SOINS L'ENTRETIEN. M
venir. Pour cela, on enronce, à(r,40 environ du pied de l'arbre, pour ne pas blesser ses racines, et dans une.direclion oblique, un tuteur de 0",18 de circonrérence environ, dont le Bommet, taillé en biseau, vient s'appuyer contre la tige, à 1",S0 environ du sol. On place entre la tige et le tuleur, au point de contact, une poignée de paille A, puia on réunit la tige et le tuteur par nue ligature en fil de Ter, au-dessous de laquelle on place une poignée de paille, du cdlë opposé au tuteur. Ce der^ nier doit être placé parallËlement à la ligne d'arbres, afin de ne pas gêner la circulation. Ces tuteurs {fig. 107) sont entretenus seulement pendant les deux premières années.
Ces appuis sont insuffisants pour garantir convenablement les arbres placés sur les points les plus fréquentés, aui angles des routes ou des boulevards, par exemple, et il faut 'alors les entourer d'une sorte d'armure. La plus convenable se compose de deux pieux, de 0",07 d'équarrissage (fig.
108),longsdei",8ûetun peu arqués à leur base, de façon qu'ils soient assez rapprochés de ta tige de l'arbre pour la garantir,
quoique écartés de 0".4O '''»■ ">'■ - ^""'"■« "■""" i*brini«ni(ni au moins du pied de 1 arbre, pour ne pas blesser ses racines. On les enfonce de chaque c&lé de la tige, à 0~,40 de profondeur environ, en les inclinant nn peu l'un vers l'autre; puis on les réunit au moyen de six tra-
verses. 11 est utile d'entourer la tige d une poignée de paille solidement fixée au point où elle sort de cette armui*e^ afin que^ balancée par le vent, elle ne soit pas meurtrie vers ce point. Cette armure, faite en bon bois, peut durer pendant sept à huit ans. Au bout de ce temps, les arbres auront acquis assez de force pour résister aux mutilations. Nous préférons cette armure à celle au moyen de trois pieux; elle remplit aussi bien le but et coûte un tiers moins cher.
Deux moyens peuvent être ajoutés aux précédents pour les plantations exécutées sur les routes, et qui ont le plus à souffrir des accidents dont nous venons de parler. Le premier consiste à exécuter ces plantations sur de petits trottoirs en terre établis sur chacun des côtés de la route, de façon à en éloigner les voitures. De petites rigoles pratiquées de place en place au-dessus ou au-dessous des trottoirs faciliteront l'écoulement des eaux de la route dans les fossés latéraux. Le second moyen consiste à accumuler au pied de chaque arbre, du côté intérieur de la route, une certaine quantité de boue, de façon à eh faire une sorte de chasse-roue qui éloigne les voitures des arbres. Ce procédé pourra être substitué au premier dans le cas où, par suite de la nature imperméable du sol, on craindrait que les trottoirs ne devinssent un obstacle à l'écoulement suffisant des eaux.
lÉlngAge des plantations d'allgrnenLent* — Si, dafis la culture des plantations d'alignement, on ne voulait qu'obtenir la plus grande quantité possible de bois, dans un temps et sur un espace donnés, on pourrait, lorsque les plantations ont été convenablement faites, abandonner les jeunes arbres à euxmêmes, et se contenter de les préserver de tout ce qui peut nuire à leur prompt et vigoureux accroissement. Mais on cherche encore à obtenir des bois de construction, et pour cela les troncs doivent être à la fois le plus longs, le plus gros possible, et surtout dépourvus de ces nœuds volumineux, souvent cariés, qui diminuent singulièrement la valeur des arbres.
Lorsque les jeunes arbres ont déjà acquis un certain développement, à l'âge de six à huit ans, par exemple, et qu'ils n'ont pas été trop rapprochés les uns des autres dans la pépinière, leur tige est couverte de ramifications sur la moitié environ de leur
ÉLAGAGE DES PLANTATIONS D'AUGNEMENT. lOI
hauteur (fig. 109). Si ces arbres sont ensuite plantés en massif un peu serré, la lumière n'éclairant que faiblement les branches inférieures A, celles-ci ne prendront presque i croissement, et la sève, agissant surtout vers le sommet où l'appelle une végétalion vigoureuse, finira bientôt par abandonner les ramiflcalions inférieures, qui se dessécheront. L'arbre continuant à s'élever, les branches latérales B se trouveront à leur tour placées asseï loin du sommet; elles deviendront de plus en plus languissantes, et finiront aussi par se dessécher. C'est ainsi que, successivement, les branches latérales disparaissent à mesure que la tige s'allonge.
Quand, enfin, l'arbre cesse de croilre en hauteur, les ramifications du sommet continuent de se développer, et forment la tête de l'arbre, qui n'éprouve plus, depuis ce moment jusqu'à sa décrépitude, que des changements peu sensibles (^. HO}.
