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PÉRITOINE

2533. Le péritoine (peritonœum) ( 1) , la plus grande des membranes séreuses du corps, et celle dont la distribution est le plus compliquée , a une structure fibro-séreuse sur quelques points de son étendue. Il forme un sac clos de toutes parts , si ce n’est, chez la femme, à l’endroit des orifices abdominaux des deux trompes de Fallope, où il se continue avec la membrane muqueuse de ces conduits. Il tapisse la cavité abdominale presque tout entière, à l’exception de la partie la plus inférieure du bassin, et, comme toutes les membranes séreuses, il revêt de deux manières différentes les parties à la surface desquelles il passe. En effet : i° il les enveloppe toutes de son feuillet externe, celui qui a la forme d’un sac, sans y adhérer le moins du monde et sans y toucher ; 20 il se réfléchit sur luimême , en plusieurs endroits, par son feuillet interne, qui se colle à la surface des parties , et forme leur enveloppe extérieure.

Plusieurs anatomistes prétendent que non seulement les parties dont j’ai fait l’énumération plus haut, mais encore toutes celles que renferme le bas-ventre, se trouvent contenues dans le péritoine , qui se partage , pour les embrasser, en deux feuillets, l’un externe, l’autre interne. Cette opinion se

(1) Wedel, De peritonceo, Iéna , 1696. — J. Douglas, Description of tlie peritonœum and oftliat part of tlie membrana cellularis whicli lies on its ontside, vuith an account ofall tlie abdominal viscera, Londres, 1750. — C.-G Buttrier, De peritonœo, Kœnigsberg, 1738. — F. -G. tlewsing, De peritonœo, Giessen, 1742. — H. -A. Wrisberg, De peritoncei diverticulis , iltisque imprimés , quœ per ombilicum et tincam album contingunt , Gûttingue, 1780. — A. Vacca-Berlingbieri, Mémoire sur la structure du péritoine et sur ses rapports avec les viscères abdominaux ; dans Mémoires de la soc. mcd. d’émul , t. III, p. 3i5. — G.-J.-M. Langenbeck, Commentarius do structura peritoniei, tcsticulorum tunicis , eorumque ex ab domine in scrotum desccnsu, ad illustrandam herniarum indolem, Gùttingue, 1817.

704 anatomie sréciALE.

fonde sur celle d’après laquelle le tissu cellulaire condensé qui existe à la face externe du péritoine, est un feuillet particulier de cette membrane. Mais on ne saurait l’admettre, puisque la couche dont il s’agitn’est pas séreuse, qu’elle existe partout, qu’elle ne provient pas de la scission du feuillet séreux proprement dit du péritoine, mais qu’elle est le produit de Faction du scalpel , surtout lorsque les parties ont acquis plus de consistance par l’immersion dans l’alcocl.

a554- Comme toutes les membranes séreuses, le péritoine jouit d’un haut degré d’extensibilité, de manière qu’il ne se déchire pas, même lorsqu’il se trouve distendu beaucoup , soit subitement, soit peu à peu. Il est redevable de cette propriété à la solidité considérable qui le caractérise dans l’état normal.

Sa force n’est pas la même partout. En général, le feuillet externe est bien plus fort, plus solide et plus épais que l’interne. C’est à la région lombaire et à sa partie inférieure et antérieure qu’il est le plus fort , et à sa partie supérieure qu’il est le plus faible.

Les connexions, en général peu intimes , qui l'unissent aux parois de l’abdomen, lui permettent de céder facilement lorsqu’il vient t\ être tiraillé , de sorte que sa situation et ses rapports avec les parties voisines changent, dans une étendue plus ou moins considérable, quand les testicules descendent dans le scrotum , ou lorsqu’il s’établit une hernie.

a. Feuillet externe du péritoine.

2555. On peut distinguer, dans le feuillet externe du péritoine, quatre parois, une antérieure , une supérieure, une postérieure et une inférieure, dont les faces externes sont presque partout unies à la face interne des parois abdominales.

a. Paroi antérieure.

