A. FOIE EN LUI-MÊME
a. Situation.
2201. Le foie ( hepar , jecur ) (1), la plus grosse de toutes les glandes du corps, occupe toute la région hypochondriuque droite, la partie supérieure de la région épigastrique, et, chez la femme surtout , une portion de la région hypochondriaque gauche. Il descend bien plus bas du côté droit que du côté gauche, de manière qu’il est situé obliquement de bas en haut et de droite à gauche. Du côté gauche, il se termine à peu de distance de l’extrémité supérieure de la rate. Sa partie
(1) A. Rolfînk, De hepate, léna, i633. — F. Glisson, Anatomia hepatis, Londres, i654. — M. Malpighi, De hepate; dans De viscerum structura , Bologne, 1666. — J.-B. Bianchi, Historia hepatica, Turin, 1711. — A. Bertrandi, De hepate et oculo, Turin, 1748. — A. Franken, Hist. hepat. anat., Leyde , 1748. — J. -G. Gunz, Obs. circa hepar, Léipsick, 1748. — A. Ferrein, Sur la structure des viscères nommés glanduleux, et particulièrement sur celle des reins et du foie; dans Mém. de Paris, 1749, P- 709. — M. Ambodick, De hepate, Strasbourg, 1775. — F. -A. Walter, De structura hepatis et vesiculœ fellce; dans Annot. acad. Berlin, 1786. — Saunders, A treatise on the structure , œconomy and diseases of the lever, Londres, *798- — J.-M. Mappes, Diss. de penitiori hepatis humani structura, Tubingue, 1817. — Id., Quelques considérations sur la structure du foie cl du rein; dans Journ. compl. des sc. mcd. , t. XII, p. 223, — J. -F. Beltz, Qumdam de hepatis dignitate , Berlin, 1822.
gauche couvre l’estomac; la droite couvre ordinairement le rein droit tout entier, en arrière; mais, quelquefois aussi, lorsque cet organe est placé plus bas qu’il n’a coutume de l’être, elle n’en couvre que la partie supérieure.
b. Dimensions et poids.
2202. Le diamètre transversal du l'oie, le plus grand de tous, est ordinairement de dix à douze pouces chez l’adulte. L’antéro-postérieur est de six à sept pouces. La glande a deux pouces de haut au côté droit, endroit où elle offre le plus d’épaisseur.
Le poids du foie s’élève, terme moyen, à quatre livres chez l’adulte. Il est donc à celui du corps entier dans la proportion de 1 à 36 environ.
c. Configuration.
2203. Le foie a une forme irrégulière, qui se rapproche de celle d’un carré long. Il est beaucoup plus épais d’un côlé à l’autre que d’avant en arrière, et surtout que de haut en bas.
22o4> On le divise en deux lobes ( lobi ) , le droit et le gauche, séparés l’un de l’autre, à la face supérieure , par le ligament suspenseur, au bord antérieur, par une échancrure profonde, et à la face inférieure, par le sillon longitudinal gauche, qui parcourt toute la largeur de la glande.
22o5. Le lobe droit ( lobus hepatis dexter, s. major ) est à reu près quatre fois pins gros que le gauche ( lobus hepatis sinister , s. rninor), et le surpasse de beaucoup dans toutes ses dimensions, mais principalement sous le rapport de l’épaisseur.
La face supérieure est uniformément convexe. L’inférieure offre des élévations et des enfoncemens qui la rendent fort inégale.
Ces inégalités sqnt en rapport avec les vaisseaux sanguins , lymphatiques et biliaires qui entrent dans le foie ou qui en sortent, et correspondent aux scissures ( hilus) des autres organes glanduleux.,
Les deux bords du foie , Y antérieur ou inférieur, et le posté-
rieur ou supérieur , sont en général convexes; mais le premier l’est plus que l’autre. L’antérieur est mince et tranchant , le postérieur épais et mousse, de manière que les faces supérieure et inférieure s’y réunissent par une gradation insensible, quoiqu’il y ait cependant entre elles une ligne de démarcation bien prononcée.
La portion gauche de la face inférieure du lobe droit, qui est la plus petite, et qui occupe le milieu de la face inférieure du foie considéré dans son ensemble, a la forme d’une H couchée d’avant en arrière, dont la barre transversale et les deux jambes sont formées par les sillons ( sulci , s. foveæ ) convergens en arrière de la face inférieure du foie, entre lesquels se trouvent des élévations ( lobuli ).
