‹ Manuel d'arboriculture des ingénieursChapitre 47 sur 65 · SEMIS · texte numérisé non relu

SEMIS

ensnite 0"»,03l à 0",03 de terre à la surface de ces trous, ou y répand cinq ou six graines que Ton recouvre avec la terre enlevée, et l'on tasse légèrement avec la main.

Pour abriter les jeunes plants contre l'ardeur du soleil, lors de leur premier développement, il sera bon, immédiatement après le semis des graines, de faire sur toute la surface un ensemencement d'avoine que Ton enterrera à l'aide d'un râteau à dents de fer.

Si ces ensemencements doivent être pratiqués sur des sols siliceux bien divisés et susceptibles d'être déplacés par l'action des vents, il serait utile de procéder comme nous l'avons indiqué plus haut pour les dunes. — Après Fensemencement, on recouvrirait le sol de branches de pins, de genêts, ou même de paille longue ; puis on maintiendrait cette couverture au moyen de lignes transversales de fil de fer enroulé de place en place sur des piquets enfoncés dans le sol.

Les seuls soins d'entretien à appliquer à ces semis pendant les deux premières années qui suivront celle de leur ensemencement consistent à biner, c'est-à-dire à ameublir la surface du sol à la profondeur de 0",05 et sur un rayon 0™,i5 autour de chaque jeune plant pour la première année, et de 0",Î0 pour la seconde année. Ces binages destinés à empêcher Faction de la sécheresse seront pratiqués vers le milieu du mois de mai. — Si Ton craignait que ces binages ne déterminassent la dégradation du sol, on pourrait les remplacer par une ouverture, de 0",05 d'épaisseur, occupant la même surface, placée vers le commencement de mki et composée de tenture de haie, de mauvaise litière, d'herbes de marais ou de matières analogues.

Après quatre ou cinq ans de végétation les jeunes semis auront acquis assez de développement pour pouvoir être soumis au recepage. On les coupera donc en février, aO",03 ou0"*,04 audessus du sol. Cette opération a pour but de transformer chacun d*euxen une cépée et de favoriser l'augmentation du nombre des racines. Il en résultera bientôt im taillis qui sera ensuite exploité tous les huit ans ou tous les dix ans au plus tard.

Plantation. — D'après ce que nous avons dit plus haut, le boisement des talus au moyeQ de la plantation est réservé pour les talus en déblai ou pour les talus composés de sols compléte-

170 BOISEMENT DES TALUS.

ment calcaires ou siliceux, ou enfin pour le cas où l'on voudrait faire le boisement au inoyen des peupliers^ des saules ou des tilleuls. Dans ces diverses circonstances les semis ne réussiraient pas ou réussiraient mal.

L'époque lapins favorable pour faire ces sortes de plantations est l'automne, à moins que Ton n'opère sur un sol argileux compacte; dans ce dernier cas il vaudra mieux planter en mars.

Il conviendra -de choisir pour ces plantations de jeunes plants de deux ans de semis dont un an de repiquage en pépinière. Ce repiquage est rigoureusement nécessaire ; autrement la reprise de ces jeunes arbres sera très-incomplète par les motifs indiqués plus haut à Tarticle des Pépinières, p. 50.

Le sol sur lequel on exécute ces plantations est, en générai, d'assez médiocre qualité. 11 faut donc avoir recours à des soins exceptionnels pour assurer la reprise et le prompt développement de ces jeunes arbres. Le meilleur moyen à employer consiste à ouvrir une série de trous de 0^^,40 de diamètre et de 0'",30 de profondeur. Ces trous seront placés à 0*^^80 les uns des autres et seront disposés en quinconce.

Lors de la plantation, on coupera le tiers environ de la longueur des je\ines tiges et des rameaux, puis on placera deux jeunes plants dans chaque trou en laissant entre eux un intervalle, d'environ 0",iO. Les trous seront remplis jusqu'au niveau du sol avec de la terre de très-bonne qualité transportée exprès pour cet usage. Cette terre sera bien tassée avec le pied.

Pour défendre ces jeunes plants contre l'influence de la sécheresse et favoriser leur développement, il conviendra d'appliquer au pied de chacun d'eux et sur un rayon de 0^,1^, une couverture d'environ 0™,06 d'épaisseur et composée des matières indiquées plus haut pour les semis. Cette couverture sera placée vers le milieu du mois de mai. La même opération sera répétée l'année suivante.

Vers la fin de février de la troisième année, tous ces jeunes plants seront coupés à 0°',02 ou 0°',03 au-dessus du sol, afin de les transformer en cépée et de favoriser la division des racines. Il en résultera bientôt un taillis qui sera exploité tous les 8 ans ou tous les tO ans au plus tard.

BOISEMENT DES DIGUES. 171

BOISEMENT DES DIGUES.

Les digues, qui se composent presque toujours de terres rapportées^ ne sont pas moins exposées qu€ les talus aux dégradations résultant de l'action des eaux pluviales ou des gelées : mais elles ont à résister à une cause de destruction bien autrement puissante ; ce sont les eaux qu'elles sont destinées à maintenir.

Les érosions produites sur ces digues par les courants sont pai'fois si violentes qu'on ne peut les en défendre efficacement qu'à Taide de revêtements en pierre. Là où ce moyen coûteux n'est pas indispensable^ on pourra avoir recours au boisement^ pratiqué comme nous venons de l'indiquer pour les talus. Les semis pouvant être compromis par les eaux^ on aura recours seulement à la plantation^ en appropriant les espèces à la nature du sol, ainsi que nous l'expliquons plus haut.

On pourra compléter cette opération et donner encore à ces digues une plus grande force de résistance en établissant sur leur sommet une plantation d'arbres de haut jet composée d'une ou deux lignes suivant la largeur de leur couronnement.

Il conviendra de les placer à 6 mètres d'intervalle en les disposant en quinconce si l'on en place deux lignes. On choisira pour cela les espèces dont les racines sont les plus traçantes afin qu'elles contribuent à couvrir toutes les faces de ces digues d*un réseau de racines impénétrables.

Les espèces qui remplissent le mieux cette condition sont surtout les suivantes :

Ormes.

Erables.

Frêne.

Peupliers.

Tilleuls.

Micocoulier de Provence [fig. 69).

On appropriera ces arbres à la nature du sol et au climat, en suivant pour cela les indications données au chapitre des Plantations d'alignement forestières. On leur appliquera d'ailleurs les mêmes soins d'entretien.

Page 1