2530. La paroi antérieure tapisse la face postérieure de la ligne blanche, des tendons communs antérieurs des muscles larges du bas-ventre et de la partie antérieure de la portion charnue du transverse. Elle est attachée d’une manière assez

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lâche à la ligne blanche, adhère intimement aux tendons antérieurs, et tient moins à la portion charnue du muscle transverse. Ellen’est que séreuse à sa partie inférieure ; mais, supérieurement, elle se trouve revêtue en dehors par une couche très apparente de fibres transversales assez robustes, toul-àfait distinctes de celles des tendons des muscles transverses et de la ligne blanche , et qui se terminent , vers l’ombilic, par un bord demi-circulaire.

Depuis la vessie jusqu’à l’ombilic, sa face interne est parcourue par l’ouraque, sur les côtés duquel on aperçoit les débris des artères ombilicales, qui, séparés inférieurement* se réunissent en un seul cordon à leur partie supérieure, s’enfoncent de dehors en dedans, et produisent ainsi à l’intérieur des saillies qui ont été appelées prolongemens du péritoine [processus peritonœi).

A la face interne de la paroi antérieure, on remarque le ligament suspenseur du foie [ ligamentum hepatis suspensorium ) , qui descend de droite à gauche jusqu’à l’ombilic. C’est un repli considérable, triangulaire, étalé en éventail, dont le bord postérieur s’attache d’avant en arrière à la face supérieure du foie , où il sépare le lobe droit du lobe gauche , et dans le bord inférieur et libre duquel on distingue le ligament rond du foie [ligamentum hepatis teres ) , qui s’étend de l’ombilic au foie.

/3. Paroi supérieure.

2537. La paroi supérieure revêt la face inférieure du diaphragme, à laquelle elle adhère assez faiblement.

Vers le bord postérieur du muscle, le péritoine se réfléchit, à droite, sur le foie, et non seulement tapisse ce viscère dans toute son étendue, mais encore, lorsqu’il est parvenu au sillon de la veine porte, endroit où il enveloppe, en manière de gaine, le faisceau formé par la réunion de l’artère hépatique, de la veine porte et des conduits biliaires , il se jette sur la partie supérieure du duodénum, pour de là se continuer avec le petit épiploon, le grand épiploon et le mésocolon transverse.

Le repli très court qui se trouve entre le bord mousse du foie et la paroi supérieure du péritoine, porte le nom de 3. 45

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ligament coronaire du foie ( ligamentum hepalis coronarium ).

Du côté droit, entre la réunion du bord postérieur du foie avec l’antérieur et la limite des parois supérieure, postérieure et antérieure du péritoine, on aperçoit un repli plus alongé, qui est le ligament triangulaire droit du foie ( ligamenturn hep alu triangulare dextrum ).

Un repli semblable, mais beaucoup plus grand, s’étend du bord postérieur du petit lobe du foie et de son sommet à la paroi supérieure du péritoine ; c’est le ligament triangulaire gauche du foie ( ligamentum hepatis triangulare sinistrum ) , qui se continue en devant avec le ligament supérieur de l’organe.

Dans l’endroit où l’œsophage traverse le péritoine, en passant par la fente œsophagienne du diaphragme, cette membrane le revêt de toutes parts, ainsi que la partie supérieure de i’estomac. Les plis qui en résultent sont désignés sous le uom de ligamens phrénico-gastriques , droit et gauche ( ligamentum phrenico -gastricum, dextrum et sinistrum). Le premier se continue avec le petit épiploon, et le second avec le ligament suspenseur de la rate {ligamentum lieras suspensorium ), qui est situé plus à gauche, entre l’extrémité supérieure de la rate et le bord postérieur de la paroi supérieure du péritoine.

Le ligament suspenseur de la rate se continue avec V épiploon gastro- splénique ( ligamentum gastro- splenicum ) , qui s’étend du bas-fond de l’estomac à la scissure de la rate, et qui s’unit inférieurement au grand épiploon , ainsi qu’au mésocolon transverse.

y. Paroi postérieure.

