DISTRIBUTION DU TERRAIN
de toute déprédation. On emploiera pour cela les haies vives ou au moins les fossés larges et profonds.
■distribution dm terrain. — La distribution d'une pépinière doit varier en raison du mode' de culture qu'exigent les espèces qu*on doit y multiplier. Celles qui sont nécessaires pour les divers boisements dont nous avons à parler peuvent être partagées à cet égard en deux groupes :
1® Les arbres non résineux;
2® Les arbres résineux.
Nous proposons de distribuer de la manière suivante le terrain consacré à chacun de ces deux groupes :
Pour le premier, la surface A.{fig. 34) sera divisée en deux parties : les carrés a, destinés à recevoir les arbres de haut jet qu'on y repique et qui sont élevés là jusqu^au moment de leur plantation à demeure; et les plates-bandes 6^ qui recevront les jeunes plants qui doivent former les haies vives ou le boisement des pentes après une ou deux années de repiquage dans la pépinière.
Pour le second groupe^ la surface B {fig. 34)^ sera également divisée en deux parties : les carrés c, destinés à la transplantation des arbres résineux avant de les planter à demeure ; et les plates-bandes d, pour repiquer les jeunes plants avant de les placer dans le carré des transplantations.
Les arbres plantés dans les carrés a et c devront être placés là à distance beaucoup plus grande que sur les plates-bandes 6 et d, celles-ci ne devront offrir en étendue que le tiers environ de la surface des premiers. Un chemin de 3 mètres de largeur permettant la circulation des voitures, divisera en croix toute la surface du sol. D'autres chemins larges de 1 à 2 mètres établiront' la circulation sur les autres points.
Si le sol est humide, les chemins seront établis à O"',!^ audessous du niveau du sol, aûn de faciliter l'écoulement des eaux pluviales.
Si, au contraire, le terrain est exposé à la sécheresse, les chemins seront élevés à 0"°,15 au-dessus du sol, afin que Feau des pluies soit plus facilement retenue ^
1 Nous n'indiquons pas sur ce pian des plates-bandes spéciales pour les semis ; nous en donnons plus loin le motif à Tarticle des seniisdans la pépinière.
Première préparation du «ol. — Les plants forcâtiors n'ayant pas une très-grande valeur^ il faut choisir^ ainsi que nous Tavons dit plus haut^ pour asseoie la pépinière , un sol d'une nature telle qu'il suffise de le défoncer pour le rendre propre à cette culture. Si toutefois ce terrain était humide^ il deviendrait indispensable de lui appliquer l'opération peu coûteuse du drainage. Mais ce drainage sera pratiqué profondément pour l'éloigner le plus possible des racines^ et les tranchées seront, dans le même but» établies au milieu des chemins.
Le sol de la pépinière doit être ameubli au moyen d'un défoncement sur toute l'étendue des carrés et des plates-bandes. Pour cela , on commence par vider les chemins jusqu'à la profondeur d'environ 0",30. Cette terre , de meilleure qualité que celle du fond^ est rejetée sur les carrés ou les plates-bandes voisines. Les carrés a et c {fig. 34) sont ensuite défoncés à la profondeur de 0"'^65. Les plates-bandes 6 et d, destinées au rcpiquage, sont seulement défoncées à la profondeur de 0";35. Ces degrés de profondeur suffisent et rendent les transplantations plus faciles en empêchant les racines de s'enfoncer outre mesuré.
Ces travaux de terrassement sont exécutés de façon à ramener la terre du fond à la surface. Il convient de les pratiquer .quelques mois avant la plantation^ afin que les terres ramenées à la surface aient le temps de s'aérer et de devenir propres à la végétation. Il faudra aussi choisir pour ce travail le moment où la terre, assez sèche, se divise facilement.
Enfin ^ on devra^ tout en pratiquant ce défoncement, rejeter dans les chemins une quantité telle de terre prise au fond des tranchées que ces chemins se trouvent à un niveau convenable par rapport à la surface des carrés.
Abris ou briBe-Tents. — Nous avons recommandé plus haut de choisir pour la pépinière une localité abritée des grands vents. Si cette condition ne pouvait être remplie, il faudrait abriter Femplacement choisi, afin de soustraire les jeunes plants à la violence de ces vents qui les déforment et nuisent à leur végéta* , tion. 11 conviendra pour cela d'établir du côté du terrain ouvert à cette mauvaise influence un rideau d'arbres de haut jet et à
ABRIS 011 BRISE-VEKTS. 49
feuiUes persistantes. Les plus convenables sont : pour le nord et
F<g. 31. — Plan iï pépinière pour les arbres (otettiert et d'ornecnept.
ie cenire, les pins et sapins ; pour le midi, le cyprès pyramidal.
50 PËPIINIÈRES.
Opérations pratiquée* dans les pépinières. — Pour éviter des répétitions inutiles, nous allons examiner ici les opérations exécutées dans la pépinière dont nous nous occupons. Nous en ferons ensuite Tapplication aux diverses espèces ligneuses nécessaires pour les plantations dont nous avons à parler.
