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GB03 INTESTIN

2i65. Le gros intestin ( intestinum crassum, s. colon ) diffère de l’intestin grêle par sa situation et ses attaches , sa forme , sa longueur, sa largeur, et la disposition de ses tuniques.

a. Situation et attaches.

2164. Le gros intestin décrit une arcade qui se dirige d’abord de bas en haut, puis transversalement de droite à gauche, et enfin de haut en bas, commence à l’extrémité inférieure de l’intestin grêle, et se termine à l’anus. Il commence à la région iliaque droite, dans un point qui n’est pas toujours parfaitement lé même. Presque toujours ce point correspond à l’extrémité supérieure de la face antérieure du muscle iliaque droit, entre ce muscle et le psoas, mais quelquefois aussi il se trouve beaucoup plus bas, et d’autres fois encore beaucoup plus haut, au-devant du muscle psoas droit. L’intestin grêle et le gros intestin sont étroitement attachés en cet endroit au muscle iliaque, par le moyen d’un tissu cellulaire court, et le premier s’y continue, de dedans en dehors et de bas en haut, avec le second.

Plus la jonction se fait haut, c’est-à-dire plus elle s’écarte de la règH&, et plus aussi la disposition qui en résulte se rapproche de celle qui a lieu dans le fœtus.

A l’endroit où elle s’opère , le commencement du colon offre

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un renflement qui dépasse par en bas son extrémité terminale* et auquel on donne le nom de cæcum et à' appendice cæcal,

b. Division du gros intestin.

a. P'a/vute ilèo-cotique.

ai65. L’intestin grêle se continue tout-à-coup avec le gros intestin, dans l’endroit que je viens d’indiquer, de manière qu’il s’y enfonce à angle aigu, de bas en haut, de gauche à droite et de dedans en dehors , dans une longueur d’un pouce environ, et qu’il y produit une saillie à laquelle on donne le nom de valvule iléo-colique ou de Bauhin ( valvula ileocolicà, s. Bauhini ) (1). Cette valvule est composée de deux feuillets, l’un supérieur, la plupart du temps un peu étroit et presque horizontal , qui forme un angle à peu près droit avec la portion ascendante du colon; l’autre inférieur, plus large, qui décrit un angle plus aigu avec celte même portion.

Entre les deux feuillets se trouve une ouverture transversale et oblongue, qui est l’orifice un peu rétréci de l’intestin grêle.

Chacun d’eux est formé par la membrane interne, la tunique vasculeuse et les fibres circulaires de la membrane musculeuse de l'intestin, grêle et du gros intestin , qui sont renversées sur elles-mêmes en cet endroit, tandis que les fibres longitudinales et la tunique péritonéale , qui ne se plissent pas, passent, en manière de pont, de la portion libre de l’intestin grêle sur le gros. Les tuniques musculeuses des deux intestins sont unies l’une avec l’autre, à leur face externe, par du tissu muqueux, et lorsqu’on ne considère que la valvule, ce sont elles qui en forment la partie la plus intérieure ou le centre. Lorsqu’on détruit avec précaution le tissu cellulaire qui les unit, la valvule se trouve entièrement effacée, l’intestin grêle s’ouvre dans le gros, sans nulle in-

(1) L. Ileister, De valvuta coli, Altdorf, 1718. — 1 J. -N. Lieberkuhn, De val vu Le. rot!, Loyde, 17Ô9. — Huiler, De valvula coti , Gœltingue, 1742. — J.M. Roederer, De valvuta coli , Strasbourg, 1768.

terruption, par un orifice plus large que le reste de son calibre, et figuré en trompette , et alors la jonction des deux intestins ressemble d’autant mieux à celle de l’œsophage avec l’estomac, que, là comme ici, la ligne de démarcation est indiquée, d’une manière évidente, par une différence bien sensible dans la texture de la membrane interne , par l’ampleur plus considérable de la portion inférieure, celle qui reçoit l’autre, et par la saillie qu’elle fait au-dessus de cette dernière, en donnant naissance à un cul-de-sac.

2166. Dans l’état normal, la valvule iléo -colique sépare l’intestin grêle du gros intestin, de manière à permettre, il est vrai, aux substances contenues dans le premier de descendre dans le second, mais à empêcher absolument qu’elles puissent ensuite remonter de celui-ci dans celui-là. Cet effet dépend à la fois et de l’action desfibres musculaires et de la forme de la valvule.