2538. La paroi postérieure descend des bords supérieur et postérieur du foie, de l’orifice cardiaque de l’estomac, delà portion gauche de la petite courbure de ce viscère , et de l’extrémité supérieure de la rate , au-dessus de la portion lombaire du diaphragme , abandonne ensuite la paroi postérieure de la cavité abdominale, et se jette sur la face antérieure du pancréas et du duodénum , organes auxquels elle adhère d’une

manière très faible. A partir du bord inférieur du pancréas , le péritoine se dirige en bas et en devant, et forme le feuillet supérieur du mésocolon transverse , repli large et considérable, qui reçoit antérieurement le colon transverse entre ses deux lames, et dont le feuillet inférieur se continue avec la partie inférieure de la paroi postérieure.

Cette partie inférieure descend au-devant de l’aorte , delà veine cave et des reins, organes auxquels elle est peu adhérente , se jette ensuite, sans former aucun repli à droite ni à gauche, ou du moins sans en produire d’autres que de très petits, sur les portions ascendante et descendante du colon, se porte aussi, au côté droit du rein vers, le duodénum, dont elle tapisse la face antérieure, en unissant d’une manière intime cet intestin tout entier avec l’extrémité supérieure du colon ascendant, et, après avoir tapissé toutes ces parties, se continue avec la paroi antérieure, sur la portion postérieure du muscle transverse du bas-ventre.

Il n’y a que la partie inférieure du colon descendant et le commencement du rectum qui forment un repli considérable, situé sur la partie moyenne du muscle grand psoas et sur la partie supérieure du sacrum.

Au milieu de la paroi postérieure, on découvre un quatrième repli, dirigé obliquement de gauche à droite, qui descend de la seconde vertèbre lombaire, et qu’on appelle mésentère [mesen^ terium ). Ce repli, dont la racine est fort étroite, s’élargit beaucoup à son bord libre, qui embrasse tout l’intestin grêle, le duodénum excepté. Il se continue inférieurement avec le mésocolon droit, et fournit un petit prolongement triangulaire qui sert de mésentère à l’appendice vermiforme du cæcum.

Supérieurement, il se continue avec la partie moyenne du mésocolon transverse.

En cet endroit, les deux lames de ces plis s’écartent l’une de l’autre , et reçoivent entre elles la partie inférieure du duodénum.

S. Paroi inférieure.

253g. On peut considérer comme la paroi inférieure du feuillet externe du péritoine, la partie de cette membrane qui correspond à la région pelvienne de la cavité abdominale , et lui donner le nom de portion pelvienne.

Sur les côtés, elle s’attache d’une manière fort lâche aux muscles iliaques, à la partie inférieure des muscles abdominaux, au releveur de l’anus et au plexus sacré. En devant, elle est fixée aux muscles obturateurs internes et à la face postérieure de la vessie. En arrière, elle tapisse, sans y adhérer non plus avec force , la partie supérieure du sacrum , et se réfléchit en dedans sur la partie supérieure du rectum.

Inférieurement, elle revêt, dans les deux sexes, la partie interne du muscle releveur de l’anus, auquel elle est unie faiblement.

Les moitiés antérieure et postérieure de cette paroi inférieure du péritoine s’accolent l’une à l’autre, entre la vessie et le rectum , de manière que l’antérieure passe, chez l’homme, de la vessie sur les vésicules séminales, sans entrer en contact avec elles , et chez la femme, du réservoir de l’urine sur la partie supérieure du vagin et la partie inférieure de la matrice, qu'elle enveloppe d’une manière assez lâche. Arrivée ainsi en arrière, elle se réunit à la postérieure, qui provient du rectum, formant un cul-de-sac plus ou moins considérable entre cet intestin et les parties que je viens de nommer.

