AMTONIE PATH0L06I0UE DES TÉGUMENTS
!• Épidémie» Hernie et Tissu eellulalre soiis-
eutaii4^.
VICES DE CONFORMATION, rares : absence partielle ou totale de Tenveloppe cutanée; — étroitesse ou amplitude anormales de la peau.
HYPERTROPHIE. — 1) Le durillon (callosité, tylomé) consiste dans un épatssissement circonscrit de la coucbe cornée de Tépiderme, et se présente comme une élevure de cette dernière, aplatie, dure, se perdant insensiblement sur les bords dans les tissus normaux. L'épaississement comporte 2-8 millim., et même davantage. Le réseau muqueux et le derme sont à l'état normal ; ce dernier çst même parfois bjpérémié. Les durillons siègent dans les points où la peau est exposée à une pression fréquente et à une irritation répétée; ils sont très-fréquents à des degrés légers. On les voit survenir spontanément pendant la convalescence de maladies graves. L'épaississement peut être produit par une nutrition plus active et par un développement plus abondant de cellules épidermiques , ou bien par le passage trop précipité des cellules épidermiques à l'état corné et par leur élimination défectueuse (fig. 74).
3) Le cor (clavus) est une tumeur constituée par du tissu épidermtque, proéminant en cône et implantée dans un enfoncement du derme.
Celte altération se produit de deux manières : elle provient d'un durillon qui se transforme, les écailles épidermiques deviennent parfaitement cornées dans le centre du durillon et jusque dans le réseau muqueux, et forment un nojau blanc, dur, qui constitue le centre du cor; d'autres fois, et c'est là ce qui arrive plus souvent, dans un point auparavant tout à fait normal, une partie des cellules épidermiques profondes, au lieu de venir s'ajouter aux couches déjà cornées de l'épi-
ARATOMIE PÀTHOLOGIQCTB SPéCf4LE« 469
derme 9 se durcit rapidement, se rassemble en couches coiîcentriqueâ, et forme entre les couches muqueuse et cornée lin tubercule dur; celui-ci, au début de la grandeur d'un grain de millet, s'accroît insensiblement jusqu'au volume d'un pois par l'apposition de nouvelles cellules à sa périphérie, soulève en cône la couche cornée et refoule plus ou moins les papilles et le derme. Ordinairement plus tard la couche cornée s'épaissit aussi au-dessus du tubercule; dans le commencement ce dernier peut être extrait au dehors après l'inctsion de la couche cornée, et il se présente alors comme un petit corps rond ou conique, dur, composé de cellules épidermiques disposées pour la plupart en couches concentriques; plus tard, lorsque le cor a augmenté et que la couche cornée est épaissie, le tubercule se confond avec cette dernière, et ne peut plus s'isoler et s'extraire que dans la couche muqueuse et dans l'enfoncement du derme. 11 existe quelquefois dans le centre du cor des points rouges ou noirs, qui proviennent de petites hémorragies ayant eu lieu pendant le développement de la tumeur.
Le cor est la plupart du temps occasionné par la pression ou le frottement de la chaussure , qui déterminent une exsudation légère et un développement plus actif de cellules; il siège le plus fréquemment sur la face dorsale des orteils à l'endroit des articulations, parfois aussi entre les orteils (œil de perdrix)^ sous les têtes des métatarsiens et au talon. Aux mains, où il est moins fréquent , il est rarement produit par une compression ; on Vj voit survenir plus souvent après des plaies aux parties de la peau exposées à être comprimées dans les mouvements de la main. On le rencontre encore aux mains après les blessures anatomiques ; dans ce dernier cas , il se développe en général sur le point affecté plusieurs de ces corpuscules dont nous avons parlé (parfois de 5 à 10), ce qui ne se présente qu'exceptionnellement aux pieds; ces tubercules,, qui sont mous dans le principe et qui s'écoulent à l'incision comme du pus, durcissent plus tard, d'abord à la périphérie, jusqu'à ce qu'enfin ils soient parfaitement solides et ressemblent complètement au noyau des cors situés aux orteils.
470 ANATOmE PATIIOtOGIQUC SPiaALE.
Sous le oor on ne irouTe phis ni les papilles, ni les glandes, ni les poils du derme, qui est lùi-méme parfois bjpérémié; le réseau muqueux existe toujours, mais il est moins épais
(fiff.76).
3) Les productions cornées de la peau (cornu cinrANEDif) con*sistent dans un corps conique, cylindrique, dur, brun, situé sur la peau, composé d'écaillés épidermiques et ressemblant par sa forme à la oome d'un animal* L'épaisseur et la longueur de ces productions varient beaucoup ; les cornes les plus longues ont rarement plus de 2*8 centimètres de longueur et 9-13 millim. d'épaisseur. Autant qu'on peut remonter à leur origine, elles paraissent survenir principalement aux endroits de I» peau qui sont exposés à des irritations et des inflammations fréquentes : parfois on les fait provenir de la face interne de kystes perforés.
4) Ickthyose* Les altérations de la peau que l'on désigne sous ce nom , ont une importance très-différente : en effet , dans un cas elles représentent une affection cutanée primaire et îdiopathique , qui se déclare en général spontanément peu de temps après la naissance ou dans les premières années de la vie, qui est héréditaire et s'étend sur tout le corps; dans l'autre cas, les lésions sont bornées à quelques points isolés et occasionnées par d'autres maladies de la peau (élépfaantiasis , œdème, varices, ulcères); elles constituent alors une affection secondaire et purement locale.
Dans l'ichtyose, rq>iderme s'est épaissi .en plaqua ou en croûtes dures, foncées, divisées par des sillons en petites écailles, en mamelons, en écussons; dans les degrés l^ers, les écussons n'ont que quelques millim. de longueur et de largeur, et 1 millim. d'épaisseur; à un degré plus avancé, ils ont de Z-9 millim. d'étendue et 5-7 millim. d'épaisseur, et dans les cas extrêmes, l'étendue et l'épaisseur sont en rapport avec l'intensité de l'affection : ou bien c'est l'épaisseur qui prédomine, et Pon trouve des^écussons tantôt de 1-2 centimètr. de laideur et de 1 1 centimèt. d'épaisseur, tantôt de 1-2 centime, de iaigeur et 'd'épaisseur, ou d^ masses allongée^ en form? de cônes trpnquée.
AlUTOMIR PiTHOLMiam SI»i0Iii|I. 471
Le derme .et les papilles sont épaissis, le pigment a augmenté dans le réseau muqueux; les glandes et. les poils n'ont rien de constant quant à leur présence ou leur absence, le& glandes sébacées sent parfois élargies, comme lorsqu'elles con« tiennent des acarus des follicules, et leurs conduits excréteurs se continuent en forme de tubes à travers Fépiderme épaissi.
D!après la forme des écailles, on a introduit diverses dénominations qui n'ont aucun rapport avec la nature de la maladie : Icbthjose simple, cornée, scutelliforme, hystrix, etc.
5) Tumeurs papiUaires ( pâpilloma ). Elles sont dues à l'accroissement d'un groupe de papilles cutanées ou à la production de corps pa pilliformes. néoplastiques , consistant dans une enveloppe d'épitbélium pavimenteux et dans un fomd de tissu conjonctif avec des vaisseaux capillaires (fig. 80) ; les papilles sont ou simples ou sinueuses ou diversement ramifiées. Ces productions se rencontrent avec toutes les formes , non-seùlement sur la peau , mais aussi sur toutes les muqueuses;
Après que ces tumeurs papiUaires ont persisté pendant un certain temps à l'état de verrues, de condylomes, de choux* /leurs Ou de productions villeuses, de polypes ^ leur base ou leur tissu devient parfois le siège d'une dégénérescence cancéreuse ou cancroide, de sorte que la tumeur, jusqu'alors bénigne au point de vue pratique, prend un caractère de malignité, donne la première impulsion • au développement du cancer dans d'autres organes, et n'offire plus beaucoup de chances de guérison même par l'extirpation.
Nous examinerons seulement ici les variétés que o6s tumeurs affectent le plus communément.