(3. Cæcum et appendice vermiforme.

2167. La portion de l’intestin grêle qui dépasse le colon (§2i65) se compose du cæcum [inteslinum cæcum ) et de Y appendice vermiforme ( appcndicula vermiformis ) (1), qui ne font qu’un en réalité et dans l’origine, et qui ne commencent à être distincts l’un de l’autre qu’après l’écoulement des premières périodes de la vie.

2168. Le cæcum est alongé, triangulaire, et aussi ample que le reste du colon. Il dépasse d’un pouce à un police et demi la portion terminale de l’intestin grêle. Les fibres musculaires sont surtout fort irrégulières et très entrelacées vers son extrémité en cul-de-sac. Il se termine par un sommet obtus, dont Y appendice vermiforme (2)’estle prolongement. Cependant ce dernier part rarement de sa partie moyenne , mais se détache davan-

(1) J.-N. Lieberkuhn, De calcula coli et usa processus vermicularis , Leyde, 1709. — J. Vosse, De intestino cœco ejusque appendice vermiformi, Gœttingiie, 1749. — Van den Busch, De intestino cœco ejusque processu vermiformi, Gœttingue, 1814.

(2) Louyer -Villermay, Observations pour servir à l’histoire des inflammations de l’appendice du cæcum ; dans Archiv. gêner, de médecine , t. V,

tage de son côté gauche et un peu postérieur. C’est la partie la plus étroite de tout le canal alimentaire. Un petit repli du péritoine l’unit à l’extrémité inférieure du mésentère et aux vaisseaux spermatiques, qui sont situés au-dessous de lui.

Ordinairement cet appendice a environ trois pouces de long. Si l’on excepte son orifice, qui est un peu plus large que le reste et infundibuliforme, il a une largeur à peu près égale partout, et qui s’élève à deux lignes à peu près. Il se termine par un sommet arrondi. Une saillie transversale, une sorte de valvule, le sépare quelquefois du cæcum (1); mais cette disposition n’est point constante, à beaucoup près.

Vers la fin du cæcum, les trois bandelettes que forment la couche musculaire longitudinale de l’intestin grêle se réunissent ensemble, et donnent naissance à une membrane plus mince, uniformément répandue, qui se prolonge sur l’appendice vermiforme, où elle affecte lamême disposition.

21(19. Les parois de cet appendice sont aussi épaisses que celles du gros intestin, et sa membrane interne forme, à raison du nombre considérable de glandes mucipares volumineuses et extrêmement serrées les unes contre les autres dont elle est pourvue, un réseau très compliqué, qui représente, considérablement grossi seulement, celui d’où naissent les inégalités de la face interne du reste du colon. Il n’est pas rare, quoique cette disposition n’ait pas toujours lieu, que cette même face interne offre en outre des saillies transversales plus considérables, des plis qui ressemblent à celui qu’on voit à l’orifice de l’appendice.

L’appendice vermiforme n’a pas toujours exactement la même situation.

Quelquefois il s’enfonce presque tout entier dans le bassin, le bord de son mésentère opposé à celui qui lui adhère étant libre.

Dans d’autres cas, il se porte en haut, en passant sous l’origine du gros intestin. Alors tantôt il affecte cette direction ascendante dans toute sa longueur, et tantôt son extrémité infé-

(1) Morgagni, Advers. anat. Anim.XlV. — Bonazzoli, Obscrv. in ntest. et renibus habitœ; dans Comm. Bonon., t. II, p. u, p. 1 38.

anatomie spéciale.

rieurc sereoourbe ensuite dehaulen bas dans une étendue plus ou moins considérable.

■y. Colon ascendant.

2170. Le gros intestin commence par le colon droit ou ascendant ( intestinum colon dextrum, s. adscendens), qui en est la portion la plus courte, monte devant le rein droit, auquel il est étroitement uni par le mésocolon lombaire droit , et s’étend jusqu’à la partie antérieure de la l'ace inférieure du lobe droit du foie. Parvenu en cet endroit , il décrit un angle droit ou aigu, sous la vésicule du fiel, avant laquelle il n’a point de connexion dans l’état normal , se porte à droite, et se continue avec le colon transverse.

