IJtëras
TIGES DB CONFORMATION L'absence complète de l'utérus est rare; son développement rudimentaire est plus fréquent, sous forme de un ou deux corps crflindriques , solides ou creux , constitués par la substance utérine et situés derrière la vessie dans les plis du péritoine.
11 faut rattacber à cet état : V utérus divisé, c'est-à-dire deux rudiments de matrice creux, allongés, se prolongeant en debors dans les trompes , . réunis et confondus sur la ligne médiane en un seul corps solide formé de tissu cellulaire (fig. 60).
Quand l'une de ces matrices rudimentaires se développe plus que l'autre, on a V utérus unicorne, cylindrique, incliné du côté où il se prolonge dans une trompe, le col restant droit; de l'autre côté il n'existe qu'une matrice rudimentaire (fig. 61).
Quand les deux rudiments de l'utérus divisé se développent paiement , on a V utérus bicorne , à savoir : deux cornes soudées en un corps unique; col divisé ou unique; la division des corps de la matrice est quelquefois seulement marquée par un sillon (fig. 63).
Le degré le plus léger de division a reçu le nom d!utèrus biloculaire : il n'existe aucune trace de division au debors; la cavité est divisée par une cloison qui se prolonge quelquefois jusqu'à l'orifice externe (fig. 63). Dans tous ces cas, le vagin peut être simple ou également divisé par une cloison; dans le degré le plus élevé de ce cloisonnement , cbactin des deux vagins accolés contient un museau de tancbe et se termine en bas par un bymen.
jirréi de développement à l'époque de la puberté; la matrice est très-petite, les autres parties sexuelles n'ont pas non plus leur développement complet , rarement elles sont normales.
Développement prématuré de l'utérus avant la puberté.
Jrrét de développement du col ; atrésie de l'orifice externe
ANÂTOVIE 7ATHOLO610OE SvfteiAU. 441
du col, soit par împerforàtion de la muqueuse, soit par ocohtsion plus complète : dans ce cas la partie obturante contient de la substance utérine.
Obliquité con géniale de Putérus; sa forme est oblique, Tune des cornes est située plus haut et présente en général un développement en volume plus considérable; la portion vaginale du col est elle-même oblique, et l'utérus est ordinairement dévié latéralement du fond du vagin (fig. 64). Quelquefois le corps de l'utérus forme avec le col un angle latéral (fig. 65).
Il faut bien distinguer de cette obliquité congéniale l'obliquité acquise (vid. plus bas) et la position de l'utérus en dehors de la ligne médiane (latéralement quant à l'axe du bassin).
On observe quelquefois une antéflexion^ rarement une rétroflexion congéniale.
DEPLACEMENTS. — 1) Tout le corps de l'utérus est incliné en avant, en arrière, ou latéralement sous un angle plus ,ou moins prononcé : Yantéversion {fig. 67 ) ou l'inclinaison en avant , est rare et occasionnée en général par une compression , un tiraillement; la rétroversion est plus fréquente et peut atteindre un degré tel que le fond de l'utérus est situé plus bas que la portion vaginale et se trouve enclavé entre le rectum et le vagin. Gomme causes prédisposantes on trouve : un bassin très-large, une inclinaison peu prononcée du bassin , la largeur de l'espace recto -vaginal; comme causes déterminantes: des muscles abdominaux très-foris , l'action de soulever des fardeaux très -lourds, une constipation opiniâtre, le tiraillement ou la compression de l'utérus par des tumeurs, d'un autre côté Faugmentation de volume de l'utérus dans les- deux premiers mois de la grossesse (à partir du quatrième mois de la gravidité, la matrice se renverse difficilement en son entier; mais il peut se faire une dilatation partielle de la paroi postérieure dé l'utérus , d'où résulte une poche qui peut descendre dans l'espace rectovaginal) ; enfin le tiraillement de la matrice par des adhérences.
