‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologiqueChapitre 87 sur 289 · L’ORGANE AUDITIF · texte numérisé non relu

L’ORGANE AUDITIF

ï. OREILLE EXTERNE.

1947. Ce n’est guère que vers le milieu du second mois de la vie intra-utérine qu’on commence à apercevoir la partie externe de l’organe auditif. Elle ressemble d’abord à une éminence peu sensible, ayant la forme d’un triangle alongé, dont la base regarde en haut, dont le sommet est tourné en bas, qu’aucune rainure ne sépare de la partie inférieure de la face latérale de la tête, et dans le milieu de laquelle on aperçoit une fente longitudinale, de même forme , qui devient à la fois plus étroite et plus profonde de haut en bas. Bientôt le renflement qui entoure l’enfoncement médian , s’élève à sa partie

suite des expériences , c’est-à-dire en imaginant que la membrane se détend pour les impressions fortes, et se distend pour les plus faibles; 4° que les vibrations de la membrane se communiquent sans altération au labyrinthe , par le moyen des osselets, comme les vibrations de la table supérieure d’un instrument se communiquent à la table inférieure, par le moyen de l’âme ; 5° que les osselets ont encore pour fonction de modifier l’amplilude des excursions des parties vibrantes contenues dans le labyrinthe; 6° enfin , que la caisse du tambour sert vraisemblablement à entretenir un air dont les propriétés physiques soient constantes. Itard prétend que la membrane du tympan n’exécute aucun mouvement appréciable soit à la vue, soit au moyen d’une soie de porc placée au centre; mais les expériences plus délicates de Savart ne permettent pas de révoquer ces mouvcmens en doute. Lorsque, après avoir sciél’os temporal au niveau de la face externe de la membrane, on couvre celle-ci de sable , on reconnaît que les grains de ce dernier sont le siège d’un léger mouvement dès qu’on approche un disque en vibration parallèlement à la membrane et très près de sa surface , sans toutefois que son peu d’étendue, et surtout sa forme, permettent d’y constater l’existence d’aucune ligne nodale. A l’égard des osselets, Itard leur attribue pour usage de permettre d’entendre la voix basse. Suivant. Geoifroy-Saint-Hilaiie, ils ne serviraient à

de l’organe de l'odie. i g5

; postérieure , de manière à devenir plus mince en cet endroit. Il devient saillant au-dessus de la surface de la partie latérale de la tête, ce qui découvre un peu la fossette médiane. Dans le même temps, ou bientôt après , la partie antérieure du renflement se trouve partagée , par une échancrure transversale qui naît de sa partie postérieure , en deux moitiés dont l’inférieure est l’antitragus , et la supérieure le commencement de l’hélix. A la même époque, cette partie antérieure de l’oreille externe s’élève aussi , et la postérieure s’élargit davantage , mais ne s’écarte plus autant de la face latérale de la tête. L’anlhéiix et le tragus se développent aussi de très bonne heure, dès le troisième mois. Lorsqu’il commence à se montrer, l’anthélix est plus saillant qu’aux époques subséquentes, parce que le bord postérieur de l’oreille s’élève peu, ou même ne s’élève pas du tout. Le lobule est la dernière partie qui paraît.

L’oreille externe est d’autant plus petite, en proportion de la tête, que le fœtus est plus jeune.

Son cartilage commence à paraître dès le troisième mois; mais il se développe lentement, car, vers la fin de la gros-

lien, ou à presque rien, et ne seraient que les rudimens indicateurs d’un appareil respiratoire, l’opercule, qui ne se développe que dans la classe des poissons. La justesse de cette seconde proposition , que nous ne devons point examiner ici, n’entraînerait pas nécessairement celle de la première, quand bien même l’expérience ne s'élèverait pas formellement contre celle-ci. Quant à la coopération directe de la trompe d’Eustache à l’audition, cette proposition, émise au commencement du siècle dernier, et reproduite beaucoup plus tard par Bressa, est évidemment erronée. Gotugno et Itard l’ont parfaitement réfutée. Si elle était exacte, on devrait, comme le dit fort bien Rudolphi, entendre sa propre voix, lorsqu’on parle haut, après s’être bien bouché les oreilles; or c’est ce qui n’a pas lieu. Itard a très ingénieusement comparé la trompe d’Eustache au trou sans lequel l’air n’éprouverait aucun mouvement vibratoire dans une caisse militaire ; mais il s’est trompé en disant qu’elle paraît n’avoir d’autre usage que celui de renouveler l’air contenu dans le tympan. C'est là, sans contredit, sa fonction principale, mais elle sert aussi à l’excrétion des mucosités et de la perspiration condensée que sécrète continuellement la membrane muqueuse de cette cavité.

( Note des traducteurs.)

sesse, il n’a pas encore, pris, sous la peau, autant d’étendue qu’ri en a chez les individus dont l’accroissement est terminé.

La portion cartilagineuse du conduit auditif, de même que le pavillon de l’oreille, est d’abord proportionnellement bien plus petite qu’aux époques subséquentes.

La portion osseuse de ce conduit commence à se former quelque temps après la naissance, par l’agrandissement du cadre de la membrane du tympan. Ce que son ossification présente de remarquable, c’est qu’en général elle commence beaucoup plus tôt dans le contour extérieur du canal, là où il s’unit à la portion cartilagineuse, que dans la région moyenne de sa partie inférieure.

Le prolongement du système cutané externe, autour duquel s’applique ce conduit, existe déjà de très bonne heure dans l’embryon, et n’y est même pas, proportion gardée, beaucoup plus court que chez l’adulte , mais il a une autre forme et une autre direction. Comme le cadre tympanal se dirige alors bien plus obliquement de dehors en dedans qu’il ne fait plus tard , la partie supérieure de sa circonférence n’existe point d’abord ; l’inférieure seule est développée, et forme, en dehors et en bas du cadre, une large bourse, qui est beaucoup plus ample, en proportion de sa longueur , qu’elle ne l’est dans la suite , descend aussi dans une direction plus rapprochée de la perpendiculaire , et s’applique au-dessous de la membrane du tympan , de manière à former réellement sa paroi supérieure.

La peau de la portion osseuse du conduit auditif eBt plus molle et plus épaisse dans le fœtus que chez l’adulte.

Page 1