A) Papillome verruqueux (verrue papilliforme , verrue ordi» naire); c'est une petite tumeur arrondie , siégeant principalement aux mains, à surface lisse ou divisée en papilles^ constituée par un groupe de papilles cutanées épaissies et allongées, souvent renflées en forme de massue, revêtues encore de leur épiderme (lui-même légèrement épaissi) qui recouvré uniformement les papilles hypertrophiées ou qui revêt chacune séparément jusqu'à une certaine profondeur. La papille offre une
473 AN4T0IUE PAtHOLOeiOOK Bvt&kVE.
texture normale; elle contient une anse vasculaire ordinairement flexueuse , qui est souvent remplie de globules sanguins. Entre le réseau muqueux et la papille il y a parfois une couche de noyaux et de cellules qui deviennent des fuseaux, lesquels recouvrent la papille. Les glandes cutanées manquent souvent dans ces points; lorsqu'elles existent» elles sont normales (fig. 81 ). I^a forme des verrues varie suivant la quantité et la grandeur des papilles hypertrophiées, et suivant la disposition de leur enveloppe épithéliale; les verrues ordinaires ont reçu le nom* de verrues vulgaires, celles qui sont petites et plates, le nom de verrues planés, celles de £-9 roîllim. de longueur, qui siègent à la paupière supérieure et qui sont très-étroites, le nom de verrues filiformes. On distingue en outre des verrues sphériques, cylindriques, pédiculées, etc.
Les verrues restent ordinairement longtemps stationnaires et disparaissent souvent tout à fait spontanément, de la même manière qu'elles se sont produites. Lorsqu'elles viennent à être irritées par des grattements, des excisions répétées, etc., alors . elles s'enflamment, la couche cornée de l'épiderme se détache et à la surface des papilles il se développe des cellules en abondance, ce qui donne à la verrue l'aspect d'un ulcère à base papillaire.
Les verrues surviennent pour la plupart d'une manière spontanée et souvent en nombre très -considérable; chez les syphilitiques, on les voit fréquemment pulluler à la face, aux ailes du nez et aux coins de la bouche.
B) Papillome condylomateux , condylome; c'est une tumeur qui se rapproche de la verrue et qui se présente surtout aux points de transition entre la peau et les muqueuses, et sur ces. dernières elles-mêmes. Autrefois le condylome était regardé comme un indice de syphilis , parce qu'on le rencontre le plus souvent aux parties génitales; mais on est bien revenu de cette opinion , depuis qu*il a été démontré que ces excroissances peuvent se développer aux parties génitales, non pas seulement après l'irritation déterminée par la sécrétion du chancre, mais après une irritation quelconque de la peau , et qu'elles se pré-
▲NATOHIE PÀTHOLOGK»!! fiPJCIALF* 473
sentent aussi dans d'autres régions , par exemple à la gorge et dans le larynx, chez des sujets sains comme chez des individus infectés de syphilis. Ainsi donc en lui-même le condylome ne constitue pas une tumeur spécifique, et il appartient avec les verrues à la classe des tumeurs de la peau auxquelles la dénomination de tumeurs pàpillaires ou, suivant Krjbmer, de papillomes, s'applique le mieux, eu égard à leur forme et leur nature.
Les condylomes offrent des aspects très-variés; ils ont ordinairement une surface finement granulée et une structure lamellaire très-délicate; on ne saurait mieux les comparer qu'à une framboise ou à un chou-fleur. Nous en distinguerons trois variétés :
a) Ils sont composés de papilles cutanées hypertrophiées, qui s'élèvent sur le derme resté intact, se divisent en général en plusieurs rameaux et sont revêtues d'épiderme ordinairement épaissi (fig. 82). Les papilles possèdent leur structure normale , seulement on voit à leur surface des noyaux et des fuseaux en grand nombre; dans leur centre existe un vaisseau sanguin, dont les flexuosités correspondent aux ramifications des papilles.
h) Le derme cutané ou muqueux est compris dans leur développement, s'épaissit et s'élève en formant des plis; chacun de ces plis est à son tour couvert de papilles hypertrophiées (fig. 83).
c) La peau ou la muqueuse, qui est le siège de la dégénérescence papillaire, est soulevée par le tissu cellulaire souscutané hypertrophié, qui forme la base de la tumeur (fig. 84).
Ces trois formes principales admettent encore d'autres degrés intermédiaires; lorsque la dégénérescence occupe une large surface, alors ces diverses espèces de condylomes se rassemblent en groupes et constituent parfois des tumeurs composées considérables. Aux parties génitales, où on les désigne généralement sous le nom de condylome acuminè (c. àcuminatà seu elevàta), ils forment des tumeurs, du volume d'un grain de millet à celui d'un œuf de pigeon , et dans les cas de développement extrême ils .peuvent constituer des masses en choux -fleurs,
474 AHàTOme PAmotooiQni srioàic.
de la grosseur du poing; aux autres endroits du corps où ils se développent , les tumeurs auxquelles ils donnent lieu sont ordinairement petites , du volume d'un pois à celui d'une ayeline, en grappe de raisin. Sur les muqueuses ils se présentent tantôt comme des masses agglomérées, en choux-fleurs, tantôt (par suite des nombreuses subdiyîsiohs des papilles) comme des masses yiileuses, molles, tremblotantes {vid. Vessie, Estomac, Utérus).
Le caractère de l'hypertro{^ie papiltaire ne se retrouve plus dans les condylomes volumineux et dans ceux qui siègent sur les muqueuses dépourvues de papilles; dans ces cas en effet, l'origine des productions papillaires ne peut plus être ramenée à une hypertrophie des papilles de la peau , et il sTest fait là évidemment un développement néoplastique de papilles. Par leur forme et leur structure, ces corps ressemblent complètement à des papilles véritablement hypertrophiées, telles qu'on les rencontre dans les petits condyiomes; ou bien ils s'en distinguent en ce qu'indépendamment de leur enveloppe épidermique et de leur anse capillaire, ils se composent de tissu conjonctir embryonnaire, de noyaux et de fuseaux.
6) Le condylome plat, plaque muqueuse (c. lata) , se développe sur les oignes génitaux à la suite de l'irritation que produit ordinairement sur la peau la sécrétion d'un chancre ou le mucus blénnorrbagique. Ce sont des tumeurs plates, produites par une inflammation et un gonfleiâent circonscrits de la peau : au début, leur surface est lisse et sèche; plus tard, quand la couche cornée a été éliminée, elles sont humides et villeuses, leur base est constituée par le derme épaissi par des noyaux et des fuseaux, les papilles peuvent être normales, mais en général elles ont aussi augmenté de volume.
7) Èléphantiasis des Arabes ^ Paehydermie, , — On nomme ainsi une hypertrophie de la peau, qui se présente spécialement aux extrémités inférieures, au scrotum, aux grandes lèvres et à là face. Les causes de cette maladie sont variables, aussi la nature et la marche de cette hypertrophie sont-elles très-différentes: ainsi tantôt l'éiéphantiasis est dû à une inflam-
ANAJOA» PATHOlOiHQVE SfiCULhE» 47 &
mation chronîqiue (dan$ le yoi$iaajge d'ulcères, de nécrose, dans les exanlbènoefi chroniques); tantôt il a sa cause dans un obstacle à l'écoulement du sang veineux , par suite de caillots développés dans lès veines ou d'ui^ compression exercée sur le trajet de ces vaisseaux; tantôt il tient à un obstacle au cours de la lympbe, après une inflammation des veines et des glandes Ijmpbatiques. Le nom à'Éléphantiasis ne désigne donc aucun procès morbide particulier , spécifique , mais une modification an^omique, dont il faut dans chaque cas particulier déterminer d'une manière plus précise les conditions étiologiques.
