodénum {duodénum) (i) , qui lui a été donné en raison de sa longueur.
Cet intestin est situé dans la moitié droite du bas-ventre. Il décrit une arcade considérable, dont la convexité regarde à droite et la concavité à gauche. On peut y distinguer trois parties; une supérieure , qui monte obliquement de gauche à droite et un peu d’avant en arrière; une moyenne, oblique de droite à gauche et descendante ; enfin, une inferieure , oblique de droite à gauche et ascendante.
Il est fixé à la vésicule du fiel et au commencement du colon transverse. Sa portion supérieure, qui est la plus petite, se trouve au-dessus, et l’inférieure, qui est la plus grande, audessous du colon transverse. II est recouvert, dans la plus grande partie de sa face antérieure , par la paroi postérieure du péritoine, qui se prolonge en avant, dans cet endroit, pour former le mésocolon transverse , l’entoure sans le serrer beaucoup, et le maintient fixé contre la paroi postérieure de la cavité abdominale.
La portion moyenne descend au-dessous du mésocolon transverse, et lorsqu’on relève ce repli du péritoine, on la découvre au côté droit du mésentère.
La troisième est placée , au contraire, sur le côté gauche du mésentère, dont la partie supérieure en provient d’une manière immédiate. Elle s’étend jusqu’à la seconde vertèbre lombaire, se dirige en avant, dans l’endroit où l’extrémité supérieure du mésentère se confond avec le mésocolon transverse, et s’abouche dans le jéjunum.
Si l’on excepte sa première portion , qui est couverte partout par le péritoine, le duodénum ne se trouve tapissé par cette membrane que sur son côté antérieur; le postérieur est attaché, par un tissu cellulaire très lâche, à la paroi postérieure
(1) L. Claussen , De intestini ducdeni situ et nexu, Léipsick, 1757 — - Sandifort, Tabules intestini duodeni , Leydc, 1780*
3c)3 ANATOLIE SPECIALE.
de l’abdomen , et immédiatement aux organes situés derrière lui.
La portion moyenne descend le long du bord concave du rein droit et du côté droit de la colonne vertébrale, jusqu’à la quatrième vertèbre lombaire.
La portion inférieure ascendante est située au côté droit de la veine cave et des vaisseaux rénaux droits, au côté gauche de l’aorte , derrière la partie supérieure de la racine du mésentère, de l’artère mésentérique supérieure et de la grande veine mésaraïque.
La portion gauche et concave de sa circonférence embrasse étroitement la partie droite du pancréas.
2157. Le duodénum est ordinairement moins étroit à son origine que dans le reste de son étendue. Sa face concave est ridée, sa face convexe lisse et tendue. Il diffère des autres portions de l’intestin grêle, non seulement par sa situation et la manière plus solide dont il est retenu en place , mais encore parce qu’il a beaucoup plus d’ampleur, et parce que ses replis sont disposés d’une manière moins régulière.
b. Membranes de l’intestin grêle.
21 58. L’intestin grêle est couvert extérieurement par le péritoine dans toute sa longueur , et , abstraction faite du duodénum , attaché à la portion lombaire de la colonne vertébrale par un long repli de cette membrane qu’on appelle mésentère ( mesenterium ) .
Au-dessous de celte tunique péritonéale se trouve la membrane musculeuse (t), qui est mince , et dont l’épaisseur s’élève à environ un tiers de ligne.
La couche externe ou longitudinale , quoique beaucoup plus mince que l’interne , à laquelle elle se trouve unie d’une manière très intime, et qui ne manque jamais entièrement, entoure le canal dans presque toute sa circonférence.
(1) Maiaemnc, Su/la strullura anatumica délia intestine; dans Mono' rie délia socicla italiana, t. X, p. 27-62.
DES ORGANES DE EA DIGESTION. 3g3
La couche interne , qui est transversale , ou plutôt oblique, le circonscrit entièrement.
