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VÉ»ICULB OMBILICALE EX ALLANTOÏDE

2584- Indépendamment des membranes dont j’ai parlé jusqu’ici, et dont l’existence n’est point douteuse, il yen a encore deux qui ne sont point aussi généralement admises , se rapprochent l’une de l’autre à l’égard de la forme et de la situation, mais diffèrent aussi des précédentes sous ces deux rapports. Ce sont la vésicule ombilicale et l’ allantoïde Ces deux membranes ne forment point des sacs superposés et enveloppant le foetus, mais sont situées entre le chorion et Pamnios. Leur existence est bien plus courte que celle des deux autres membranes, puisqu’elles disparaissent, ou du moins tombent dans l’inaction dès le troisième mois de la vie intrautérine. Cependant il n’est pas possible de les confondre l’une avec l’autre, ni de supposer, avec Lobstein, par exemple (1), que la vésicule ombilicale de l’homme est l’allantoïde des animaux. Ce sont deux organes tout-à-fait différens, qui existent simultanément chez la plupart des animaux vertébrés, et, suivant toutes les apparences, chez l’homme aussi.

(1) Loc. cit., p. 44-

a. Vésicule ombilicale.

2584. La vésicule ombilicale ( vesicula umbilicalis , s. saccus vilellarius , s. vesica vitellaria , s. intestinalis , s. processus infundibuliformis , ç. hydatis funicuh ) est un organe constant. Osiander a prétendu, il est vrai, qu’on doit la considérer comme un phénomène pathologique, qu’on ne rencontre que dans les embryons monstrueux (1); mais elle existe réellement dans tous les œufs durant les premiers mois de la grossesse.

La vésicule ombilicale de l’homme ne correspond pas non plus à l’allantoïde des mammifères (2) et des oiseaux; car les argumens tirés de sa constance, de sa transparence, du fluide clair et liquide qui la remplit, de sa situation entre les autres membranes de l’œuf, et de l’existence de vaisseaux à sa surface, qu’on a allégués en faveur de cette comparaison, sont autant de circonstances qui démontrent bien mieux encore son analogie avec la vésicule ombilicale des mammifères et le sac vitellin des oiseaux.

La nature de ses vaisseaux et ses connexions avec le canal intestinal confirment encore davantage ce rapprochement. D’ailleurs, comme l’allantoïde existe indépendamment d’elle, chez les mammifères et les oiseaux , et probablement aussi chez l’homme, l’opinion de Lobstein n’est point admissible.

2586. Cette vésicule est d’autant plus grande, proportion gardée , que le fœtus est moins avancé , et il est probable qu’elle le surpasse d’abord en volume; du moins Lobstein a-t-il donné la figure d’un cas de cette espèce (3), et j’en ai un presque semblable sous les yeux.

La vésicule ombilicale figurée par Lobstein est la plus considérable qu’on connaisse. On peut juger d’après elle que l’organe a environ six lignes de diamètre dans l’origine.

Les plus grosses vésicules ombilicales que j’aie sous les yeux sont de moitié plus petites, et au-delà, ce qui s’accorde

(1) Satzburg med. chir. Zeitung, 1 S 1 4-

(2) Lobstein, toc. cit., § 4 1 -4-5 -

(3) Loc. cit., tab. i.

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avec les dimensions indiquées par la plupart des autres observateurs.

3587. Cet organe est d’abord situé immédiatement contre la face antérieure de l’embryon (1); mais il s’en éloigne dès après la fin du premier mois , et se trouve alors placé hors de la gaine ombilicale.

2588. On ne sait encore rien de bien certain relativement à l’époque à laquelle paraît la vésicule ombilicale. Si l’on jugeait d’après l’analogie avec les oiseaux , comme elle correspond au sacvitellin, on en conclurait qu’elle naît avant toutes les autres parties de l’œuf, et c’est même d’après cela qu’on a prétendu que les faux germes sont des vésicules ombilicales, et non des sacs formés par le chorion et l’amnios, ainsi qu’on le pense généralement (2), Quoique l’opinion repue ne soit peut-être pas applicable à tous les cas, je n’en continuerai pas moins de la suivre, jusqu’à ce que des faits positifs aient démontré le contraire.

