‹ Manuel d'anatomie pathologiqueChapitre 31 sur 64 · Artériectasie · texte numérisé non relu

Artériectasie

Dilatation des artères sans changements de texture notable de leurs tunique. Dans ces cas, ou bien les parois s'affaissent facilement et sont plus minces, la membrane moyenne est pâle, ou bien elles sont épaissies. L'artère, en même temps qu'elle est dilatée , éprouve toujours un certain allongement ; aussi le vaisseau, parfaitement droit dans l'état normal, offre-t-il une disposition serpentée. La dilatation est tantôt uniforme et cylindrique, tantôt inégale dans les diverses partiels du vaisseau : anévrisme circoïde. A un âge avancé, cette disposition est fréquente dans l'aorte, moins fréquente dans les autres artères; elle est le plus rare dans les ramifications des petites artères, où elle constitue la varice artérielle; parfois les branches dilatées dé plusieurs artères forment la tumeur connue sous le nom d'anémsme anastômoiique ; quelquefois on a vu cette disposition embrasser tout le système artériel. Dans ces derniers temps, on a aussi rencontré des dilatations de ce genre dans les capillaires el dans les artérioles et les veinules les plus ténues.

On a cru trouver les conditions de cette dilatation dans une atonie des patois; c'est à des recherches ultérieures à nous apprendre jusqu'à que) point cette atonie est produite par des changements de texture. Les dilatations locales, comme par exemple celles de l'aorte, de l'artère pulmonaire, s'expliquent par des obstacles au cours du sang. Roritànskv cherche l'explication de certains anévrismes fùsiformes dans une para^*

314 kwaomn tkn&um^ffm «ticuxB.

Ijsie des parois détenttinée par l'inilamniatioii de b tunique oelluleuse.

On comprend aujourd'hui sous le nom A*anévri$me, le gei»re de dilatation qui est produit par des changements profonds , surrenus dans ia texture des artères sous Tinfluenoe des êèpàu stratifiés et à leur suite. La dilatation est occasionnée en partie par l'atonie, en partie par la dégénérescence de la membrane moyenne; en effet celle-ci cède à la pression du sang et se trouve repoussée au dehors. La dilatation peut être générale» étendue à de grandes portions d'une artère, ou circonscrite. Aussi distingue-t-on d'après cela, Panévrisme sacciforme circonscrit (fig. 48) et l'anérrisme cylindrique ou fusiforme (fig. 47).

Dans Panévrisme fusiforme , on trouve distriiMiés d'une manière égale dans toute l'étendue de la paroi dilatée : des épaiisissements de la membrane interne, des ulcères athéromateuv, dés plaques osseuses , etc. La fnembrane moyenne est fbsque , transformée en partie en tissu adipeux, en partie en matière athéromateuse; U tunique celhileuse est épaissie.

Dans Panévrisme saeciforme, les parois se comportent diflié^ remment , suivant le stade auquel le mal est arrivé. Au début, on voit une légère excavation d'un point de Partère, de celles que nous avons décrites comme ulcère athéromateux; toutes les tuniques existent encore, mais avec les modifications que nous connaissons. Plus tard, lorsque par suite de la pression du sang la tunique moyenne relâchée a toujours cédé de plus en plus et que Panévrisme s'est dilaté en un grand sac , alors on ne peut plus retrouver les diverses membranes qu'incomplètement. La membrane cdluleuse épaiscie par du tissu fibreux et devenue méconnaissable , forme la coudie externe; ia membrane moyenne est souvent encore conservée au collet du sac, et n'a subi qu'une légère dilatation , mais elle manque parfois ; la membrane interne se prolonge ordinafrement , à partir des bords de l'ouverture jusqu'à une certaine étendue dans le sac.

La cavité de ces anévrismes sacdformes contient ^i général des coudies stratifiées de fibrine coagulée, qui se déposent