Les parties affectées deviennent le siège d'un épaississement très-considérable, les extrémités inférieures acquièrent un développeroemt double et triple de leur volume normal ; le scrotum présente une masse de la grosseur d'une citrouille, il en. est de même des grandes lèvres; à la face, l'éléphantiasis se (présente sous forme de tubercules sur le nez, les joues, les oreilles* Les divers éléments constituants de la peau offrent les caractères suivants :
L'épiderme est en général épaissi , et fréquemment avec tous les caractères et les variétés de formes de Tichtjose (vid. plus haut) ; le derme est constamment épaissi et forme une couche de tissu Gonjonctif de 9-14 millim* d'épaisseur; les papilles qui' participent d'ordinaire à l'hypertrophie , offrent parfois la même d^énérescence que dans les papillomes (t;zcl. plus haut); le tissu cellulaire sous-cutané est épaissi par des faisceaux tendineux de tissu conjonctif, épais, blancs; le tissu cellulo- adipeux est tantôt plus abpndaht , tantôt plus rare, tantôt normal. Le tissu cellulaire préfitenté souvent plus d'épaississement dans certains points que dans d'autres, ce qui rend la surface de la tumeur bosselée et inégale. Du tissu cellulaire sous -cutané, l'hypertrophie se propage la plupart du temps sur le tissy cellulaire intermusculaire; les muscles, dans ce oas^ restent normaux ou bien ils s'atrophient , sont pâles et le siège d'une dégénérescence graifôeuse. Souvent aussi les os des parties malades sont entrepris , il se développe une hypertrophie de la couche corticale et des osthéophy^esi. Les artères ont toujours été trouvées
478 AifATonc TkimHjOGwm snftcuEE.
que la oomposilion du sang n'est pas sans îafluenoe; enfin nous devons encore faire observer au sujet de la maladie particulière désignée soins le nom de purpura, que son existence comme procès morbide idiopalhique, et par là aussi la signification des eitravasats dans cette alEedion , présentent encore beaucoup d'obscurité; -il est même probable que les recherdies ultérieures modifieront complètement b numière de yoir sur cette mahdie.
Le sang extravasé ou le sérum sanguinolent ne tardent pas à se modifier, l'bématine subit les diangemenls qui la transforment en pigment. Celui-ci, en général jaune ou oouleur de rouille, se montre sous forme de granules et de cristaux, et produit ainsi cette coloration jaune brun, rarement noirâtre de la peau, qu'on rencontre après les sugillations et les diverses espèces d'hémorragies. Quand Textravasat a été considérable, il subit les diverses transformations des foyers hémorragiques.
* BIV&iAMliiATloii* — Nous n'examinerons ici que d'une manière générale les altérations produites par l'inflammation dans la peau , sans entrer dans des détails plus précis sur les diverses formes inflammatoires établies par les différents systèmes , vu que celles-ci sont loin d'avoir été étudiées d'une manière suffisante sous les rapports étiologîque et anatomique.
L'inflammation est ou étendue à toute la surface de la peau ou circonscrite dans certains points ; d'autre part , elle peut être uniformément répandue sur toutes les parties de la peau ou plus prononcée dans de petites portions bornées (^ir^hmmaiion exanlhématiqué).
L'inflammation a son siège principal dans le derme, qui est riche en vaisseaux; mais tantôt elle existe à sa surface, tantôt dans les couches profondes et dans le tissu cellulaire sous-jaoent. Les glandes cutanées d'ordinaire ne sont pas notablement affectées; bien que le grand nombre de vaisseaux situés dans leur voisinage paraisse favoriser lé développement de l'inflammation dans ces points, cependant on n'a pas encore démontré la présence d'exsudats dans la cavité de leurs conduits excréteurs,
AffàTOKIE PATROLOGIQVE flPÉCIàlX. 479
quoiqu'en s'^ppu^ant sur des données théorique» on ait voulu rapporter les formes élémentaires des exanthèmes à des ii^m* mations et des exsudations dans les glandes sébaoéés» Mes propres recherches confirment du reste en tous pointa les travaux de Simon, qui dans les éruptions papuleuses, vésiculeuses, etCé, a t<Hijours trouvé les glandes intactes.
L'inQamination de la peau commence souvent avec une hjpérémie très-considérable des capillaires, qui se reconnaît encore parfois sur le cadavre à une rougeur foncée et intense du derme; tantôt cette hypérémie persiste, tantôt eUe est passagère, ou bien elle se maintient sur des points circonscrits, tandis qu^elle disparaît sur le reste de la peau. 11 est rare qu'on n'observe aucune trace d'hypérémie.
L'hypérémie est bientôt suivie d'exsudation : le derme injecté et le tissu cellulaire sous-cutané se gonflent, deviennent charnus, denses; quant à l'épiderme, tantôt il n'^t pas du tout intéressé, tantôt l'exsudat dépasse le derme pour l'envahir , et sert dans ce point, quand il est peu abondant, à un développement plus actif de cellules dans le réseau muqueux; ce développement reste sans influence sur l'épaississement de la couche cornée, ou détermine son induration plus rapide et l'élimination des cellules, ce qui se traduit par la descpiammation et la chute de l'épiderme en lambeaux, dans les régions envahies par l'inflammation. L'exsudat est -il abondant, il s'amasse sous la couche cornée de l'épiderme, la soulève et y forme des élevures, connues sous le nom de vésicules, de bulles, de pustules; la couche cornée reste intacte dans ces cas, ou bien elle se fend plus tard et l'exsudat est versé au dehors. Une fois l'exsudation pathologique terminée et lorsque la nutrition a repris son cours normal, il se développe des cellules néoplastiques dans le réseau muqueux; la couche cornée se reproduit aussi quand elle a été éliminée.
Vinflammaiion érythémateuse constitue la forme la plus légère des inflammations de la peau, elle n'occupe que les couches superficielles du derme; Thypérémie se retrouve à peine sur le cadavre; l'exsudat est peu abondant, l'épaisâisement du réseau
480 AlfàTOMlB PATaOLOGiaUfi SPECIALE.
muqueux Irèa-l^er; rarement la couche cornée est soulevée. L'affection guérit par une légère desquammation.
V inflammation phlegmoneuse (^dermile aiguè des auteurs) intéresse davantage les couches profondes du derme et le tissu cellulaire sous^utané. Uhypérémie se retrouve encore sur le cadavre comme injection prononcée; Fexsudat détermine un gonflement considérable , rarement le soulèvement de la couche cornée en bulles ou en pustules {érysipèU buUeux).
Les modes de terminaison sont:
à) La guérison par résorption de l'exsudat et retour de la circulation normale;
b) Le passage à l'état d'inflammation chronique; celle-ci se reconnaît à une rougeur foncée de la peau (outre une bypérémie qui persiste, il se développe en général du pigment dans le sang exlravasé ou dans le sérum transsudé et contenant de l'hématine), et à son épaississement par Texsudat qui en général s'organise en tissu conjonctif ;
c) La suppuration se rencontre dans le tissu cellulaire souscutané et dans le derme, sous forme de petits abcès qui plus tard s'agrandissent par confluence. Ces abcès peuvent amener des inflammations et des suppurations, la gangrène de la peau et de vastes ulcères; dans les cas les plus favorables, ils perforent là peau et se vident au dehors;
d) L'atrophie de la peau; ce mode de terminaison est peu fréquent; l'exsudat, d'ailleurs peu abondant, se dépose surtout dans les couches superficielles du derme et dans le réseau muqueux, ne s'organise pas, et pendant qu'il est sécrété, le derme s'amincit graduellement. "^
é) La formation d'ulcères.
Parmi les inflammations éruptives, les macules représentent des hypérémies circonscrites avec exsudât peu abondant. Les papules sont de petits épaississements circonscrits de la
* C*esl peut-être à celte variété de la derraitc chronique qu*il faut rapporter Vétat pathologique du derme, décrit par M. Fobget, et désigné par le savant professeur de Strasbourg sous les noms de ckorionilis ou sclérosténose cutanée. (Gazette médiç. de Strasbourg, 1847, n.* 6.) [Note du iraduct.}
AlfàTOMlB PATHOLOGIQUE SPECIALE» 481
peau avec injection et exsudât; celui-ci est peu abondant et ne tarde pas en général à se résorber. L'épiderme qui recouvre la papule est intacte, ou bien plus tard il est soulevé par de {'exsudât en une petite vésicule. Les papilles et les conduits des glandes n'éprouvent aucune altération (fig. 76).
Les pomphi sont dés élevures plates, unies; autant qu'on peut en juger sans examen anatomique, elles reposent sur une bypérémie légère et sur une exsudation dans la peau, avec Une petite exsudation simultanée dans le réseau muqueux.
Dans les bulles, la couche cornée épidermiquë est soulevée en une tumeur arrondie par un exsudât séreux abondant. Sur le cadavre le derme n'.est pas injecté, mais la couche muqueuse est le siège d'un développement abondant de cellules. Le contenu des bulles présente, au début, de l'épithélium provenant de la couche muqueuse, plus tard des cellules d'exsudation en petite quantité , parfois des globules sanguins ou du sang en abondance. L'exsudat ne passe jamais à la suppuration (fig. 77).