La membrane vasculeuse (i) n’offre rien de remarquable.
C’est surtout par la disposition de sa membrane interne ou muqueuse (2), que l’intestin grêle diffère des autres portions du canal intestinal. Le caractère principal qui distingue cette membrane consiste en ce que son étendue est singulièrement accrue, et en ce que sa surface présente un développement bien supérieur à celui des membranes externes , notamment des tuniques musculeuse et péritonéale.
Cette ampliation tient à son plissement de dehors en dedans, qui donne lieu à des replis de deux sortes , les uns plus grands et les autres plus petits.
Les grands plis portent le nom de valvules ( valvulœ ), et les petits celui de villosités {jvilli ).
Les uns et les autres sont principalement développés à la partie supérieure de l’intestin grêle. Ils diminuent beaucoup , en nombre et en grandeur, depuis l’origine de cet organe jusqu’à sa fin.
ç. Valvules.
21 5g. Les valvules ont trois lignes de hauteur à la partie supérieure de l’intestin grêle.
Elles se dirigent transversalement , et la plupart d’entre elles occupent tout le contour de l’intestin , en sorte qu’elles forment des cercles qui le circonscrivent. Mais elles se divisent une ou plusieurs fois dans leur trajet , et communiquent en outre les unes avec les autres, au moyen d’élévations obliques ou perpendiculaires, généralement moins saillantes et toujours beaucoup plus courtes qu’elles , dont 011 trouve constamment trois ou quatre entre chaque paire de valvules.
(1) B.-S. Albinus, Diss. de arteriis et venis intestinorum hominis, Leyde^ 1706. — J. Bleuland, Vasculorum in intestinorum tenuium iunicis subliliaris analotncs opéra delegendortim description Utrecht, 1797.
(2) Helvétius , loc. cit. — D.-G. Galeati, De cribriformi int est inor lunica; dans Comm. Bonon., vol. I, 17J1, p. 559-Û70.
Leur nombre est très considérable, attendu qu’elles ne sont séparées les unes des autres que par une distance de quelques lignes.
Il n’y en a plus aucune à la partie inférieure de l’intestin grêle ; mais, avant de disparaître tout-à-fait , on les voit diminuer peu à peu sous le rapport du nombre , de l’élévation et de la largeur.
Elles sont formées uniquement par la membrane interne et par la tunique vasculeuse de l’intestin , de sorte qu’elles ne peuvent exécuter aucun mouvement par elles-mêmes; mais ceux que la tunique musculeuse imprime aux fluides contenus dans le canal intestinal les font flotter. Lorsqu’on coupe l’intestin vide , on reconnaît qu’elles sont dirigées les unes vers les autres , de manière que, si l’on plonge l’organe dans l’eau , elles se recouvrent comme les tuiles d’un toit.
C’est de là que vient le nom de valvules conniventes ( val vulœ conniventes ) que Kerckring leur a imposé. Mais on a eu tort d’en attribuer la découverte à cet anatomiste, erreur qui leur a valu aussi la dénomination de valvules de Kerckring ( valvulœ Kerckringii ).
La base de chaque valvule est ordinairement parcourue par une artère et par une veine.
Ces replis ralentissent le cours des matières contenues dans le canal intestinal. Il suit delà que leur développement plus considérable à la partie supérieure de l’intestin grêle est un phénomène très remarquable, puisque c’est le fluide renfermé dans cette portion qui contient le plus de molécules nutritives.
