‹ Manuel d'arboriculture des ingénieursChapitre 40 sur 65 · J38 PLANTATIONS D'ALIGNEMENT D'ORNEMENT · texte numérisé non relu

J38 PLANTATIONS D'ALIGNEMENT D'ORNEMENT

bre découpée et fortement pressée sur ses quatre faces par la lame des bêches. Celte machine montée sur des roues transporte l'arbre dans le trou destiné à le recevoir.

Cette machine^ assez ingénieuse, offre cependant les inconvénients suivants : 1^ elle ne peut laisser à la motte des arbres qu'un diamètre de l'"^50 au plus : dimensions très-insùfQsantes pour les arbres d'un certain âge ; 2® comme on'ne peut faire varier à volonté les dimensions du ch«lssis^il faudrait avoir une machine spéciale proportionnée à l'étendue de la motte qu'on veut laisser à chaque arbre; 3® si le sol où la dé plantation a lieu renferme des cailloux un peu volumineux^ il deviendra impossible d'y enfoncer la lame des bêches; 4® enfin, si le sol est complètement siliceux et manque de consistance, les lames des bêches seront inefficaces pour retenir autour des racines la terre qui s'échappera par la base. Nous croyons donc qu'il y aura avantage à préférer à cette machine le clayonnage que nous avons indiqué plus haut.

Toutefois, lorsque Ton sera décidé à faire les dépenses nécessaires pour le succès d'une semblable opération, nous conseillons d*avoir recours au mode d'opérer employé depuis peu par la ville de Paris pour la plantation de quelques-unes de ses promenades publiques.

Nous empiiintons au Portefeuille économique des machines, publié par M.*Oppermann, la description de cette opération jainsi que du chariot imaginé par M. Barillet-Deschamps.

« Pour transplanter un arbre, on commence par tracer sur le sol une circonférence ayant 1"',10 de rayon à partir du centre du tronc. On trace une circonférence parallèle à cotte dernière, à 2 mètre du centre, et Ton enlève la terre entre ces deux lignes, sur 0",90 de largeur et 1",20 de profondeur. La motte que Ton découpe ainsi doit avoir la forme d'un cône renversé avec 2"",20 de diamètre à la surface du Soi et 2 mètres seulement à la partie inférieure. On coupe verticalement avec un instrument bien tranchant les racines qui dépassent.

Cette première opération terminée, on attache l'arbre avec quatre haubans, afin de le maintenir solidement dans une position verticale. On excave horizontalement le dessous de la motte, et on ne laisse au centre que le point d'appui nécessaire

ponr maintenir l'équilibre. Gela fait, on entoure la motte d^une enveloppe en tôle composée de deux pièces cylindro-coniques, qui se réunissent au moyen de quatre boulons d'appel {fig, 138). Cette enyeloppe porte en dessous un rebord horizontal de 0",40 de largeur qui sert à retenir le dessous de la motte. On passe au-dessous de celle-ci dans une feuillure en fer cornière pratiquée à cet effets deux fortes barres de fer terminées à chaque bout par un crochet . destiné à recevoir les extrémités des chaînes.

On place ensuite sur le trou deux forts madriers bordés de fer cornière sur les côtés, afin d'empêcher la déviation des roues du chariot (fig. 138). On enlève les barres d'écartement et le treuil à l'arrière du chariot (fig. \ 39) et l'on recule le chariot jusqu'à ce que l'arbre se trouve au centre. Cela fait, on replace la barre et le treuil sur le chariot, on attache les chaînes sur les crochets des barres passées sous la motte, et l'on «'a plus qu*à élever l'arbre qui, par le moyen d'un triple engrenage, n'exige que trois hommes à chaque manivelle pour enlever un poids de 8,000 à 10,000 kilog.; si, après son enlèvement, l'arbre penche d'un côté, on lui rend sa position verticale au moyen de vis à écrous qui terminent les chaînes. ^

Enfin on ferme le trou inférieure de l'enveloppe en tôle au moyen d'un couvercle spécial destiné à arrêter la chute des terres. On attache les haubans à des anneaux placés aux quatre coins du chariot, et ainsi chargé (fig, 138 et 139), l'arbre peut être transporté à de très-grandes distances.

Pour le replanter, on reprend les mêmes opérations dans un ordre inverse. Le trou ouvert pour recevoir cet arbre présente les mêmes dimensions que celui d'où il sort, et le vide laissé entre les parois du trou et celles de la motte mise en place est rempli avec de la terre d'excellente qualité que l'on mouille ensuite ^copieusement pour en opérer le tassement.

Le prix total du chariot construit en fonte et en bois est de 6,500 francs. Le prix de transport d'un arbre de la barrière du Trône à la Bourse (à Paris) a été de 100 à i 10 francs, compris les frais de déplantation et de plantation. 11 faut de 6 à 12 chevaux pour traîner le chariot, suivant la grosseur des arbres et Ton peut en planter deux par jour, y»

no PLANTATIONS IVALIGNEMENT D'ORNEMENT.

Ce procédé est certes Irès-iDgénicux et doit donner de bons

TRANSPLANTATION DES ARBRES AGES. Ml

lions que nous avons signalées plus haut. Toutefois, nous devons

Taire remarquer que la largeur du chariot est telle qu'on ne

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