Les vésicules consistent dans de petites élevures acuminées de la couche cornée produites par un exsudât , avec injection modérée du derme. L'exsudat est d'abord séreux, persiste peu de temps dans cet état, est résorbé ou se transforme en pus; ce dernier ne se développe pas uniformément dans tout l'exsudat , mais il se produit particulièrement dans la couche muqueuse. Au début, cette partie de la peau est le siège d'un développement actif de cellules épithéliales, qui, tenues en suspension dans la sérosité, donnent déjà à cette dernière un aspect puriforme; plus tard, en même temps que les cellules épithéliales, il se développe de plus en plus dans le réseau muqueux des cellules d'exsudation et des globules de pus, et ces produits se répandent dans la sérosité; le développement des cellules néoplastiques se fait donc dans la couche de l'épiderme qui touche au derme, au milieu d'un af&ux abondant de blaslème (d'une manière analogue à ce qui se passe dans les muqueuses).
La pustule est une élevure remplie de pus; ou bien ce pus se développe dans une vésicule, et dans ce cas Texsudat sert
483 AHAXOHIB PÀtHOLOGIQim flréoAu.
en partie comme Kquide séreux pour soulever la couche cornée, tandis qu'une autre partie du blastème, celle qui avoisine le réseau muqueux, fournit des cellules; ou bien la pustule se présente de suite comme telle, c'est-à-dire que de suite Fexsudat sert de blastème pour la production de cellules de pus dans la couche muqueuse; les cellules épitbéliaks sont remplacées par des cellules de pus qui soulèvent peu à peu Fépiderme.
Les vésicules et les pustules (fig. 78) offrent donc beaucoup de points de ressemblance, dles sont du volume d'un grain de millet à celui d'un pois et même davantage; dans les pustules l'injection du derme se retrouve encore sur le cadavre, les couches les plus superficielles sont même quelquefois infiltrées d'exsudat et les papilles ont augmenté de volume. Les glandes et leurs conduits excréteurs sont altérés, comme aussi les follicules pileux.
Au commencement, les vésicules et les pustules sont en général coniques, mais quand l'exsudation s'étend à la périphérie, ou bien lorsqu'elle est terminée, s'il se fait une résorption ou un dessèchement partiel très-rapide, le sommet des vésicules ou des pustules s'abaisse, et, quand elles sont volumineuses, il est remplacé par une dépression : alors elles sont ombiliquées. Dans quelques cas, d'après Simon, cette dépression ombiliquée est due aussi à ce que la couche cornée, le réseau muqueux et le derme étant unis étroitement par les gaines des poils, ceux-ci empêchent le soulèvement de l'épiderme dans certains points.
La nature du contenu des vésicules et des pustules ressort de ce que nous venons de dire; il en est de même de l'état du réseau muqueux; on le retrouve toujours dans les vésicules, mais dans les pustules d^à anciennes il est remplacé par une couche de pus* Parfois il existe aussi du pus dans les couches superficielles du derme (variole).
Le contenu des vésicules et des pustules est résorbé tantôt en totalité, tantôt en partie seulement, puis la couche cornée se dessèche, s'applique sur la couche muqueuse ou sur le derme lui-même, et forme une couverture qui permet au réseau
▲ICàTOMIE PATHOLOGIQUE SPiCTiàCE. 483
muqueux ainsi protégé de réparer les couches perdues. Une fois que ce dernier a reproduit une nouvelle couche cornée, i'antcienne est éliminée»
Dans d'autres cas les vésicules et les pustules se roi9pent , leur contenu est versé au dehors en totalité ou en partie; par la dessiccation des restes de Pépiderme et du pus, il se forme des croûtes dures, sous la protection desquelles . l'épiderme se répare , ou bien la suppuration continue et souvent (^ peau s'ulcère.
Les tubercules proviennent d'un gonflement inflammatoire du derme et du tissu cellulaire sous-eutané; Texsudat peut être résorbé, se tuberculiser, ou passer à la suppuration, comme Simon l'a observé sur des chiens après des frictions de tartre stibié (fig. 79), et comme cela se voit dans la morve.
Quelquefois les inflammations cutanées se caractérisent par une desquammation abondante de la couche cornée; le derme est plus ou moins rouge, tuméfié, parfois intact, autant du moins qu'on peut en juger sur le vivant (, pityriasis et psoriasii).
Le furoncle consiste dans une inflammation circonserite du derme et du tissu cellulaire sous -cutané, avec injection et exsudation considérables et formation rapide de pus; ce dernier en général se fait jour en partie au dehors , l'autre partie com*prise dans un exsudât solide amorphe, forme ce qu'on appelle le bourbillon. Quand l'inflammation et l'exsudation sont très^ étendues, une portion de l'exsudat peut se mortifier (comme les exsuda ts diphthéritiques sur les- muqueuses) en même temps que le tissu conjonctif qu'il circonscrit, pour être éliminée plus tard à l'état de bourbillon.
L'anthrax se distingue du furoncle par l'étendue de l'inflammation, vu qu'il se produit de nombreux foyers inflammatoires les uns à côté des autres , et par la fréquente mortification de l'exsudat et du tissu cellulaire qu'il embrasse, ce qui amène une suppuration étendue avec expulsion des bourbillons et une grande perte de substance.
La pustule maligne consiste également davs une inflammation circonscrite du derme et du tissu cellulaire sousr cutané, avec
484 ANiLTOMIE PATBOLOGIQUB SPiciiXB.
une bypérémie et une exsudation considérables. Elle se termine par la désorganisation gangreneuse des parties envahies, leur décomposition sanieuse ainsi que celle de l'exsudaU
V inflammation isolée du tissu cellulaire sous -cutané n'est pas rare, mais d'ordinaire elle se propage sur le derme; elle reste circonscrite à des points isolés (autour) d'ulcères cutanés, de nécroses, de cariés) ou s*élend à de grandes surfaces; sa marche est tantôt aiguë, tantôt chronique. Le tissu cellulaire sous-cutané est rouge par suite d'injection, infiltré d'un exsudât séreux, fibrineux ou hémorragique, tuméfié, induré ou ramolli; le tissu cellulo-graisseux disparait.
Dans les cas d'inflammation aiguë , Texsudat passe souvent à la suppuration , il se forme des abcès q^i fusent souvent au loin dans le tissu cellulaire, pénètrent entre les muscles et jusqu'aux os, soit que le pus gagne les parties déclives par son propre poids, soit que l'inflammation et la suppuration gagnent en étendue. Les abcès perforent la peau et guérissent après l'évacuation du pus, ou bien ils s'enkjslent, se dessèchent et se crétifient; quelquefois le pus est résorbé complètement. La décomposition sanieuse de l'exsudat ayec mortification du tissu cellulaire constitue le mode de terminaison le plus défavorable.
Si l'inflammation passe à l'état chronique, ou bien si elle s'est montrée chronique d'emblée, l'exsudat, d'ailleurs peu abondant, s'organise généralement en tissu conjonctif et détermine peu à peu l'épaississement et l'induration du tissu cellulaire, et souvent toutes les altérations que nous avons décrites à propos de l'éléphantiasis.
\J œdème du tissu cellulaire sous ^cutané est tantôt aigu : i'épanchement séreux représente un exsudât inflammatoire (par exemple dans certains cas de phlegmasia alba dolens) ; tantôt chronique, et il résulte alors d'un obstacle à la circulation par des affections du cœur ou du poumon, par une compression des veines, par la présence de caillots dans ces vaisseaux, etc. Le tissu cellulaire parait gorgé de liquides, il est tremblotant, la graisse disparait; en effet les cellules adipeuses perdent leur
ANilTOMIC PATHOLOâlOOB Sl>£ciAL«. 48&
contenu graissisux et restent à l'état de simples cellules à noyau.