2206. Le sillon médian ou transversal ( sulcus intermedius , s. transversus ) est situé à peu près dans le milieu, un peu plus près cependant du bord postérieur que de l’antérieur. On y remarque le commencement du conduit excréteur du foie, ou canal hépatique ( ductus hepaticus), le commencement de la portion artérieuse de la veine porte et les artères hépatiques. Le canal hépatique est situé tout-à-fait en devant; la veine porte se trouve entre une série antérieure et une série postérieure de ramifications de l’artère hépatique. Ces trois vaisseaux se partagent chacun en une branche droite et une branche gauche; les deux rameaux de l’artère hépatique sont le plus ordinairement tout -à- fait distincts et séparés l’un de l’autre.
2207. Le sillon longitudinal gauche ( fossa longitudinale sinistra ), qui sépare le lobe droit du lobe gauche, s’étend du bord antérieur au bord postérieur. L’extrémité gauche de la veine porte, qui s’y ouvre , le partage en deux moitiés, l’une antérieure, plus longue et plus profonde, l’autre postérieure, plus petite et plus superficielle.
La moitié antérieure {fovea pro vena umbilicali, s. ligamento terete) loge la veine ombilicale ou le ligament rond du foie.
Gunz avait déjà reconnu , quoique la plupart des anatomistes disent le contraire , que cette moitié antérieure est presque toujours convertie en un véritable canal , comme
chez presque tous les animaux, par une ou plusieurs bandelettes de la substance du foie, qui s’étendent, en manière de pont , de la face inférieure du grand lobe à celle du petit, et qui sont quelquefois aussi remplacées par un simple prolongement de la capsule péritonéale de la glande.
La moitié postérieure du sillon longitudinal gauche, qui est plus superficielle que l’antérieure, surtout vers le lobe gauche, loge le canal veineux ( fossa procluctu venoso ) , qui s’y dirige d’avant en arriére , de bas en haut , et vers sa fin un peu de gauche à droite.
Elle se continue en arrière avec le sillon de la veine cave inférieure.
Il est rare de la trouver étroitement unie avec le canal veineux par une couche de la substance du foie , qui alors est toujours très mince.
2208. Le sillon longitudinal droit [fossa longitudinalis dextra ) est beaucoup moins profond, et sa partie antérieure, séparée de la postérieure par la porte, diffère beaucoup de cette dernière sous le rapport tant de la forme que du degré d’importance.
L’antérieure, plus plane et non tapissée parle péritoine, reçoit la vésicule du fiel ( fossa pro vesicula fellea). Cet enfoncement est presque toujours indiqué, en devant , par une échancrure plus ou moins profonde, et quelquefois , vers son extrémité antérieure , il communique avec la face supérieure du foie par une véritable ouverture.
La postérieure, qui se dirige de bas en haut, et qui se continue avec le bord postérieur, porte le nom de fosse de la veine cave [fossa vente cavœ ), parce qu’elle reçoit la partie supérieure de la veine cave inférieure. Elle se confond, en arrière, dans le bord mousse du foie, avec le sillon du canal veineux. Il est rare qu’elle soit convertie totalement ou partiellement en canal par une bandelette de la substance du foie.
De cette fosse partent, de bas en haut, plusieurs petites veines hépatiques, au nombre de vingt environ, qui marchent par paires les unes à côté des autres, et qui se jettent dans la veine cave inférieure ; mais de sa partie supérieure naissent 5. 29
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deux gros troncs veineux, l’un à droite, l’autre à gauche ,
qui se comportent de la même manière.
Ainsi la veine cave suit, dans la disposition de ses branches, la même loi que les autres vaisseaux du foie, et, quoique ce dernier soit un organe simple, il semble, par cela même, composé de deux moitiés , l’une à gauche , l’autre à droite.
Ses sillons vasculaires sont bien séparés l’un de l’autre, à la face inférieure, par le lobe moyen postérieur; cependant ils se confondent réellement ensemble en arrière.
220g. La portion de la face inférieure du foie située entre les deux sillons longitudinaux est partagée par l’éminenceporte en deux moitiés , l’une antérieure, l’autre postérieure.