S. Coton Iransversc.

2171. Le colon transOerse ( colon transversum ) , fixé à la paroi postérieure du bas-ventre, par un repli du péritoine beaucoup plus large que celui du précédent, et qu’on nomme mésocolon transverse, est situé au-dessous de l’estomac, auquel il se trouve uni d’une manière plus ou moins intime par le grand épiploon, et descend toujours plus ou moins bas au-devant du paquet de l’intestin grêle, ordinairement jusqu’au-dessous de la région ombilicale, assez souvent même jusque dans le petit bassin. Il est toujours bien pluslong que le colon ascendant, le dépasse quelquefois de beaucoup en longueur, et décrit alors plusieurs circonvolutions. Il s’étend du côté droit au côté gauche. Ses deux extrémités sont attachées étroitement au duodénum par le mésocolon, qui est bien plus court sur ces deux points qu’à sa partie moyenne. Surle milieu de la face antérieure du rein droit, et à l’extrémité inférieure de la rate, il se continue avec le colon descendant, en décrivant soit une arcade, soit un angle plus ou moins aigu, et quelquefois double.

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£. Colon descendant.

2 1 72. Le colon descendant ( intestinum colon descendons ) s’étend depuis l’extrémité inférieure de la rate jusqu’au bassin, en passant le long de la moitié inférieure de la face antérieure du rein gauche, puis du muscle carré des lombes, et enfin de la partie supérieure et interne du muscle iliaque gauche. Il se continue avec le rectum au-devant de la symphyse sacro-iliaque droite.

Il est fixé à la paroi postérieure de l’abdomen , supérieurement par un court et inférieurement par un très grand repli du péritoine.

Cette partie inférieure , qui fait plus ou moins de saillie en devant et à droite , et qu’on trouve même quelquefois adhérente au cæcum, décrit une courbure qui lui a valu le nom de S du colon ( jlexura sigmoidea , s. iliaca , s. S romanurn ).

Ç. Rectum.

2173. Le rectum ( intestinum rectum ) est la dernière portion du canal intestinal, celle qui s’ouvre au dehors par l’anus. Il commence à l’extrémité inférieure du colon, s’attache à la moitié gauche de la face antérieure du sacrum , dans une petite étendue de son extrémité supérieure, par un court repli du péritoine, qu’on appelle mésorectum , et dans le reste par du tissu cellulaire tout simplement, se dirige de gauche à droite et de haut en bas , tant qu’il se trouve enveloppé par le péritoine, et ne commence ;i descendre en ligne droite que quand cette membrane l’abandonne.

Quelquefois il descend dans le bassin sur le côté droit et non sur le côté gauche du sacrum. Dans un cas de cette espèce que j’ai observé, la grande courbure gauche inférieure , ou l’S du colon, s’avançait beaucoup vers la droite, s’unissait très étroitement, à sa partie moyenne, avec le commencement du colon ascendant, et se trouvait fixée de cette manière au côté droit. Sa portion ascendante et sa portion descendante étaient également adhérentes, mais s’écartaient un peu l’une

406 anatomie spéciale.

(le l’autre inférieurement. Au-dessous de ce point, le commencement de la courbure et celui du rectum étaient unis aussi par un repli du péritoine, d’où résultait un enfoncement considérable qui aurait pu facilement recevoir une portion de l’intestin grêle longue de quelques pouces, et donner ainsi naissance à une hernie interne.

Quoiqu’on puisse , à bon droit, considérer le rectum comme la partie inférieure du gros intestin, cependant il diffère de ce dernier sous plusieurs rapports. En effet:

i° Presque toujours il est beaucoup plus large, et à cet égard Usurpasse plus ou moins les autres portions.

2° Le péritoine ne le revêt qu’à sa région supérieure; là même encore il ne tapisse, dans la plus grande partie de sa longueur, que sa seule face antérieure, et il ne forme point d’appendices épiploïques à sa surface.

3° Ses fibres musculaires sont beaucoup plus fortes, et la couche longitudinale l’entoure de toutes parts.

La membrane interne est également lisse et remplie de glandes mucipares simples , mais ces glandes sont plus petites et moins abondantes (i).