Le durcissement du tissu cellulaire chez les nouveau -nés (sclérème) , affection d'ailleurs encore obscure quant à ses con* ditions étiologiques , consiste anatomiquement dans l'infiltration du tissu cellulaire par une sérosité jaunâtre.
vliCÈRES» — Uexcoriation constitue la forme la plus légère des ulcères cutanés; la couche cornée manque, le réseau muqueux est à nu et le siège d'un développement très -actif de cellules épithéliales et de cellules d'exsudation , le derme est hypérémié el fournit l'exsudat, qui sert de Uaslème aux cellules qui se forment à la surface de l'ulcère. Parfois le derme lui-même et les papilles sont gonflés par de l'exsudat. Cet état se produit tantôt parce que la couche cornée se détache violemment ou en se ramollissant peu à peu , tantôt l'inflammation du derme est primitive et la séparation de la couche cornée consécutive. L'excoriation peut guérir à toutes ses périodes, pourvu que ta nutrition normale se rétablisse dans le réseau muqueux et que le blastème puisse s'organiser en épithélium.
\J ulcère cutané peut provenir d'une excoriation : dans ce cas j quelle qup soit l'abondance de l'exsudation , il ne se développe plus de cellules épithéliales dans le réseau muqueux, mais seulement des cellules d'exsudation, et d'autre part l'exsudation qui a lieu dans le derme mis à nu, s'accompagne d'une atrophie de son tissu; on a donc alors une portion de peau enflammée, dont la surface est recouverte d'exsudats amorphes et de cellules d'exsudation , et dont le fond est formé par le derme en voie d'atrophie.
D'autres fois le développement des ulcères n'est pas précédé d'excoriation, mais une inflammation survenue dans le derme détermine le soulèvement et l'élimination de la couche cornée ainsi que l'atrophie du derme et son infiltration.
Enfin les ulcères peuvent provenir de vésicules et de pustules (vid. plus haut).
Un ulcère reste rarement stationnaire; il guérit ou il augmente d'étendue. La guérison a lieu par l'organiâiation de l'exsudat en tissu conjonctif , dont nous trouvons les premières
486 AHATOÉIE FAnoiMioin srfcuis.
traces dans les granulations ; tandis qu'une partie de l'exsudat se transforme en pus, le reste fournit des granulations, d'où résultent, dans les cas favorables, du tissu conjonctif parfait et du tissu cicatriciel {vid. pag. 132).
L'ulcère augmente par la continuation du traT»ii d'exsudation et de résorption : la majeure partie de Texsudat devient du pus , et une petite quantité seule fournit des granulations qui , pour la plupart, se désagrègent de nouveau.
Les vieux ulcères sont caractérisés par l'hypertrophie et la teinte brun*rouge des parties environnantes. L'ulcère augmente en surfice et en profondeur; parfois le derme et le tissu Gellu> hire cutané sont complètement détruits et les aponévroses et les muscles mis à nu. Les ulcères chroniques et peu susceptibles de modifications présentent souvent des bords durs, élevés, blanchâtres , calleux , qui sont formés par la peau infiltrée d'exsudat amorphe ou incomplètement oi^anisé.
Comme les diverses espèces d'ulcères cutanés présentait au point de vue anatomique la plus grande analogie, nous croyons pouvoir nous dispenser de les examiner en détail , et nous oontenter d'étudier l'ulcère phagédénique ou c(mcér0ux et le hipus.
Les ulcères cancéreux de la peau oflirent sous le rapport anatomique les caractères que nous venons d'assigner aux ulcères en général; mais ils se distinguent par leur caractère rebelle, par leurs progrès incessants qui envahissent le tissu cellulaire sous^cutané, tes muscles et les os; jamais ils ne renferment les éléments du carcinome : aussi conviendrait^! de remplacer la dénomination équivoque d'ulcère cancéreux' par le nom d'ulcère phagédénique. Nous traiterons plus bas des véritables cancers de la peau.
Le lupus (estiomène, herpès exedens) est une affection cutanée anatomiquement encore très-obsoure, qui se présente sous deux formes :
1.*' Le lupus superficiel ou exfoliatif: inflammation et atrophie graduelle de la peau avec desquammatîon constante de P^iderme;
AHAIOMII PATBOLOGIQDB ÈPildkUU 487
21"^ Le lupus uloératif: inflammation de la peau , foliation de petits tubercules jaunâtres (produits d'exsudation?), destruction de la peau , en partie par une atrophie inflammatoire, en partie par Tuloération des tubercules. Wiroiow a trouvé plusieurs fois dans ce tissu épaissi ou injecté , du tissu conjonctif néoplanque et de. petits tubercules remplis d'une masse analogue au sébum de la peau (Simon).
ChAniGnÈNB. — La gangrène de la peau est fréquente et se rencontre dans les conditions et sous les formes les plus variées» comme nous l'avons déjà dit d'une manière générale (pag. 69).
Dans la gangrène humide^ la couche cornée de l'épiderme est soulevée en vésicules plus ou moins fortes par un liquide séreux, le plus souvent sanguinolent; le derme et le tissu cellulaire sous -cutané sont transformés en une masse brun-rouge, verte ou noire, dans laquelle, pendant quelque temps, il est encore possible de distinguer les difierents tissus, jusqu'à ce qu^ils se réduisent en une masse moléculaire; toutes les parties sont imbibées d'une sanie fétide.
Dans la gangrène sèche, les parties mml mieux conservées anatomiquement, mais colorées en noir et molles; le tout se résout à la fin en une masse gluante, dans laquelle les éléments constituanls des tissus ont disparu.
La gangrène dite blanche se présente spécialement sur les ulcères et résulte de la formation d'exaudats diphtéri tiques, sous lesquels les tissus disparaissent ; ces exsudations sont surtout fréquaites dans la pourriture ji'hépital (Roxitansky) , dans les infections cachectiques et putrides.
NÉOPliASMES FATHOliOGiQUES. — Le tissu conjonctif néoplastique est très -fréquent comme exsudât inflammatoire organisé, comme base de l'éléphantiasis et des condylomes. . On le rencontre encore dans les verrues charnues (mollus- CDM siMPLEx); ce sont des tumeurs rondes, du volume d'uQ pois à celui d^un oeuf de pigeon, à pédicule plus ou moins large, constituées par une dilatation sacciforme de la peau., qui est remplie de tissu conjonctif à tous les degrés de développement.
488 ANAToifie pathoiogique spécule;
Dans d^autres cas sous cette enveloppe fournie par le derme dilaté , on ne trouve que les éléments du tissu cellulaire souscutané : du tissu conjonctif parfait et de la graisse. La peau est tantôt tout à fait normale, contient des poils et des glandes sébacées, elles-mêmes quelquefois dilatées par du sébum (fig.Sfi), tantôt au contraire elle est plissée , et la verrue est couverte de petites plicatures molles, formées par le derme et Tépiderme, mais sans papilles distinctes; celles-ci manquent souvent complètement (fig. 86). Ces tumeurs sont loin d'être rares ; elles présentent de nombreuses variétés dans leur forme et leurs dimensions, sont congéniales ou surviennent spontanément à un âge avancé; elles paraissent produites surtout par un développement de tissu conjonctif néoplastique, qui détermine peu à peu une dilatation de la peau« Quand ces tumeurs contiennent beaucoup de graisse, elles prennent le nom de ncBvus lipomaiodes, et celui d'acrochordon, quand elles sont pourvues d'un long pédicule. Ici se rangent aussi Yacrothymion pédicule et le mjrrmicia. Ce sont, d'après B^skensprung, de petites tumeurs à lobules très-fins , qui renferment un grand nombre de glandes sébacées et sudoripares, ainsi que du tissu conjonctif néoplastique.
Ces polypes cutanés, etc., se changent enfibroïdes, quand le tissu conjonctif néoplastique devient très-considérable ; toutefois les tumeurs fibreuses cutanées d'un fort volume sont rares , se développent en général dans le tissu cellulaire sous-cutané et refoulent devant elles la peau, qui tantôt reste intacte, tantôt offre une hypertrophie papillaire.
Une autre production pathologique , dont l'origine et la structure sont encore très- obscures , le fréloïde d'AuBERT, se présente dans la peau à l'état de masse dure, aplatie ou élevée, blanche ou rouge, avec l'apparence des tissus cicatriciels, fibreux ou squirrheux (?).
