ORGANES FORMATEURS
a. Testicules.
2/|35. Les plus importans de tous les organes génitaux de l’homme sont les testicules ( diclymi , s. testes , s. testiculi ) ( i ) , on les glandes qui sécrètent le sperme.
a. Configuration et situation.
a436.Les testicules ont une forme alongée, arrondie et à peu
(i) R. de Graaf'j De virorum organis generationi inservientibus, Leyder , 1668. — Leal Leali , De partibus conficientibus in viro, Padoue , 1686. — Santorini, De virorum naturatibus; dans Obs. anat cap. x. — J.-G. Rœderer, De K genilalibus virorum, Gœttingue, 1758. — J. Wilson , Lectures on tlic structure and physiology of the mate urinary and génital organs of the liuman body, Londres , 1821.
près ovalaire. Ils sont situés à la partie inférieure du tronc, sur les côtés et au-dessous de la verge, dans un prolongementparticulier de la peau, qui a la forme d’un sac, et qu’on nomme scrotum [scrotum). Ils communiquent avec les parties de l’appareil génital situées dans l’intérieur du bas-ventre, parle moyen du cordon spermatique [funiculus sperniaticus, s. testi-
Icularis). Ce cordon est formé par leur conduit excréteur, leurs vaisseaux, leurs nerfs et le muscle crémaster,
fi. Volume et poids.
2437. Ce testicule en lui-même, c’est-à-dire sa substance, débarrassée de toutes les enveloppes , à l’exception de la plus intérieure, a en général un pouce et demi de long, sur un de large, et neuf lignes à peu près d’épaisseur.
Son poids s’élève ordinairement à quatre drachmes.
y. Composition.
oa. Membranes.
2438. Les testicules sont entourés de plusieurs couches superposées, dont la nature n’est pas la même, et qui portent le nom de tuniques (1).
Ota. Veau du serolum.
2439. La couche la plus extérieure est la peau du scrotum , repli des tégumens communs, qui descend de la région inguinale, et qui se perd entre les racines de la verge et le périnée. Ce repli , dont la largeur est plus grande à sa partie inférieure qu’à la supérieure, diffère du reste de la peau par
(1) J.-E. Neubauer, De tunicis vaginatibus testis et funiculi spermalici dissertatio, (ïiessen, 1767. — A. Monro, Remarks on the spcrmalic vessets and the scrotum, with its contents; dans Medical essays, vol. V, p. I, P- 2û5- 222. — J. Brngnone, De tesiium infeetu positu, eorum in scrotum descensu, tunicarum quibus continentur, numéro et origine, Leyde, 1788. — P.-A. Bondioli, Sul numéro dette tonaclie vaginali del iesticolo , Padoue, 1780. — J. Tumiati , Riclierclie anatomichc intorno aile tonaclie dei testicoli, Venise, 1790.
sa couleur ordinairement un peu plus foncée, parce qu’il est garni de poils isolés, et parce qu’il ne s’y amasse point de graisse. Il offre aussi, précisément sur la ligne médiane, un bourrelet étroit, dirigé d’avant en arrière, peu saillant, et formé par une multitude de plis transversaux, serrés les uns contre les autres, qu’on appelle raphé ( raphe ). Quoique en apparence plus épais sur ce point, le scrotum y est réellement plus mince que partout ailleurs.
L’épiderme du scrotum est très solide et fort épais.
/3j3. Dartos.
