C. DIFFERENCES QOI DÉPENDENT DU DÉVELOPPEMENT
2228. Les différences qui dépendent du développement du foie(i) sont relatives à son volume, à sa situation, à sa configuration et à sa tenture.
i° Le foie est déjà un organe très considérable dans la première semaine de la vie intra-utérine, et l’on peut même dire qu’à dater du moment de son apparition , il a un volume proportionnel d’autant plus considérable que l’embryon est plus jeune. Ainsi, dans l’embryon de trois semaines , son poids est la moitié de celui de tout le reste du corps (2) , et même chez le fœtus à terme, il est à ce dernier dans la proportion de 1 : 18, ou de 1: 20, tandis que le rapport est de 1: 35 — 36 chez l’adulte. Mais le volume proportionnel si considérable du foie diminue dès la fin de la première moitié de la vie intra-utérine, parce qu’à dater de cette époque l’accroissement de la glande se fait avec plus de lenteur. Cependant elle continue de croître jusqu’à la naissance; mais, ensuite, la grosseur etla pesanteur absolue du foie vont en diminuant jusque vers la fin de la première année, car on a trouvé, dans cinq enfans nouveau-nés, le foie pesant un quart de plus que chez cinq autres enfans qui avaient vécu huit à dix mois.
20 Le foie occupe d’abord un espace d’autant plus étendu que le fœtus est plus jeune. D’abord, même encore à trois et
(1) Walter, toc.cit ,, sect. 1. — A. Portai, Observations sur la situation des viscères du bas-ventre chez tes enfans, et sur le déplacement qu’ils éprouvent dans un âge plus awmeé, -;dan s Mémoires de Paris, 1771. — Id., Observations sur la situation du foie dans l’état naturel, avec des remarques sur ta manière de connaître, parle tact, plusieurs de ses maladies; dans Mèm. de Paris, 1773. — J. -S. Schumann, De hepatis in embryone magnitudinis causis ejusdemque functione cum in feetu ium in homine nato, Breslau,r8i7.
(a) Walter, loc, cit„ p.45.
à quatre mois , il remplit la cavité du bas-ventre presque entière, descend jusqu’à la crête iliaque, et couvre les autres viscères en devant. Cependant cette différence tient en partie à ce qu’il est situé plus perpendiculairement dans l’origine , de manière qu’à cette époque, celle de ses faces qui doit être un jour supérieure est tournée en avant, et celle qui doit devenir inférieure regarde en arrière.
3 “ Sa conformation est d’abord d’autant plus symétrique que sa situation l’est elle-même davantage, c’est-à-dire que son lobe gauche diffère moins du lobe droit sous le rapport du volume , et que la limite entre ces deux parties correspond davantage à la ligne médiane. La diminution absolue dont j’ai parlé tout à l’heure s’opère presque entièrement aux dépens de son lobe gauche ; car, tandis que , pendant toute cette période, le lobe droit conserve le volume qu’il avait à la naissance, et souvent même augmente un peu , le gauche diminue en tous sens, de manière que, chez l’enfant d’un an, son volume est à peine moitié de celui qu’il a chez l’enfant qui vient de naître ; au contraire le lobe de Spigel prend un peu de développement.
Le foie a d’abord une forme plus arrondie, et sa face inférieure est plus bombée qu’elle ne l’est dans la suite. <
4° Son tissu estplus mou, plus homogène, plus cassant, plus imprégné de sang, dans les premiers temps de la vie qu’aux époques subséquentes, oùles vaisseaux diminuent de calibre, et où beaucoup d’entr’eux s’effacent. Cependant on distingue déjà très bien les deux substances l’une de l’autre chez le foetus à terme.
5° Sa couleur est d’abord d’un gris brun clair. Il ne devient d’un rouge foncé qu’après la première moitié de la grossesse. Sa teinte s’éclaircit peu de temps après la naissance, par la même raison qui fait que son tissu change un peu d’aspect à cette époque.
2229. La vésicule du fiel est d’abord entièrement cachée dans la substance du foie , très longue , proportion gardée, étroite, filiforme, un peu renflée seulement à son extrémité inférieure , et vide. On n’aperçoit sa cavité qu’avec le secours du microscope. Sa membrane interne est lisse jusqu’au sixième mois de la grossesse. Il s’y développe alors de larges élévations irrégu-
lières , entre lesquelles se trouve d’étroits enfoucemeus semblables à des déchirures superficieiles. Peu à peu ces enfoncemens deviennent plus profonds, et en même temps plus nombreux, parce qu’il se développe beauconpde sillons à la surface des élévations ; delà résultent des cellules régulières et étroites, séparées par de minces cloisons intermédiaires.
Mal gré l’étroitesse qui la caractérise d’abord, la vésicule biliaire ne manque cependant à aucune époque, d’après mes observations, ainsi qu’on pourrait être tenté de le croire d’après quelques cas dans lesquels on a constaté son absence totale. Sa situation est toujours la même aussi, relativement à celle des autres organes biliaires : par conséquent elie ne provient point d’une espèce de bourgeon développé à l’extrémité du conduit biliaire, mais elie prend naissance dans la fosse même de la face inférieure du foie qui est destinée spécialement à la loger , et qui offre , dans le principe , une profondeur proportionnelle bien supérieure à celle qu’elle doit avoir chez l’adulte. Je n’ai jamais pu la voir communiquer avec le foie , dans l’origine, par un ou plusieurs canaux particuliers, tandis que je l’ai toujours vue se terminer manifestement en cul-de-sac.