AflfAVOWE PinOLOttlffOE «PéOMftB. SIS

jdKabord dans le fond de la poche , et de là arrivent à remplir là moitié du sac et quelqudbis même sa cavité toute entière. Les couches de fibrine les plus externes sont d'ordinaire placées eur la membrane celluleusé épaissie; mais comme les couches sont, la plupart du temps, dans un état de dégénérescmoe graisseuse ou atbéromateuse, il est souvent impossiUe de distinguer si l'on a sous les yeux des caillots de fibrine altérés, la membrane interne, ou la membrane moyenne. Dans d'autres cas, les coudies les plus extérieures présentent du tissu con*jonetif néoplastique ou des masses crétifiées. Les couches prp*fondes sont ordinairement lisses et revêtues d'une lamelle solide, qui forme souvent un tout continu avec la tunique externe de la portion voisine de l'artère. Les caillots cle fibrine sont d'autant plus abondants, que le sac de t'anévrisme est séparé de l'artère par un eollet plus étroit. Ces anévrismes circonscrits ont tantôt la forme d^un ovale imf^anté largement sur l'artère et oommuniquam avec elle par une large ouverture, tantôt oelie d'une sphère unie à l'artère par un collet et ayant une ouverture étroite de corannmication» Stir un semblable anévrisme, on en voit parfois pn seeond plus petit, et même sur cdui*ci un troisteme.

Le volume des anévrismes varie beaucoup; les tumeurs cylindriques peuvent, aussi bien que les tumeurs sacdformes, acquérir des dimensions considérables. Leurs parois sont renforcées par les tissus voisins comprimés, ce qui les rend de plus en plus méconnaissables.

On les rencontre le plus fnéquemment dans l'aorte, et en général dans tous les points où les dépôts s'observent le plus souvent. D'ordinaire il n'existe qu'un anévrisme à la fois; lorsqu'ils y en a plusieurs, ce qui est rare, ils sont de petite dimension.

Les troncs partant de l'artère, qui tombent dans la sphère d'un anévrisme, s'oblitèrent très-souvent par l'occkision des orifices que vient boucher un dépôt considérable, ou bien par des coaguhmds fibrineux. Le sang de ces vaisseaux stagne, et il s'y forme alors des caillots oblitérants.

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Les anénîsmes se produisent pour là plupart lentement, s'accroissent graduellement et restent souvent longtemps stationnaires. Des petits anévrismes circonscrits peuvent quelquefois être complètement fermés par des coagulums fibrineux et guérir ainsi; dans d'autres cas ils déterminent par leur pression une oblitération de Tartère; ou bien de nouveaux coagulums fibrineux viennent s'ajouter dans Tanévrisme aux anciens, et remplissent peu à peu toute l'artère, à la suite de quoi celleci s'oblitère. Les anévrismes des artères de petit calibre sont quelquefois éliminés à l'état de gangrène , après une oblitération antérieure du vaisseau : ce qui amène leur guérison complète.

Il arrive aussi que les anévrismes se crevassent dans un point où les tissus sont très-amincis , ou bien après que les parois ont été détruites antérieurement par de l'atbérome ou par la suppuration des parties environnantes; l'ouverture consiste alors tantôt dans une simple fente , tantôt dans un trou plus grand , avec des bords mous et tomenteux. Le sàng de l'artère s'épanche à travers l'ouverture; la mort arrive alors par anémie, ou plus fréquemment par suite de la compression que le sang épanché exerce sur un organe important, par exemple quand une rupture se fait dans le péricarde, la trachée, le canal vertébral, etc.

Les suites fâcheuses des anévrismes varient suivant leur siège et leur volume. Les anévrismes les plus fréquents, ceux de l'aorte, tuent presque toujours en empêchant l'activité du cœur, en comprimant les vaisseaux et les poumons , ou par rupture. Tous les anévrismes sont susceptibles de nuire aux parties environnantes par la compression qu'ils exercent.

Les anévrismes qu'on rencontre sur la convexité de la courbure de l'aorte ascendante et de sa crosse , acquièrent pour la plupart des dimensions considérables ; ils se jettent sur le côté droit du sternum, les cartilages costaux supérieurs et l'articulation sterno-claviculaire du même côté, poussent ces parties en avant, les détruisent quelquefois par une atrophie graduelle, et apparaissent sous les téguments.

Les anévrismes qui naissent sur la face concave de l'aorte ascendante, marchent vers l'artère pulmonaire et ie sinus

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des veines caves.; ceux qui parlent du même oàté de la crosse, viennent se presser contre la trachée et les bronches.

Les anévrismes naissent en général à la partie postérieure ou latérale de Taorte thoracique , viennent se placer contre la colonne vertébrale et la paroi costale, détruisent parfois les os du rachis et arrivent jusqu'à la moelle, ou bien apparaissent à travers les cotes , sous les téguments du dos. Souvent ils compriment une portion de poumon et s'ouvrent quelquefois dans la cavité thoracique, dans une bronche, dans l'oesophage.

Les anévrismes . de l'aorte abdominale siéent ordinairement à la partie antérieure et latérale ; ils s'ouvrent quelquefois dans la cavité du péritoine.

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