Le sarcome cutané est assez fréquent; il se développe spontanément, ou provient, des granulations d'un ulcère ou d'une plaie, et constitue des tumeurs plus ou moins considérables, recouvertes d'une espèce de couche épithéliale , mais sans
AffATÛMli: PATHOLOGIQUE ^PlÊClAlE^ 4S9
enVeloppie ôutanée véritable. Le tissu de ces productions a la structure que nous avons indiquée plus haut (pag. 78).
Le tissu adipeux néoplastique se présente très-fréquemment , tantôt comme augmentation du tissu adipeux sous -cutané {polysarcîe) , tantôt sous forme de tumeurs isolées, de lipomes (depuis le nœi^us lipomatodes du volume d'un poiis jusqu'aux tumeurs du volume d'une tête d'adulte), qui se développent dans le tissu cellulaire sous-cutané et refoulent la peau devant elles.
Le pigment néoplastique se rencontre comme pigmentation persistante ou passagère des cellules et des noyaux les plus profonds du réseau muqueux, à l'état de granules de pigment bruns et jaunes , sans autre altération de la peau {Ephélides, taches de rousseur, heusma , niorities) , ou bien avec un épaiississement et une desquàmmation abondante de l'épiderme (ehloasma, pityriasis versicolor) , ou en s'accompagnànt d'hypertrophie circonscrite du derme souvent avec un développement abondant de poils (njevds spilus, lenticularis , taches hépa^ tiques, etc.). Parfois les fibroldes et les sarcomes cutanés se trouvent être colorés par du pigment; ils constituent alors les tumeurs mélariiques de la peau.
Les téléangieciasies cutanées sont fréquentes et forment de petites tumeurs granulées , aplaties, d'un rouge vif ou foncé; ou bien elles sont étendues sur une large surface , particulièrement à la face (ni^us vasculaire).
Les kystes du derme sont très-fréquents; ils rentrent dans la classe des kystes à contenu solide (vid. pag. 105), avec toutes les dimensions et les variétés de contenu qu'ils comportent. Ce sont des produits purement néoplasUques , ou bien ils tirent leur origine de glandes sébacées distendues, toutefois ce dernier mode de production est le moins ordinaire.
Le cancer cutané est rarement primaire; plus souvent il envahit la peau en s'y propageant des parties sous-jacentes , surtout des ganglions lymphatiques. 11 se présente sous forme de squirrhe ou d'encéphaloïde, est infiltré dans le derme et forme des tubercules aplatis , ou bien il s^élève du tissu cellu-
4M ANATOinv nnoiMKHm »hnàix.
laire soiM^^nitané ou du derme en tumeurs, qui s'étendent librement au dehors , ne tardent pas à se désagrégé et constituent le fond d'un ulcère cancéreux*
Ce qu'on a décrit sous le nom de cancer ébumé, n'est probabletnent qu'un squirrfae très-dur ou la cicatrice fibreuse d'un cancer^ enoéphalolde.
Le cancer èpithilial ou cancroïde est très-fréquent, surtout à la peau de la face et des parties génitales. Son origine est très-Yariabie :
1/ il commence quelquefois par une tumeur papitlaîre : sur rni point circonscrit de la peau , on voit apparaître des papilles hjrpertrophiées, recouvertes d'une grande quantité d'épitbélium; dans le principe, elles sont encore pourvues d\ine «enveloppe épidermique commune, mais plus tard celle -oi disparaît, les papilles sont mises à nu et apparaissent séparées; alors survient ordinairement une inflammation légère de ces papilles, avec production abondante de cellules épithéliales et de croates. Après que cet état a persisté pendant un certain temps , il se forme dans la profondeur du deme et du tissu cellulaire souscutané de petites alvéoles, de la grandeur d'un grain de millet , remplies de cellules ; parfois même il se développe des canoroxdes assez volumineux, qui plus tard perforent peu à peu la peau (fig. 67 et 88).
2/ Dans d'autres cas, dès le début du cancroïde on voit des petits tubercules aplatis, revêtus par l'épiderme^ qui proviennent de ('infiltration du derme par des cellules sous forme de masses arrondies ou cylindriques plus ou moins considérables; en même temps les papilles disparaissent (fig. 89). Plus tard il se développe toujours un plus grand nombre de ces tubercules ronds ou de ces cjriindres, qui vont jusque dans la profondeur du tissu cellulaire sous «cutané; enfin la coucbe •épidermique se rompt, et le cancer mis à nu commence à s'ulcérer et à se couvrir de croûtes , tandis que le tissu normal devient excessivement vasculaire et se gonfle (fig. 90 et 91). (D'autres fois, dès le début, il se forme dans le derme des tubercules du volume d'un pois à celui d'un œuf de pigeon,
mkfOUn t»ATIIO&OQIQtIE 8pici\LI. 491
qui se raiDoUissent en général dans un point, et après avoir perforé la peau, forment le fond induré d'un uloère. Dans tous les cas où la dégénérescence cancroïde présente une certaine étendue, les ganglions lymphatiques voisins sont aussi entrepris^ et ordinairement ils se fondent dans la masse cancéreuse.
Les tubercules cutanés ne se rencontrent jamais comme manifestation locale de la tubercutisation générale, mais ils se présentent avec les scrofules et dans la ^philis tertiaire; ce sont des nodosités , du volume d'un pois à oelui d'une aveline, dures dans le principe, siégeant dans les coudies inférieures du derme et du tissu cellulaire sous-cutané, atteignant dans quelques cas le volume d'un ceuf de pigeon, se ramollissant insensiblement, amenant la perforation de la peau par son atrophie graduelle, et produisant enfin un ulcère cutané. La base de cet ulcère est constituée par de la substance tuberculeuse. Cette affection, pour guérir, exige une élimination complète de cette masse pathologique, après quoi il commence à se développer des granulations, puis une cicatrice solide, blanche, fibreuse, rajronnée.
PARASITBS.
A. — AjaMÂMOi,
l."" Insectes» i— L'existence du pou est liée en quelque sorte à celle du corps de l'homme; il y pond ses œufs, qui éclosent dans l'endroit où ils ont été déposés.
Le pou de tête (pedicclus gapitis), gris blanchâtre, long de 1-3 millim., ne vit que sur les parties de la tête recouvertes par les cheveux; son arrière-train offre une disposition annulaire.
Le pou blanc (pediculus vESTiMEfiTi) vit sur les parties non garnies de poils; il est d*un blanc plus clair que le précédent; son abdomen est lisse.
Le pou du pubis {morpion, phthirius ingdinalis), à corps rond, long de 1 millim», présente la conformation des acariens; il se tient le plus souv^it dans les poils des parties génitales, plus rarement dans les sourcils, dans les poils de l'aisselle ou de la
492 AifATome pathoukhqob srfcutB.
barbe. Sa piqûre détermine une l^ère irritation de la peau et un prurit très-vif, qui porte l'individu à se gratter, d'où résulte quelquefois une éruption vésiculeuse.
Le pou des malades (pediccuis TàBBSCEffncM); l'existasce de cette espèce qu'on rencontrerait seulement sur les malades, n'est pas encore bien prouvée*
La puce (pdlez irritans), dans son existence, n'est pas liée aussi étroitement au corps de l'homme, ses œufs peuvent éclore dans d'autres endroits; la piqûre que produit la puce avec son appareil de succion, provoque une légère inflammation du derme, en général avec une petite exsudation séreuse dans le réseau rouqueux.
La chique de rAmérique du Sud , (pulex penetrans) , dépose ses œufs dans la peau , où ceux-ci arrivent à leur entier développement.
La punaise (cimex lectularius) ne vit pas sur le corps de l'homme, et dépose ses œufs autre part, mais elle le visite pendant la nuit pour se nourrir de son sang ; la piqûre qu'elle produit avec son appareil de succion, amène une inflailimation du derme.
2/ Arachnides, — Vacarus de la gale (sarcoptes hominis, ACARDS scABiEi), loug de 0,60 millim. , à corps en forme de tortue, garni de poils et d'éminences (fig. 41), vit exclusivement dans la peau de l'homme. Les acarus pénètrent entre le derme et l'épiderme jusque dans le réseau muqueux, pour y puiser leur nourriture, et provoquent par là une légère inflammation du derme, d'où résulte un épaississement papuleux de la peau ou un soulèvement vésiculeux de la couche cornée. Les femelles creusent sous la couche cornée des sillons, qu'elles ne quittent point et où elles déposent leurs œufs, qui se développent dans ce point. A l'entrée de ce conduit il existe aussi quelquefois des papules et des vésicules, mais ceci n'est pas la règle.