Ce cul-de-sac est limité, à droite et à gauche , par deux replis longitudinaux, qui s’étendent, chez l’homme, du rectum à la partie inférieure delà vessie; chez la femme, de l’intestin à la partie inférieure de la matrice, et qu’on nomme replis semi-lunaires ( plicce semi-lunares ) .

Ces plis sont d’autant plus petits, et par conséquent le culde-sac est d’autant moins séparé du reste de la cavité péritonéale, que le rectum et la vessie ou la matrice sont plus dilatés, parce qu’alors le péritoine se distend pour couvrir ces parties.

Chez la femme, la paroi latérale de la portion pelvienne

du péritoine forme, dans le petit bassin, un repli considérable , désigné sous le nom de ligament large de la matrice ( ligamentum uteri latum). Ce repli s’attache à la partie supérieure du vagin, à toute la paroi latérale de la matrice, aux trompes de Fallope et aux ovaires , revêt étroitement ces parties , et loge entre ses deux feuillets les vaisseaux et les nerfs qui s’y rendent.

La partie la plus importante de la portion pelvienne du péritoine est celle qui se trouve comprise entre l’extrémité interne de la crête iliaque et la symphyse pubienne (1)..

Le péritoine forme en cet endroit deux enfoncemens séparés l’un de l’autre par le ligament ombilical et par le prolongement péritonéal qui l’entoure, et auxquels on peut donner le nom de fosses inguinales , distinguées en externe ou supérieure , qui est plus grande, et interne ou inférieure, qui est plus petite. A l’endroit où commence le canal inguinal, on aperçoit ordinairement, dans le péritoine, un petit enfoncement, ayant souvent des connexions avec un cordon composé de tissu cellulaire qui parcourt le canal. Cet enfoncement forme fréquemment un sac plus ou moins considérable. Il est toujours un débris du prolongement qui s’étendait autrefois du péritoine dans le scrotum.

La fosse inguinale externe représente une pyramide située entre le prolongement péritonéal et le commencement du canal inguinal. L’interne est adossée, sur la ligne médiane, contre celle du côté opposé, dont elle se trouve plus ou moins complètement séparée par la saillie que forme l’ouraque. En devant et en bas, elle correspond immédiatement à l’anneau inguinal.

(1) Hesselbach, Ueber den Ursprung der Leistenbrüche, Würzbourg, 1806. — Id., Ursprung und Fortscliriile der Leisten-und Schehentbriiche, Würzbourg, 1816. — Id., Disq uisitiones anatomico-pathologicce de ortu et progressa herniarum inguinalium et cruralium, Marbourg, 1816. — R. Liston, Memoir on the formation and the connexions ofthe crural arch and, on the parts contained in inguinal and crural hernia, Edimbourg, 1819.

b. Feuillet interne du péritoine.

254o. Le feuillet interne du péritoine qui se jette sur I» face externe des parties contenue? dans la cavité abdominale, est plus mince que l’externe. Il ne se comporte pas absolument de la même manière à l’égard de toutes les parties qu’il revêt, car il s’attache aux unes d’une manière immédiate, et aux autres seulement par le moyen de prolongemens plus ou moins considérables. Dans plusieurs points de son étendue , il s’étend sur la partie presque libre de la circonférence des organes, et forme des prolongemens qui tantôt sont libres et flottans, tantôt contribuent encore à unir un organe avec un autre, indépendamment de l’enveloppe commune.

L’essence de tous ces prolongemens internes du péritoine, quel que soit leur rapport avec les organes, consiste en ce qu’ils sont formés de deux lames, dont toutes les faces rugueuses adhèrent l’une à l’autre, tandis que les faces lisses sont libres et tournées en dehors. On peut donc les désigner, en général, sous le nom de replis du péritoine.

Les plis compris entre le feuillet externe du péritoine et le canal intestinal sont appelés mésentères ( mesenteria ) (1).

