Les abcès métastatiques se montrent en foyers plus ou
ÎS6 ANATOBItE PArflOLOClQUE SPECULE*
moins nombreux , plus ou moins étendus ; ils se renconti^ent dans les cas de pjoémie où le pus, vient à se mêler au saûg de la veine porte (dyssenterie, ulcérations du canal intestinal, de Testomac , de la vésicule biliaire) ou lorsque le pus arrive dans le système de la veine cave; leur présence en ce point provient peut-être d'un arrêt de circulation causé par des flocons de fibrine coagulée et arrêtée dans un endroit. Au premier degré, ces abcès présentent un infarctus bémorrbagique ou une inflammation circonscrite avec ramollissement rouge; bien que cela paraisse assez probable, il n'a pas encore été prouvé si l'bypérémie inflammatoire développée sous Tinfluence d'une grande chaleur , d'une malaria , etc. , est suivie d'exsu^ dation et de suppuration. Les abcès métastatiques suivent une marche aiguë ou chronique.
Les abcès du foie, qu'ils proviennent d'une blessure, etc.^ ou d'un infarctus hémorrhagique , ou d'une inflammation circonscrite, sont petits et nombreux^ ou grands et solitaires, supeHiciels ou profonds ; leur volume varie d'un œuf de pigeon à celui d'une tête d'enfant. Leurs parois, au début irréguHères, tomenteuses, deviennent plus tard unies et paraissent revêtues d'une espèce de membrane pyôgasique; le contenu est du pus ou un détritus de la substance du foie, mélangé au commencement avec de la bile , qui souvent reste sous forme de masse noire, granulée, mais qui souvent aussi est résorbée; elle provient des canaux biliaires détruits, qui débouchent dans le foyer de l'abcès; il est rare de voir du sang mêlé au pus. Les vaisseaux qui se rendent au foyer sont jnemplis de caillots sanguins en partie déjà organisés. Le péritoine est épaissi, dans les cas d'abcès superficiel; quand l'afiection est chronique, il se forme des adhérences.
Un abcès s'agrandit par la confluence de plusieurs petits abcès ou par la corrosion des parois du foyer primitif.
La guérison immédiate de l'abcès a lieu lorsque Fexsudat déposé dans les parois ne se change plus en pus , mais s'organise en tissu conjonctif ; celui-ci forme alors une coque fibreuse autour du pus, où il peut séjourner longtemps sans s'altérer,
AHATOtne l>ÀTHOLOOIQIJE SpèciALD. ftft7
OU se frayer plus tard une issue au dehors ; après avoir subi la métamorphose graisseuse, le pus peut encore être résorbé; alors les parois se rapprochent et forment use cicatrice fibreuse, terminaison qui n'est possible que pour de petits abcès; ou bien il se déclare un procès athéromateux : dans ces cas , le contenu de la coque consiste en une bouillie lactescente (globules de graisse, granulations calcaires ou cristaux de cholestérine), et les parois s'incrustent; ou bien enfin le contenu . devient peu à peu séreux et il se produit un kyste. Les gros vaisseaux voisins s'oblitèrent constamment, d'où résulte le froncement du parenchyme environnant.
La guérison médiate arrive après que l'abcès s'est vidé, mais cette issue du pus amène souvent une terminaison mortelle. L'abcès se vide dans la cavité du péritoine; au dehors, par un trajet fistuleux ouvert dans la' paroi abdominale; par la perforation du diaphragme, il s'épanche dans là cavité des plèvres; ou bien^ quand il existe des adhérences pleurales, il se forme un abcès du poumon qui se vide par les bronches; ou bien encore l'abcès se vide dans le duodénum, l'estomac, le colon transverse, la vésicule biliaire, le conduit hépatique ou une de ses branches dans la veine cave, la veine porte et même dans la cavité du péricarde.
3) Les masses fibreuses, molles ou compactes et le tissu cicatriciel y qu'on rencontre parfois dans le foie, ne s'expliquent que par une inflammation antécédente, dont l'étiologie et l'histoire nous sont complètement inconnues. On trouve ces produits pathologiques dans les affections les plus diverses; dans les derniers temps, on a appelé l'attention sur leur fréquence chez des individus syphilitiques ou atteints de cachexie mercurielle. On voit dans le foie, par points isolés ou sur une grande surface, des masses cicatricielles ramifiées, du volume d'une aveline à celui d'un œuf de pigeon , des tumeurs lardacées avec atrophie et ratatinement du tissu voisin, qblitération de certains vaisseaux, et le foie couvert de sillons profonds.
