Foie
La coloration du foie est sujette à beaucoup de variations; sa coupe offre ordinairement l'aspect d'une substance réticulée , jaunâtre, plus claire, dont les mailles embrassent des taches plus foncées, brunes; mais souvent la couleur brune prédomine: alors la coupe du foie présente le <;ontraire, c'est-à-dire des mailles brunes et un pointillé jaunâtre. Les deux teintes correspondent à ce qu'on appelle la substance brune et la substance jaune du foie. Quand il contient peu de sang, le foie est pâle, et la différence des deux teintes se perd; quand au Contraire tous les vaisseaux sont hypérémiés , l'organe devient foncé , et les deux nuances se trouvent également effacées; mais quand l'hypérémie se borne à l'une des deux substances, alors la différence de coloration est très-marquée. La réplétion ou la vacuité des conduits biliaires influe aussi beaucoup sur les changements de coloration du foie, ce qui explique les variétés de teinte qui se présentent à l'autopsie; les colorations pathologiques offrent des nuances encore plus nombreuses.
Le volume du foie est également très-variable; longueur 24 y^ à 29 centimètres; largeur 18 à 18'/, centimètres; épaisseur en arrière 6 à 8 centimètres, en avant elle est moindre; son poids égale à peu près 2)( kilogrammes; il est ordinairement situé de telle façon, que son bord libre dépasse à peine ou d'une manière insensible le rebord des fausses cotes ^ excepté en arrière et en avant dans la région épigastrique. Lelobe gauche dépasse ordinairement la ligne médiane du corps et recouvre la portion pylorique de l'estomajc; ce lobe, très-grand chez le
nouveau-né , diminue de volume dan^ la première année. Dans la vieillesse 9 le foie devient plus petit. Par la pression continue des corsets , il présente dans la partie comprimée une dépres* sion qui tient à la résorption de son parenchyme; le bord libre, au contraire^ descend au-dessous du rebord costal, au point que le bord inférieur du lobe droit peut atteindre la crête iliaque , et le lobe gauche la rate.
Le feuillet péritonéal est très-souvent trouble ou épaissi , surtout chez les femmes dans les points où le corset porte ; cet épaissîssement est quelquefois considérable; on trouve aussi dans les couches superficielles du foie , du tissu conjonctif de nouvelle formation, et à la surface des rides cicatricielles; la cause de ces états réside dans des hypérémies et des inflammations chroniques légères. Cette altération superficielle du foie est tellement fréquente, cpi'on peut, à l'égal des glandes de Pacchioni et des adhérences légères de la plèvre, la considérer comme un état quasi-normal.
Avant d'aborder f examen des altérations anatomiques du foie, faisons observer que leur étude n'est facile que dans les cas bien tranchés , et que les formes de transition sont loin d'être connues d'une manière satisfaisante.
VICES DB coNFOIUflATiON. -^ Augmentation de volume anormale et permanente, hypertrophie; — conformation anormale; foie rond, présentant plus ou moins de lobes qu'à l'état régulier; on trouve quelquefois des lobules séparés du reste de l'organe et compris entre les replis du péritoine. — La position du foie est quelquefois changée : il peut être situé en dehors de la cavité abdominale, dans la hernie ventrale et dans les cas d'absence du diaphragn^e; dans l'inversion splanchnique, le foie occupe l'hypocondre gauche.
HTPéRÉMiB» — Les hypérémies aiguè's se présentent souvent sur le vivant avec les symptômes complexes d'une hépatite ou d'une congestion hépatique ; mais elles sont rares à l'autopsie , et se caractérisent par le gonflement , une rougeur uniforme et
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une diminution de consistance du foie ; sur la coupe , le sang ruisselle en abondance.
