‹ Manuel d'anatomie pathologiqueChapitre 2 sur 64 · C. Hémorrhagie · texte numérisé non relu

C. Hémorrhagie

Vhémorrhagie consiste dans la sortie du sang hors de vaisseaux rompus, artères, veines ou capillaires {apoplexie vasculaire el capillaire; écoulement de sang veineux, artériel et capillaire); à la rigueur, ce phénomène appartient aux altérations anatomiques des parois vasculaires. Le sang qui a fait irruption, s'appelle en général extrauasat, ecchymose, sugitlation; quand il forme une collection considérable dans Tintérieur des organes, dont le parenchyme se trouve déchiré par son issue,

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foyer- apoplectique y hémorrhagique ; quand il forme de petites taches, sans changement appréciable de texture, apoplexie capillaire; enfin quand il remplit les interstices des tissus, sans les détruire^ et qu'il s'accompagne d'hypérémie capillaire, on le nomme infarctus hémorrhagique*

Les bémorrhagies produisent des altérations anatomiques très- TariéeS) suivant la source de l'écoulement sanguin, son étendue, suivant la structure des organes et suivant les complications qui se présentent.

Dans les écoulements sanguins légers, on trouve le sang répandu également entre les lissus; ceux-ci sont en général intacts, rarement détruits; on voit des globules sanguins, les uns altérés, les autres réguliers; de petites quantités de fibrine coagulée; les tissus offrent une couleur rouge provenant de l'bématine dégagée des globules. Quant aux ruptures des capillaires, elles ne peuvent pas s'apercevoir.

Dans les foyers bémorrhagiques , on trouve du sang pur, accumulé au milieu du foyer; celui-ci forme la plupart du temps une masse molle, foncée; parfois il est séparé en sérum et en caillot. Dans les parois du foyer^ on trouve, entre les éléments du sang, quelques débris des lissus, et dans jes parois elles-mêmes, des portions de tissus détruits mélangés avec du sang; vers la périphérie, les lissus reprennent peu à peu leur texture normale.

Dans Vinfarctus hémorrhagique, on remarque sur l'organe un point circonscrit, d'un brun rougeâtre, dur, proéminent; du sang est accumulé entre tous les tissus, dans toutes les cavités; les tissus sont colorés en rouge; les capillaires et les vaisseaux de petit calibre sont hypérémiés.

Une hémorrhagîe se diagnostique aisément, dès que la quantité de sang est considérable. Mais les écoulements sanguins peu abondants peuvent être confondus avec une hypérémie capillaire ou avec l'extra vasation du sérum coloré en rouge; car ces deux derniers élats peuvent donner aux tissus l'aspect comme s'ils étaient remplis de sang. On n'arrive à un diagnostic positif que par le microscope; encore celui-ci n'est -il pas toujours un guide iiTéprochable; cardans la préparatioa

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des parties intéressées^ il n'est pas toujours possible d'éviter de déchirer des Taîsseaux.

La rupture d'un vaisseau dépend d'une maladie de ses parois, qui a diminué leur consistance (dîaihèse graisseuse; dégénérescence athéromateuse des artères) ; de changements survenus dans les tissus voisins, qui servent d'appui aux parois des vaisseaux; d'une réplélion sanguine excessive, surtout dans les cas où cette plénitude tient à des obstacles mécaniques au cours du sang. Elle est souvent un phénomène partiel de l'inflammation.

La marche des hémorrhagies et les modifications, qui suN viennent dans le sang épanché, sont des plus variées. Tantôt l'écoulement sanguin s'arrête après une seule apparition ; tantôt il continue sans qu'on puisse l'arrêter; ou bien il se reproduit à des intervalles plus ou moins longs.

Parfois le sang s'écoule au dehors, aussitôt après avoir été épanché; s'il n'en est pas ainsi ^ il est souvent résorbé , lentement ou rapidement, avant ou après sa coagulation; la texture des organes peut néanmoins rester intacte, ou bien elle est modifiée par des pigments, ou par des tissus de cicatrice. En général le sang n'est résorbé qu'en partie; les modifications suivantes se passent alors dans le sang qui reste : Thématine est résorbée ou se transforme en pigment; les globules rouges du sang deviennent du pigment , ou ils se dépouillent de leur hématine et rentrent dans un état moléculaire susceptible de résorption ; les globules blancs du sang s'affaissent de la même manière, ou seulement après avoir subi préalablement la transformation graisseuse; le plasma sert de blastême pour l'organisation, qui bientôt produit les tissus persistants suivants: des fibres, des masses cicatricielles, ou des cellules de transition; du pus, ou les deux à la fois : développement de kystes, infiltration celluleuse; ou bien il ne se fait pas d'organisation, mais il arrive une métamorphose rétrograde des éléments, telle que le racornissement, le passage à l'état crétacé, etc. Dans certaines conditions la gangrène s'empare des parois du foyer. Du reste nous renvoyons à l'histoire des hémorrhagies cérébrales, qui sera le meiUeur commentaire de ces généralités*

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