«Ces sillons se présentent sous des aspects différents; chez les jeunes enfants qui ne marchent pas encore , on les trouve à la plante des pieds , de même qu'à la paume des mains : ils sont remplis d'un liquide opalin ; chez les adultes, d'ordinaire ils sont
ANATOMIB PATHOLOGIQUE SPiciALB. 493
secs, apparaissent comme des traînées jaunâtres, larges de '/, miMim. , longues de 1-2 millim. et plus, semblables à ia trace que laisse une épingle que Ton fait pénétrer au-dessous de l'épiderme. De distance en distance, ces canaux sont percés de pertuis, que l'animal pratique pour donner accès à Tair; ces pertuis, en 9e remplissant de poussière, présentent l'aspect de points noirs. Quant à la coloration jaune des sillons , elle provient des matières fécales accumulées autour des œufs. Ceux-ci existent au nombre de 12 environ , qui ont été pondus successivemetit; lorsqu'ils sont plus nombreux, c'est que quelques-uns sont déjà éclos et ne laissent qu'une coque transparente. La femelle ne parait pas pondre plus d'un oeuf par jour; celui-ci met 10 jours environ pour éclore; les jeunes ont 3 paires de pattes, et ne présentent la 4.^ que lors de la première mue.
« Le mâle n'a que la moitié des dimensions de la femelle ; on le reconnaît à sa couleur brunâtre, à ses mouvements plus vifs, aux poils de la 3.*^ paire de pattes, qui sont plus longs; la 4.^ et dernière paire porte des ambulacres, comme les premières paires de la femelle; entre cette dernière paire on voit l'organe eopukueur, en forme de fer à cheval. Les mâles ne creusent pas de sillons ; ils se cacbent dans une très-petite élevure de l'épiderme, à peine reconnaissable à l'œil nu ; leur loge est ordinairement située à une petite distance d'un sillon.» (Wibgbb.)
On trouve les acarus, ainsi que les papules, les vésicules et les sillons que leur présence détermine, particulièrement entre les doigts, à ta face palmaire du poignet, au pli du bras et au creux poplité, sur la poitrine, sur le dos, sur la verge; ces sillons sont fort difficiles à reconnaître dans Taisselle et sur le tronc.
Les petites papules et les vésicules constituent l'éruption primitive, la gale; elle est provoquée par le travail du parasite.
Cbez certains individus à constitution torpide, l'éruption peut être nulle, et la gale se borne alors à l'existence des sillons (Wieger).
Comme la morsure de l'acarus cause un prurit très-vif, les malades sont portés à se gratter fortement, et ils déterminent par là même une éruption secondaire de la peau, telle que des papules, des vésicules et des pustules qui ne se développent
494 AIUlTOIIIB PATHOLMIOOE SPiciàLC.
pas sur les points où le malade ne peut pas se gratter; on n'en Toit pas non plus cbei les indhridus paralytiques; elle manque souYenl efaez les enfants au maîHot; cette éruption secondaire se prend souvent pour l'éruption de la gale elle-même, quoiqu'elle n'ait aucun caractère particulier et qu'elle ressemble à l'éruption intense que détermine dans la région pubienne la piqijure du pou du pubis*
U en est des acariens comme des insectes parasites, ils Toyagent d'un corps à l'autre, et c'est uniquement de cette manière que la gaie peut se propager d'individu à individu.'*
Vacarus des folticides est long de 0,3 à 0,6 millim. , large de 0,3 milllim», la partie antérieure de son corps est garnie de huit petites pattes; l'abdomen, petit dans l'animal encore jeune, parait très-allongé dans l'âge adulte (%. 42). On trouve ces parasites dans le fourreau des poils et dans les conduits excréteurs normaux ou dilatés des glandes sébacées, particulièrement à la face, sur le nez, les lèvres, le front, les joues; d'ordinaire ils sont au nombre de 2 à 4 , rarement plus aboti-
* On nous permettra d'ajouter ici quelques observations récentes sur les parasites acariens ; elles font pressentir que les découvertee ne sont pas eneore terminées dans le domaine du parasitisme.
La ièpre norwégiegute s'aeoompagne d'uleérMioBS , dont le» croates contiennent un grand nombre d'acariens des deux sexes, appartenant à une espète qui parait être la même que celle de la gale ordinaire; le fait a été vérifié par le Pfr. Hbbra, de Vienne.
Dans ce eas Tacaras ne se creuserait-il plu» de sillons et vivrait-il protégé par les croates? Ce gjenre de vie sur la peau serait analogue à celui des acariens des animaux domestiques, qui déterminent par leur présence la formation de croûtes composées d'épiderme et d'exsudat, dans lesquelles l'animal se tient
Chez la poule, on rencontre quelquefois sous la peau de petites tumeurs drconacrites, composées uniquement d'acariens.
Dans un travail du D.' Thcdigbuh, de Giessen, «iSur la trantmUsion de la gale de* bestiaux à l* homme* ^ on trouve la description d'une éruption particulière de la face, causée par la présence d'un acarus (nommé sarcoptes setosus par l'auteur), provenant par transibission d'une génisse galeuse.
Ces cas méritent d'être notés avec d'autant plus de soin, que la trai^BiiaBion de la gale des animaux à l'homme a souvent trouvé des contradicteurs. On remarquera aussi que le sarcoptes setosus de la race bovine a choisi , pour s'y propager, la face, la barbe et le cou, endroits du corps que Vaearus d» ^ homme est dans l'habitude d'éviter, {Note du traducteur,)
danto; SiiKMf en a rencoDtPé jusqu'à 13 à la fiiîsi L'aniiDal dépose dans ces parties ses œufs qui y éclosoit aussi : il «st un produit accidentel , et ne parait détermina* aucune altération de la peau»
Notons encore un anima! du genre ixode, le ncin, qui s'enfonce dans la peau de l'homme, ainsi que Vaearus dss< oiseauof (dermanysscs ayidm).
Dans ces derniers temps , hsn a observé un eiantlième prodiHt par le rouget (lbptos AimnetàLis) qui vit sur le groseilier.*
B. — PLAina» PABAsrres.
Elles appartiennent aux espèces inférieures des champignons, qui se composent de cellules rondes ou ovales (spores) y de cellules disposées en chapelet et de longs filaments ramifiés (fig. «)•
Les champignons de ce genre se rencontrent constamment et en grande quantité dans lefai^us (porrigo, teigne) y comme partie fondamentale des croûtes jaunâtres et déprimées en godet* Leur signification n'est pas encore bien précise; cependant il parait très -probable que le développement des champignons constitue l'afiection première et principale. D'après Sivon, dont les données se rapprochent beaucoup de l'opinion de plusieurs autres auteurs, il se fait d'abord une légère desquammatiOn de l'épiderme; puis sous les squames on voit apparaître un petit corps jaunâtre composé de champignons. Ce corps augmente jusqu'à former une croûte discoïde par la juxtaposition périphérique de nouveaux champignons; libre à la sur£aice supérieure , cette croûte s'étend en bas jusqu'au derme et y détermine quelquefois une légère dépression et de i'hjpérémie. Les pustules qui surviennent autour de la croûte paraissent toujours être un produit accidentel. Tantôt les cheveux restent intacts, tantôt les champignons pénètrent dans les follicules pileux,
* Ce phénomène avait déjà été observé par M. Dbfrancb ; vid, Dictionn. des seienoet natnr.) tom. XXYI,. pasi 03^ 1823. {Note du traduûteur.)
496 ANAIOMm PÂnOLOOI<Kn SPÉC14LE.
et provoquent la chute des cheveux; toutefois, d'après Simon, cet accident est rare.
Le fasfiu est en général r^;ardé comme contagieux, et Ton suppose avec raison que la contagion se fait par le transport des sporules des champignons ; les essais de Remax et de Bennet, qui sont parvenus à le développer artificiellement, donnent encore plus de poids à cette opinion.
Dans le pityriasis versicolor on trouve d'une manière assez constante des champignons entre les squames épidermiques; toutefois leur signification est encore douteuse , et il parait qu'ils ne sont que des formations accidentelles.