(i) La taille recto-vésicale, imaginée par Sanson, et qui se répand chaque jour de plus en plus (L.-J. Sanson , Des moyens de parvenir à la vessie par le rectum, Paris, 1817), exige des notions plus précises sur les rapports anatomiques du rectum. Pris en totalité , cet intestin s’étend du détroit supérieur du bassin à l’anus. Dirigé d’abord un peu obliquement de gauche à droite, il se courbe, vers la partie inférieure de l’excavation pelvienne, pour se porter, d’arrière en avant, sous la vessie, jusqu’au niveau de la prostate, au-dessous de laquelle une nouvelle courbure le dirige de haut en bas et un peu d’avant en arrière. On peut donc le considérer comme formé de trois parties séparées par ces deux courbures, et distinctes l’une de l'autre par leur situation, leur structure, la nature et l’importance de leurs connexions. La première , ou supérieure, dirigée de haut en bas, et un peu obliquement de gauche à droite, est étendue depuis la fin de l’S du colon jusqu’à l’endroit où l’intestin , se dégageant de son enveloppe péritonéale, se courbe pour se porter audessous de la vessie; elle constitue plus de la moitié de sa longueur. Elle est flexueuse , libre , lisse , revêtue par le péritoine , et fixée , d’une manière lâche, à la paroi postérieure de l’excavation du petit bassin, par un repli de cette membrane. La seconde, ou moyenne , comprise entre les deux courbures, a environ trois pouces de long; sa direction est obliqua

c. Configuration.

2174* Legros intestin n’est point uniformément cylindrique, comme les autres sections du canal intestinal, mais il offre une multitude d’élévations et d’enfoncemens qui rendent sa surface inégale. En effet les fibres longitudinales y sont réunies en trois bandelettes, séparées les unes des autres par des intervalles, et la membrane musculeuse, considérée dans son ensemble, est plus courte que les tuniques internes. De là résulte que , quand la cavité du gros intestin est remplie du résidu de la digestion, il se forme, entre les trois bandelettes, trois séries de bourrelets arrondis, d’un volume variable, qu’on appelle cellules ou bosselures (ccllulœ , s. hauslra). Ces bosselures se ressemblent toutes, mais non d’une manière parfaite , et ne sont nullement disposées avec symétrie. Ce qui prouve qu’elles doivent réellement naissance à la cause dont je viens de faire mention, c’est que, quand on coupe les bandelettes, on voit les inégalités s’effacer dans l’endroit correspondant à la section , et le canal y prend uneforme parfaitement cylindrique.

de haut en bas et d’arrière en avant; légèrement courbée dans le même sens, elle est fixe , immobile, et correspond constamment en arrière à la partie inférieure du sacrum, au coccyx et au plancher formé par les muscles ischio-coccygiens ; en avant, au bas-fond de la vessie, dont elle est séparée, en dehors et en bas, par les vésicules séminales et les conduits déférens, et plus inférieurement parla prostate ; enfin, sur les côtés, à un tissu cellulaire abondant. Sa structure et son organisation diffèrent de celles de la portion supérieure, en ce qu’elle est entièrement dépourvue de péritoine, si ce n’est quelquefois à la partie la plus élevée de sa face antérieure, dans le cas de rétraction considérable de la vessie; en ce que sa tunique musculeuse est beaucoup plus épaisse, et formée de fibres longitudinales beaucoup plus fortes et plus nombreuses; en ce qu’elle est environnée de toutes parts d’un tissu cellulaire serré seulement au-dessous de la prostate, lâche et fort abondant dans tout le reste de la circonférence de l’intestin. Enfin la portion inférieure de cc dernier commence au-dessous et au niveau de la prostate, et finit à l’anus. Sa longueur varie depuis un pouce jusqu’à un pouce et demi. Elle est plus large en haut qu’en bas. Sa direction est oblfque de haut en bas et un peu d’avant en arrière. Près de son origine, elle est environnée de tous côlés par un tissu cellulaire abondant, excepté en devant, où elle

d. Longueur et largeur.

2175. La longueur du gros intestin s’élève à environ cinq pieds, terme moyen, et sa largeur varie entre un pouce et demi et deux pouces, dans l’état de distension médiocre.

e. Disposition des tuniques.

a. Tunique péritoneale.

2176. Dans la plus grande partie de son étendue, notamment dans ses portions ascendante et descendante, le gros intestin n’est revêtu par le péritoine qu’en devant et sur les côtés, et cette membrane ne couvre pas son côté postérieur, qui ne tient aux parties voisines que par un tissu cellulaire très lâche. La portion transversale, au contraire, est entourée de tous côtés par le péritoine.

