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souvent tourmenté par des affections du bas-ventre, et qui mourut d’une entérite violente , deux excroissance^ de la membrane muqueuse de l'intestin grêle , dont l’une, ayant ù peu près quatre lignes de diamètre, était couverte de tous côtés parla membrane muqueuse, tandis que l’autre, ayant un pouce de diamètre, avait détruit cette membrane, et se montrait à découvert. Ces excroissances sont plus communes que partout ailleurs dans le rectum (i). Elles ne se ressemblent que sous le point de vue de la configuration , car elles diffèrent beaucoup les unes des autres relativement à leur texture, attendu qu’elles sont tantôt très dures et solides, tantôt spongieuses et d’un tissu lâche et mou. Les premières appartiennent probablement A la classe des fibro-cartilagcs, et les autres à celles des fongus hématodes. On ne peut douter qu’une tumeur de la membrane interne que Monro a décrite sous le nom de tumeur semblable à la laitance de poisson[milt-like) , et qui affecte surtout l’estomac, ne soit un fongus hématode (2).
En examinant les viscères d’individus qui avaient succombé à une variole très intense, j’ai trouvé, à la vérité, la membrane interne du canal intestinal très rouge, mais je n’y ai jamais rencontré de pustules varioliques.
Il est très rare que les tissus normaux se reproduisent d’une manière anormale dans le canal intestinal. Cependant on doit ranger ici les tumeurs graisseuses qui se développent à la face interne de la membrane muqueuse (3) , les poils qu’on a trouvés, tantôt seuls à la surface de l’intestin (4), tantôt accompagnés de dents , dans l’estomac (5) , les ossifications de la face interne de l’intestin (6), et enfin, du moins dans certains cas ,
{1) Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie, t. II, . p. u, p. 5n. — Laracine , Observation sur une tumeur fongueuse pédiculée dans le rectum; dans Bull.de la soc. méd. d’émul., septembre 1821.
(2) Morbid anatomy, p. 160. — Rullier, Sur le cancer de l’estomac; dans Archiv. gén. de méd. , t. II , p.’38o.
(3) Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie, t. II, p. 11 , p. 124.
(4) Meckel, Mémoire sur les poils et tes dents qui se développent accidentellement dans le corps; dans Journ. compl. des sc. méd., t. IV, p. 122 et 217.
(5) Ruysch , Advers. anat.; déc. 111.
(6) Meckel, Handbuch der pathologischen Analcmic, t. II, p. u, p. 227*
les hémorrhoïdes, lorsqu’elles constituent des formations caverneuses.
219g. Les corps étrangers de diverses espèces sont assez communs à rencontrer dans la portion abdominale du canal alimentaire , surtout dans l’intestin.
Les plus communs sont les vers intestinaux, qu’on observe en effet bien plus souvent dans cet organe que dans aucune autre partie du corps. Les ascarides lombricoïdes et les taenias vivent dans l’intestin grêle, le tricocéphale dans' le gros intestin , et surtout dans le cæcum , enfin les ascarides vermiculaires dans le gros intestin , et particulièrement dans le rectum. Ces vers ne s’introduisent dans l’estomac que par accident, et la plupart du temps même après la mort seulement. Les ouvertures par lesquelles ils passent quelquefois , pour se glisser dans la cavité péritonéale, ne sont pas produites par eux.
D’autres corps étrangers , beaucoup plus rares, sont les concrétions qui s’introduisent accidentellement dans le canal intestinal. Les plus communs sont les calculs biliaires, qui y descendent de la vésicule du fiel. Viennent ensuite les concrétions abdominales, qui se forment en totalité ou en partie dans l’intestin (1).
ARTICLE IV
DES ORGANES GLANDULEUX DE LA PORTION ABDOMINALE DE l’appareil DIGESTIF.
2200. Les organes glanduleux de la portion abdominale de l’appareil digestif (2), appelés aussi, de concert avec l’estomac, viscères chylopoiétiques (yiscera chylopoietica ) , sont le foie , le pancréas et la rate. Ils sont situés dans la moitié supé-
(1) Meckel, Remarques sur les concrétions qui se rencontrent dans le canal intestinal chez, l’homme; dans Journ. compl. des sc. méd., t. III, p. ia5.
(a) J. Fantoni , De jecore, liens et pancrcale ; dans Diss. renov., Turin ,
rieure du bas- ventre, et ont d’étroites* connexions , tant les uns avec les autres, qu’avec l’estomac et le duodénum, sous le rapport non seulement de la situation, mais encore des vaisseaux et des nerfs qu’ils reçoivent, et même de la continuité de substance, la rate toutefois exceptée sous ce dernier rapport. En effet, ils reçoivent le sang par un même tronc, l’artère cœliaque; leurs nerfs proviennent d’une même source, le plexus solaire; enfin les canaux excréteurs du foie et du pancréas, qui s’ouvrent dans le duodénum, sont réellement des prolongemens de la membrane interne de cet intestin.