‹ Manuel d'arboriculture des ingénieursChapitre 34 sur 65 · ÉLAGAGE DES PLANTATIONS D'ALIGNEMENT · texte numérisé non relu

ÉLAGAGE DES PLANTATIONS D'ALIGNEMENT

ches latérales que Ton ne coupe que tous les cinq ou six ans.

Si, au contraire, on conserve sur la tige un nombre de ramitications suffisant pour favoriser son accroissement en diamètre^ mais réparties sur toute la hauteur de l'arbre, au lieu d'être réunies en tête, il en résultera les inconvénients suivants : le tronc offrira un diamètre qui diminuera très-rapidement de la base au sommet, parce que, à 10 mètres d'élévation, la tige, ne pouvant profiter des filets ligneux développés par les branches placées au-dessous de ce point, ne grossira que par la superposition des fibres qui descendent des branches supérieures. A 12 mètres, l'accroissement en diamètre sera encore moindre, parce qu'il y aura au-dessus une moins grande quantité de branches, et, par conséquent, de feuilles; et ainsi de suite jusqu'au sommet.

Lorsque, au contrai re,.toute cette masse de feuilles est concentrée sur la moitié supérieure de l'arbre, le tronc profite également dans toute sa longueur des fibres ligneuses fournies par ' ces feuilles, et son diamètre offre bien moins de différence du sommet à la base. Or c'est là un résultat important, car la valeur du bois de service est proportionnellement d'autant plus grande, que le diamètre des pièces est plus égal dans toute leur étendue. Nous devons donc conclure que l'élagage des plantations d'alignement doi( être conduit de façon à supprimer de temps en temps les branches inférieures de la tête, à mesure que la tige s'allonge, afin que les arbres soient constamment dépourvus de ramifications sur la moitié environ de leur hauteur totale.

Toutefois cette règle générale fléchit encore pour les arbres résineux. Ils n'ont presque jamais deux tiges principales. En outre, on a également constaté que la vigueur de leurs branches latérales influait d'une. manière bien moins sensible sur la rapidité de leur allongement que dans les espèces non résineuses. L'élagage de ces arbres aérait donc plus nuisible qu'utile, puisqu'il les priverait, sans profit bien apparent, d'une partie de leurs organes nourriciers. Enfin, comme la présence de ces ramifications sur le tronc n'altère nullement le bois et n'influe pas par conséquent sur sa valeur, et cela à cause du peu de volume qu'elles présentent, il devient peu important que ces ramifications soient conservées à la base de la tige.

L'élagage ne peut donc être utilement employé pour les ar-

bres rédneui que dons le cas suivant : c'est pour retrancher les branches de la base à mesare qu'elles commenceut à devenir languissantes. En les retraucbant avant qu'elles soient complètement mortes, les plaies qui en résultent se cicatrisent beaucoup plus facilement.

Choix des branches à supprimer. — Ce qui précède indique

tuffisammenl que les branches à supprimer sont toutes celles

qui sont situées au-dessous de la moilié de la hauteur totale de

l'arbre ; mais l'ëlagage doit porter aussi sur les ramifications

suivantes, quelle que soit leur position

sur la lige :

1" Sur celles qui, plus favorisées que leurs voisines, prennent un accroisscment disproportionné (A, fig.

IIS). Si l'on attendait, pour les couper complètement, qu'elles fussent comprises dans l'étage des branches qui doit être enlevé, elles déformeraient la tige, en contre -balançant l'action absorbante du rameau terminal ou flèche. D'un autre côté, la plaie qui résulterait de leur suppression tardive serait plus étendue et se cicatriserait plus lentement. Enfin les couches centrales de leur corps tigneui venant à passer à l'état de couches inertes ou bois partait, et se trouvant alors en communication avec le bois parfait du tronc, il deviendrait très-dililcile d'empêcher cette partie, que l'amputation aurait mise à nu, de se ddcarboniser sous l'influencii de l'air, de se carier ensuite, de communiquer cette altération au centre du tronc, et de lui enlever ainsi tout sou prix.

2° Sur les branches faibles ou de moyenne grosseur qui naissent plusieurs au même point (fig. 113). Dans ce cas, on supprime l'une des deux branches; autrement, elles formeraient

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un lai^ empâtement qui doonemit lieu à mie plaie étendue, lorsque ces ramifications seraient enlevées.

3* Surles ramifications qui, naissant à la même hauteur autour de la tige, 7 forment unesortedeTerticille[/îfr 111).

Ici, il conTient de couper quelques-unes de ces branches en laissant un espace égal entre celles qu'on conserve. Si elles étaient laissées intactes, elles nuiiaienl au libre passage de la sève au delà de ce point, et gêneraient ainsi l'élongation de la lige. 11 en résulterait d'ailleursdes plaiesmullipliées et trop rapprochées l'une de l'autre, lorsque viendrait le moment de les supprimer toutes.

4° Sur le rameau situé immédiatement à cdté du rameau terminal de la tige, et lorsqu'il devient presque aussi vigoureux que ce dernier (A, fig. 115). S'il - n'était pas supprimé, il déformerait la tige en ta faisant se diviser.

On retranche les trois quarts de sa

longueur, et l'on attache, sur le chicot conservé, le rameau terminal pour le ramener dans une position bien verticale. Ce chicot est entièrement supprimé lors de l'élagagc suivant

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