Suivant Hunter (3), la vésicule ombilicale se conserve quelquefois jusqu’au terme régulier delà grossesse, mais elle n’est pas plus grosse à cette époque que dans un œuf de deux à trois mois, et elle se trouve à un demi-pouce, ou jusqu’à un pouce et demi de l’insertion du cordon ombilical au placenta. Je regarde ce fait comme un phénomène extrêmement rare , ne l’ayant rencontré que deux fois sur un nombre très considérable de délivres.

258g. La vésicule ombilicale est formée par une membrane grenue, qui a une densité considérable, puisqu’elle ne se déchire pas lorsqu’on la remplit d’eau jusqu’au point de la distendre avec force (4). Peu à peu elle se flétrit, se couvre de rides et devient opaque. C’est en elle que se répandent les vaisseaux omphalo-mésentériques.

Elle contient un liquide blanchâtre qui, peu à peu, diminue, s’épaissit et finit par s’endurcir.

(1) Lobstein* toc. cil., p. ^6.

(2) Oken, Beytriige, cah. 11, p. 85.

(3) Anatomie des scluvangern Utérus , p. 68.

(4) Lobstein, toc. cit., p. 43-

2590. J’ai traité fort au long de ses connexions avec l’embryon, à l’occasion du développement du canal intestinal, et j’ai cherché à démontrer que très probablement elle communique avec l’iléon, non seulement par les vaisseaux omphalo-mésentériques, mais encore par un canal.

25g 1. Sa constance, son volume si considérable dans l’origine , et son existence probable avant toutes les autres parties, prouvent qu’elle joue un rôle d’une haute importance dans le développement de l’embryon.

Si l’on en juge d’après ce qui se passe chez les oiseaux, son contenu passe dans le corps de l’embryon , et lui sert de nourriture, comme le jaune au poulet; seulement elle disparaît bien plus tôt que le sac vitellin.

25g3. Les opinions sont encore partagées sur la question de savoir s’il existe, dans le fœtus humain, comme dans celui des autres mammifères, une allantoïde ( allantois , s. membrana media ) (1) , qui communique avec la vessie par l’ouraque.

Necdham (2) , Haie (3), Bidloo (4) , Hoboken (5) , de Graaf (6), Littré (7), Rouhault (8), Neufville (9), Haller (10), Emmert (n), Joerg (12), Dulrochet (i3) et Cuvier(i4),

(1) R. Haie, The human allantoid discovered; dans Phil. Irans ., p. 270. — Sellius, De allantoïde, Kiel, 1729. — C. de Neufville, De allantoïde humanâ, Leyde, 1736. — Haller, De allantoïde, 1739. — J. -G. Betschler , Disk, num a fœtu urina secernatur et sécréta excernalur, Berlin, 1820.

(2) De formato fœtu, c. ni.

(3) Loc. cit.

(4) Tab. anat., 58., lit. E.

(5) Anat. second. Imm. rep., p. 428.

(6) De mulier.org., cap. xv ; Opp. omn., p. 283.

(7) Mém. de Paris, 1701, p. u5.

(8) Osservaz. anat. fis., Turin, 1724, p. ai.

(9) Loc. cil.

(10) Loc. cit.

(11) Nachlrag zu den beiden Abhandlungen iiber das Nabclblaschen ; dans Arcliiv fiir die Physiologie, t. X, p. 373.

(12) Die Zeugung, p. 2S8. Cependant Joerg conclut seulement d’après i intervalle qui existe souvent entre le chorion et l’amnios.

( 1 3 Loc. cit.

(«4) Mcm. du Mus., t. III.

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l’admettent. Paré (1), Harvey (2), Iluysch (5) , Heister (4), Troortwyk (5) , Neu (6) , Albinos (7), A. Monro (8) , Danz (9) et Hunter (10) la rejettent. Quoiqu’un grand nombre de faits allégués en faveur de son existence soient les uns faux, les autres peu concluans , je croîs cependant devoir me ranger à la première de ces deux opinions, parce que j’ai trouvé, dans un embryon humain d’environ quatre semaines , entre lecborion et l’amnios, et indépendamment de la vésicule ombilicale, une poche plus grande, à parois minces, affaissée sur elle-même, et contenant un liquide limpide (1 1). J’ai répété depuis cette observation.