244°- Immédiatement après la peau , on trouve le darlos ( tunica carnea , s. dartos ), qui se comporte, à l’égard de celui- j ci , absolument de la même manière que le pannicule charnu à l’égard du reste des tégumens communs, avec cette seule différence, qu’il ne contient point de graisse , si ce n’est chez les hommes chargés d’un grand embonpoint. Il reçoit un grand nombre de vaisseaux , ce qui lui donne une teinte rougeâtre , ^ et il est plus ou moins sensiblement fibreux. Comme il jouit en outre d’une contractilité fort énergique, plusieurs anatomistes, Winslow lui-même (1), l’ont considéré comme étant de nature musculeuse et pouvant être comparé aux muscles sous-cutanés; mais l’emphysème, soit accidentel, soit provoqué â dessein (2) , et les résultats de la macération mise en pratique sur lui et sur le muscle peaucier comparati- ;■ vement (3), n’y peuvent faire découvrir autre chose que du tissu cellulaire. Cependant je crois très probable qu’il fait le passage du tissu muqueux proprement dit au tissu musculaire, et qu’il existe entre lui et les autres muscles le même rapport à peu près qu’entre les muscles des animaux supérieurs et ceux des animaux inférieurs, chez lesquels la structure fibreuse est peu prononcée, masquée en quelque sorte par la gélatine, élément du tissu muqueux, qui enveloppe et cache la fibrine, au lieu de la laisser à découvert comme chez les animaux su-
(1) Traité du bas-ventre, § 499*
(2) Morgagni, Adv. anat., t. IV, an. 1.
(3) Tumiati , p. 142.
DES OBGANES DE LA. GÉnÉBATION. 623
périeurs, ou qui même ne s’est point encore transformée en cette substance.
244»- Le dartos forme deux sacs distincts, appliqués l’un contre l’autre sur la ligne médiane, et donnant naissance à la cloison du scrotum ( septum scroti), qui correspond au raphé. Il sépare par conséquent les deux testicules l’un de l’autre, non seulement sous le rapport de la position, mais encore, jusqu’à uncertain point, sous celui mêmede la vie, quoiqu’il ne les isole cependant pas complètement. De même que le tissu muqueux en général, il est plus ou moins imprégné de sérosité.
yy Muscle crémasler.
2442. Au-dessous du dartos se trouve le muscle creniaster ( musculus cremaster ) , tunique charnue o u ërythroide ( tunicacarnea, s . erylhroides), qui provient de la branche horizontale du pubis, et forme une troisième couche. Cette tunique est produite par un faisceau externe , qui descend du bord inférieur des deux muscles larges du bas-ventre internes, et par un faisceau interne, ordinairement moins gros , quelquefois aussi volumineux, rarement plus fort, qui tire son origine de la branche horizontale du pubis. Elle entoure le cordon spermatique et les tuniques internes du testicule , et se répand principalement sur la face antérieure, même lorsqu’elle embrasse toute la circonférence de l’organe. Ses fibres décrivent des arcades dont la convexité regarde en bas, et s’écartent d’autant plus les unes des autres qu’elles descendent plus bas.
Lorsqu’il y a des fibres musculaires dans tout le pourtour de l’organe, le cordon spermatique sort par la partie inférieure du muscle oblique interne du bas-ventre, et non pas seulement au-dessous de son bord interne. Quelquefois le faisceau interne n’existe pas, soit réellement, soit en apparence : ce dernier cas est le plus commun. Il est rare, et cette disposition s’observe seulement chez les sujets très musculeux, que des faisceaux se détachent du crémasler pour accompagner le cordon spermatique dans la cavité abdominale ( i).
(1) Brugnone , Observations sur les vésicules séminales; dans Mémoires dcTurin, 1786. p. 610. — Penchienati, ibid.
Ce muscle n’entoure entièrement le cordon qu’à sa partie supérieure; inférieurement, ses fibres s’écartent les unes des autres.
Lui-même est enveloppé par un prolongement de la gaine celluleuse condensée qui entoure le muscle oblique externe du bas-ventre, et ses fibres, quoique détachées les unes des autres, sont cependant unies par du tissu cellulaire. Ce tissu cellulaire et la gaine celluleuse dont je viens de parler se confondent ensemble inférieurement, où seuls ils enveloppent le testicule, au-dessous duquel ils s’unissent avec la tunique vaginale commune, pour donner naissance à un tubercule court , mais solide.
Ce muscle, qui est plus développé dans les animaux que
chez l’homme, relève le testicule.