Inclinaison latérale par le raccourcissement d'un des ligaments larges de la matri^^e, par des adhérences , par des tumeurs.
2) Le col gardant sa direction normale, le corps de l'utérus
44t AMAVOMe PAlVOUMWfE nteudM,
est infléchi en avant, en arrière ou latéralement : Jntéfiexion (%• 66), quand il est infléchi en avant; riiroflexion^ quand il s'infléchit en arrière; obliquité , quand il s'infléchit lal^alenent (ig. 66), Ces déplacements se font ordînatreinent sur des utérus arrivés à un état de relâchement par des catarrhes, des métrorrhagies, des grossesses répétées , et dans les mêmes conditions que les désordres précédents.
3) L'utérus est descendu en totalité dans le vagin, ou même il vient iaire saillie au dehors : deseenle et chute de la nwirice (Hysteroptosis) ; le vagin se renverse pour suivre l'utérus dans sa descente (fig. 68). Le prolapsus survient le plus fréquemment après la sortie du fœtus ; il se fait en général très-vite et même instantanéosent ; les causes prédisposantes se trouvent dans l'atonie du vagin et le relâchement des plis du péritoine après la délivrance, la cause déterminante en g^éral dans une forte pression des musdes abdominaux. Ces accidents se produisent rarement sans accouchement préalable. Le prolapsus de la matrice arrive encore par le tiraillement qu'exerce sur elle le vagin prohibé ou faisant hernie lui-même (vid. plus bas), par la compression ou la traction exercée par des tumeurs, par l'hypertrophie de l'utérus, les autres droonstaoïces étant d'ailleurs fevoraUes à la descente.
Avant que le prolapsus ne devienne complet, le tirailleifient peut produire un alkmgement et une augmentation de volume éà l'utérus; après que le prolapsus s'est efiectué, cet oif;ane peut également augmenter de volume par la stase circulatoire; quand le prolapsus e^ complet , on voit une tuaaeur ronde ou allongée Gadre saillie entre les lèvres de la vulve; sa surface eaOérieure est formée paff le vagin renversé , rouge et épaissi ; au sommet inférieur de la tumeur on aperçoit l'oriflce utérin, le centre de la tumeur se oompose du corps de l'utérus. La muqueuse du vagin ainsi renversé , est au commencement dans un état continu d'irritation et d'inflammation , peu à peu o^te membrane devient plus sèche, plus dure et prend les caractères de la peau.
Le déplacement utérin opposé au prolapsus consiste dans VéUvaiion (dans la grossiesse) par des iihrolides, par une coUec-
AirATOini PÀTBOLoomn Siéouu* 443
tion de sang ou de sérosité dans la cavité utérine; par des lumeurs de l'ovaire et du bassin, enfin par des adhérences pendant la grossesse.
Inversion de l'uiérus. — Ce n'est au premier degré qu'un abaissement du fond de l'utérus , qui vient faire sailiie dans la cavité utérine; à un degré plus avancé, ce fond retourné en doigt de gant peut arriver jusqu'à l'orifice du col, franchir celui-ci, et finalement l'utérus peut se renverser dans son entier et la surface muqueuse devenir la surface externe de l'organe* La plupart du temps ce renversement se produit après la sortie du foetus 9 sous l'influence d'une pression exercée sur l'extérieur de l'utérus ou d'une traction exercée sur sa face interne,, par exemple, par une traction violente faite sur le cordon ombilical dans tes cas d'adhérence du placenta. Rarement cette inversion se produit sur un ulérus distendu et relâché par des poljpes, par une collection séreuse ou par du sang* L'inversion arrive rapidement ou insensiblement ; il s'ensuit une inflammation de l'utérus et des tissus voisins, la gangrène, etc., ou bien une in» flammation chronique, des adhérences, des hémorragies; dans quelques cas rares , il n'en résulte aucune altération notable*
Hernie de Vut^us (JkyUérocèle) : l'utérus est logé dans une hernie inguinale ou crurale, où il a été entraîné par d'autres organes , auxquels il s'est trouvé uni par des adhérences.