Il s'ensuit que les arbres ainsi plantés peuvent former d'eux-mêmes un tronc droit, trës-élevé, assez gros, et surtout dépourvu de nœuds ou de grosses ramifi- Fig.\ot.— ituatormetgé calions, sans qu'il soit nécessaire de leur t'mèues d« haùi^ '^"" appliquer l'élagage. C'est, en effet, ce qui a lieu pour tous les arbres disposés en massifs ou futaie un peu serrés.
Mais il n'en est pas ainsi pour les arbres plantés en lignes isolées, si on les abandonne k eux-mêmes. Leur tige étant complètement éclairée du sommet à la base, au moins sur deux de ses côtés, toutes les branches latérales, les plus élevées comme les plus basses, profitent de cette inQuence et poussent vigoureusement; elles absorbent une grande partie de la sève en se partageant son action presque également, de sorte que, le sommet étant beaucoup moins favorisé que dans le cas précédent, l'arbre s'élève moins, mais sa tête est beaucoup plus large. Il arrive
même souvent que le tronc se divise à une hauteur peu considérable, et cela parce qu'une ou plusieurs branches latérales ont, par leur position favorable, contre-balancé la vigueur de la flèche de l'arbre.
; La ligure 1 1 1 montre un de ces arbres. Si l'on vient à l'exploiter, le tronc sera peu élevéj couvert de ramifications volumineuses et tout à fait impropre aux constructions, et l'on ne pourra, ainsi que les branches, l'utiliser que comme bois de chauffage .D'ai Heurs ,
I il arrivera souvent
que ses branches gêseront la circulation, ou bien qu'elles nuiront aux propriétés voisines. De là, la nécessité d'appliquer aux arbres des plantations d'alignement, surtout k ceux des lignes isolées, un élagage convenable, à l'aide duquel on puisse modifier l'action naturelle de la
sève et leur imposer une forme en rapport avec leur destination
et avec la place qu'ils occupent.
ËLAGAGE DES PUNTATIONS CAUGNEHENT. IflS
Ceci posé, examinons les principes généraux de l'ëlagage. Époque du premier élagage. — C'est assurément une pratique vicieuse que d'attendre trop longtemps pour appliquer aux jeunes arbres le premier élagage; c'est pendant les premières années qui suirent leur reprise que leur développement est le plus rapide et qu'on doit se bàler de leur imposer une forme
Fig. III. — irbra foreilier n'aj^t pas reçu d'élsgage.
eonvenaLle. De plus, en retardant le premier élagage, on est dans la nécessité de supprimer à la fois un grand nombre de branches, ce qui est toujours fâcheui; et beaucoup de ces branches ont acquis un diamëtre tel que leur suppression laisse sur la tige des plaies considérables qui enlèvent au Ironc de l'arbre toute sa valeur, comme bois de service; car la cicalrisalion n'a presque jamais lieu avant que l'aubier mis k nu ait élé plus ou moins profondément altéré par l'action de l'air et de l'humidité qui hftte sa décomposition et détermine souvent la carie. Il y a
cependant quelque inconvénient à pratiquer trop tôt ce premier élagage. En eiTet, il importe de stimuler le développement des nouvelles racines qui doivent assurer la reprise de Tarbre et le faire végéter vigoureusement. Or nous savons que ce sont les feuilles qui sont les . organes générateurs des racines. Il faut donc que la tige en porte la plus grande quantité possible. On conçoit, d'après cela, que le premier élagage ne devra être appliqué aux jeunes plantations qu'après leur reprise complète, c'est-à-dire de deux à cinq ans après cette plantation, suivant qu'ils pousseront plus ou moins vigoureusement.
Saison la plus favorable pour Vélagage. — L'élagage, en supprimant un grand nombre de rameaux et de boutons, détermine un trouble considérable dans la circulation des fluides de Tarbre, et par suite dans l'ensemble de la végétation. Pour que ce désordre soit moins préjudiciable, il importe de choisir le moment où la végétation est suspendue, c'est-à-dire depuis la fin d'octobre jusqu'au milieu de mars. On préfère la fin de l'hiver, parce que, la végétation ayant lieu peu de temps après cette opération, les plaies sont exposées moins longtemps à l'influence désorganisatrice de Pair. Il faut cependant faire une exception pour les S(f bres résineux, qu'il vaut mieux élaguer à l'automne, leurs sucs résineux s'écoulant alors en moins grande abondance qu'au printemps.
Hauteur jusqu'à laquelle on doit élaguer les arbres. — Nous avons déjà dit qu'on doit s'efforcer de faire prendre au tronc le plus grand développement en diamètre et en hauteur. L'expérience a démontré que, pour cela, la tête, c'est-à-dire retendue de la tige pourvue de branches, doit former la moitié environ de la hauteur totale de l'^bre.
Si l'on enlève périodiquement toutes les branches latérales» à l'exception d'un petit bouquet de ramifications réservé au sommet de la tige, comme on le pratique souvent, il en résulte que l'arbre, fréquemment privé des organes générateurs des couches ligneuses» croit très-lentement en diamètre. Son allongement est aussi entravé par les nombreuses nodosités qui résultent de la suppression périodique de toutes les branches latérales; ees nodosités gênent l'ascension de la sève, et la forcent de dépenser presque toute son action au profit de ces bran-