On peut alléguer en faveur de son existence,

i° Les cas dans lesquels on a trouvé, dans les autres membranes, une poche différente de la vésicule ombilicale. A la vérité quelques observations de ce genre sont très suspectes; mais je me suis assuré plusieurs fois moi-même de l’existence d’une couche délicate , différente du reste de l’œuf, qui forme d’abord une vessie close jusque vers le milieu du second mois de la grossesse, et qui ne paraît plus ensuite que sous l’aspect d’une simple lame.

2° L’intervalle qui existe entre l’amnios et lecborion. Cet espace, plus considérable dans les premières périodes que durant celles qui suivent, est occupé parun liquide, qu’on trouve quelquefois même fort abondant à l’époque de 1’accouohement, et qui constitue ce qui s’appelle les fausses eaux.

5° L’analogie avec les autres animaux.

Cette vésicule a toujours des parois fort minces, plus délicates que celles des autres membranes.

(1) Anat. chir., 1. II, c. xxxv.

(2) Exerc. de gener. c. de membr. et humor.

(3) Thesaur. 3, n° 5j; th. 9. n. 21.

(4) Eph. nat. curios. cent. II, obs. 190.

(5) De utero gravido; pars III, De atlantoide.

(6) De diff. fœt. et adulli, p. io5.

(7) Annot. ncad., 1. I , c. xix, p.

(8) Essays ofa soc. ofEdinb., vol. II

(9) Loc. cit. p. I, § 12.

(10) Anatomie des menschticlicn schwangcrn Utérus, p. 84-

(11) Deutsches Arcbiv fiir die Physiologie , t, III. tab, 1, fîg.

rjr o ANATOMIE SPECIALE.

Il n’est pas certain qu’elle communique dans aucun temps avec l’ouraque. Dutrochet admet cette communication, mais sans l’avoir constatée par l’observation. Cependant elle paraît très prob ible, au moins dans les premiers temps de la gestation, soit en raison de l’analogie, soit parce que l’ouraque fait partie du cordon ombilical, soit enfin par la possibilité de l’y suivre plus ou moins jusqu’au placenta (i), d’y introduire un liquide (2), et même de démontrer à l’intérieur une connexion immédiate entre ce corps et l’allantoïde (3). Je suis parvenu plus ou moins facilement à suivre l’ouraque dans presque toute la longeur du cordon, à toutes les époques de la grossesse, et même à le remplir en partie de mercure; mais je n’ai jamais pu constater qu’il communiquât, soit avec l’espace compris entre les deux membranes propres , soit avec l’allantoïde.

On ne sait pas non plus, d’une manière certaine, combien de temps l’allantoïde prolonge son existence.

Je n’ai presque jamais pu en apercevoir de traces sensibles dans les derniers mois de la grossesse.

2590. On considère ordinairement l’allantoïde comme le réservoir de l’urine, que l’ouraque y amène de la vessie.

Cette opinion est celle de la plupart des physiologistes et des médecins.

Joerg pense que l’allantoïde sécrète elle-même l’urine (4) , hypothèse fort peu probable , puisque les reins existent et sont plus développés qu’aux époques suivantes de la vie.

Harvey (5), Lobstein (6) et Oken (7) ont émis une autre opinion.

Suivant Harvey, le liquide de l’allantoïde n’est pas de l’urine, mais un fluide nourricier:

(1) Albirms, dans Neufville, p. 42,43- — Hunter, loc. cit., p. 45- — Cruikshank, ibid.

(2) Noreen et Rœderer. — A. Monro, dans Edinb. phys. essays and obs., vol. I, p. 485. — Ridley, Obs. med. pr., Londres, 1705.

(3) Albinus dans Neufville , p. 43- Mais il est incontestablement question ici de la vésicule ombilicale.

(4) Zèugung, p. 298.

(5) Degener. anim., Amst., 1662, p. 364-

(6) Loc. cit. , p. 53.

(7) Beytrâge, cah. 1. p. 29.