On trouvé plus fréquemment les suites de rbyperémie chronique; elle consiste très-rarement dans une injection des radicules delà veine-porte, et se reconnaît à la couleur rouge foncé de la substance réticulée , c'est-à-dire de celle qui se trouve à la périphérie de chaque lobule (Kiernan); elle provient souvent d'un obstacle à la circulation de la veine cave inférieure, causé par les affections du cœur et du poumon qui déterminent immédiatement une stase dans les veines sushépatiques et de proche en proche dans le sang de la veine porte. Si la congestion s'étend à tout le foie, celui-ci se gonfle, acquiert quelquefois le double du volume normal, devient plus épais, plus dense ou plus mou , la coupe est d'un rouge foncé , la coloration claire s'efface presque , les gros vaisseaux sont dilatés , quelquefois variqueux; cet état, lorsqu'il se mainlient longtemps, entraine des changements dans la sécrétion de la bile et dans la nutrition de l'organe : c'est peut-être lui qui détermine l'infiltration graisseuse ou l'atrophie des cellules hépatiques , ou qui prépare l'altération qui donne au foie l'aspect granuleux. Cette hypérémie hépatique est ordinairement décrite sous le nom d'hypertrophie, d'infarctus du fo'ie (physconia hepatis).
Quand l'hypérémie chronique se borne aux veines hépatiques, le volume de l'organe ne présente point de changement, seulement les divisions des veines hépatiques s'injectent en rouge-bleu et forment des mailles sombres autour de la substance claire , jaunâtre , état qu'on a l'habitude de désigner sous le nom de foie ayant l'apparence de la muscade; on peut aussi rencontrer dans cet organe de véritables extravasats sanguins. HBMORBHAGIE. — Le foic ayant l'apparence de la muscade présente assez souvent de légers extravasats sanguins.
Chez les nouveau-nés , à côté d'une hypérémie considérable on trouve quelquefois un épanchement sanguin dans les couches superficielles ou sous le feuillet péritonéal du foie.
Les hémorrhagies considérables sont rares , plus souvent on voit des petits foyers disséminés.
àNATÛMIE PAtHOLOGtQOE^ SPECIALE. iÛô
L'infarctus hémorrhagique occupe plus fréquemment des surfaces plus ou moins étendues, sous forme de masse circonscrite, dure, sècbe. Il se rencontre surtout dans la pjoémie, lorsque le pus s'introduit dans lés racines de la veine- porte, principalement avec la d^ssènterie. Le tissu hépatique voisin est hypérémié , les veines plus considérables qui font partie de rinfarctus, sont remplies de caillots sanguins. Quant aux autres changements que subit l'infarctus :
a) La fibrine s'organise en tissu conjonctif, i'hématine sert à la formation d'un pigment jaune rougeâtre; les vaisseaux afférents s'oblitèrent , et il en résulte une tumeur lardacée , colorée (blanche après la résorption de I'hématine), fibreuse, située dans un parenchyme à gros grains, dont les vaisseaux sont oblitérés, et qui lui-ménie est plissé par la contraction du tissu conjonctif.
b) La fibrine se change en pus, l'infarctus devient abcès.
c) L'infarctus se dessèche, la fibrine reste amorphe, solide, l'bématine se résorbe; il se produit des masses jaunes, de nature tuberculeuse, qui parfois se crétifient.
d) L'infarctus se mortifie et forme une escharre circonscrite, de mauvaise couleur, sèche ou humide.
Vanémie est rare; le foie anémique est pâle et mou.
INFLAMMATION. — L'étiologie et l'histoire anatomique de l'hépatite sont encore à faire; en effet l'hépatite aiguë et chronique des symptomatistes ne nous donne qu'un tableau d'une maladie construit à plaisir et sans tenir compte de l'ana* tomie pathologique.
1.** Inflammation par un coup, une blessure, dans le voisi* nage de carcinomes, à*échinocoques , de concrétions biliaires» Dans le point affecté il y a rougeur et ramollissement en bouillie, dans le voisinage, hypérémie; quand l'inflammation a pris une grande extension, coagulation du sang dans les branches de la veine porte, gonflement de la rate; terminaison par suppuration commençant par de petits points isolés qui confluent peu à peu, par formation d'abcès ou de cicatrices.