SS. Tunique vaginale commune.
2443. A la tunique érythroïde succède une couche de ' tissu muqueux, qui porte le nom Av tunique vaginale coin- N mime du testicule et du cordon spermatique ( tunica vaginalis testis et funiculi spennatici communis ). Celte tunique provient du tissu muqueux qui entoure le péritoine. Elle revêt le cordon v tout entier et le testicule. On peut, en poussant de l’air par son extrémité inférieure, faire pénétrer ce fluide par l’anneau inguinal, jusque dans la couche celluleuse qui tapisse tant la face antérieure que la face postérieure du péritoine, et même jusqu’entre les feuillets du mésentère.
De la circonférence extérieure de cette couche partent des prolongemens qui se dirigent vers l’intérieur, où ils unissent ensemble les vaisseaux du cordon spermatique et le canal déférent ; maison ne trouve pas, au-dessous d’elle, la prétendue tunique vaginale propre du cordon spermatique ( tunica vaginalis funiculi spermaticipropria), que Neubauer avait admise, et dont il disait la cavité distincte de la sienne; car, d’un côté, lorsque après avoir lésé, même avec la plus grande précaution, cette couche à sa circonférence extérieure , on pousse de l’air ,entre les vaisseaux du cordon spermatique, ce fluide pénètre partout; de l’autre, l’air qu’on y injecte s’introduit aussi entre
‘ les vaisseaux du cordon. Il y a plus, la tunique vaginale j commune ne peut même pas être considérée, à sa partie supérieure, comme un cylindre séreux particulier, indépendant et fermé, si l’on réfléchit que, qqand on a enlevé le crémastcr qui la recouvre, elle cesse d’être imperméable à l’air, et qu’elle n’offre ce caractère qu’aussi long-temps qu’elle est enveloppée par le muscle et par son tendon.
Tout au plus peut-on admettre un feuillet externe, semblable au feuillet libre des membranes séreuses, et un feuillet réfléchi, qui entoure et réunit les vaisseaux du cordon spermatique. Alors on donnerait au premier le nom de tunique i! commune du cordon, et au second celui de tunique propre.
Mais inférieurement, aussi loin qu’elle revêt la tunique vaginale propre du testicule , cette tunique est très solide , manifestement fibreuse , et adhérente d’une manière intime avec la tunique propre de la glande, surtout vers l’extrémité inférieure de celle-ci.
Elle se continue aussi en dehors, sur ce point, avec les i deux tuniques qui la recouvrent extérieurement.
££• Tunique vaginale propre du testicule.
2444- Il faut bien distinguer de cette couche la cinquième enveloppe du testicule, la tunique vaginale propre ( tunica vaginalis testis propria ), qui en est parfaitement séparée.
Cette tunique est une membrane séreuse composée. Ordinairement elle a une forme ovalaire , qui correspond à celle du testicule; seulement elle a beaucoup plus d’étendue, de manière que sa cavité surpasse celle de la glande d’un bon tiers en hauteur, et qu’elle a deux pouces et demi de haut. Quelquefois il part , delà partie antérieure de sa circonférence, un prolongement bien plus étroit, et plus ou moins long, qui s’enfonce supérieurement dans la tunique vaginale commune, et dont la cavité communique avec la sienne sans interruption. Mes dissections m’ont appris que ce prolongement ne se détache jamais de son sommet 'précisément, mais toujours un peu plus bas.
La tunique vaginale propre reçoit dans sa cavité, non seu-
(J2(3 anatomie spéciale.
lement le testicule, mais encore une portion du cordon spermatique et l’épididyme tout entier. A Pendroit où elle se renverse sur elle-même , elle reçoit immédiatement ces deux dernières parties dans le commencement de son feuillet interne et réfléchi. Lorsqu’elle les a enveloppées, elle passe sur les extrémités supérieure et inférieure du testicule, mais ne s’applique sur la plus grande partie de la longueur de cette glande qu’après avoir formé, entre les deux extrémités, un pli de quelques lignes d’étendue, en sorte que le sommet et la base de l’épididyme ne sont point couverts par elle dans le point par lequel ils regardent le testicule. De là elle se jette sur toute la circonférence de la glande. C’est par le pli dont je viens de parler que les vaisseaux spermatiques passent pour se rendre au testicule, dans le bord supérieur et postérieur duquel ils pénètrent.