De la portion libre de cette tunique péritonéale naissent les appendices épiploïques ( appendices epiploicæ ) .

correspond à la prostate ; dans tout le reste de son étendue, elle est enveloppée par les sphincters. Sa structure est fort différente de celle des deux autres portions. En effet, lorsque le rectum, arrivé sous la prostate, s’est courbé; pour la seconde fois, sa tunique charnue, très épaisse et à fibres longitudinales très nombreuses, se termine brusquement; la muqueuse seule s’avance jusqu’à la peau, environnée de fibres musculeuses circulaires appartenant aux sphincters , qui forment par leur assemblage une espèce d’anneau, beaucoup plus mince à son origine que du côté de la peau , où il devient plus épais, et où il donne naissance à deux prolongemens en forme de queues, dont l’antérieur, plus long, se dirige vers la bulbe de l’urètre, et se confond là avec le bulbo-caverneux, tandis que le postérieur se porte vers le coccyx. Revêtu à son intérieur par la fin de la tunique muqueuse de l’intestin, et uni en avant et en haut à la prostate, cet anneau musculeux correspond de toutes parts à un tissu cellulaire très abondant et graisseux. Ainsi la portion supérieure du rectum est mobile et revêtue par le péritoine, tandis que la moyenne et l’inférieure formant ensemble une longueur de quatre pouces au moins, environnée de tous côtés par un tissu cellulaire abondant , sont fixes et dépourvues d’enveloppe péritonéale. ( Note des traducteurs. )

[}. Membrane musculeuse.

3177. La membrane musculeuse du gros intestin , le rectum excepté , est mince, plus mince même que celle de l’intestin grêle. Elle se compose d’ailleurs, comme partout, de fibres longitudinales et de fibres transversales.

Les fibres longitudinales distinguent le gros intestin de toutes les autres portions du canal intestinal , sous ce point de vue que, généralement parlant, elles sont réunies en trois bandelettes placées presque à égale distance les unes des autres , larges de quatre à six lignes , et dont l’épaisseur augmente peu à peu de la circonférence au milieu. De ces bandelettes , l’une est située en arrière , et correspond au point où l’intestin se trouve retenu par le péritoine ; la seconde , antérieure , marche, dans la portion moyenne, au-dessous de l’insertion de l’épiploon; la troisième occupe le côté interne des portions ascendante et descendante, et le côté inférieur de la portion transversale, où elle est parfaitement libre. Toutes se terminent à l’appendice vermiforme et aux fibres longitudinales du rectum. C’est de cet isolement des fibres longitudinales du gros intestin que dépend l’épaisseur moins considérable de sa tunique musculeuse. Les bandelettes elles-mêmes sont d’autant plus épaisses, qu’elles doivent naissance à la réunion d’un plus grand nombre de ces fibres. Elles ont une épaisseur d’une demi-ligne, de manière que celle de la tunique musculeuse est considérable dans les points qui leur correspondent.

Mais, entre ces trois bandelettes, on trouve encore, çà et là, plusieurs faisceaux isolés de fibres longitudinales, et chez les sujets dont le système musculaire a pris beaucoup de développement, le gros intestin est entouré tout entier par une couche de ces fibres, disposée cependant toujours de telle manière que les fibres intermédiaires sont beaucoup moins fortes que les trois bandelettes.

Les fibres circulaires entourent constamment la circonférence tout entière de l’intestin, mais elles sont beaucoup plus faibles que les longitudinales.

AJXAT0M1E SPÉCIALE.

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y. Membrane muqueuse.

a 178. La membrane muqueuse est parfaitement lisse, lorsqu’on la considère d’une manière superficielle; mais quand on l’examine avec attention , on reconnaît qu’elle est chargée d’inégalités produites par une multitude de petits enfoncemens, arrondis, oblongs, très serrés les uns contre les autres, et qui ressemblent à des piqûres d’épingles. Ces enfoncemens lui donnent un aspect chagriné , ou l’apparence d’un gâteau d’abeilles , comme on le voit à la face interne de la membrane muqueuse de l’estomac (1). Les élévations qui les séparent, occupent un plus grand espace qu’eux , et peuvent être considérées comme correspondant aux villosités de l’intestin grêle. Cependant la disposition de la membrane interne des deux sections du canal intestinal est extrêmement différente à l’endroit même où s’opère la jonction, et ces deux sections sont séparées tout-à-coup par une ligne de démarcation bien tranchée, quoiqu’elles se continuent sans interruption l’une avec l’autre.