Ceux, plus courts, mais plus larges , qui se trouventcntre le feuillet externe du péritoine et d’autres parties, notamment l’estomac, le foie, la rate, etc., portent le nom de ligamens du péritoine ( ligamenta peritonœi). Les dénominations qu’ils ont reçues sont tirées tantôt de leur forme, et tantôt des parties qu’ils servent à unir. Je les ai déjà indiqués pour la plupart, en décrivant le feuillet externe; ceux dont il me reste à parler reviendront lorsqu’il sera question des épiploons.

Les replis qui s’étendent d’un viscère à un autre sont les épiploons (omenta, s. epiploa) (2).

( 1) J.-S. Henninger , De mesenterio, Strasbouig, 1714- — J* Fantoni, De mesenterio, va six chyliferis et lymphaticis; dans Diss. anat. renov. V . — Stock, De statu mesenterii naturali et prmternaturali, Iéna, 1 —55 . — M. Malpighi, De omento, pinguedine et adiposis ductibus; dans Opp. omn.> t. I, p. 227.

(2) Henrici, Diss. sistens novam dcscriplionem et iconem omenti, Copenbague , 1738. — Haller, Omenti nova icon.; dans Icon. anal. fasc. I, e£

On donne le nom à' appendices épiploïques ( appendies epiploicæ ) A ceux qui font seulement saillie à la surface d’un viscère.

Ces deux dernières sortes de replis diffèrent de tous les autres en cequ’ilssontextrêmementminces, de manière que plusieurs anatomistes ont même considéré leur structure réticulée ou perforée comme une disposition normale.

a. Mésentères.

2541. La meilleure méthode est celle qui consiste à commencer l’histoire des replis du péritoine par celle des mésentères.

aa. Mésentère proprement dit .

2542. Le mésentère proprement dit ( rnesenteriuni ), dirigé obliquement de haut en bas et de droite à gauche, s’étend depuis le côté gauche du corps de la seconde vertèbre lombaire jusqu’à la symphyse sacro-iliaque droite.

Il est composé de deux lames, l’une droite et l’autre gauche, qui sont séparées l’une de l’autre, dans les deux tiers supérieurs du mésentère, par la troisième portion ou la portîonascendanle du duodénum, mais qui se réunissent ensemble au-delà de cette portion et dans le tiers inférieur du mésentère.

Le bord postérieur, qui repose sur la colonne vertébrale , porte le nom de racine du mésentère ( radix mescnteriï). Il est beaucoup plus court que l’antérieur, par le moyen duquel il s’attache à l’intestin grêle, de telle manière que ses lames s’écartent l’une de l’autre en arrivant à l’intestin, qu’elles reçoivent entre elles, et qu’elles embrassent étroitement dans toute sa circonférence.

Le mésentère devient insensiblement de plus en plus large

opp. min., t. I. — Reebmann, De omento sano et morboso, Strasbourg, 1755. — P. Van Noemer, De fabricâ et usu ornent i, Leyde, 1764. — Chaussier, Essai sur la structure et les usages des épiploons ; dans Mc m. de l’ac. de Dijon, 1784. — Froriep, Noue Darstellung der Gekrûses und der Nctze, Weimar, 1812.

depuis ses parties supérieure et inférieure jusqu’à son milieu. Sa plus grande largeur s’élève ù quatre pouces environ.

Entre les deux lames qui le composent, et qui sont faciles à séparer l’une de l’antre, se trouvent du tissu cellulaire, de la graisse , des ganglions lymphatiques, des vaisseaux sanguins, lymphatiques et chylifères et des nerfs.

Il se continue, à son extrémité supérieure, avec le mèsocolon transverse, à l’inférieure avec le mésentère triangulaire de l’appendice vermiforme du cæcum , qui s’attache au côté gauche de sa circonférence, et dont le côté gauche, libre detoute adhérence, se continue avec le mésocolon ascendant.

bb. Mésocolons.

2543. Le colon n’est pas, comme l’intestin grêle, fixé à la paroi postérieure de la cavité abdominale par un long repli très considérable, qui lui permette de flotter librement. Il est fixé au contraire d’une manière plus solide et plus inamovible par les me'socolons ( mesocola ).