CBANGBUtfiNTS IMB VOUJMB. -— L'hypertrophié de Cutérui ne se trouve presque jamais comme afiection spontanée , elle est en général secondaire et survient à la suite d'hypérémies chroniques , par exempte dans une chute ou une rétroâexion de la matrice; dans les cas de catarrhes, de poljpes muqueux, de fibroides développés dans le tissu utérin; à la suite de tractions opérées sur la matrice par des adhérences et des tunwurs. ^Uutérus hypertrophié acquiert parfois le Yolume d'un œuf d'oie, àù poing; ses parois présentent une épaisseur de 1 '/ à 3 centimètres; elles sont épaisses, solides, très-vasculaires; la cavité utérine est petite, la muqueuse souvent hypérémiée*
V hypertrophie du col utérin est plus fréquente encore; outre les causes que nous venons d'énumérer, elle est provoquée
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particulièrement par des grossesses répétées* Le col est hypertrophié dans sa totalité, ou bien une seule lèvre est principalement intéressée; les parties augmentées de volume proéminent dans le vagin sous forme de bouchon conique ou de tumeur poljpiforme.
L'hypertrophie se développe lentement, et arrivée à un certain d^^ré, elle reste en général stationnaire.
V atrophie de V utérus est un état ordinaire dans un âge avancé; quelquefois même elle survient déjà plus tôt , après des catarrhes chroniques , des accouchements répétés , des inflammations puerpérales, par suite de la pression exercée par des fibroïdes. L'utérus atrophié possède seulement la moitié ou le tiers de son volume normal, sa substance est compacte, pauvre en sang, la cavité rétrécie, la muqueuse amincie. Quelquefois chez les vieilles femmes, la substance de l'utérus a diminué de consistance, surtout dans le fond, elle est molle, friable, cassante, se déchire facilement; les parois des vaisseaux sont épaissies, dans quelques cas ossifiées*
L'atrophie de la portion vaginale du col {museau de tanche) y survient quelquefois spontanément chez des jeunes sujets pubères ; plus souvent elle se présente secondairement après des grossesses répétées ou à la suite d'ulcérations.
V atrophie de la portion cervicale du col {col dans sa toiaUte) s'observe surtout quand l'utérus est tiraillé; le col s'allonge et s'amincit peu à peu , la portion vaginale s'efface. Lorsque la traction exercée sur l'utérus est forte et continue, elle peut déterminer une atrophie complète du col , au point que l'utérus et le vagin se trouvent complètement séparés Fun de l'autre.
La dilatation de la cavité utérine se produit par l'accumulation de sang menstruel , de mucosités , etc. , retenus dans l'intérieur de l'organe, par l'obstruction ou l'atrésie du col ou du vagin , par des poljpes fibreux. L'utérus distendu par ces produits de sécrétion accumulés prend la forme d'un globe et acquiert quelquefois des dimensions considérables; ses parois restent normales , c'est-à-dire qu'elles augmentent relativement d'épaisseur ou bien elles s'amincissent , s'atrophient, ai l'atrésie
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existe à la fois à l'orifice interne et à Torifice externe du col) il se produit parfois en même temps une dilatation globuleuse du corps de l'utérus et du col. (Utérus bicameratus velularum^ Mayer.)