Elles ne sont pas moins remarquables non plus comme caractère particulier à l’organisme humain. Déjà Morgagni parle de leur absence chez quelques ruminans (1). C’est en vain aussi que je les ai cherchées dans un nombre assez considérable de mammifères de tous les ordres, même parmi les singes. A la vérité, plusieurs poissons offrent des valvules transversales fort analogues , et souvent en nombre très considérable ; mais, d’une part, elles occupent la fin du canal in-
(1) Ep. an. XIV, p. 20.
testinal chez ces animaux, et de l’autre elles ne sont point garnies de villosités. Elles présentent aussi ce caractère dans les reptiles chez lesquels je les ai rencontrées (i). On peut donc dire, pour exprimer la proposition précédente d’une manière plus précise , que l’homme est le seul qui ait à la fois des plis transversaux et des villosités dans l’intestin grêle , et que lui seul offre la réunion de ces deux dispositions organiques , qu’on trouve séparées l’une de l’autre chez les autres animaux. En effet, la plupart des mammifères et des oiseaux, comme aussi quelques reptiles et poissons, n’ont que des villosités, et il n’y a qu’un petit nombre des genres des deux dernières classes dans lesquels on rencontre des plis transversaux seulement.
d. Villosités.
2 160. Les villosités (2) sont de petits prolongemens minces, alongés , presque toujours arrondis, tantôt cylindriques, tantôt coniques et terminés insensiblement en pointe, tantôt enfin renflés à leur extrémité libre , qui garnissent la membrane muqueuse, et qui lui ont valu le nom de tunique villeuse ou veloutée ( tunica villosa), sous lequel on la désigne quelquefois.
Les villosités couvrent toute la face interne de la membrane muqueuse de l’intestin grêle, à la partie supérieure duquel elles sont extrêmement serrées les unes contre les autres, tandis qu’à l’inférieure elles laissent une distance bien plus considérable entre elles. A l’égard de leur forme , quelques auteurs, par exemple Galeati (2), admettent qu’elles sont cylindriques ou pointues à l’origine de l’intestin, et coniques vers sa terminaison; mais cette différence n’est point con-
(1) Deulsclies Archiv fur die Physiologie , t. III , cah. n.
(2) Indépendamment des écrits déjà cités d’Helvétius, Galeati et A. Meckel, consultez sur les villosités en particulier: — J. -N. Lieberkuhn , De fabricaet ar.lione villorum intestinorum tenuium liominis, Leyde, 1745. — Hewson , dans ses Exp. inq., t. II, c. xn. — R. -A. Iledwig, Disquisilio ampultarum Lieberkuhnii physica-microscopica , Léipsick', 1797. — C.-A. Rudolphi, dans ses Abhandlungcn , p. 3g.
stante. J’ai toujours trouvé, au contraire, ce qui s’accorde avec les observations d’Hewson, que les villosités de la partie supérieure du canal étaient plus larges en proportion de leur longueur, et que , par leur forme , elles offraient la répétition des valvules conniventes , tandis que celles de la partie inférieure étaient plus minces, alongées, et même quelquefois plus longues que les précédentes. Leur longueur s’élève à un quart de ligne environ. Comme elles sont extrêmement serrées les unes contre les autres, et qu’on en compte à peu près quatre mille sur l’étendue d’un pouce carré, on peut porter leur nombre total à un million au moins, et cette évaluation est encore très modérée.
Lorsqu’on les examine au microscope, elles paraissent formées d’une substance granuleuse, et leur surface n’est pas parfaitement lisse , quoiqu’on n’y aperçoive pas de dentelures. Lorsque les vaisseaux sanguins du canal intestinal ont été injectés, non seulement les villosités sont plus apparentes et gorgées d’injection, mais encore leur surface se montre plus inégale, parce qu’il s’y est développé un lacis vasculaire.
L’injection des lymphatiques fait aussi paraître à leur surface un réseau formé par des vaisseaux de cet ordre.
Il entre donc dans leur composition du tissu cellulaire, parcouru par des vaisseaux sanguins et lymphatiques, dont les parois ne sont pas bien distinctes de sa propre substance.
Il y a déjà long-temps qu’on a, pour la première fois, agité la question de savoir si les villosités sont ou non garnies d’ouvertures à leur surface.