Après avoir tapissé la partie moyenne du duodénum, au côté droit, la paroi postérieure du péritoine se jette sur la portion ascendante du colon, et la revêt en devant, mais non, ou du moins rarement, en arrière, où elle s’applique à découvert sur la face antérieure du rein. Lors même que le colon ascendant se trouve enveloppé entièrement par le péritoine , le repli qui l’attache est toujours très court.

Le cæcum est presque toujours attaché d’une manière un peu plus lâche à la partie supérieure du muscle iliaque.

Souvent il se détache de son sommet deux replis triangulaires, dirigés de droite à gauche et de haut en bas, qui laissent entre eux un enfoncement dont le fond est formé par le muscle iliaque et le cæcum, et dans lequel il peut arriver , surtout quand la cavité est considérable, qu’une portion plus ou moins longue de l’intestin s’insinue et se trouve étranglée.

Le mèsocolon transverse ( mèsocolon transversum ), qui se continue sans interruption avec le mésocolon ascendant , est un repli alongé, quadrilatère, ayant environ quatre pouces de haut, qui s’étend de droite à gauche vers le milieu à peu près

DE LA CAVITÉ ABDOMINALE. 7l3

de la cavité abdominale, et dont la hauteur est beaucoup plus considérable à la partie moyenne que sur les côtés.

Il tire son origine, adroite, de la partie moyenne du duodénum, dans le milieu, de la face antérieuredu pancréas, souvent aussi du côté droit de la face postérieure de l’estomac, plus loin, vers la gauche, de l’extrémité du duodénum, et s’attache au colon transverse par son bord antérieur.

Dans l’endroit où il commence , à droite sur le duodénum , il se continue, enhaut et en bas, avec la portion de la paroi postérieure du péritoine qui revêt le duodénum en devant, et unit intimement cet intestin au colon.

Plus à droite, son feuillet supérieur s’unit étroitement avec une portion plus ou moins considérable du grand épiploon, de manière qu’il résulte de là une lame quadruple, depuis le duodénum jusqu’à une portion plus ou moins étendue de la moitié droite delà grande courbure de l’estomac, et que cette réunion des bords droits du grand épiploon et du mésocolon trans verse ferme toujours en cet endroit le sac formé par ces deux replis.

Il partage incomplètement le feuillet interne du péritoine en deux moitiés, l’une supérieure , plus petite, l’autre inférieure, plus grande.

Le mésocolon descendant , continuation immédiate du précédent, est quadrilatère à sa partie supérieure, et n’entoure ordinairement pas toute la circonférence du colon descendant. Il naît de la partie supérieure de la face antérieure du rein gauche, mais provient aussi, dans son milieu, où il a plus d’étendue, du feuillet antérieur du tendon postérieurdu muscle transverse du bas-ventre, inférieurement enfin , où il est plus considérable que partout ailleurs, et souvent aussi large que le mésocolon transverse, du muscle psoas gauche et de la symphyse sacro-iliaque du même côté.

Le rectum est attaché à la face antérieure du sacrum, par une petite étendue de sa portion supérieure, au moyen d’un court repli du péritoine qu’on désigne sous le nom de mésorectum ( rnesorcctum ) .

anaiomie spéciale.

(3. Epiploons.

aa. Grand épiploon.

a544- Le grand épiploon , épiploon gastro-colique, descend, par son bord supérieur : i° de la partie inférieure de la scissure de la rate, et de l’extrémité inférieure de cet organe , endroit où il se confond avec le ligament gastro-splénique; 2° de toute la grande courbure de l’estomac; 5° du commencement du duodénum.Il s’applique sur la partie antérieure de la circonférence du colon transverse, sc déploie devant l’intestin grêle , et descend ordinairement jusque dans le bassin, où il se termine par un bord libre.

Il se confond, par son bord droit, avec le mésocolon transverse , et s’attache , par le gauche, à l’extrémité inférieure de la rate, ainsi qu’à l’extrémité gauche du pancréas et du colon transverse, en se confondant avec la paroi postérieure du péritoine.