Le rétrécissement de là cavité utérine est souvent une suite de l'atrophie; des adhérences survenues après une inflammation peuvent aussi produire son oblitération partielle ou totale. La cavité du col est souvent obstruée par des mucosités , des poljpes ou un cancer; par suite d'adhérences après les inflammations, il peut survenir des atrésies partielles ou l'oblitération complète du col.
iTïPBRéïiaB — HÉMORRAGIE. — Vhyférémie deFutérus, et particulièrement de sa muqueuse, se présente à chaque époque menstruelle; elle se produit aussi comme stase mécanique dans les maladies de poitrine et du cœur, dans les cas d'hémorrhoïdes, etc.; ou bien elle tient à un état congestionnel produit par des excitants internes et externes; ou bien encore elle accompagne d'autres altérations dans la circulation; enfin elle indique une altération du sang lui-même, dans le tjphus, le choléra, le scorbut. L'utérus hypérémié augmente en général de volume, sa substance molle, gorgée de suc, offre une coloration brunâtre, et sur la surface d'incision de nombreux vaisseaux laissent écouler du sang en grande abondance; la muqueuse est boursouflée, molle, la cavité de l'utérus renferme souvent des mucosités sanguinolentes ou du sang.
Lgs hémorragies ^e produisent dans la muqueuse faypérémiée, dans les conditions que nous venons d'indiquer, et principalement dans les catarrhes de cette membrane; le sang s'épanche en petite quantité ou en abondance dans la cavité utérine, puis ensuite il s'écoule au dehors par le vagin.
Les hémorragies se rencontrent dans la substance utérine sous forme de petits extravasats dans les hypérémies. Les hémorragies plus considérables se montrent dans l'utérus des vieilles femmes, elles occupent particulièrement le fond de l'organe I dont la substance est infiltrée de sang, et qui
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présente une coloration d'un rouge brun, une consîstanoe friable et cassante; la muqueuse est également infiltrée de sang, souvent même il s'en est épanché dans la cavité de Torgane.
Aux degrés les phis élevés, la substance utérine est désagrégée par des foyers hémorragiques* L'écoulement du sang par le vagin est faible ou même manque complètement, en général cette affection s'accompagne seulement de phénomènes légers (Crdvbilhier). Dans les degrés légers, la guériwson arrive par la production d'un tissu cicatriciel très-mou et pigmenté en jaune ou en rouge (Rokitansky). D'autre part, on rencontre des foyers hémorragiques considérables dans les parties qui ont été comprimées et écrasées pendant l'accouchement.
Les hémorragies des femmes en couches proviennent pour la plupart des vaisseaux correspondants à l'insertion du placenta, dans les cas de défaut de contraction de. l'utérus entier ou seulement de la portion sur laquelle le placenta était inséré. Dans ce dernier cas, la portion ramollie de la paroi utérine peut se renverser en dedans et faire saillie dans la cavité comme un polype (Roxitansxy).
Pour les données spéciales sur les conditions, le mode de production, etc., de ces hémorragies utérines nous renvoyons à la pathologie obstétricale et gynécol(^ique.
Lorsqu'il existe une atrésie du vagin ou du col , le sang s'accumule dans la cavité utérine et la dilate (Jièmaiomètres). Cet état tient ordinairement à une accumulation* de sang menstruel. Souvent alors le volume de l'utérus devient très-considérable, et peut, comme dans la grossesse, être reconnu à travers la cavité abdominale. Le sang forme en général une masse noire, épaisse, semi-fluide; quelquefois il se coagule, et quand cet état persiste longtemps , il subit les transformations ordinaires.
Il arrive parfois que le sang est retenu dans l'utérus après des hémorragies qui ne sont pas menstruelles; mais il se coagule rapidement avec production de caillots solides de fibrine, qui emprisonnent ordinairement le sérum et augmentent peu à peu de volume par des hémorragies ultérieures successives.
Ces eoaguiums fibrinenx arrondis, en contact intime avec la cavité utérine dilatée , soût alors rqetés au dehors ou retenus assez longtemps dans l'utérus; dans ce dernier cas ils subissent exactement les mêmes transformations que dans le cœur et les vaisseaux : ils deviennent solides, s'organisent en partie en tissu conjonctif , contractent des adhérences intimes avec la muqueuse utérine, et constituent ainsi les polypes fibrineux de P utérus.
L'anémie de l'utérus se présente d«ns l'atrophie de cet organe et dans les cas d'anémie générale.