L’antérieure , plus profonde , située entre les enfoncemens de la vésicule biliaire et de la veine ombilicale d'un côté , l’éminence porte et le bord antérieur de l’autre, a reçu, en raison de sa forme , le nom de lobe carré ( lobus quadratus ).
La postérieure, plus petite, plus alongée, plus étroite, mais plus saillante, parce qu’elle se trouve sur une base moins large, est située entre la porte, le sillon de la veine cave inférieure, celui du canal veineux et le bord postérieur. On l’appelle lobe de Spigel ( lobalus Spigelii, s. caudatus).
2210. La portion droite de la face inférieure du grand lobe, qui est la plus étendue et la plus épaisse de beaucoup , offre une Convexité ou une concavité uniforme.
221 1. Le lobe gauche , qui est bien plus petit et plus mince, se termine peu à peu par une extrémité mousse. Sa face supérieure et sa face inférieure sont lisses et unies toutes deux.
Indépendamment des échancrures que j’ai décrites , il n’est pas rare d'en trouver, surtout au lobe droit, d’autres plus ou moins considérables, qui ne sont pas constantes, et qui rappellent que , chez les mammifères , le foie est ordinairement partagé en plusieurs lobes.
d. Attaches.
2212. Le foie est enveloppé de tous côtés par le péritoine, à 1 exception de la partie droite de son bord postérieur et de la portion de sa face inférieure que couvre la vésicule du fiel.
Cette membrane se réfléchit sur lui , en arrière par son bord mousse , en devant par l’éminence porte ou le ligament suspenseur. Il n’existe point d’autre enveloppe entre elle et le tissu même de la glande, dans la plus grande partie de l’étendue de cette dernière ; cependant on trouve une couche intermédiaire assez épaisse de tissu cellulaire à la partie postérieure de la face supérieure , près du bord.
221 3. Le foie est retenu en position par plusieurs replis du péritoine , savoir :
i° Par le ligament coronaire , à son bord postérieur.
2° Par les ligamens triangulaires , droit et gauche , qui forment ses extrémités droite et gauche, à la face inférieure du diaphragme.
3° Parle ligament sus-penseur, qui l’attache à la face inférieure du diaphragme et à la ligne blanche.
Le petit épiploon l’unit à la petite courbure de l’estomac.
Un tissu cellulaire court Punit aussi, d’une manière très lâche, au rein droit , qu’il reçoit dans un enfoncement de la face inférieure de son lobe droit.
e. Couleur, pesanteur spécifique et consistance.
2214. La couleur du foie est d’un rouge brun chez les jeunes gens et les personnes à la fleur de l’âge. Elle devient plus foncée, noirâtre , dans la vieillesse.
Sa pesanteur spécifique est à peu près dans la proportion de 1 5 à 10.
Sa substance est ferme, mais cassante; aussi le foie est-il un des organes qui se déchirent le plus souvent, sans lésion même des parties externes, lorsqu’une violence extérieure porte son action sur les parois de l’abdomen.
f. Texture.
221 5. Le parenchyme du foie n’est pas absolument homogène. A la vérité on ne trouve pas , comme dans les autres glandes et l’encéphale, les deux substances dont il se compose séparées l’une de l’autre , de manière que l’une soit placée à
^5a ANATOMIE SPÉCIALE.
l’extérieur et l’autre à l’intérieur. Mais, dans quelque point qu’on l’examine, on distingue facilement ces deux substances, qui alternent partout l’une avec l’autre. Au premier aperçu , elles semblent fumier des bandelettes ondulées, épaisses d’une demi-ligne à peu près ; mais lorsqu’on}' apporte un peu plus d’attention, ou reconnaît que la jaune forme une masse cohérente dans toutes les parties de la glande, qu’elle y produit une multitude d’élévations et d’enfoncemcns , quoique offrant d’assez nombreuses interruptions , et qu’elle représente par conséquent un réseau très compliqué. Dans les intervalles, qui ont à peu près ime ligne de diamètre, et qui soûl polygones , étoilés , on trouve la substance foncée , qui ne forme pas un tout cohérent comme la précédente, et qui est plus molle, moins transparente qu’elle. Ferrein avait déjà fort bien distingué ces deux substances l’une de l’autre (1). Haller (2) et Gunz (5) ont parlé aussi de sa découverte. Autenrieth (4) , Biçhat (5) , Cloquct (6) et Mappes (7) ont également signalé cette structure, qu’il m’a toujours paru très facile de reconnaître , de sorte que je considère comme erronée l’opinion (8) suivant laquelle on l’aurait admise d’une manière purement arbitraire. Mais les physiologistes ne s’accordent point en ce qui concerne les usages qu’on doit lui attribuer. Ferrein donne le nom de moelle à la substance foncée , et celui d 'écorce îx la substance claire, tandis qu’Autenrieth et Mappes emploient ces deux expressions dans un sens opposé. La manière de voir de ces deux derniers écrivains me paraît être plus juste que l’autre, en ayant égard, soit à la différence qui existe dans la consistance et la transparence des deux substances , soit à leur
(1) Mém. de Paris, 1755, Hibt, 5i.