HYPERTROPHIE. — 1." Autant l'augmentation de volume du .foie est, fréquente, autant, sont rares les hypertrophies
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véritables de cet organe sans. changement de texture; encore ne consistent-eiles pas dans une augmentation des éléinents constituants du foie y mais dans une plus grande richesse en sang, dans une hypérémie du sj^stème vasculaire qui rend cet organe plus volumineux, plus ferme, plus granulé.
2° Les scrofuleux , les syphilitiques et les sujets atteints de cachexie mercurielle, présentent, dans certains cas, une fausse hypertrophie du foie , appelée par Rokitansky foie lardacé, et par d'autres auteurs gonflement scrofuleux du foie. On a cherché à expliquer cette altération par l'exsudation d'une substance albumineuse dans le parenchyme de l'organe. Le foie est alors très-volumineux, Iai*g<î9 aplati, lourd; sa consistance a augmenté; la surface et la coupe sont d'un jaune pâle, celle dernière est unie , homogène , quelquefois tachetée de blanc ou striée. Le feuillet péritonéal est tendu, les cellules du foie sont quelquefois infiltrées de graisse.
Fréquemment il existe en même temps des altérations analogues dans la rate et les veines {albuminurie),
S."* On observe souvent une altération du foie dans laquelle les cellules en masse sont infiltrées de graisse; le foie gras a ordinairement beaucoup augmenté de volume (il a rarement la circonférence normale) ; il est plus aplati , avec des bords plus ronds , moins tranchants , le feuillet péritonéal est tendu ; consistance de l'organe pâteuse , superficie et coupe pâles ; quand raltération est légère, la substance claire des lobules offre sur la coupe une nuance plus vive (foie ayant l'aspect de la muscade, de certains auleu^); à un degré plus avancé, on voit des tâches plus ou moins grandes réunies entré elles , jaunâtres ou d'un gris rougeâtre, avec coloration plus claire et uniforme, sans que les lobules apparaissent; quelquefois on reconnaît l'infiltration graisseuse à des traînées blanchâtres autour des branches de la veine porte ; en même temps le foie est exsangue > à l'incision , le scalpel se recouvre de graisse. Les cellules du foie sont remplies de granules de graisse, qui confluent peu à peu en grosses gouttelettes graisseuses et remplissent toute la cellule (fig. 14); il est rare que la cellule ait disparu et qu'on
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ne trouve plus que les gouttelettes de graisse. La cause pro* chaîne de cette altération réside dans un afflux abondant de graisse transporté par la veine porte; quant aux conditions qui produisent cette surabondance adipeuse, elles sont encore inconnues. Le foie gras est fréquent chez les tuberculeux , les buveurs d'eau-de-vie et chez les gens qui mènent une vie luxurieuse et sédentaire 9 il s'accompagne souvent d'hypertrophie graisseuse générale. Le foie devient cireux, quand la coupe est plus solide et la graisse plus consistante.
atrophie;* — Nous rangeons sous cette dénomination toutes les altérations qui ont pour résultat une diminution du volume du foie; l'étiologie et l'histologie des modifications de texture sont au reste encore fort incomplètes.
1) Atrophie jaune (Rokitansky, Horazegk) — Ramollissement du foie (Budd). — Cet état est caractérisé par une diminution considérable du volume et de la consistance du foie, par une coloration jaune prédominante et une grande richesse en bile , par la disparition de l'aspect granulé du foie. Budd a trouvé dans un cas, les cellules du foie riches en pigment biliaire; les cellules hépatiques avaient disparu dans les points les plus ramollis. Lorsque ces désordres se présentent à l'autopsie, les sujets ont ofFert , pendant la vie , les symptômes d'un ictère à marche en général très-aiguë avec délire et coma.
2) Atrophie rouge (Rokitansky). — Le foie est plus petit, riche en sang , brun foncé ou rouge bleu , à coupe lisse , non granulée. D'après Budd, il y a absence totale de graisse dans les cellules du foie ; cette maladie peut devenir mortelle en produisant le marasme.
3) Foie granulé — Cirrhose. — L'altération du foie, connue sous ce nom, représente le résultat terminal d'une série de transformations pathologiques , encore obscures en partie et qui ne sont peut-être pas toujours les mêmes.
