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II. ALTÉRATIONS DE TEXTE RE

2 197. Une altération de texture du canal intestinal, mais principalement de l’estomac, qu’il n’estpas rare d’observer, consisté dans le ramollissement ou Y amincissement , qui peut même aller jusqu’au point d’amener une wév\\.a\Ae perforation ( 1). On ren-

(1) Chaussier a très bien décrit les perforations de l’estomac. Nous citerons textuellement ses paroles. Les ulcérations et perforations de l’estomac varient pour la forme, la situation , l’étendue. Elles sont ou petites et circulaires, ou assez grandes pour qu’on puisse y passer la main. Elles peuvent survenir en tout point quelconque de l’estomac; mais c’est par ticulièrement à la base de cet organe, à la portion qui correspond à la rate et au diaphragme, qu’on les observe. Les alimens alors s’épanchent quelquefois dans l’abdomen, ou dans le thorax , si le diaphragme est percé. Mais, le plus souvent, il n’y a pas d’épanchement, la portion de l’estomac ulcérée s’étant accollée aux parties voisines. Si on détruit ces adhérences, qui sont légères , il s’écoule alors de l’estomac un liquide visqueux et onctueux au toucher, sans fétidité , ayant quelquefois une odeur musquée, toujours brunâtre et mélangé de flocons ou molécules noirâtres, comme si une poudre de charbon très line était délayée dans une sérosité muqueuse. Les bords sont mous, frangés, quelquefois enduits d’une ligne noirâtre plus ou moins marquée. Partout ailleurs l’estomac conserve sa forme , sa consistance ordinaire. Nulle part il n’oflre de trace d’engorgement , d’inflammation : seulement les réseaux capillaires de sa membrane folliculaire paraissent être plus développés, surtout dans le voisinage de la perforation. Quelquefois ces changemens se forment subitement, en peu d’heures, chez des personnes saines : le plus souvent c’est après quelques jours de maladie, et lorsqu’on ne peut aucunement soupçonner une cause de violence extérieure ou d’empoisonnement (Bulletin des sciences medicales du departement de l’Eure, n°53, p. 7). Consultez aussi , sur ce sujet, qui touche à l’une des plus importantes questions de la médecine légale : Gérard, Des perforations spontanées de l’estomac , Paris, an xu. — Morin, Considérations générales sur l’érosion, Paris, 1806. — G. Laisné, Considérations médico-légales sur les érosions et perforations spontanées de l’estomac; dans le recueil intitulé Médecine légale, Paris, 1819, p. 1 55. — J. Cloquet, Sur les perforations intestinales; dans Nouveau journal de médecine, t. I, p. 107, — Serres, Observa • tion d’une perforation de l’œsophage : dans Revue médicale, t. X, p. 166. — Id., Observations de perforations intestinales ; même recueil, t. X, p. 170. — E. Legallois, Plusieurs perforations du canal intestinal et spécialement des gros intestins, à la suite d’une affection tuberculeuse ; dans Archiv. gén, de

contre principalement cette altération dans le grand cul-de-sac et à la paroi postérieure de l’estomac, elelle débute par la membrane interne, qui paraît toujours très rouge en cet endroit. Les bords de la perforation sont très irréguliers, mais diffèrent de ceux d’une ulcération perforativc par l’absence totale de l’épaississement et de la dureté des bords , qui sont au contraire fort amincis et ramollis. Quelquefois ce changement n’arrive qu’après la mort ; dans d’autres cas il s’établit pendant la vie ; mais , dans l’une et l’autre circonstance , il dépend de l’action du suc gastrique sur l’estomac , et on peut le considérer comme l’effet de la digestion des membranes stomacales par ce suc, effet qui résulte, lorsque la perforation s’opère durant la vie , de ce qu’il s’est opéré un changement quelconque dans la composition chimique du fluide gastrique (i). Lorsque l’estomac est ainsi détruit sur un point, le ramollissement produit par l’action du liquide épanché s’étend aussi aux parties voisines (2).

mèd ., t. VI, p- 68. — Louis, Du ramollissement avec amincissement et de la destruction de la membrane muqueuse de l’estomac; même recueil, t. V, p. 5. — Abercrombie, Observations sur l’inflammation et l’ ulcération de l’estomac ; même recueil, t. V, p. 44/- — Louis , Observations relatives aux perforations spontanées de l’intestin grcle , dans les maladies aiguës ; même recueil, t. I, p. 17. — XJ. Coste , Observations sur les perforations de l’estomac ; dans Journ. unie, des sc. mèd. , t. XXIX , p. 267.