Hnltlpllcation. — Les arbres sont multipliés dans la pépinière soit à l'aide de la multiplication naturelle, c'est-à-dire au moyen des semences ; soit au moyen de la multiplication artificielle ou par division, telles que les greffes^ les marcottes, les boutures. — Le premier mode produit toujours des individus plus vigoureux et d'une plus longue durée ; on devra donc généralement le préférer.
Toutefois certaines espèces ne donnent pas des graines fertiles sous notre climat. D'autres sont plus promptement reproduits au moyen des boutures. On est donc obligé d'avoir recours parfois à la multiplication artificielle. Examinons séparément ces deux modes de reproduction.
i^emls. — Le succès- des semis dans la pépinière exige des soins assez minutieux. On échoue souvent par suite de la mauvaise qualité des graines, de Faction des gelées tardives^ de la sécheresse du sol ou de la présence des insectes nuisibles. D'ailleurs il importe de simplifier le plus possible Fentretien des pépinières administratives. Nous conseillons donc de renoncer à y faire des semis et de les remplacer par l'acquisition dans les pépinières spéciales de jeunes plants de deux ans sains et vigoureux. Il résultera toujours de cette acquisition une dépense moins élevée que si Ton eût semé dans la pépinière ; on sera moins exposé aux insuccès et le résultat sera plus tôt obtenu. — Nous allons supposer que Ton a suivi cette indication et examiner quels soins il convient de donner à ces jeunes plants à leur arrivée dans la pépinière.
Repiqnagre. — Cette opération consiste à enlever les jeunes plants, à rage de un à deux ans, du carré des semis où ils se nuiraient mutuellement pour les planter à plus grande distance sur un autre carré. Là, ils achèvent le développement qu'ils doivent avoir pour être plantés à demeure, et surtout leurs racines dérangées cessent de s'allonger autant; elles se ramifient beau-'
REPIQUAGE. 5t
coup plus^ et les jeunes arbres peuvent être ensuite transplantés avec succès.
11 convient d'indiquer^ à Tégard de cette opération, l'époque convenable, le mode de déplantation des jeunes plants, leur ha* billage, leur plantation.
Vépoque à choisir pour pratiquer le repiquage varie selon qu'il s'agit d'espèces à feuilles caduques ou d'espèces à feuilles persistantes résineuses ou non résineuses. Pour les premières, il faudra toujours exécuter cette opération à l'automne, aussitôt que les feuilles commenceront à tomber. En opérant ainsi, les jeunes plants développent quelques racines pendant l'hiver; ils prennent possession du sol et se défendent alors beaucoup mieux des premières sécheresses du printemps que s'ils venaient d'être plantés. 11 y a toutefois une exception à cette règle, c'est pour les terrains compactes et humides, dans lesquels les racines seraient exposées à pourrir pendant l'hiver. Là, il sera préférable de ne faire le repiquage qu'en mars, lorsque le sol sera bien égoutté et qu'il commencera à se réchauffer.
Pour les espèces à feuilles persistantes, il convient dô choisir une autre époque. En effet, ces arbres, qui conservent leurs feuilles pendant l'hiver, sont doués d'une végétation continue, beaucoup moins sensible, il est vrai, pendant cette saison, et destinée alors à porter dans les feuilles les fluides dont elles ont besoin pour ne pas être desséchées par l'évaporation. Si donc on vient à transplanter ces espèces à la fin de Tautomne ou de rhiver, au moment où la circulation des fluides est le moins active, il en résultera une suspension complète dans cette circulation, puis la dessiccation des feuilles, et par suite la mort de l'arbre. 11 faut donc choisir une époque telle que la végétation soit assez active pour qu'elle résiste en partie à cette transplantation, ou du moins que sa suspension ne soit que très-liraitée. L'expérience a démontré que les deux époques les plus convenables pour cela sont les derniers jours d'août , alors que la végétation est encore assez active, et les premiers jours de mai , au moment où commence le premier développement. Dans le premier cas, les arbres auront le temps de reprendre avant l'hiver ; dans le second, la végétation est si active à ce
moment^ que son interiuplion ne sera pas assez longue pour que les arbres en souffrent. La fin de l'été sera préférée pour le climat du Midi, à cause des chaleurs intenses de la fin du printemps. Quelle que soit Vépoque choisie pour ces repiquages, il faudra profiter pour cela d'un temps doux et lorsque la terre est bien friable.
Mode de déplantation. — La déplantaiion doit être faite dans le carré des serais de façon à conserver aux jeunes plants la plus grande quantité possible de leurs racines. Cetle recommandation, utile pour toutes les espè- Fig. 35. ces, cst surtout très-importante pour Plant de châtai- jgg a^breg résincux dont la reprise
crnier d un an. «
est toujours difficile. Si ces jeunes plants doivent voyager, on doit abriter les racines de laclion desséchante de Tair. Pour cela on les enveloppe de mousse humide recouverte de paille solidement ûxée.