Une cirrhose légère n'est pas rare dans les maladies du cœur, chez les tuberculeux et les ivrognes; le foie est plus petit, dur, sa surface finement granulée, pâle; sa coupe d'un jaune clair général ou partiel, sèche, exsangue; les lobules font saillie
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SOUS forme de petits grains, la substance rouge a complètement disparu. Dans quelques points, plusieurs lobules réunis forment une seule granulation, le tissu fibreux int^erstitiel est un peu plus développé qu'à l'ordinaire. Les cellules du foie sont intactes et fréquemment ricbes en pigment, quelquefois elles contiennent une quantité anormale de graisse.
Les degrés plus élevés de la cirrhose sont plus rares , s'observent principalement chez les ivrognes et amènent souvent la mort. Le foie a diminué de moitié et au delà; le bord tranchant, aminci d'une manière très-^ visible, est farci uniformément ou par places distinctes, de petits granules du volume d'une tète d'épingle jusqu'à celui d'un pois et même d'une aveline; entre ces grains , le feuillet péritonéal est ratatiné et froncé ; la coupe offre une teinte grenue et d'un jaune pâle; dans ces cas , le tissu conjonctif abondamment répandu dans le foie, s'y trouve sous forme d'un réseau cicatriciel plus ou moins continu dans toutes ses parties^ enlaçant des amas de lobules restés sains; quelquefois ces trabécules fibreux ramifiés paraissent correspondre au trajet de quelque division de la Veine porte; d'autres toié les granulations et le tissu cicatriciel sont répandus dans tout le foie par groupes, dont chacun correspond à une division principale de la veine porte. Les granulations présentent les cellules ordinaires du foie, quelquefois richement pourvues de pigment ou de graisse; ou bien les cellules sont moins nombreuses et séparées par une substance solide, amorphe, soluble dans l'acide acétique, et par d'abondants faisceaux de tissu conjonctif. Le tissu conjonctif homogène a partout le caractère du tissu homogène ou du tissu fibrillaire. Les grosses branches de la veine porte sont intactes.
La plupart des auteurs expliquent cette altération par une inflammation chronique du tissu cellulaire qui accompagne les divisions de la veine porte; l'exsudat ainsi produit s'organiserait en tissu conjonctif disposé entre les lobules , et amènerait par sa rétraction l'oblitération des vaisseaux et l'atrophie du parenchyme de Torgane. Cette explication très-plausible aurait besoin de nouvelles recherches ; car il nous manque la démonstration
▲NATOMIB PATHOI^OGIQUE SPÉGULSs . %3i\
de» premières périodes de cette inflammation et des rdétamor- {daoses de cet exsudât amorphe en tissu c(Mijonctif.
Outre la cirrhose déterminée par une inflammation chronique , ily^en aurait encore, suivant Rokitanscy, une auUre qui serait produite par la dilatation et l'bypertrophie des conduits biliaires les plus fins; ces derniers se réuniraient en pelotes formant des granulattons, entre lesquelles le tissu interstitiel périrait par atrophie»
L'imparmâibiltté ou Toblitération simultanée d'un grand nombre de branches de la veine porte ralentit la circHjlation dans ce vaisseau, et produit par suite des hypérémies et des bémorrhagies dans rinleslin et le péritokie^ des asçites, des< Gomnmnications avec les veines de l'abdomen et du diaphragme par lai dilatation de petites anastomoses; de plus, la bile est sécrétée incompiét^^aent. La mort arrive ordinairement avec les symptômes d'un ictère chronique , avec l'atrophie et le ma* rasme général ; il n'est pas rare de rencontrer une albuminurie concomitante.
4) j^irophie partielle par VoblitéraJlion de branches imporlaniei de la veine porte. — Il arrive quelquefois une coagulationspontanée du sang dans les branches de la veine: porte et la formation consécutive d'un trômbus intravasculaire. Les branche» vascùlaires ainsi oblitérées- par un caillot ramifié , qui se change en tissu conjonotif , se soudent intimement à celui-ci et donnent naissance à un tissu cicatriciel ramifié ; celui-ci , par sa contraction,, opère des séparations artificielles ou pathologiques entre les dkersefi portions du tissu hépatique, et il en résulte uâ état loèfé, lobule ou granulé du foie , avec atrophie partielle; ordi-r nairemènt cet état se localise et le reste de l'organe est normal.