(2) Bibl. anat., II, p. 253.
(3) De liepatc , p. 28.
(4) blcber die Rindensubstanz der Leber; dans Reil, Archiv fur die Physiologie,*. Ml, 1817, p. 299-308.
(5) Anal, dcscript. , t. V, p. g3.
(6) Traite d’anat t. Iï, p. ioÔ2 . io35.
(1) Loe. cit., p. 6.
(8) Portai, Anat. prat., i8o4, t. V, p. 378.
DSS OiiGANES DE LA DIGESTION.
couleur, soit enfin à leur disposition sous le point de vue de la continuité , puisque, sous tous ces rapports, la substance claire ressemble davantage à la substance médullaire de l’encéphale , de la moelle épinière et des reins, et la substance foncée à la substance corticale de ces derniers organes.
Lorsqu’on examine la substance médullaire jaune avec attention, elle paraît formée de petits points ou grains.
On peut donner le nom de lobules ( acini ) aux petits amas de substance médullaire et de substance corticale réunies, quoique ces lobules se confondent ensemble bien plus qu’ils ne le font clans les autres glandes, qu’ils ne soient pas séparés les uns des autres par des intervalles remplis seulement de tissu cellulaire, et que le foie ait par conséquent une structure bien moins lobuleuse que celle des glandes salivaires, par exemple.
La consistance et la dureté de la substance du foie font que, quand onia coupe, les orifices des vaisseaux , qui sont unis intimement avec elle, restent béans.
2216. Le foie est formé par des ramifications des conduits biliaires, de la veine porte, de l'artère hépatique, des veines hépatiques, de vaisseaux lympî épies et de nerfs, que du tissu muqueux unit ensemble. Sa portion la plus essentielle est constituée par les vaisseaux biliaires et par le tissu muqueux qui les enveloppe.
2217. Les vaisseaux du foie ne se distribuent pas tous exactement de la même manière. Ils n’ont pas tous non plus ni les mêmes rapports les uns avec les autres, ni les mêmes connexions avec la substance de l'organe.
L’artère hépatique, la veine porte et les conduits biliaires sont enveloppés, dans tout leur trajet à travers la substance du foie, par une gaine celluleuse commune, prolongement de la capsule de Glisson. De là vient qu’ils ne sont point en contact immédiat avec la substance de la glande, comme les ramifications de l’artère hépatique, autour desquelles la capsule n’existe point, et qu’elles sont plus solides et plus résistantes que ces dernières.
L’artère hépatique paraît être destinée principalement â ftoornrk tissu du foie ; car* suivant l’observation déjà faite par
Glisson (1), et dont l’exactitude a été constatée depuis par Bianchi (2), Walter (3) et Mappes (4), elle se répand sur les autres vaisseaux, en y donnant naissance à un réseau très compliqué. Cependant ses ramifications les plus déliées s’ouvrent aussi dans l’intérieur de la veine porte (5). Ses branches sont moins nombreuses, et marchent plus en ligne droite que celles de cette dernière (6). L’injection qu’on y pousse n’en sort ordinairement point, ou, quand la chose arrive, ne pénètre guère que dans la veine porte (7).