Il n’est pas possible de déterminer si ces enfoncemens sont chargés, plus particulièrement que les autres points, d’accomplir une sécrétion. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’ils ne sont point entourés d’une substance différente de celle du reste de la membrane muqueuse , mais que cette dernière s’y montre plus mince et plus transparente que dans les intervalles.

La membrane muqueuse du gros intestin est pourvue d’une quantité extraordinaire de glandes mucipares , qui sont isolées, ou réunies soit deux à deux , soit trois à trois, et placées à peu de distance les unes des autres. Ces glandes représentent de petits enfoncemens garnis d’un bord plus ou moins élevé. On les distingue surtout très bien dans les intestins que l’action de l’alcool a durcis, parce qu’alors la membrane interne s’est resserrée sur elle-même, et a pris une couleur brunâtre. Elles sont formées en partie par la réunion de plusieurs des plus petites glandes (2).

(1) Cette observation avait déjà été faite par Hewson ( Exp . Inq., p. 11, p. i74).

(2) Galeati, loc. cil., fig. 5.

f. Muscles de l’anus.

217g. L’extrémité inférieure du rectum est soumise à l’empire de la volonté, et mise en mouvement par plusieurs muscles, qui sont les sphincters, les releveurs de l’anus et les transverses du périnée. Je ne décrirai ici que les sphincters, renvoyant l’histoire des autres au chapitre des organes de la génération, avec lesquels ils ont des rapports plus intimes qu’avec l’anus.

2180. L’anus a deux sphincters, un internent, un externe, qui ne sont, au fond, tous les deux, que le résultat d’un développement plus considérable des fibres circulaires du rectum.

ot. Sphincter interne.

2181. Le sphincter interne ( musculus sphincter ani internus ) est surtout celui dans lequel on ne peut méconnaître l’origine que je viens d’indiquer; car les fibres longitudinales du rectum manquent dans l’étendue de trois à quatre lignes, les circulaires deviennent plus rouges et plus épaisses, et elles prennent la forme d’un anneau aplati, qui dépasse les fibres longitudinales. Cet anneau a trois ou quatre lignes de haut, sur deux lignes à peu près d’épaisseur. Il est situé immédiatement sous la peau.

fi. Sphincter externe.

2182. Le sphincter externe ( musculus sphincter ani externus ) est considérable, plus fort que le précédent, et bien distinct de lui, quoiqu’il l’entoure exactement. On le trouve sous la peau, à laquelle il adhère d’une manière très intime. Il est aplati et mince. Ses fibres internes sont moins arquées que les externes. Les antérieures et les postérieures s’unissent à angle aigu. Il se termine en pointe, tant à son extrémité antérieure qu’à son extrémité postérieure.

L’extrémité postérieure s’attache à la face postérieure de la dernière pièce du coccyx , soit immédiatement , soit au moyen d’un tissu cellulaire condensé.

/j 12 ANATOMIE SPECIALE.

L’antérieure se confond avec le muscle transverse du périnée, et ordinairement aussi, chez l’homme, avec l’extrémité postérieure du bulbo-caverneux ; chez la femme, avec celle du constricteur du vagin. IVlais il lui arrive souvent aussi de se terminer au périnée, soit par des fibres charnues, soit par des fibres tendineuses, sans s’étendre jusqu’à l’un ou l’autre de ces deux muscles.

Chez l’homme, il est oblong, et son plus grand diamètre s’étend d’avant en arrière. Chez la femme, il est plus circulaire, surtout à sa partie moyenne, plus large et plus fort. Ces différences tiennent, sans contredit, à celles qui existent, entre les deux sexes, dans la forme du bassin et des parties génitales externes.

g. Fonctions du gros intestin.

2i85. Le gros intestin absorbe la petite quantité de substance propre à la nutrition que renferment encore les matières qui arrivent dans son intérieur, et chasse le reste vers l’anus. Dans ce trajet, les excrémens deviennent, peu à peu, de plus en pins durs et solides. L’action de la membrane musculeuse finit par les expulser, après avoir surmonté la résistance des sphincters, avec ou sans le concours de la volonté. Cette expulsion se fait toujours d’une manière périodique.

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