(Note des traducteurs.)

( 1) Cette opinion est celie de Hunter. On ne saurait l’admettre. Elle repose sur l’idée que Hunter se faisait du sac gastrique, d’après Spallanzani. Mais il est bien constant que le suc gastrique n’existe pas tel que ces deux physiologistes le concevaient, qu’il ne s’accumule point dans l’estomac entre les repas, qu’il n’est sécrété qu’à l’instant où le viscère est plein d’alimens, que la sécrétion s’en fait consécutivement à l’impression produite par ces derniers, et que, loin d’être identique, il- varie sans cesse selon la nalure des substances dont il doit opérer la chymification. D’ailleurs on n’a jamais trouvé l’estomac perforé dans les nombreux cas de mort par abstinence qui ont été observés jusqu’à présent, et celui que cite Hunter doit être rapporté aux érosions dont nous avons parlé dans la note précédente. — Consultez à ce sujet : F.-G. Grcdecke , De dissolulione ventriculi , sive de digestione quam dicunt ventriculi post mortem , Berlin, 1823. (Note des traducteurs.)

(2) Yelloly, Observations on tlie vascular appearance in the human sto mach , which is frcquently mistahen for inflcrmmation of tliat organ; dans Med. chir. trans., vol. IV, p. 374*425.

2198. Le canal alimentaire s'enfamme(i) très souvent, surtout dans sa membrane muqueuse.

A l’égard de l’inflammation de l’estomac, je dois faire remarquer que la membrane interne de ce viscère, qui est la

plus sujette à se phlogoser, à raison des nombreux vaisseaux qu’elle reçoit, de l’activité plastique dont elle est douée, de ses connexions avec la peau, et de l’influence directe que les substances délétères exercent sur elle, offre souvent, sans être le siège d’une inflammation , une teinte rouge très foncée , qui tient à l’accumulation du sang dans les capillaires veineux, et qu’on observe surtout à la suite des genres de mort qui favorisent la stase du' sang dans ces vaisseaux , en s’opposant à son retour vers le cœur.

Dans l'inflammation de la membrane muqueuse, le mucus devient plus épais et plus solide. En même temps il arrive souventquede la fibrine se trouve exsudée, tant à la face interne que dans la substance de cette membrane. Le résultat du premierde ces deux phénomènes est la formation de cylindres plus ou moins épais, pleins ou creux, qui sortent par l’anus, et qu’on a eu tort de prendre pour les membranes elles-mêmes de l’intestin. Le second a pour effet d’épaissir les parois , et de rétrécir ainsi la cavité du canal. Dans ce dernier cas on rencontre même quelquefois des adhérences partielles, qui sont rares néanmoins , et qui ne s’établissent vraisemblablement qu’à la suite des ulcérations (2).

Les ulcères de la membrane muqueuse ont ordinairement des bords un peu renversés, inégaux et durs ; mais quelquefois aussi leurs bords sont lisses et comme coupés net.

L’inflammation et la suppuration ont assez souvent pour résultat la formation d’une fistule à T anus ( fislula ani. ), c’està-dire d’un canal qui commence à la face interne du rectum, descend sur les côtés de cet intestin, et va s’ouvrir au voi-

(1) Scoutetten , Recherches d’anatomie pathologique , démontrant le rapport qui existe entre l’irritation de la membrane muqueuse du canal intestinal et celle de laméningine; dans Journ. univ. des sc. mcd. , t. XXVIII, p. 257.

(2) Monro, Morb.anat., lab. tii.

sinage de i’anus. Comme tous les trajets fistuleux, ce canal est revêtu à l’intérieur d’un épiderme qui ressemhle aux membranes muqueuses, et entouré d’un tissu cellulaire condensé (1).