NÉOPI^ASMES rATMOÊ.oêtiqVB».— Le tissu conjonctif nou' i^éaa se trouve codirae tissu cicatriciel après des inflammations*
Le tissu caverneux y très -fréquent dans le foie, forme des masses spongieuses, de la dimension, d'un pois à celui d'un œuf de poule, et d'un rouge bleu; ses vaisseaux proviennent d'une branche de la- veine porte.
Les kystes se rencontrent très-souvent comme : a) des kystes
33â AMATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉGIALB.
séreux d'origine néoplastique; b) des kystes avec un contenu en partie séreux, en partie bilieux, souvent aussi avec des parois en partie crétifiées, qui résultent de la métamorphose de foyers purulents; c) des kystes avec un contenu séreux et bilieux^ produits par une dilatation circonscrite des canaux biliaires.
Le cancer est fréquent dans le foie; ordinairement c'est Ven^ céphaloïde, sous forme de marrons circonscrits, solitaires ou multiples, variant du volume d'un pois à celui d'une léte d'enfant, blanchâtres, de structure lardacée ou encéphaioïde, renfermant des extravasats sanguins {fongus hématode) ou remplis de pigment (cancer mélanique). Les nodosités superficielles font saillie sous le péritoine et plus tard prennent une forme ombilicée, alors que le centre de la masse ayant subi la métamorphose graisseuse, s'est résorbé et a permis au tissu conjonctif restant de se contracter.
Rarement le cancer se montre dans le parenchyme hépatique à l'état d'infiltration, et forme à côté des tumeurs cancéreuses des masses difiuses. L'enduit pérîtonéal du foie est épaissi, fréquemment couvert d'adhérences et de pseudo-membranes; quelquefois il est devenu cancéreux. Le reste du tissu hépatique est à l'état normal, hypérémié ou infiltré de graisse.
Les nodosités cancéreuses ramollies peuvent en végétant perforer l'enveloppe péritonéale du foie, verser leur pulpe dans le péritoine, et tuer par hémorrhagie et péritonite; parfois les tubercules cancéreux se ratatinent après avoir subi la métamorphose graisseuse. Le cancer peut aussi se propager sur les conduits et la vésicule biliaires, et déterminer dans la veine porte des coagulums sanguins , qui servent quelquefois de blastéme à une nouvelle formation cancéreuse. ' Le cancer colloïde est très-rare , le carcinome fascicule de MtiLLER plus fréquent.
Les tubercules accompagnent la diathèse tuberculeuse trèsétendue, sous forme de petites granulations grises ou jaunâtres, qu'on ne trouve que très- rarement ramollies, ou à l'état de nodosités plus considérables et jaunâtres.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPéciALB. S33
PARASiTESé — On rencontre Irès-rréquémment dans le foie Yéchinocoque, dont les vessies sont placées au centre de l'organe et plus souvent près de sa surface; leur diamètre varie depuis 2*5-8 centimètres, sont entourées d'une coque fibreuse, et renferment en général une grande quantité de vessies plus petites; souvent il y a simultanément des écbinocoques dans le péritoine environnant. Ces parasites compriment et atrophient le parenchyme du foie, qui ordinairement a contracté des. adhérences avec tous les organes voisins. Les échinocoques peuvent mourir spontanément, ou périr par l'inflammation de la coque fibreuse, dont le contenu dans ces cas est souvent mélangé avec de la bile; les vessies peuvent aussi se vider par atrophie de la coque et rupture de la vessie extérieure. Elles se vident dans la cavité abdominale ou dans la plèvre droite, après avoir contracté des adhérences préalables, ou dans les bronches, par l'intermédiaire d'un abcès pulmonaire, ou bien encore dans le duodénum, le colon transverse, le canal hépatique, la vésicule biliaire, ou enfin dans un gros vaisseau.
Conduits biliaires.
