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KEKF AUDITIF

Le nerf auditif , dont j’ai fait connaître précédemment l’origine et le trajet jusqu’au conduit auditif interne, où le nerf facial l’accompagne , se partage , aussitôt qu’il est entré dans ce canal, en plusieurs branches qui pénètrent dans le la-

reste , il pense que ces variations ne dépendent que de la situation dans laquelle on a tenu le cadavre. Ces observations confirment pleinement celles de Brugnone ( Mém . de Turin , t. XVI, p. 167 ) , qui pense aussi qu’il y a presque toujours de la sérosité dans toutes les cavités du labyrinthe, mais que ce liquide ne les remplit pas exactement dans l’état naturel, parce que l’eau congelée qu’il en a extraite plusieurs fois y laissait des vides , quoique la congélation fasse acquérir plus de volume aux liquides. ( /Vote des traducteurs. )

DE L’ORGANE DE l’ODIE.

byrinthc, etdont la raarcke est déjà indiquée par la disposition de l’os.

En effet le conduit auditif interne (1) offre , au fond de son excavation, dans l’endroit où la face interne et perforée de l’axe du limaçon se trouve située en devant, une crête dirigée d’avant en arrière, d’abord peu sensible, mais très marquée chez l’adulle, qui le partage en deux moitiés, l’une supérieure plus petite, l’autre inférieure plus grande. La première appartient tout entière au nerf facial, tandis que l’autre n’appar j tient à ce nerf que dans une petite étendue de sa portion antérieure, de Manière qu’on peut dire que le sillon supérieur reçoit le nerf facial, et l’inférieur le nerf auditif. La première est partagée elle-même , par une petite saillie longitudinale , en deux autres moitiés, l’une antérieure, qui est le commencement du canal de Fallope , l'autre postérieure, qui loge la branche supérieure du nerf auditif.

1945. Le nerf auditif se répand sur le labyrinthe membraneux. (2) Ses premières branches sont destinées aux canaux demi-circulaires/el à la portion vestibulaire. La première, qui est la plus forte, passe par l’enfoncement situé derrière l’origine du canal de Fallope, et gagne l’ampoule du canal demicirculaire supérieur; la seconde se rend à l’enfoncement ovale du vestibule; la troisième, plus petite, gagne l’ampoule du canal demi-circulaire postérieur.

Lorsque la première branche a pénétré ainsi , elle se partage en deux rameaux qui s’étalent en manière d’éventail , et dont l’un est destiné au sac commun des canaujf demi-circulaires, tandis que l’autre appartient à l’ampoule du canal supérieur et du canal externe.

Tous ces rameaux sont manifestement fibreux et entrelacés sur la face externe des ampoules; mais lorsqu’on les examine sur la face interne de ces dernières, ils ne paraissent plus que comme un mucus informe. Ils ne s’étendent pas au-del;\ du vestibule et des canaux demi-circulaires, et demeurent très distinctement appliqués à la surface des ampoules.

(1) Ribes, loc. cit., p. 660.

(2) Ribes , ibid. , p. 6ê5.

Le nerf se porte ensuite en avant dans l’axe du limaçon, suit exactement les sinuosités de la cavité, et donne un nombre considérable de fdets, qui se dirigent en dedans, à travers les ouvertures dont cet axe est percé.

Les premiers filets qu’il fournit sont les plus gros; les autres vont en diminuant peu à peu , et sont plus rapprochés les uns des autres.

Enfin le nerf se termine, au sommet de l’axe, par un filet considérable, qui surpasse de beaucoup tous les autres en volume , et qui pénètre dans l’ouverture dont cet axe est percé.

Les plus internes d’entre ces filets traversent les ouvertures dont les spires de la columelle sont percées, s’insinuent dans les canaux qui y aboutissent, arrivent sur la lame spirale, le long des deux faces de laquelle ils forment un plexus extrêmement délié, et se terminent sur la lame spirale membraneuse , où ils sont tout-à-fait découverts.

Suivant Scarpa (1), ils marchent seulement entre les deux plaques de la lame spirale; mais le fait est qu’ils recouvrent aussi les faces supérieure et inférieure de cette lame en dehors (2), et que ceux qu’on aperçoit en cet endroit sont même les plus considérables de tous, surtout ceux qui se voient sur la face inférieure. Quelques filets, mais moins nombreux et beaucoup plus petits , pénètrent par les ouvertures qu’on remarque dans les spires du limaçon, tout près de la columelle, et se rendent, non pas dans la lame spirale, mais dans la portion du limaçon membraneux qui forme sa paroi externe. Tous s’anastomosent ensemble au côté externe du limaçon.

Les filets nerveux qui pénètrent dans le limaçon sont, de même que les précédens, blancs, opaques et sensiblement fibreux près de leur origine ; mais leurs dernières expansions sont demi-transparentes, plus grises et semblables à de la mucosité.

1946. C’est dans les expansions du nerf auditif sur le labyrinthe membraneux qne se passent les changemens, qui, pro-

(1) Ucorg. and. et olf. , p. 55-56, § xi.

(2) Monro, Ontlie ear , p. 197-199,1. IIJL'IV.

DE L’ORGANE DE l’oTJIE. lyj

I pagés au cerveau par ce nerf, y font naître Ja sensation des sons. On ne peut guère douter que ces changemens ne soient l’effet de la compression que la sérosité labyrinthique exerce sur les ramifications nerveuses, et cette pression elle-même est nécessairement la conséquence d’un changement survenu dans l’état des parties situées en dehors du labyrinthe , notamment dans les osselets de l’ouïe et leurs muscles. En effet,

; selon que la base de l’étrier est plus ou moins enfoncée dans la fenêtre ovale, ou qu’elle l’est, soit en totalité, soit en partie seulement, elle exerce, sur la sérosité intérieure, une compression qui varie, à l’égard tant de son intensité que de la région du labyrinthe qui la ressent. L’oreille externe et la membrane du tympan servent principalement à recevoir les ondes sonores et à fortifier le son, destination que la caisse du tambour partage avec les cellules mastoïdiennes. Quant aux osselets de l’ouïe, outre la destination que je viens de leur assigner , le marteau a bien certainement aussi pour usage de modifier le degré de tension de la membrane du tympan, de diminuer cette tension dans les sons forts, et de l’accroître dans les sons faibles. Les trompes d’Eustache servent à évacuer les fluides qui se sécrètent dans la caisse du tympan, et à y faire pénétrer d e l’air, pour servir de contrepoids à celui qui agit en dehors sur la membrane tympanique. Elles concourent aussi , d’u ne manière immédiate , à l’audition, car elles conduisent également dans la caisse des ondes sonores , qui, réfléchies par les parois de cette cavité, vont tomber principalement sur la membrane de la fenêtre ronde, qu’on a appelée, pour celte raison, 1 a tympan accessoire (i).

(i) Savart a conclu de ses importantes recherches sur le mécanisme de l’audition : i° que la communication des vibrations au moyen de l’air semble se faire, au moins pour les petites distances, suivant les mêmes lois que celle qui a lieu pour les corps solides ; 2° qu’il n’est pas nécessaire de supposer un mécanisme particulier pour amener continuellement la membrane du tympan à vibrer à l’unisson avec les corps qui agissent sur elle , et qu’elle se trouve toujours dans des conditions qui la rendent apte à être influencée par un nombre quelconque de vibrations ; 3° que sa tension ne varie vraisemblablement que pour augmenter ou diminuer l’amplitude de ses excursions, ainsi que Bichat l’avait présumé , mais toutefois en supposant, comme l’admet encore Meckel, le contraire de ce qui ré-

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