II. PANCRÉAS
2254- Le pancréas ( pancréas ) (i) est la plus grosse de toutes les glandes salivaires. Son volume et son poids surpassent même trois ou quatre fois ceux de la parotide seule , puisqu’il a jusqu’tà six pouces de long, sur un d’épaisseur, et qu’il pèse
(1) Brunner, Exp. nova circa panceeas, Amsterdam, i638. — Graaf , De succo pancreatico , Leyde , 16G4. — Johrenius , De affect, hypocliondriacis , Rinteln , 1678. — J.-M. Hoffmann, De pancreate, Altdorf, 1706. — J.-l), Santorini , Tabulai septcmdecim, tab. xin.
de quaire à six onces. Sa forme est très alongée. Il est situé transversalement à la partie supérieure de la cavité abdominale, au-devant de sa paroi postérieure, devant la première et la seconde vertèbres dorsales, derrière l’estomac. Presque toujours il louche à la rate et au rein gauche par son extrémité gauche. Il passe au-devant de l’aorte, et son extrémité droite se trouve engagée entre les courbures supérieure et inférieure du duodénum.
Il se trouve compris entre les deux feuillets du mésocolon transverse, qui n’adhèrent toutefois que d’une manière assez faible à sa partie supérieure, et qui ne le couvrent point en arrière.
Sa figure est celle d’un marteau , attendu qu’il se renfle à son extrémité droite, d’où part un prolongement inférieur qui embrasse le duodénum en arrière et à gauche, et même un peu en devant. Le prolongement inférieur est appelé tête, et la portion transversale, qui a bien plus d’étendue, porte le nom de queue.
2255. Le pancréas est fixé aux parties voisines par un tissu cellulaire très lâche, et enveloppé par une couche de ce même tissu condensé; mais il n’a pas de capsule propre. On distingue également, à travers l’enveloppe celluleuse, les lobes qui le constituent par leur réunion.
Ces lobes sont susceptibles de se diviser en grains d’une ténuité extrême, qui ne tiennent les uns aux autres que par un tissu cellulaire fort lâche.
Le pancréas est d’un jaune brunâtre, et d’une consistance assez ferme.
2256. Il est parcouru , dans toute sa longueur, par un conduit excréteur considérable, blanc et solide, qu’on appelle canal pancréatique [duclus pancreaticus) ( 1), ou canal de TVirsung ( duc tus TVirsungianus ). Ce canal naît à son extrémité postérieure par la réunion de plusieurs branches qui s’anastomosent ensemble à angle aigu. Dans son trajet , il reçoit ,
(i) J.-G. Wirsnng, Figura duclus cujusdam , cum muttiplicibus suis ra~ mutis noviter in pancreate , in diversis corporibus humanis observati , Padoue, i643.
à angle droit, tant en haut qu’en bas5 un nombre considérable d’autres branches qu’on peut suivre aisément jusqu’aux plus petites granulations, de telle sorte qu’il augmente peu à peu de volume, et jusqu’au point même d’avoir quelquefois une ligne et demie de diamètre. Peu avant de quitter la glande, il reçoit encore une ou plusieurs ramifications très considérables, qui proviennent de la tête , et qu’on voit assez souvent aussi s’ouvrir séparément dans le duodénum.
Ce canal n’est visible nulle part à la surface de la glande. On ne l’aperçoit qu’après avoir incisé cette dernière en travers.
Son embouchure dans le duodénum se trouve ordinairement à trois ou quatre pouces au-dessous du pylore; mais elle est quelquefois bien plus bas , et séparée de cet orifice par une distance qui peut aller jusqu’à dix pouces.
Dans l’endroit où il entre en contact avec le duodénum, il s’unit à l’extérieur avec le canal cholédoque ; mais les deux canaux demeurent parfaitement distincts l’un de l’autre, même en cheminant entre les membranes de l’intestin , quoiqu’ils soient placés côte à côte. Ils s’ouvrent immédiatement l’un à côté de l’autre, le pancréatique un peu plus à gauche que le cholédoque, au fond d’une petite excavation, longue d’à peu près deux lignes, dont la membrane a tous les caractères de la tunique interne du duodénum , de manière qu’on ne peut pas, à proprement parler, les considérer comme ayant tous deux un orifice commun.
Le conduit excréteur de la glande pancréatique s’élargit plus ou moins vers son orifice, mais se rétrécit, au contraire, à l’endroit de son embouchure elle-même, sans que du reste 011 remarque, soit sur ce point, soit dans le reste de son trajet, aucun repli qui ressemble à une valvule. L’apparence d’une valvule garnissant son orifice tient uniquement à la cloison qui sépare son embouchure de celle du canal cholédoque.
2237. Le pancréas, comme toutes les glandes salivaires et la plupart des organes glandulaires , est plus développé dans les premiers temps de la vie qu’aux époques subséquentes.
Mes observations m’ont appris que son conduit excréteur offre aussi, d’une manière très constante , dans le cours de son développement, une différence fort remarquable, qui consiste
en ce qu’il est d’abord double, c’est-à-dire qu’outre celui qui doit rester à demeure, il en existe un second , qui s’ouvre séparément dans le duodénum (1).
2238. Les anomalies congéniales de cette glande s’étendent principalement à la disposition de son conduit excréteur, qui paraît quelquefois double, état qu’on doit considérer comme une persistance de celui qui a lieu dans le fœtus (2).
Les anomalies consécutives les plus notables sont V induration V hypertrophie. On rencontre plus rarement, dans son
conduit excréteur, des calculs (3), qui sont composés de phosphate calcaire et d’une substance animale.