TiCBS DE CONFORMATION» — Abschce de la vésicule biliaire, rare*
INFfiAMMATiON. — 1) ^inflammation catarrhale de la vésicule biliaire, du canal cholédoque, du canal hépatique et des autres conduits biliaires se présente encore assez souvent; elle peut être primitive et bornée à ces conduits, ou consécutive et s'être propagée sur ceux du duodénum , par contiguïté de tissu. Le catarrhe est aigu ou chronique; quelquefois il survient des érosions et des ulcérations, rarement une perforation des parois; dans beaucoup de cas la muqueuse reste gonflée, et détermine ainsi un rétrécissement de la lumière des canaux ; la bile et les mucosités y sont retenues en partie derrière le rétrécissement, d'où résulte une dilatation générale ou sacciforme de ces conduits, et plus tard la formation de concrétions biliaires. On trouve alors dans le foie des kystes arrondis,
334' AITATOIIIB PATHOftOGIQl» SPiCll^Ikl».
remplis de bile et de mucus, du Tolume d'un grain de 'millet à cehii d'un œuf de poule. Le contenu de ces petits kystes devieiït ({uelquefois solide et semblable à de la masse tubercuieuse; dans les tumeurs plus volumineuses, il se forme de$: concrétions composées de bile et de mucus.
L'inflammation primitive est déterminée principalement par rirritalion que produisent les calculs biliaires; elle prend son point de départ dans les canaux cholédoque et eystique et atteint surtout la vésicule du fiel; sa marche est aigué; elle intéresse toutes les tuniques de la vésicule, et peut occasionnerla rupture et Tépanchement de la bile et des calculs dans la cavité abdominale; ou bien cette inflammation est chronique, et alors elle s'accompagne d'ulcération de la muqueuse, de' suppuration, de fusées purulentes dans le tissu cellulaire sous^ muqueux et de nombreuses perforations. En même temp» la surface interne de la vésicule s^épaissit par le dépôt de fausses» meiâbranes , et s'unit aux organes voisins par des adhérences;d'où résultent en général après la perforation des parois de la* vésicule, des infiltrations de bile dans le tissu cellulaire environnant, l'inflammation suppuralive, des abcès sous-péritonéaux , des trajets fistuleux dans les parois abdominales, l'estomac, le difeo^num et te colon transverse.
La destruction de la vésicule biliaire constitue une terminaison favorable de l'inflammation chroiii<^e; les parois deviennent très-épaisses^, lardacées; le contenu se compose de bile épaissie, de mucus et de calculs ; la circonférence de la vésicule est très« petite. Ces panois- épaissies deviennent quelquefois le siège d'une fausse ossifiiçation , de sorte que la vésicule est transformée en une eoque d'apparence osseuse.
3) Les inflamiUations croupales et dip^théritiques sont rares dans le tjphus et le choléra.
mCATATioW i>£S coïVMJFrs BiLlAiliBS. -^ Ces dilatations' sont prochiites directement par des calculs nombreux- et volu^ mineux, qui déterminent dans le canal cholédoque, dans les canaux cystique et hépatiqtïe, une dilatation égale dans certains cas aifi volume de l'intestin; la dilatation peut »&m être indirecte
ANATOIIIE PATHOLOGIQUB êriCîktt. 9Z&
et consécutive à un obstacle à Pécoulement du nnicu» et de lii bile qui , venant à s'accumuler derrière le point rétréci ou com-' plétetnent oblitéré, déterminent une dilatation d'atitant plus considérable que Tobstacie est situé plus près du duodénum. L'écoulement de la bile peut être empêché par des calculs biliaires, par le gonflement des plis de la muqueuse, par des tumeurs.
Si le canal cystique seul est rétréci ou oblitéré, il n'entre plus de bile daùs la vésicule, et celle-ci se dilate peu à peu considérablement par l'accumulation de mucosités; lorsque l'oblitération est complète et dure depuis longtemps, les parois de la vésicule se changent en un kyste séreux qui contient un liquide limpide ou légèrement coloré par des restes de bile {Hjrdrops cysiidis fellece).
L'oblitération des canaux cholédoque et hépatique détermine une dilatation progressive de tous les conduits biliaires jusqu'aux conduits les plus ténus ; leur calibre augmente de cinq à six fois; les conduits biliaires les piu« fins, suivant Roxitansxy^ se dilateraient aussi et noéme se rompraient; ce qui est positif, c'est que les cellules du foie, qui au commencement sont remplies de pigments biliaires, finissent par se détruire dans certains endroits et sont remplacées par une masse amorphe de pigment et de globules graisseux. Ces points se présentent comme des foyers de ramollissement; quand ils sont placés à la surface du foie, il y a quelquefois épanchement de bile sous le péritoine*
Si l'oblitération du conduit cholédoque est incomplète , si de ta bile peut encore s'écouler, le cas n'a rien de grave; mais si l'oblitération est très-avancée ou absolue, il s'ensuit immédiatement un ictère du Jbie lui-même (savoir un état parti* culier de cet organe, caractérisé par une coloration jaune intense, par une réplétion extrême des conduits biliaires et par la richesse des cellules hépatiques en pigment). Â la suite de cet état se déclare un ictère général par la résorption de certains priticipes colorants de la bile. Ix>rsque l'obstacle est permanent, la mort arrive avec du délire et du coma; lorsqu'il est passager (occasionné, par exemple, par des calculs biliaires
qui plus tard peuvent partir, par le renversement du bord du foie que la pression du corset a aplati) , il y a retour à Tétat normal.