Dans la dysenterie , inflammation dont la membrane muqueuse du gros intestin, du rectum surtout, est le siège principal, il arrive souvent que cette membrane est frappée de mortification sur plusieurs points de son étendue, et qu’il se forme des eschares noires et sèches à sa surface.

Tous ces phénomènes sont ordinairement bornés à la membrane muqueuse. Cependant la dégénération tuberculeuse , d’où résultent des masses arrondies, blanchâtres et dures, s’étend de cette membrane à la face externe de l’organe, où elle produit des saillies plus ou moins sensibles. Cette dégénérescence s’observe communément dans la dernière période de la phthisie pulmonaire tuberculeuse, surtout dans l’intestin grêle. Les ulcérations se propagent aussi à toutes les membranes de l’estomac, et s’étendent ainsi peu à peu du dedans au dehors. Elles n’ont pas pour résultat nécessaire l’épanchement dans le bas- ventre des substances que l’organe renferme, et même cet accident est assez rare , proportion gardée, en raison des adhérences qui s’établissent avec les parties voisines, ou parce que l’ouverture communique soit avec une autre portion du canal intestinal, soit même avec l’extérieur , lorsque la patoi abdominale est adhérente à l’organe malade.

L’inflammation de la tunique péritonéale du canal alimentaire est très souvent suivie d’adhérences plus ou moins intimes et plus ou moins générales entre les diverses portions du conduit. Ces adhérences sont quelquefois si nombreuses et si intimes que le paquet intestinal ne forme plus qu’une masse , qu’il est impossible de l’isoler de la substance qui l’empâte, et qu’il représente seulement un canal creusé au milieu d’une masse informe.

(1) J. Howship, Praciical observations on tlie most common diseases of tlic lowcr intestines and anus, Londres, 1820. — C. Bell, A treatise on the diseases of the urethra, vesica urinaria, prostata and rectum, Londres , 1820. — T. Copeland, Observations on the principal diseases of the rectum and anus , Londres , 1814.

L’une des altérations de texture les plus communes dans le canal intestinal, est la dégénérescence squirrheuse, qui se propage de la tunique yasculeuse et des glandes mucipares, où elle a primitivement son siège, aux membranes muqueuse et musculeuse. Elle a pour résultat de confondre ensemble toutes les tuniques, de les épaissir et de les endurcir, état qui finit par dégénérer en ulcération carcinomateuse (1). Cette altération de texture entraîne aussi un rétrécissement, souvent très considérable, du canal. On l’observe plus particulièrement au pylore, à la fin du colon descendant et du rectum, ce qui tient peut-être uniquement à ce que ces parties étant disposées de manière à retenir plus long-temps les substances qui les traversent, sont aussi plus exposées que d’autres à l’irritation et à ses conséquences. Mais la dégénérescence s’étend aussi aune distance plus ou moins considérable de son foyer primitif, de manière qu’elle envahit quelquefois l’estomac tout entier et une portion fort étendue du canal intestinal.

Il est extrêmement probable qu’on doit ranger ici l’altération pathologique décrite par Monro, qui consiste en un dépôt de substance albumineuse dans la tunique yasculeuse, car tous les caractères essentiels sont les mêmes, et elle ne diffère du cancer ordinaire que par sa configuration, attendu qu’elle se présente sous la forme de petits corps arrondis (2).

Les excroissances fongueuses de la membrane muqueuse sont beaucoup plus rares. Cependant on en a rencontré dans tous les points du canal intestinal. Ainsi les auteurs ont décrit quelques cas de polypes très considérables de l’estomac, dont un entre autres s’étendait depuis l’orifice cardiaque jusque dans l’intérieur du duodénum (3). J’ai trouvé moi-même dernièrement, dans le cadavre d’un jeune homme qui avait été

(1) Bourdon, Observations sur i/uelr/ues maladies de l’estomac; dans Rev ue médicale , mai 1824.

(2) Morbid. anat. , p. 17.

(5) Breschet, Tumeur polypeuse développée dans l’ estomac ; dans Bull, de la fac. de mcd., t. V, 1817, p. 376. On trouve d’autres cas de ce genre dans Monro, Morbid. anat. 3 tab. vr, — Fabre, Gazette de santé, juin. i8i5.

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