UE I.A CONCEPTION DANS l’ÉTAT NORMAL. 771

1° Parce qu’on le trouve même dans des œufs qui ne contiennent pas de fœtus ( 1);

2" Parce qu’il existe en grande quantité dès l’origine de l’organe (2);

3° Parce que l’allantoïde a dans le principe un volume proportionnel et même absolu plus considérable qu’aux époques subséquentes (5), tandis qu’on admet que l’abondance de la sécrétion urinaire est en raison directe de l’âge avancé du fœtus;

4° Parce qu’on ne peut pas concevoir comment la sécrétion urinaire serait la plus importante de toutes les fonctions dans le fœtus (4);

5° Parce que l’allantoïde manque chez quelques mammifères, et qu’il est hors de toute vraisemblance que les fœtus de certains animaux sécrètent de l’urine, tandis que d’autres n’en sécrètent pas (5);

6° Parce qu’il est très difficile, dans le fœtus du cochon (presqu’à terme), de faire passer de l’air de la vessie dans l’allantoïde [6);

70 Parce que le liquide ne saurait être excrétoire , attendu qu’un nombre considérable de veines ombilicales (absorbantes) se répandent dans la membrane qui l’enveloppe (7);

8° Parce que le fluide ne se comporte pas comme l’urine(8);

Mais aucun de ces argumens ne prouve rien, soit contre l’ancienne opinion, soit en faveur de celle des écrivains qui les invoquent.

i° L’existence de l’allantoïde et de son liquide sans embryon ne signifie rien , et il se peut que ce qu’on prend pour tel soit autre chose, ou que l’embryon ait été perdu.

20 et 3° La grosseur de l’allantoïde et la quantité de son fluide dans les premiers temps de la gestation s’expliquent très bien

(1) Harvey.

(2) Id.

(S) Lobstein , p. 54-

(4) Id-, ibid.

(5) Id. ibid.

(6) Oken , p. 58.

(7) Harvey.

(8) Oken, p. 39.

r r *> ANATOMIE SPECIALE.

par la marche plus rapide de toutes les formations à cette époque, et parce que très probablement les autres excrétions n’ont point encore lieu, ou du moins ont pris très peu de développement.

4° La grandeur de l’allantoïde ne prouve pas que la sécrétion urinaire soit alors la plus essentielle de toutes les fonctions; elle atteste seulement que le système urinaire tient lieu, en grande partie , de tous les autres appareils excrétoires, par la raison fort simple que les produits de l’action de ces derniers auraient été en contact avec le fœtus pendant toute la durée de la grossesse.

5° Ce fait est tout-â-fail inexact, carl’allantoïdeest un organe fort constant. Au reste il serait très possible que son absence se trouvât compensée d’une manière quelconque.

6° Dans ce cas on a éprouvé aussi la même difficulté A faire passer de l’air de l’allantoïde dans la vessie (î), tandis que l’expérience réussit très facilement durant les premiers temps de la grossesse, ainsi que je m’en suis assuré plus d’une fois. Il résulte donc tout au plus de ce fait que peu à peu l’urine se sécrète en quantité moins considérable , et s’amasse dans la vessie.

7° Cette objection repose sur ce qu’on a confondu l’allantoïde avec le chorion. Les vaisseaux ne lui appartiennent pas, mais bien à ce dernier : ce n’est au moins pas dans sonintérieur, mais dans celui de la matrice, qu’ils absorbent.

8° Du fait rapporté, il ne s’ensuit pas, pour plusieurs raisons, que le liquide ne soit point de l’urine .

On ne saurait regarder l’allantoïde comme la membrane formatrice de l’appareil urinaire et génital, ou de la vessie (a), car on la voit très manifestement, chez les oiseaux, naître du système urinaire, et elle n’existe pas dans les œufs des batraciens.

La vessie n’est pas formée par l’ouraque (3) ; mais le canal , d’abord uniformément étroit, qui correspond à la vessie et à l’ouraque, s’élargit à sa partie inférieure , se développe complètement et devient la vessie, tandis que la partie supérieure, qui ne prend pas le même développement, demeure ouraque.

(i) Oken, p. 5o.

00 Joerg, p. 298.

(5) Ibid., p. 290.

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