2218. La veine porte forme la plus grande partie de la substance du foie. Elle se ramifie un très grand nombre de fois, et d’une manière dichotomique, quoique l’une des deux branches soit plus grosse que l’autre (8). Elle se termine de deux manières. Plusieurs branches, dont quelques unes sont très considérables, et ont jusqu’à une ligne de diamètre, s’anastomosent avec des ramifications correspondantes des veines hépatiques (9). C’est à elles qu’il faut attribuer la facilité avec laquelle on injecte la veine pot te par ces dernières, ou les veines hépatiques par la veine porte (10). D’autres branches, qui sont, pour la plupart, plus déliées, sont plus particulièrement en rapport avec les origines des conduits biliaires ; mais leurs connexions avec ces canaux sont cependant bien moins immédiates que celles dont je viens de parler, puisqu’en injectant la veine porte, on ne parvient jamais à remplir les canaux biliaires seuls , et que l’injection passe toujours en même temps dans d’autres vaisseaux, spécialement dans les veines hépatiques (11). Ses ramifications les plus déliées ne
(1) L. I, c. xxix, De arterice hcpatis distributione.
(2) Loc. cit., p. 1, cap. vin, § 5.
(3) Loc. cit,, p. 96.
(4) Loc. cit., p. i3.
(5) Walter, p. 96,99.
(6) id. , p. 95, 96.
(8) Mappes, p. i3.
(9) Bertin, dans Mém. de Paris , ij65. — Walter, p. g4, 95.
(10) Walter, p. 63. — Mappes, p. 23.
( u) Walter, p. 64, 65. — Mappes, p. 22.
pénètrent pas dans la substance médullaire du foie , mais se répandent dans la substance corticale , et n’ont même pas de rapports médiats ou prochains avec la première (1).
2219. Les conduits biliaires diffèrent des autres vaisseaux du foie, parce que leurs ramifications sont moins déliées. II n’y a que les grosses branches qui se réunissent d’une manière dichotomique. La réunion des petits rameaux se fait avec moins de régularité, et l’on en voit partir plusieurs d’un même point. Leurs parois sont bien plus solides que celles des veines. Les enfoncemens mucipares, que leur surface interne offre au dehors du foie, n’existent que dans les ramifications les plus volumineuses, et disparaissent, au contraire, dans les plus déliées, qui sont lout-à-fait lisses. Lorsqu’on y pousse de l’injection , elle ne pénètre ordinairement dans aucune autre sorte de vaisseaux, ou , quand cela arrive , ce sont les lymphatiques qui se remplissent le plus souvent, et de la manière la plus complète (2); viennent ensuite les branches de la veine porte.
Les racines des conduits biliaires paraissent prendre naissance sur la limite qui sépare la substance médullaire de la substance corticale , quoiqu’on ne les voie pas distinctement traverser la première (5). Jamais ils ne se terminent à la surface du foie, et toujours, même lorsqu’ils sont superficiels, ils se plongent dans l’intérieur de la glande.
2220. Les veines hépatiques ont également des ramifications moins nombreuses et moins déliées que celles de la veine porte et de l’artère hépatique. Elles contribuent pour une part moins considérable que la veine porte à former la substance du foie (4) , quoique cependant leur développement moins prononcé ne soit qu’apparent, et tienne à ce que la délicatesse de leurs ramifications les plus déliées fait qu’il est plus facile de les détruire que les autres vaisseaux hépatiques. Lorsqu’on les injecte, la liqueur ne passe guère que dans la veine porte (5). Leur direction est généralement transversale,
(1) Mappes, p. n-i5.
(2) Walter, p. 70. —Mappes, p. 24.
(3) Mappes, p. 1.
(4) W alter, loc. clt.
(5) Glisson, p. 285.
AHAT0MIE SPECIALE.
tandis que celle des autres vaisseaux hépatiques est oblique de bas en haut, et presque perpendiculaire, de manière qu’ils croisent ces derniers. Leurs dernières ramifications sont plus étroitement liées à la substance médullaire que celles des autres vaisseaux hépatiques, et il est plus ou moins facile de les poursuivre jusqu'à cette substance, ce qui tient en partie à ce qu’elles ne sont pas entourées, comme ces derniers, par la capsule celluleuse.
2221. Les lymphatiques du foie sont étroitement liés surtout aux conduits biliaires, de manière que leur cavité communique directement avec celle de ces canaux , ou du moins que la substance qui se trouve entre eux est extrêmement mince, molle et facile à détruire.
Ceux des diverses régions du foie ne s’anastomosent point ensemble, car l’injection d’une branche ne remplit que la portion de l’organe à laquelle cette branche se distribue.