D’excellens observateurs, Lieberkuhn, Hunter, Cruikshank, Hewson , Hedwig etBleuIand, admettent ces ouvertures, et disent les avoir vues. Suivant Lieberkuhn et Bleuland, il n’y en a ordinairement qu’une seule à l’extrémité de chaque villosité, et il est rare d’en trouver plusieurs. Les autres en indiquent plusieurs, elles placent au même endroit. Les villosités qu’une injection délicate a redressées , gonflées et rendues cylindriques, paraissent spongieuses et perforées à leur extrémité, tandis qu’elles demeurent lisses et unies sur les côtés. On ne peut pas considérer ces ouvertures comme le résultat de déchirures accidentelles, puisqu’elles sont vides et
iout-à-fait séparées les unes des autres, puisqu’en outre on ne les rencontre jamais que dans des points déterminés, tandis que des déchirures laites à une partie dont les vaisseaux sanguins sont gorgés d’injection ne manqueraient pas d’être remplies par cette dernière. Cruikshank et Hunter ont même aperçu jusqu’à vingt de ces ouvertures sur des villosités qui n’avaient point été injectées , mais qui étaient gorgées de chyle.
Rudolphi n’a pas vu ces ouvertures ; mais les argumens qu’il emploie pour combattre leur existence ne réfutentpas les assertions des observateurs que je viens de citer. II ne parle point d’Hewson. Le diamètre des ouvertures figurées par Cruikshank et Bleuland, qui lui semble trop considérable pour être exact, pouvait tenir à quelque particularité individuelle , à l’état dans lequel l’activité de l’intestin se trouvait au moment de la mort , ou même à quelque maladie, toutes circonstances propres à rendre les ouvertures plus faciles à apercevoir. Si Hewson ne les a pas figurées dans toutes les villosités, cela peut très bien dépendre ou de leur propre diamètre, ou de la situation des villosités et de la manière dont elles étaient éclairées.
Ainsi, quoique ces ouvertures ne soient pas nécessaires pour expliquer le phénomène de l’absorption , elles paraissent exister réellement (1).
(1) Rigoureusement parlant * la question se réduit à savoir si les pores des villosités, car il doit de toute nécessité y en avoir dans toute matière quelconque, organique ou non , jouissent d’une organisation spéciale, de telle sorte qu’on puisse les comparer jusqu’à un certain point aux points lacrymaux par exemple. Or c’est ce qui ne paraît pas être, et l’on ne saurait appliquer, en matière d’observations microscopiques, où les illusions sont si fréquentes et si difficiles à éviter, l’axiome qu’une assertion négative n’en détruit point une positive , lorsque cette dernière réunit en sa faveur des autorités imposantes. Le? recherches d’A. Meckel, frère de l’auteur, sont d’ailleurs favorables à l’opinion de Rudolphi. Cet anatomiste n’admet pas de vaisseaux dans les villosités intestinales, et pense que l’injection qui les pénètre transsude à travers les parois des terminaisons artérielles, pour se répandre dans le tissu cellulaire qui les constitue. Du reste il a reconnu, contre l’assertion de tous ses prédécesseurs, que les villosités sont toujours des lames aplaties
c. Glandes.
2161. La membrane interne de l’intestin grêle est couverte d’une innombrable quantité de glandes mucipares, qui diffèrent les unes des autres par leur volume et leur disposition.
Dans toute sa longueur et sur toute sa circonférence, on trouve des glandes très nombreuses , isolées les unes des autres, qui sont les plus petites de toutes (glandulce rnucosœ , s. cryptœ minirnæ ), et qu’on ne peut apercevoir qu’avec lesecoursdu microscope (1).
D’autres, bien plus volumineuses, se partagent principalement en deux classes, les solitaires (glandulce soli(ariœ) et les agglomérées ( glandulce agminatce). Les premières sont appelées aussi glandes de Brunner (2), et les autres , glandes de Beyer (3).