Les deux feuillets qui donnent naissance à ce pli sont unis faiblement l’un à l’autre par du tissu cellulaire, de manière qu’on parvient assez facilement à les séparer. Il n’est pas difficile non plus de détacher la tunique, vaginale de l’épididyme ; mais on rencontre plus de difficultés lorsqu’on veut l’isoler de la surface du testicule lui-même, à l’exception d’une étendue de quelques lignes vers le bord postérieur.
La portion de cette membrane qui tapisse le testicule a été improprement appelée conjonctive par Tumiati (i). On est dans l’usage de lui donner le nom de feuillet externe de la tunique albuginée, dénomination encore plus inconvenante.
Tunique fibreuse ou albuginée.
2445. La membrane fibreuse ou albuginée ( tunica albuginea, anonyma , fibrosa) est la dernière et la plus intérieure des tuniques du testicule C’est elle qui enveloppe immédiatement la substance de la glande, et qui détermine sa forme. Elle est épaisse, solide, argentée, brillante et fibreuse. En un mot, c’est une membrane fibreuse. Elle forme une cavité simple , et elle est percée , tant à son extrémité supérieure , pour le
■ (1) Loc. cil., p. 146.
passage des conduits séminifères , qu’à son bord postérieur pour celui des vaisseaux spermatiques.
bl>. Substance du testicule.
2446. Au dedans de la membrane albuginée, à laquelle elle adhère, en grande partie, d’une manière assez faible, se trouve la substance même du testicule(i) , masse molle, d’un jaune brunâtre , que les vaisseaux sanguins de la tunique partagent en plusieurs lobules ( lobuli ) (2), situés les uns audessus des autres. Cette substance est composée principalement d’une innombrable quantité de canaux très déliés , simples, non ramifiés, et entrelacés les uns avec les autres , qu’on appelle conduits séminifères ( canaliculi séminales , s. vascula serpeniina , s. ductus seminiferi). Chaque lobule renferme un de ces canaux. Leurs circonvolutions et eux-mêmes sont unis ensemble d’une manière très lâche, par un tissu cellulaire fort délié, de sorte qu’on peut aisément les détacher. Mais il est bien plus facile encore de constater, au moyen de la macération , leur nombre vraiment extraordinaire , puisqu’il s’élève à environ trois cents. Chacun d’eux a près de seize pieds de long, sur un deux-centième de large. Mis au bout les uns des autres , ils représenteraient par conséquent une longueur d’environ cinq mille pieds.
2447* Ces conduits se réunissent, vers l’extrémité supérieure du testicule, en plusieurs canaux plus volumineux, qui percent la tunique albuginée, et ne lardent pas à en produire une vingtaine d’autres , plus gros encore , qu’on appelle conduits efférens ou excréteurs ( vas a efferentia, s. excretoria ). Ces derniers , réunis en un seul faisceau par du tissu muqueux ,
(1) A. Haller, De vasis seminalibus observation.es, Goettingue, 1745.— A. Monro, Description of tlie séminal vessels; dans Edinb. essays phys. and literary, vol. I, XVI. — Id., De lestibus et de semine invariis animalibus , Edimbourg, 1^55. — Id. , O f the séminal ducts ; dans Observations anatomie, and physiol. wlierein Hunter’s daim olir some discoveries is examincd, Edimbourg, ij58. — G. Prochaska , Beobachtungen iiber die Samengànge; dans Abliandl. der Jos. Ahad., t. I, p. 198-213.