NÉOPLASMBS PATHOLOGIQUES. — Le tissu conjonciif néoplastique se rencontre comme épaississement inflammatoire des parois de la vésicule. Avec un état adipeux général du bas* ventre, il se développe sous le feuillet péïritonéal de la vésicule du tissu graisseux néoplastique, ce qui entraine quelquefois la métamorphose graisseuse de la tunique musculaire. Dans les parois d'une vésicule biliaire atrophiée il y a parfois mise en liberté de graisse et de sels calcaires.
Le cancer se propage le plus souvent du foie et des ganglions lymphatiques voisins sur la vésicule biliaire , et s'étend dans les parois et dans la muqueuse; rarement il se montre idiopathique sous forme de nodosités dans le tissu cellulaire sous-muqueux.
PARASITES. — La douue du foie (distoma hepatigum). — Trématode oblong, ovale, avec des suçoirs, une bouche, un canal intestinal et un appareil bisexuel, long de 10-33, large de 5-14millim. (fig. 37).
La douue lancéolée (p. lanceolatom) , — long de Ô-9 millim., large de 2 , présente du reste la même structure.
Les deux espèces se rencontrent dans la vésicule et dans les conduits biliaires, mais sont très-rares. Leur mode de pénétration est inconnu.
CAiiCi^LS BILIAIRES. — La vésiculc et les conduits biliaires contiennent encore assez souvent des concrétions composées de bile et de mucus; ce sont des corps ronds, anguleux ou polyédriques, du volume d'un grain de millet à celui d'un oeuf de pigeon , tantôt solitaires , tantôt en grand nombre ; leur origine ne s'explique pas toujours facilement : ils proviennent peut-être d'un excès de richesse de la bile en principes solides, ou bien de la prédominance d'un seul de ces éléments, surtout de la cholestérine et de la matière colorante; souvent le calcul a pour noyau un bouchon de mucus; ordinairement ces concrétions sont disposées en couches concentriques, ce qui fait conclure qu'elles se sont formées par le dépôt successif de couches nouvelles autour d'un noyau primitif.
ÀNAtOMlE t>AtdOLOClQDB SPÉOULB. 237
La plupart des calculs sont principalement composés de cholestérine; si elle est amorphe, elle forme des calculs crétacés, jaunes ou jaune-brun; si elle est en cristaux, elle donne lieu à des boules brillantes finement granulées, à cassure lamelleuse et rayonnée , d'un blanc jaunâtre.
Viennent ensuite les calculs composés de cholestérine et de matière colorante de la bile; d'un brun foncé ou colorés en vert, ils sont formés quelquefois de couches alternativement claires et foncées; leur cassure n'est pas cristalline.
Il est très-rare de rencontrer des calculs composés uniquement de matière colorante de la bile ; ils sont tout à fait vèrls ou d'un vert noir, petits, peu nombreux.
La plupart des cholélites sont mélangés de mucus et de car^ bonate de chaux; on voit encore des calculs biliaires qui ne renferment que ces deux dernières substances, aussi sont- ils blancs , crétacés , semblables à toutes les autres concrétions , ou colorés en vert ou en jaune par la matière colorante de la bile. Ces calculs ne proviennent pas de la bile, dont ils ne con> tiennent pas les éléments, mais tirent leur origine du mucus, des conduits biliisiires et des exsudats qui s y sont déposés.
Les calculs biliaires ne déterminent pas dans le tissu hépatique des altérations anatomiques particulières. Ils se montrent en général dans un âge avancé, et plus fréquemment chez les femmes et chez les gens qui ont mené une vie luxurieuse et sédentaire.
fiâS ÀHiTome fAiBOLOGiQOB tpia4ie«
AMTOMIE PATHOLOGIQUE DES OBGÂIS BEmÂTOISES.
l« Fosses nasales.
A. — Muqueuse des fosses nasales , des sinus fkontaux et du sinus