‹ Manuel d'arboriculture des ingénieursChapitre 35 sur 65 · I. — SnppruiioD dn bcinoba TcrticilMu · texte numérisé non relu

I. — SnppruiioD dn bcinoba TcrticilMu

m • PLANTATIOM DES EOUTES, CANAUX. ETC.

9° Enfin, sur certaines branches dont la suppression importe au redreBsomenl de la tige de l'arbre, dont le centie de gravité a élé dérangé par la violence des vents ou toute autre cause. L'enlève ment de certaines ramifi calions est, en effet, .

un puissant moyen de ramener la tigR des arbres dans une positioa verticale. A cet elÎKt, on dégarnit beaucoup le côlé de la tête qui est incliné, et on laisse l'autre presque intact. Pour certaines lignes d'arbres qui présentent le flanc à des vents fréquents d'une grande violence, il sera bon de prévenir l'inclinaison des arbres, en commençant dès leur jeune âge h charger plus leur tête du cdté du vent que du côté opposé.

JUantére d'opérer I«3 suppressions.

— On ne doit supprimer entière-

Fig.iii. ment une branclie qu'autant que

Supprestion des bruiehei niilet ggj couches licneuses centrales ne

du rameau lerniiBfll. , ' , , ,,.. ,

sont pas encore passées à lelat de bois parfait. Autrement il en résulterait les inconvénients graves que nous avons signalés précédemment, et que ne pour" raient compenser les avantages qu'on avait en vue en coupant cette branahe. Si, par négligence ou toute autre cause, on a laissé acquérir à une branche un âge tel que plusieurs de ces couches ligneuses soient passées à l'état de bois parfdit, on se contente de diminuer sa vigueur, en retranchant la moitié environ de sa longueur, immédiatement au-dessus d'une petite ramification. Du reste, il n'est pas toujours possible de juger par la grosseur d'une branche si une partie de ses couches sont à l'^lat de bois parfait, car ce résultat se piodiiit plus ou moins rapidement, selon le degré de vigueur des espèces, des individus' ou même des branches. C'est seulement en les coupant vers la moitié de leur longueur, qu'on peut s'assurer de ce résultat.

Klagage des plantations D'AUGNEMENT. IOB

Lorsqu'une branche n'offre pas encore de couches ligneuses à l'état de bois parfait, mais que, plus Tavorisée que les autres, elle a acquis un diamètre trop considérable proportionnellement à celui de la lige, if faut ne la supprimer qu'en deux fois. On en retranche d'abord les deux tieni, en ayant soin de pratiquer l'amputation immédiatement au-dessus d'une petite ramification (B, fig, 115], et, lors du l'ûlagage suivant, on retranche le reste. Le développement de cette branche étant ainsi arrêté, et la tige continuant de grossir, on diminue l'étendue proportionnelle de la plaie et celle-ci est plus promptement recouverte.

Si l'on coupe une branche contre la tige, que cette ramification ait déjà été raccourcie ou non, on doit faire l'amputation de façon que le diamËtre de la plaie ne soit pas plus grand que celui de la base 'de la branche.

Souvent on laisse sur le tronc une partie de la branche coupée, 0-,i6 ou fr,20 (/îff.iie):

c'est là une pratique vicieuse, car celte sorte de moignon commence par se dessécher; s'il se conserve sans pourrir, ce qui a lieu dans les arbres résineux , dont la tige ressemble alors à Fit. tu. — suf.

nu bâton de per- P™'™tX

roquet(Jtj}. HT), chu. ''V- m- — ,S»pin imI ébmicM.

le tronc conti-*

nuant toujours de grossir, ce nio^non paraît bientôt diminuer progressivement de longueur, par l'addition successive des nouvelles couches ligneuses dont se couvre le tronc; puis, enfin, il disparait complètement au milieu des parties voisines, avec lesquelles il ne contracte aucune adhérence. Il peut alors être comparée une cheville enfoncée dans le Ironc de l'arbre; mais,

quand on vient à exploiter cet arbre et à le diviser en planches, ces moignonsapparaisaentsous furrae de taches brunes, se détachent au moindre choc, et laissent un trou à leur place. Cest ce que tout le monde a pu remarquer dans le? planches de pin et de sapin. Si, au contraire, ce chicot de bois se pourrit après quelques années, alors qu'il est déjà en partie engagé dans le corps ligneuï de l'arbre, il y laisse un trou, qui, avant d'être fermé par les bourrelets qui se forment sur ses bords, laisse pénétrer l'air jusqu'au bois parrait, lequel est atteint par la carie, et l'arbre perd toute sa valeur.