{2) B. -S. Albinus, Détesté humano; dans Ann. acad., 1. II, c. xu.
se dirigent en serpentant de bas en haut , et forment la tête arrondie et renflée de l’épididyme.
b. Ëpididyme.
2448. h' ëpididyme ( epididymus ) (1) est le commencement du conduit excréteur du testicule. Il commence à l'extrémité supérieure de cette glande, par une partie plus épaisse, plus renflée, arrondie , qu’on appelle télé , et descend le long de son bord postérieur et supérieur.
Les faisceaux que forment les conduits séminifères sont encore séparés dans la tête de l’épididyme, quoique, d’après mes observations , cette partie paraisse n’être parcourue , même dès son extrémité la plus supérieure, que par un canal simple et très flexueux , dans lequel les conduits séminifères ne font que s’aboucher les uns à la suite des autres.
La partie plus mince et plus longue de l’épididyme , celle qu’on nomme sa queue ( cauda j , est un canal simple, mais extrêmement flexueux , d’abord très étroit , mais qui , peu à peu , s’élargit beaucoup et décrit des flexuosités plus étendues. Il ne tient qu’assez faiblement à la tunique vaginale propre du testicule , par un repli de cette membrane , se réfléchit sur lui-même de bas en haut , à son extrémité inférieure , et prend alors le nom de canal déférent.
Sa longueur est d’à peu près trente pieds.
c. Canal déférent.
2449- "Le canal déférent ( ductus deferens ) (2) monte le long du bord postérieur et supérieur du testicule , d’abord en droite ligne, puis obliquement de dedans en dehors. Flexueux à son origine, il ne tarde pas à devenir droit , et à se joindre aux vaisseaux spermatiques, avec lesquels il est uni par du tissu cellulaire , pour donner naissance au cordon
(1) B.-S. Albinus, De epididymo; dans Ann . acad., 1. II , c. ,vi.
(2) B.-S. Albinus, De vasis deferentibus , vesiculis seminalibus, cmissariis quibus ad urethram pertinent, csliolis in capite galtinaginis; dans Ann. aead., 1. IV, c. 111, p. 16.
spermatique, lî monte directement jusqu’à l’anneau inguinal; mais, parvenu en cet endroit, il change de direction pour se porter de bas en haut , et de dedans en dehors , dans le canal inguinal , dans l’intérieur duquel on observe le rapport que j’ai indiqué entre les vaisseaux sanguins et lymphatiques d’ur.e part et le canal déférent de l’autre. En sortant de ce canal, il croise l’artère épigastrique , immédiatement devant laquelle il monte, se tourne ensuite derrière elle, en dedans et en haut, et arrive ainsi dans la cavité abdominale. Là il s’éloigne des vaisseaux spermatiques sous un angle plus ou moins aigu, se dirige eu dedans et en bas, toujours situé hors du péritoine qui ne fait que revêtir sa partie postérieure , et s’enfonce dans le petit bassin, en convergeant beaucoup vers celui du côté opposé.
2Zj5o. Dans le bassin, le canal déférent est collé à la face postérieure de la vessie.
Il se dilate et s’épaissit peu à peu dans son trajet. A sa partie la plus inférieure, qui se dilate tout-à-coup à un degré considérable, il redevient en même temps très flexueux, moins cependant qu’à son origine , et donne naissance, en dehors, en haut et en arrière, à un gros renflement, à une sorte de bourse ou de cul-de-sac , qu’on nomme vésicule séminale.
Deux substances très différentes entrent dans sa composition.
L’externe, dont l’épaisseur très considérable s’élève jusqu’à une demi-ligne, est d’un jaune brunâtre, très dure et très solide. Tout porte à croire qu’elle jouit de l’irritabilité, quoiqu’il arrive fort rarement qu’on puisse y distinguer des fibres bien évidentes. Cependant j’y ai aperçu quelquefois des fibres circulaires qu’il était impossible de méconnaître (i).