Les glandes de Brunner se rencontrent surtout au commencement de l’intestin grêle , en particulier dans le duodénum, où elles se présentent sous la forme de petits corps aplatis, arrondis, lenticulaires, ayant tout au plus une ligne de diamètre , qui sont situés à la face postérieure de la membrane muqueuse , et qui s’ouvrent dans la cavité de l’intestin par de larges orifices.
Lorsque ces glandes simples ont un très gros volume , et qu’elles font une saillie considérable au-dessus de la face interne de cette portion ou des autres parties du canal, c’est toujours par suite de l’état morbide.
Les glandes de Peyer n’existent guère que dans l’iléum, où
presque toujours contournées sur leur axe, et souvent plissées sur ellesmêmes des deux côtés, de manière à former un demi-canal ou une gouttière, dispositions qui varient à l’infini, , et par lesquelles il explique les apparences diverses décrites par les auteurs qui ont paru avant lui.
( Note des traducteurs.)
(1) Galeati, toc. cit. — Lieberkuhn, De viltis inlestinorum.
(2) Brumler, Glandulce intestini duodeni, s. pancréas scci/ndarius, Francfort, 1715.
(â) C. Peyer, De glandu lis intestinorum, Schafhouse, 1677-
DES ORGANES DE LA DIGESTION. 5g9
leur volume va aussi en croissant beaucoup, depuis le commencement jusqu’à la fin de l’intestin.
Elles forment à peu près trente amas , la plupart oblongs et arrondis, rarement triangulaires, ou presque carrés, dont l’axe longitudinal est parallèle à celui du canal intestinal , qu’il est du moins fort rare de trouvér plus larges que longs, et qui n’existent pas du côté de l’intestin correspondant au mésentère, mais sur ses parties latérales , et principalement sur sa partie antérieure.
Elles ne font pas saillie, ou du moins sont extrêmement peu saillantes au-dessus de la surface de l’intestin , et on ne les reconnaît qu’à la transparence moins grande de ce dernier dans leslieuxqu’elles occupent. Elles forment, à la face postérieure de la membrane muqueuse, une couche peu épaisse, qui se compose de points clairs, transparens, arrondis et très peu enfoncés, et de bords plus obscurs qui occupent les intervalles de ces points.
Leur longueur varie depuis quelques lignes jusqu’à trois ou quatre pouces, sur une largeur d’à peu près neuf lignes.
A la partie supérieure de l’iléum, elles sont séparées par des intervalles de cinq à six pouces; mais à sa partie inférieure, et surtoutàpeu de distance de sa terminaison, elles se confondent presque les unes avec les au 1res, et forment quelquefois, dans la portion libre du contour de l’intestin grêle, une couche ayant jusqu’à huit pouces de long, presque sans aucune interruption.
f. Fonctions de l’intestin grêle.
2162. La membrane interne de l’intestin grêle sécrète le mucus intestinal [mucus intestinalis ), et le suc intestinal ( liquor entericus), qui ne constituent probablement qu’un seul et même fluide , destiné à favoriser, d’une part, l’assimilation des substances alimentaires, par l’action qu’il exerce sur elles, de l’autre leur progression, par la couche lubrifiante qu’il répand à la surface de l’intestin. Cette propulsion est opérée par la tunique musculeuse, Ipii se resserre et se dilate peu à peu et alternativement, depuis le commencement de l’intestin grêle jusqu’à sa terminaison, de
manière à pousser les matières contenues suivant la même direction. En parcourant l’intestin grêle, mais principalement dans le duodénum , et surtout sous l’influence de la bile , aidée de celle du suc pancréatique, le chyme se trouve séparé en deux portions, le chyle ( chylus ), liquide blanchâtre, qui ressemble beaucoup au sangsous le point de vue de lacomposilion chimique, et les matières fécales ( fœces ). Le chyle est absorbé par les villosités intestinales, d’où il passe dans les vaisseaux lymphatiques , et très probablement aussi dans les veines mésaraïques. Les excrémens passent dans le gros intestin.