Dans le vitiligo du cuir chevelu ( porrigo decalvans , alopegia gircdmscripta) , Groby a vu le cheveu , au point où il sort du follicule pileux, entouré. de champignons qui lui formaient une espèce de gaine; il attribue à ce développement de champignons la chute des cheveux (j>hyto-alopécie)*
Dans l'herpès tonsurani (herpès tondeivs), Gruby et Malmsten ont trouvé des champignons dans la racine du cheveu et dans la substance médullaire de celui-ci , et leur attribuent la disposition des cheveux à se fendre et à se rompre {rhizo-phyloalopécie).
Quant aux champignons que Gruby a observés dans la rhentagre, et GtiNSBURG dans la plique, leur apparition constante, ainsi que leur signification , ne sont pas encore démontrées.
%. Qlandes de la peaut Poils et Oncles.
Jusqu'à ce jour on ne connaît pas d'altération anatomique des glandes sudoripares , et leurs troubles fonctionnels ne peuvent pas nous occuper.
Les altérations des glandes sébacées sont fréquentes.
L'accumulation du produit de sécrétion des follicules sébacés dans leurs conduits excréteurs produit les tannes (comedo) , ce qui se reconnaît au Soulèvement de la peau ainsi qu'à la matière sébacée brune, placée à l'orifice du canal excréteur; elles consistent dans une utricule allongée, dont les parois sont
ANàTOKU PATH0L061QUK SPÉCUtS. 497
constituées par le conduit excréteur dilaté et dont le contenu est formé d'une accumulation de sébum (cellules épith^iaies infiltrées de graisse, graisse libre, cellules atrophiées et désagrégées).
Ordinairement les tannes restent longtemps stationnaires; une fois que le bouchon , qui occupait le canal excréteur, a été expulsé, les parties peuvent revenir à Tétat normal; d'autres fois la dilatation va toujours en augmentant par l'abord de nouveaux produits de sécrétion, jusqu'à ce qu'enfin la substance de la glande ait complètement disparu, et que le conduit excréteur soit dilaté et présente l'aspect d'un kjste arrondi; c'est ainsi que se produisent une partie des tumeurs folliculaires de la peau. Toutefois le mécanisme de la transformation d'une tanne en kj^ste n'a pas encore été complètement éclàirci. Dans un certain nombre de cas , on peut admettre comme trèsrationnelles les données deBjERENSPRUNG, d'après lequel par suite de l'accumulation progressive du produit de sécrétion, l'enveloppe externe de la glande et le follicule pileux se fondent en un kyste rond (fig. 92 a- e); dans d'autres cas cette explication ne suffit plus, parce que souvent la structure des glandes et des follicules pileux s'oppose à un pareil mode de développement.
Ces kystes sont toujours intimement unis à la peau et s'ouvrent au dehors par une petite ouverture; leur sac est fibreux et sécrète de Tépitbélium, qui se mêle au contenu préexistant; de dimensions en général petites, ils atteignent cependant quelquefois le volume d'un œuf de pigeon et même celui d'un œuf de poule.
De la paroi de ces petits kystes, il s'élève parfois des tumeurs papillaires, verrues sous-cutanées ou condjrlomes; elles sont situées sous le niveau de la peau , et il faut les comprimer pour les faire saillir hors de l'ouverture du kyste. (Ces condyîomes s'observent aussi sur les parois de kystes qui ne proviennent pas de la transformation d'une glande sébacée.)
Ces tumeurs folliculaires peuvent déterminer une dilatation de la peau , dont elles se coifient pour venir faire saillie sous forme de polypes (niolluscum). Les cas où ces tumeurs ont été
498 ANATOIIIE PATHOLOGIQtm flPfelAtt»
rencontrées en grand nombre , sont décrits comme moiluscum contagieux; cependant leur caractère contagieux est loin d'être prouvé.
Le contenu de ces tumeurs folliculaires et leurs parois peuvent se crétifier; ce mode de terminaison est assez rare. Le contenu grumeleux des kystes anciens contient fréquemment des sels calcaires en petire quantité ou des cristaux de cholestérine.
Autour des conduits glanduleux normaux ou plus souvent autour de ceux qui sont dilatés par de la matière sébacée» il se développe une inflammation , qui a pour résultat un épaississement noueux et la rougeur de la peau , quelquefois de Texsudation sous l'épiderme et la formation de pus ; les élevures ou les pustules de ce genre prennent le nom d'acne.
Les petites tumeurs jaunâtres de la peau et surtout de la face, connues sous le nom de Milium (orgelets des paupières), proviennent , d'après Bjerensprung , de la dilatation des glandes sébacées avec oblitération de leur conduit excréteur, et représentent ainsi des tumeurs folliculaires sous les plus petites dimensions.
Les modifications de structure des poils se présentent rarement|; ils sont parfois d'une longueur ou d'une épaisseur inaccoutumées, noueux, renflés en forme de massue, fendus; nous avons déjà parlé plus haut des champignons qu'on y rencontre. Chez les albinos il y a défaut de pigment; on ignore les conditions par suite desquelles les cheveux blanchissent de bonne heure; dans quelques cas rares, on a observé une coloration annulaire qui alternait avec des points décolorés. Les données relatives à l'altération des cheveux dans la plique se contredisent fortement; suivant les uns, ils seraient à l'état normal, suivant les autres, ils seraient gonflés et boursouflés, enfin il en est qui croient y avoir trouvé des champignons.*
* La cause principale de la plique paraît résider dans le défaut de soins donnés à la chevelure , défaut qui tient à l'opinion généralement admise depuis plusieurs siècles dans toutes les classes en Pologne , en Litbuanie , que la plique est un préservatif énergique contre toutes les maladies ; dans un travail récent (Illustrirle Medicin, Zeitung, juin 1852), le D/ Hessling a fait connaître les résultats de ses observations microscopiques sur cette affeotioD : ainsi il a
AHATOIRE PATBOLOGlQim SPiaALE. 499
Les modifications de structure des ongles s'observent plus fréquemment. On a vu les ongles s'atrophier chez des malades qui avaient longtemps gardé le lit (fractures, paralysies). L'hypertrophie se présente comme une augmentation régulière de toute la masse de l'ongle; sous forme de plaques cornées, qui s'enlèvent facilement , enfin comme un dépôt d'un épaississement par une masse blanchâtre, caséeuse, composée d'épithélium, disposée au-dessous de l'ongle et s'étendant parfois jusqu'à la matrice et qui se produit sous l'ongle. Chez les phtisiques et chez les individus cyanoses, les ongles offrent une forte courbure conveie, parfois avec un renflement en massue de la dernière phalange. Chez un certain nombre de malades, on voit la substance de l'ongle alterner en stries semi-lunaires , qui indiquent un épaississement et un amincissement alternatifs.
trouvé répiderme séparé du derme et soulevé . à une assez grande distance ; entre Tépiderme et le derme existe une collection abondante d'une substance gélatiniforme, les cheveux ne sont point feutrés dans cet intervalle, leurs bulbes sont sains* Quant au feutrage, qui ne commence qu'à partir du pqint où les cheveux ont quitté Tépiderme, il est produit par la matière gélatineuse, qui colle les cheveux ensemble , et qui englobe souvent en même temps des débris de laine et dès grains de poussière , etè.
L'auteur contredit la présence des champignons microscopiques comme la cause de la plique, malgré l'opinion de GUnsbdrç; les champignons se développent dans la masse gélatineuse en compagnie de nombreux parasites, parmi lesquels le D/ HsssLiNG a trouvé plusieurs espèces, qui appartiennent à la famille des Arachnides aùariens, et qui n'ont pas encore été décrites. Il ne considère pas ces animaux comme spécifiques de la plique, mais comme s' étant développés, de même que les champignons, dans un terrain favorable à leur éclosion. Nous ne pouvons pas entrer ici dans l'intéressante description zoologique de ces espèces, qui ont reçu les noms de :
EOTAASDS GANeBIFORHIS; CCELOGNATUS MORSlTANS ;
Une 3.' espèce moins distincte et des formes encore indéterminées , appartenant à des exemplaires incomplets ou avariés, n'ont pas encore pu recevoir une dénomination spéciale, bien qu'elles paraissent appartenir à des espèces particulières. (iVote du traducteur.)
£00 ANATOWE PATHOf.OGlQOB SPiOAU.