Habillage des jeunes planfs. — Cet habillage consiste à couper avec un instrument tranchant le pivot des jeunes plants au point où il diminue très-sensiblement de grosseur, en A {fig, 33). U résulte de cette suppression que les racines se ramifient davantage et que les arbres reprennent mieux lors de la transplantation. Mais il convient de supprimer aussi une petite étendue de la tige, le tiers environ, afin de rétablir l'équilibre entre celte dernière et la quantité de racines que Ton a conservées. Celte double opération se fait rapidement en prenant les jeunes plants par petites poignées on pose les racines sur un billot en bois et d'un seul coup de serpe on coupe ce qui doit être retranché. On procède de même pour la tige.
Toutefois, certaines espèces doivent être soustraites à rhabillage de la tige. Telles sont, parmi celles de la plantation desquelles nous aurons à nous occuper :
Les chênes;
REPIQUAGE. 53
Le hêtre ;
Les noyers.
Toutes les espèces résineuses ne doivent recevoir ni l'habillage de la tige ni celui des racines.
Plantation. — Le sol de la pépinière ayant reçu la première préparation décrite plus haut, on applique sur tous les carrés et les plates-bandes^ iramédiatement avant la plantation^ un labour à la bêche ou à la houe de 0",25 de profondeur.
Les jeunes plants destinés à être plantés à demeure dans un âge peu avancé^ tels que ceux propres aux haies vives ou au boisement des talus , sont repiqués à la distance de O'^JS en tous seris^ sur les plates-bandes 6 (fig, 34). Ils occupent ces plates-bandes .pendant un an ou deux, suivant la rapidité de leur développement, puis on les plante ensuite à demeure. Les plants résineux qui doivent former des plantations de haut jet, sont i*epiqués à la même distance sur les plates-bandes d. Ils ne seront déplacés qu'après deux ans.
Le mode de plantation le plus convenable pour le repiquage consiste à creuser au cordeau, au moyen de la bêche, une rigole d'une profondeur et d'une largeur proportionnées à la longueur et au volume des racines. On y met un à un les jeunes plants en les appuyant contre la terre d'un des côtés; on ouvre ensuite, parallèlement à la première, une seconde rigole, dont la terre est rejetée sur les racines du rang précédent ; on continue ainsi sur toute la longueur du carré ou de la plate-bande. 11 ne reste plus qu'à tasser le sol avec les pieds pour l'affermir autour des racines, puis à dresser convenablement la tige des plants à mesure que la terre est comprimée.
Les jeunes plants non résineux destinés à former des arbres de haut jet sont repiqués immédiatement dans le carré a (pg. 3i], où ils resteront jusqu'au moment où ils auront acquis assez de développement pour pouvoir être plantés à demeure. Ces jeunes plants sont disposés en quinconce à 0™,50 d'intervalle, de façon à ce que la lumière puisse pénétrer entre les lignes de plantation, mais de manière aussi à ce que les arbres soient forcés de s'élever au lieu de s'étendre latéralement plus qu*il ne convient.
Dans un sol profondément et complètement ameubli, comme
celui des pépinières^ il y aurait peu d'avantage à ouTrir des tranchées continues pour ces dernières plantations; on se contente de faire ^ avec la bêche^ des trous assez grands pour recevoir les racines à Taise. L'arbre doit y être placé de manière à ce qu'il ne soit pas plus enterré qu'il ne Tétait précédemment ; et, tandis qu'un ouvrier rejette la terre sur les racines^ un autre- donne à la tige un mouvement de va-etvient de haut en bas, pour faire pénétrer la terre dans les interstices des racines. Enfin lorsque le trou est en partie comblé, on tasse la terre en appuyant d'autant plus que le sol est plus léger.
Transplantation. — La transplantation dans la pépinière ne s'applique en général qu'aux arbres résineux. Elle a pour but de multiplier le nombre des racines en arrêtant leur allongement par ce déplacement, et de favoriser ainsi leur reprise, lorsqu'ils ont acquis assez de force pour être plantés à demeure. La transplantation de ces jeunes arbres a lieu deux ans après leur repiquage. On Texécute à l'époque de Tannée indiquée pour leur repiquage, et avec les mêmes soins. Leur déplantation doit êti^e faite de manière à conserver toutes leurs racines et, autant que possible, une partie de la terre qui les entoure. On les transplante dans les carrés c (fig. 34] en les disposant en quinconce, à la distance de 0"", 60. On les enlève ensuite pour les planter à demeure lorsqu'ils ont pris un développement suffisant.
Boutures. — La multiplication au moyens des boutures n'est employée dans les pépinières forestières que pour un petit nombre d'espèces dont les rameaux s'enracinent facilement.
Modes de préparation des boutures — Depuis la fin de novembre et jusqu'au commencement de février, lorsqu'il ne gèle pas, on coupe sur les arbres qui doivent fournir les boutures des branches portant des rameaux vigoureux. Ces jeunes pousses développées pendant Tété précédent sont détachées de la branche qui les porte de façon à enlever en même temps le talon ou empâtement qui existe à leur base (fig. 36). On donne à ce rameaux une longueur d'environ 0™, 25. C'est ce que Ton appelle bouture à talon. On peut également faire des boutures