D'autres fois, loin de laisser la base de la branche, on la coupe tellement près de la lige, sous le piéteiLte d'avoir une surface le plus verticale possible, que l'on enlève une partie de celle-ci

Fiç. 113,— Supprfs- ' "J- ""■ — """'=^"«

(rop pris de U preiiion des brapch« for- brïBches (ormani

peu ligu avec la lige. *''"' * "B"'

(jig. U8); de sorte que le diamètre de la plaie est beaucoup plus grandque celui de la branche. Ce mode d'opérer n'est pas moins pernicieuï que le précédent, puisque la plaie est moins vite cicatrisée, et que l'aubier, restant eiposé à l'air pendant plusieurs années, finit par se décomposer, et entraîne la pourriture du fftiW,'. de l'arbre.

de remplir la condition que nous venons de poser, voici nt on devra opérer : si ta branche â supprimer formeavec lin angle droit A (jfff. 119) ou peu aigu B, on fera la section ii de celle-ci, sans l'endommager, et de façon qu'elle soit diculaire à l'axe de la branche. Si la ramification forme un rès-aigu avec U lige [fig. 420), l'aire de la ijoupe ne sera rpendiculaire à la direction de celle branche, elle devra I un peu oblique. La plaie sera elliptique au lieu d'Être

ËLAGAGE DES PLANTATIONS D'AUGNEHENT. Itl

toaàe, el, par conséquent, un peu plu» grande que le diamèli'e de la branche; mais aussi }a surface de cette plaie, ainsi inclinée, permet l'écoulement lapidc des eani, ce qui n'am-ait pas lieu si la coupe élait faile perpendiculairement à l'aie de la branche.

Les branches à supprimer, quelle que soit leur grosseur, doivent être coupées de manière qu'en se détachant elles n'enlraînent pas une partie de l'écorce du tronc au-dessous de leur point d'insertion. Ces déchirements se cicatriieni difficilement et sont très-prejudiciables aux arbres. Pour le» éviler, on doit faire, audessous de la branche à couper, une entaille qui comprenne le quart de son diamètre CQftf. 121). Ou pratique ensuite, à la partie supérieure une entaille correspondante D, et la branche se détache sans accident. Ceci fait, on doit rendre la plaie le plusnetlcpossiblejcarlcsaspérilësqu'on y laisserait retiendraient l'huraidiléet hâteraient la décomposition du bois.

Engluement des plaies. — L'un des ' plus grands inconvénients de l'élagage est de produire sur la tige des arbres des plaies plus ou moins étendues qui «posent le corps ligneux à l'influence de l'air et de rhumidité, et cependant on ne fait rien ou presque rien pour ... '!'•''■

, . . . , f „ ■ "ode de Mclion de( bruichn.

prévenir cet accident. Nous ne saunons trop nous élever contre celte négligence inexplicable, puisque, pour prévenir la conséquence la plus Tâcheuse de ces plaies, il suffit de les recouvrir d'un engluement jusqu'à ce qu'elles soient complètement cicatrisées. Un mélange, en parties égales, de poix noire et de poii de Boui^ogne est ce qu'il y a de plus convenable pour cela. Ce mastic est employé assez chaud pour Sire liquide, mais pas assez pour altérer les tissus avec lesquels on le met en contact. On doit l'appliquer sur les plaies deux ou trois jours après l'élagage, a&n que leur surface se sèche et que ce mastic y adhère plus complètement.

Il faut bien se garder d'employer pour cet usage le goudron de gaz ouco&ltar.Cetleraatièrecontient des substances corrosivesqui détruisent les tissus vivants avec lesquels on la met en contact.

Itutruments pour l'iiagage, — L'inslrument le plus emplojé

poorl'élagageest la serpe, que tout le monde connaît (ifg. i2S), et dont la forme varie un peu suivant les localités.

On se sert aussi du croissant (fig. i 24) et de l'échenilloirf^^. 123) pour couper reilrémilë de cerlaines branches dont on veut arrêter l'accroissement.

àcrochït. Fil/, iîî. — ËchcnlUoîr. Croiisaol. giievr.

11 est un autre instrument qui mérite d'être beaucoup plus répandu qu'il ne l'est, c'est ï'ibranehoir à crochet {fig. 122). Cet instrument est surtout très-utile pour l'élagage des jeunes arbres, trop faibles pour qu'on puisse monter dessus sans inconvénient. 11 dispense aussi, jusqu'à un cerk^n point, de l'emploi des échelles. Ponr s'en servir, on place la lame au point où la branche doit être coupde, puis, en frappant sur l'extrémité inférieure du minche à l'aide d'un maillet, on la détache facilement. Le ci'Ochet qui accompagne la lame sert à d^ager ensuite la branche de celles dans lesquelles elle peut Stre retenue. On peut augmenter ou diminuer à volonté la longueur du manche au mojcn de rallonges.