Ib. Petit épiploon.

2545. Le petit épiploon, épiploon gastro-hépatique ( epiploon liepatico-gastricum), descend du sillon du canal veineux de la portion gauche du sillon de la veine porte et de la capsule de Glisson, vers la petite courbure de l’estomac, depuis l’orifice cardiaque jusqu’au pylorique , et flotte au-devant du lobe de Spigel.

Les deux épiploons communiquent ensemble par le moyen de la portion du péritoine qui revêt les faces antérieure et postérieure de l’estomac , et forme ainsi, avec l’estomac, la paroi antérieure d’un sac, dont la paroi inférieure est représentée par le colon transverse et le mésocolon transverse, et la postérieure par la partie supérieure de la paroi postérieure du péritoine.

La partie supérieure de ce sac, qui se trouve entre le foie et la petite courbure de l’estomac, communique avec l’inférieure, située entre la petite courbure et le colon transverse , par une ou verture plus ou moins considérable, qui est placée

entre la paroi postérieure de l’estomac et celle du péritoine , dans l’endroit où la petite courbure de l’estomac, vers son extrémité droite , n’est point fixée ù la paroi postérieure du sac péritonéal.

Le sac tout entier, ou la cavité des épiploons , communique avec la cavité péritonéale par le trou de Winslow [foramen TVinslowii), ouverture arrondie, oblongue, quiest situéeau côté droit du bas-ventre, limitée à droite par le sillon de la veine porte, en devant par le faisceau que forment la veine porte, l’artère hépatique et les conduits biliaires, à gauche par la première courbure du duodénum , et en bas par la paroi postérieure du péritoine, qui revêt en cet endroit la veine cave ascendante.

Lorsqu’on écarte le foie et le duodénum l’un de l’autre, que par conséquent on écarte de ce dernier organe la portion du péritoine qui s’étend de son sommet au foie, en formant une gaine autour du faisceau dont je viens de parler, il en résulte un pli plus ou moins large, demi-circulaire, et ayant son bord libre tourné en bas, qui porte le nom de ligament hépato-duodénal ( ligamentum liepato-duodenale').

On peut produire aussi, de la même manière, un repli analogue entre la première courbure du duodénum et l’extrémité supérieure du rein droit. Ce dernier repli est le ligament dnodéno-rénal ( ligamentum duodeno-reiiale).

Le trou de Winslow est situé entre ces deux replis.

ce. Appendices épiploïques.

■2546. Les appendices épiploïques ( appendices epiploicœ } sont de courts prolongemens de la tunique péritonéale du gros intestin, arrondis, alongés, plus ou moins larges, remplis de graisse chez les sujets gras, et d’un liquide rougeâtre gélatineux, chez les sujets maigres , qui naissent principalement du côté antérieur de la circonférence de cette tunique.

On en observe sur toute la longueur du colon, mais ils ne sont pas disposés exactement de la même manière dans toutes les parties de cet intestin.

Ils reçoivent toujours une branche vasculaire considérable, qui provient du mésocolon.

La plupart du temps ils sont disposés sur deux rangs.

J>l6 ANATOMIE SPÉCIALE.

Ces rangées sont placées en dehors et en dedans de l’intestin dans la portion inférieure du colon descendant, sur le bord inférieur dans le colon transverse, enfin sur le bord interne et antérieur dans le colon descendant.

Sur ce dernier point, l’une des deux séries, la plus considérable, est beaucoup plus rapprochée de l’extrémité intestinale du mésocolon, que dans le colon ascendant.

Dans le colon ascendant, les appendices épiploïques reçoivent les branches externes et internes des vaisseaux mésentériques. Dans le reste du colon , leurs vaisseaux ne proviennent que des branches inférieures et internes de ceux de l’intestin.

De distance en distance les mésocolons produisent aussi , au voisinage de l’intestin, des prolongemens absolument semblables qui se dirigent de haut en bas.

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