EXPLOITATION. J
plus, car on est exposé à ce que les racines des arbres voisins absorbent la nourriture de ceux qu'on veut planter. Ce résultat est d*autant plus infaillible qu'on est obligé de renouveler entièrement la terre au point où Ton fait ces remplacements^ et que le sol meuble et fertile stimule singulièrement rallongement des racines des arbres voisins. D'un autre côté, l'ombre de ces derniers devient encore un obstacle presque insurmontable pour la végétation de ceux qifon veut placer entre eux. Si donc les jeunes arbres qu*on plante dans ces circonstances ne meurent pas, ils ne prennent aucun accroissement.
11 est cependant utile, au moins pour la régularité de la plantation^ de tâcher de remplir les vides qui peuvent se manifester dans les lignes ; or voici ce qu'il nous paraît le plus convenable de conseiller en pareille circonstance.
Lorsqu'il s^agira d'avenues ou de bordures, on exécutera le remplacement, quelle que soit d'ailleurs l'espèce d'arbre qui forme la plantation avec le peuplier du Canada (fig, 80), ou mieux encore avec le peuplier argenté (populus nivea, Wild.) (fig^lS), espèce voisine de Vypreau. L'expérience a démontré que ce sont les deux espèces qui surmontent le plus facilement les obstacles signalés phis haut, et que, leur végétation étant assez rapide dans presque tous les terrains, ils finissent souvent par l'eprendre l'espace envahi d'abord par les arbres voisins. On opérera de la même manière s'il s'agit de bordures composées de trois lignes au plus.
Pour les futaies âgées de quinze ans et plus, les remplacements sont plus difficiles encore, car les jeunes arbres qu'on y plante sont complètement privés de lumière par leurs voisins. Il n'est peut-être qu'une seule espèce qui puisse se développer dans cette circonstance, et dont nous conseillons l'emploi, surtout si le sol est un peu compacte : c'est le sapin commun ou sapin argenté (fig, 95).
Exploitation. ^ Les arbres de ces plantations, ayant été tous plantés en même temps et étant soumis aux mêmes influences, présentent au même moment les signes de leur maturité ; on peut donc les exploiter tous à la même époque. Ces signes de décrépitude sont indiqués par le couronnement des arbres, c'est-à-dire que le somniet des branches les plus élevées çqio-
mence à se dessécher. Si Ton devance ce moment pour l'exploitation, on perd sur la quantité du bois, car les arbres s'accroissent encore ; si Ton dépasse cette limite, on s'expose à perdre sur la qualité du bois, car à ce moment le bois parfait peut être atteint de la pourriture.
L'abatage de ces arbres peut être fait au moyen de la coupe à blanc et de la coupe en pivotant.
Pour la coupe à blanc on se sert ordinairement de la cognée. On fait d'abord une entaille tout à fait à la base de la tige et du côté où Tarbre doit tomber; et lorsque cette première entaille est assez profonde, c'est-à-dire lorsqu'elle comprend environ la moitié du diamètre de l'arbre, on en pratique une seconde du côté opposé, en augmentant progressivement sa profondeur jusqu'à la chute de l'arbre ; si l'arbre penche du côté opposé à celui où l'on veut qu'il tombe, on fixe, près du sommet, un câble avec lequel on le tire.
On commence à remplacer, dans cette sorte d*abatage, la cognée par la scie. Dans ce cas, on fait d'abord une légère entaille avec la cognée, du côté de la tige où l'arbre doit tomber; cette entaille doit être placée le plus bas possible, afin de ne pas diminuer la longueur du tronc. Puis on introduit dans cette entaille la scie appelée passe-partout, et on la fait manœuvrer par deux ouvriers. Lorsque cette première section est assez profonde, on en pratique une seconde du côté opposé, on y introduit un coin, et, en le chassant lentement, on détermine la chute de Farbre.
La coupe en pivotant consiste à faire une tranchée autour de l'arbre et à couper ses racines latérales ; l'arbre tombe, et Ton gagne ainsi 0"*,40 ou 0",50 sur sa longueur. C'est à ce dernier procédé qu'on devra généralement donner la préférence : on ne perd alors aucune partie de la tige, et la culée de l'arbre, ainsi enlevée sans difficulté, laisse la place libre pour les nouvelles plantations. Quel que soit le mode d'abatage employé pour ces arbres, il est d'un grand intérêt d*employer des ouvriers adroits, afin d'éviter que la chute des arbres ne brise d'autres arbres voisins, ou que l'arbre abattu ne soit lui-même endommagé dans sa chute. Le mieux est d'élaguer sur place les arbres dont les branches ont quelque valeur.