ÉLAGAGE DES PLANt ATIOHS iVALIGNEaf ËNT. 1 1 3

Nous ne saurions trop nous élever contre l'emploi de ces griffes ifig. i 26)^ dont les élagueurs s'arment parfois les pieds pour monter sur les arbres. Ces griffes mutilent la tige en y laissant des plaies contuses toujours funestes aux arbres. Il vaut mieux obliger les ouvriei*s à se servir d'écbelles doubles ou simples suffisamment élevées.

La scie est aussi, quoi qu'on en ait dit, un mauvais instrument pour Télagage. La plaie qu'elle laisse est déchirée, rugueuse; l'humidité y est arrêtée comme ^«'fl'- ***• dans une éponge. Si quelques circonstances parti- ^,^1^"^^®^^ culières rendaient indispensable remploi de cet instrument, il faudrait au moins enlever avec le plus grand soin toutes les traces de la scie.

Fréquence des élagages, — On laisse presque toujours s'écouler un laps de temps trop considérable entre les élagages successifs d'un même arbre. Il en résulte qu*on a à retrancher, en une fois, une masse considérable de ramifications dont un élagage plus fréquent aurait empêché la naissance, ou que, du moins, on aurait retranchées avant qu'elles eussent absorbé une sève qui aurait tourné au profit de ï'élohgation de la tige.

D'un autre côté, la plupart d'entre ces ramifications ont pris un développement tel que leur suppression laisse des plaies d'une grande étendue.

Enfin, ces retranchements considérables ne se font pas sans jeter du trouble dans la.végétation. On conçoit, en effet, que, les plus grosses racines étant ordinairement situées vers le côté de la tige où les plus grosses branches sont elles-mêmes placées, si Ton vient à supprimer une ou plusieurs de ces branches, les fonctions de ces racines seront tout à coup suspendues ; elles deviendront maladives, plusieurs pourriront; le côté de la tige, situé entre ces racines et les branches supprimées, cessera tout accroissement en diamètre, et il en résultera souvent une dépression sur toute la longueur de cet intervalle ; il s'ensuivra enfin un désordre dans la circulation des fluides, et une gêne dans tout Tensemble de la végétation. I) est vrai qu'au bout de trois ou quatre ans, de nouveaux développements viendront rétablir l'harmonie ; mais un nouvel élagage viendra donner lieu

m PLANTATrOS DES BOUTES, CANAUX, ETC.

k de nouveaux désordres, et l'élat de souffranu se perpétuera

pendant tout le temps de la formation de l'arbre.

Pour pi-ëvenir ces inconvénients graves, il est bien préférable de multiplier les élagagcs, de façon àn'avoir à retrancher chaque fois qu'un petit nombre de rami Rotions, et surtout des branches peu volumineuses.

11 sera donc préférable de répéter l'opération tous les deui ans, pendant les douze premières années. Après ce laps de temps, les arbres commenceront i perdre une partie de leur plus grande vigueur ; leur allongement annuel et leur accroissement en diamètre seront un peu moins prompts, et l'on pourra, pendant les douée ou quinze années suivantes, ne plus élaguer que tous les trois ans. Enfin, après cette seconde période, l'accroissement devenant moins rapide encore, on laissera un intervalle de quatre ans jusqu'au moment où la tête de l'arbre, prenant beaucoup d'eilension en largeur, ne croîtra plus que très-peu en hauteur. Cela a lieu vers l'âge de trente à cinquante ans, suivant les espèces et la vigueur des individus. A cette époque, on cesse toute espèce d'élagage, car le tronc a désormais acquis la longueur qu'il pouvait atteindre, et toutes les branches qu'il porte lui sont désormais nécessaires pour former une tête volumineuse destinée à faire acquérir au tronc le plus grand diamètre possible.

Différent! ■jatftmei d*él>Kage. — Les plantations d'alignement sont soumises à des systèmes d'élagage assez variés et qu'il n'est pas toujours facile de bien caractériser. On peut cependant les réunir tous dans les quatre modes suivants, que nous appellerons, élagage complet, ilagage beige ou en cofonn«, ihtnnne «i cÔM,, Élagage progressif ou en léu. Nous allons rechermi ces diverses méthodes, celle qu'il convient de préil-à-dire celle qui s'écarte le moins des principes géné-

! complet. — Ce mode est l'un des plus anciens. On a d en vue l'accroissement plus rapide des arbres en hau- . il a été perpétué par les fermiers ou les usufruitiers 1 planté, qui, n'ayant aucun intérêt à ce que le tronc ) acquit de la valeur, ont trouvé un double avantage à )ls obtiennent ainsi une abondante production de

Page 1