La substance interne est blanchâtre et facile à séparer de la précédente, à laquelle elle n’est unie que par un tissu cellulaire lâche. C’est une membrane muqueuse , prolongement de celle de l’urètre. Elle est lisse dans la plus grande partie de son étendue, mais réticulée inférieurement, dans l’étendue d’un pouce ou deux.
(1) Leuwcnhock ( ep . xli) a vu aussi des fibres longitudinales.
d. Vésicules séminales.
245i. Les vésicules séminales ( vesiculce séminales , s. parastatœ) (1) sont situées , une de chaque côté , en dehors du canal déférent qui correspond à chacune. Elles sont également collées d’une manière immédiate à la face postérieure de la vessie, et ne sont revêtues qu’en arrière par le péritoine, qui y adhère peu. Leur largeur est peu considérable en proportion de leur longueur, car elles ont à peu près deux à trois lignes de large, sur quatre à cinqipouces de long; mais elles paraissent beaucoup plus courtes qu’elles ne le sont réellement, parce qu’elles décrivent de grandes flexuosités.
Cependant elles ne sont pas toujours simplement flexueuses, ou semblables à un long cul-de-sac, ainsi que l’ont prétendu autrefois Lealis et naguère encore Caldani (2). En effet, il est bien plus ordinaire de les trouver ramifiées.
Leur membrane interne est hérissée d’une multitude d’inégalités, qui produisent une sorte de réseau à mailles irrégulières. Il existe en outre, entre les plus gros plis, une quantité considérable d’autres replis moins saillans, qui contribuent à rendre leur face interne encore plus inégale. Cette disposition établit une analogie frappante entre les vésicules séminales et la vésicule du fiel.
2452. L’extrémité inférieure de la vésicule séminale et du canal déférent s’ouvre dans un conduit extrêmement étroit, long de quelques lignes , qu’on appelle canal éjaculateur ( duc tus ejaculatorius). Ce conduit converge d’arrière en avant et de haut en bas vers celui du côté opposé, pénètre dans la substance de la prostate , et s’ouvre dans l’urètre , immédiatement à côté de celte dernière , au milieu du verumontanum.
é. Prostate.
2453. La prostate (prostata) (3) est un corps triangulaire,
(1) Haller, Observationes de vasis seminalibus, Gœttingue, 1745.
(2) F. Caldani, Opasc. anat . , Padoue , i8o3.
(3) Home, Observations pratiques et pathologiques sur le traitement des maladies de la glande prostatei trad. par L. Marchant, Paris, 1820.
ordinairement du volume et de la forme d’une châtaigne, qui a un peu plus d’un pouce de large , sur un de hauteur, et un demi d’épaisseur , et qui pèse environ cinq drachmes.
Elle est siluée au-dessous et au devant de la vessie, entourant le commencement de l’urètre en arrière et sur les côtés.
Elle est blanchâtre, dure, solide et enveloppée par une membrane fibreuse et résistante.
Elle se compose de trois lobes, deux latéraux et un moyen, postérieur.
Le lobe moyen, situé derrière et entre les deux latéraux et les conduits éjaculateurs , de même qu’entre ces derniers et la vessie , est arrondi èt plus petit que les latéraux ; cependant son volume varie.
Au milieu de sa face inférieure se trouve une éminence oblongue, arrondie, qui se termine antérieurement par une pointe étroite et alongée. Cette éminence a reçu , en raison de sa forme, le nom de verurnontanum ( caput gallinaginis , s. verumontanum , s. collicidus seminalis). Elle offre , à sa partie moyenne, l’orifice simple ou double des conduits éjaculateurs, et" sur ses côtés, un nombre considérable d’orifices conduisant à des canaux excréteurs qui se répandent dans la substance de la glande. Ces orifices livrent passage à un liquide jaunâtre , l'humeur prostatique , qui se mêle avec la semence au moment de l’éjaculation.
Les conduits excréteurs du lobe moyen percent immédiatement les membranes de la vessie, derrière le verumontanum , et en dehors.